‹ Molière musicien; notes sur les œuvres de cet illustre maître, et sur les drames de Corneille, Racine, Quinault, Régnard, Montluc, Mailly, Hauteroche, Saint-Évremond, Du Fresny, Palaprat, Dancourt, Lesage, Destouches, J.-J. Rousseau, Beaumarchais, etc.; où se mêlent des considérations sur l'harmonie de la langue françaiseChapitre 31 sur 90 · LORENZO · texte numérisé non relu

LORENZO

La raison en est que vos esprits sont fortement attentifs; car voyea un sauvage et folâtre troupeau, une bande déjeunes étalons qui n'ont pmBt encore senti la main de l'homme, bondissant avec folie, et faisant retentir leurs voix par de bruvants hennissements, effet de l'ardeur de leur sang; si par hasard ils viennent à entendre le son d'une trompette, ou que leurs oreilles soient frappées de quelque mélodie, vons les verrez aussitôt s'arrêter tout court, et leurs yeux farouches prendra un regard plus adond, par la douce puissance de la musique. Voilà pourquoi les poètes ont feint qu'Orphée attirait les arbres, les rochers et les fleuves, parce qu'il n'est lien dans la nature de si insensible, de si dur, de si furieux, dontla musique

LA PBmCESSE D'ÉUDE. i75

ne d»aDge pour qaelqnes instaots le caractère; rhomme qui n'a en luimême aocuae musique, et qui n^est pas ému par le doux accord des sous, est propre aux trahisons, aux perfidies, aux rapines; les mouvements de son ame sont mornes comme la nuit , et ses penchants ténébreux comme rÉrèbe ; ne vous fiez point à un tel homme

PORTIA

De la musique? âconions.

idRISSA.

Ce sont vos musiciens, madame ; cela vient de la maison.

PORTIA

Je le vois ; il n'y a rien de bon que par relation. Cette musique me semble henscoap phis douce que pendant le jour.

Madame» c'est le silence qui lui prête ce charme.

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