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la cruauté de leurs maîtresses; et là-dessus vient un berger joyeux arec un bécarre admirable, qui se moque de leur faiblesse. »
Il s'agit tout simplement ici de la transition du mode mineur, portant un bémol à sa tierce (1), au mode majeur, dont la tierce est remise au ton naturel à l'aide précieuse du bécarre. Ce moyen, deVenu vulgaire par Tabus qu'une infinité de musiciens sans talent en ont fait, les fabricateurs de romances surtout , ce moyen n'en est pas moins d'un effet ravissant, prodigieux lorsqu'un homme de génie a su le préparer. Vandants de la symphonie de Haydn, ayant pour titre Boxelancy en est un exemple dans le genre suave et gracieux. L'explosion victorieuse de la symphonie en lU mineur de Beethoven se fait en bécarre pour parler le langage d'HaU. Une longue suite de cadences en bémol, une indécision concertée sur la route que l'orchestre va prendre, amènent enfin cette marche triomphale où tous les archets, toutes les embouchures, repoussant les douceurs da bémol, font sonner le bécarre avec un brillant éclat, une harmonie stridente, énergique au dernier point. Dans la prière de Moise , les trois couplets sont en bémol ; mais lorsque les Hébreux voient les eaux de la mer s'élever pour leur ouvrir un passage, l'humble déprécation se change en hymne de reconnaissatice ; plus de crainte, le ciel exauce leurs vœux ; ils attaquent en chœur, en bécarre, avec le déploiement de toutes les forces de l'orchestre , cette mélodie présentée d'abord d'une loanière timide, et qu'un seul récitant osait proférer. Le bécarre de cette péroraison est d'un effet saisissant.
J'attends avec un frémissement de plaisir le si bécarre du solo de cor anglais de l'ouverture de Guillaume Tell , et je pince toujours mon voisin pour lui faire sentir l'adorable la
(l) Quelques jeunes musiciens me diront peut*êire que, dans les tons oû^gurenl plusieurs dièses, la tierce mineure est indiquée au moyen du bécarre. Oui sans doule, si je parlais de la musique de uoik époque ; mais en 1667, et même sepianie sus plus tard» on baissait encore la uote diésée au mo^en d^un bémol.
LÉ sttîUEff, mt
bémol d'Arsûce qUi décide la rentx^ô &b fhi tfèmùl dans le quintette sans orchestre du finale de Semiramide. J'aurais dû parler d'abord du bémol monumental amenant le bécarre dans Vair i'Alceste , de Gluck i sur ces mots : me déchire ei nCarra—che le comr.
Après avoir cité Qluck, Haydn, BeetboYen» Rosnai, je vais vous rappeler un air de Dochec La transition est brusque sans doute, mais ce dernier exemple sera le plus clairement démonstratif pour mes lecteurs non musiciens. Vous sou* vient^il d'une comédie en Vaudevilles que j'ai vu jouer en 1810» ajatit pour titre les Deum Edmandt fort divertissante et surtout admirablement exécutée ? Parmi les nombreux couplets de la chanson finale de cette pièce ^ je remarquai , je retins, à peu près du moins, celui-ci :
Vins de Surëne, vins de BHe, D'Àrgétiteail et de Normandie, Vins faibles toujours aigre-doux, Déguisez- vous (^ts).
Joly chantait ces quatre vers d'un ton piteuï ; ses lazri de bouderie et de mépris s'accordaient parfaitement avec les béitfols qui foisonnent en ce prélude mineur. Mais sa figure s'épanouissait , la joie brillait en ses yeux, quand il laissait le bémol pour le. bécarre afin de montrer l'affection particulière que des liqueurs plus dignes de son hommage inspl« raient à son cœur. Les quatre vers suivants, chantés en majetif, ramenaiept la gaieté dans la salle comme sui" le théfttre.
Vins de Bourgogne, de Ghampague, De Tokay, de Bordeaux, d*Espagne, Vins forts, vins fins, vins délieats, Ne vous déguisez pas (6ii).
Hall devait avoir quelque pressentiment de cette chanson, lorsqu'il s'écriait ; — Hors du bécarre point de salut. »
QeDiil oiseau» ma petite linotte,
N'apprit jamais ni musique ni note ; Mais dès que je la siffle, elle est à l'unisson. Il n'en est pas âinti de ma femme Alison
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Qui ne manque jamais, dans son humeur bizarre. De chanter en bémol si je chante en bécarre.
Ce bémol est-il fin et ya-t-il droit an cœur?
Regxard, le Distrait, acte n, scène 7; 1697.
Les orgues de Barbarie ont leurs gammes pointées au naturel, sans bémols ni dièses que Ton y puisse introduire au besoin ôt par accident; aussi faisaient-ils entendre la Mar^ seillaise et le Chant du Départ sans la moindre tierce mineure, ce qui n'est pas médiocrement barbare. Ils ététent le galop de Gustave 9 trop étendu pour se déployer dans leur étroit ravalement ; et, dans la phrase de la Fawritey qu'ils tamisent à la journée, un mi remplace gauchement Yut diiie que l'oreille sollicite en vain.
Les harpes sans pédales des troubadours, harpeurs ambu* lants, ont horreur du dièse , comme jadis la nature avait horreur du vide.
A Boston, ville de haute sagesse, il est défendu sous peine de la hart, de faire sonner un orgue de Barbarie dans les rues. Cette harmonie discordante et flasque pourrait affadir, molester, révolter même l'oreille des chevaux. Nos gouvernants devraient emprunter ce paragraphe au Code municipal infiniment paternel de Boston ; et faire pour nous ce que font les Américains pour leurs intelligents quadrupèdes. Voyez GnsTAVB de Bbaumont» Tableau des Mœurs américaines.
Une ordonnance du directeur de la police, publiée, affichée à Cologne le 8 décembre 1851, interdit aux musicie'ns ambulants, aux joueurs d*orgue de barbarie, aux personnes qui montrent des animaux exotiques avec accompagnement de musique , et en général à tous les individus qui font de la musique dans les rues ou sur les places publiques, de faire usage d'instruments discordants ou désaccordés. Les contrevenants, s'ils sont étrangers, seront immédiatement expulsés de la ville ; s'ils sont nationaux , ils seront privés de l'autorisation par eux obtenue de la police, et cette autorisation ne I)ourra leur être accordée de nouveau qu'après qu'ils auront