LES PLAISIRS DE L'ILE ENCHANTÉE
Course de bagues, collation ornée de machines, comédie de Molière, iniiiulée laPriacesse d'Élide, mêlée de danse et de musique, hallet du Palais d'Alcine, et autres fêtes galantes et magnifiques, faites par le roi, à Fersailles^ le 7 mai 1664, e( continuées plusieurs autres jours.
— Treole-qnatre concerUDte fort bien vêtus, qaidevaidat précéder les Saisons, et faisaient Je plos agréable concert du monde.
Pendant qae les Saisons se chat^eaient de mets d^ieifiax ^'eUes devaient porter, les douze Signes du zodiaque, et les quatre Saisons dansèrent une des pins belles entrées de ballet qu'on eût encore Yue.
— Quatorze concertants de Pan et de Diane précédaient ces divinités, avec une agréable harmonie de flûtes et de musettes.
— Trente-six violons très-bien vêtus, parurent derrière la table sur un petit théâtre.
— Aussitôt qu'on eut tiré la toile un grand concert de plusieira instruments se fit entendre ; et l'Aurore, représentée par M*^* Hilaire, ouvrit la scène, ei chanta ce récit : Quand V amour à vos yeux, etc.
Quatre valets de chiens étaient couchés sur Therbe, dont l'un, nous la figure de Lyciscas, représenté par le sieur de Molière, excellent acteor, de l'inveation duquel étaient les vers et tonte la pièce, se trouvait au .milieu de deux, et un autre à ses pieds, qui étaient les sieurs Batival, Dun et Blondel, de la musique du roi, dont les voix sont admirables. Ceux-ci, en se réveillant à l'arrivée de l'Aurore, stiôt qu'elle ent chanté, s'écrièrent en concert: Nota ! hola î debout, etc.
Ljciscas s'étant levé avec toutes les peines du monde, et s'étant mis à crier de toute sa force, plusieurs cors et trompes de chasse se firent entendre ; et, concertés avec les l'tolons, commencèrent l'air d'une entrée, sur laquelle six valets de chiens dansèrent avec beaucoup de justesse et de disposition; reprenant à certaines cadences le son de leurs cors et trompes.
Les cors, les trompes soDt réunis aux violons, et concertent avec eux ; à certaines cadences, Tembouchure sonne seule pour se mêler ensuite aux ensembles de Forchestre. C'est un progrès ; en 16/i2, lorsque parut le Menteur de Corneille, on ne mêlait point encore les inslrumenls d'une famille à ceux
lao LA PRINCESSE D'ELIDE.
d'une aulre famille, et surloul Tarchet avec Tembouchure. Les cinq bateaux du menteur Dorante vont devenir inutiles» nous allons voir le mélange complet.
— Quatre bergers et deux bergères béroïques, représentés, les premiers par les sieurs Le Gros, Estival, Dud et Blondel ; et les deux bergères par M"* de La Barre et M"<^ Hilairé, se prenant par la main, cLanlèrent cette cbaoson h danser, à laquelle les autres répondirent : Uses mieux, ô beautés fières.
Pendant que ces aimables personnes dansaient, il sortit de dessous le tbéâtre la macliîne d'un grand arbre chargé de seize F;iunes, dont les huit jouèrent de la ûiile et les autres du violon, avec un concert le plus agréable du monde. Trente violons leur répondaient de Torchestre, avec six autres concertants de clavecins et de téorbes , qui étaient les sieurs d'Ânglebert, Richard, Ytier, La Barre le cadet, Tisson et Le Moine.
Yoilà bien, si je ne me trompe, la danse aux chansons que Ton introduisit dans nos opéras, et que nous avons tant de fois applaudie dans le Guillaume Tell de Rossini, lorsque M"* Taglioni dansait sur le chœur Toi que Voiseau ne suieraiê pas.
— Leurs majestés étant arrivées, n'eurent pas plus tOt piis leurs places, que l'une des deux lies qui paraissaient aux cotés de la première, fut toute couverte de violons fort bien vêtus.
L'autre, qui était opposée, le fut au même temps de trompettes et de timbaliers, dont les habits n'étaient pas moins riches.
Lorsque le marquis de Soyecourt, représentant Olivier, paraissait armé de toutes pièces, pour figurer dans le tournoi, le héraut proclamateur disait :
Voici Tbonoeur du siècle, auprès de qui nous sommes, Et même les géants, de médiocres hommes, Et ce franc chevalier, è tout venant tout prêt, Toujours pour quelque joute a la lance en arrêt.
Les dames et les filles d'honneur, applaudissant par un modeste sourire, se plaisaient à faire connaître qu'elles avaient saisi Taffabulation ; et le duc de Saint- Aiguan, apiès sa victoire, leur distribuait les vers suivants :