‹ Molière. PréfChapitre 55 sur 58 · ALCIBIADE, ANAXAGORE, ASPASIE ASPASIE · texte numérisé non relu

ALCIBIADE, ANAXAGORE, ASPASIE ASPASIE

Vous voilà donc enfin, Alcibiade.

ANAXAGORE

De quel air vous dites enfin, Aspasie! et qu'en penserait Périclès?

ASPASIE

0 Anaxagore, tu ressembles aux Pythagoriciens; ils bâtissent le monde sur une fragile unité, et toi, sur un mot, tu élèves tout un édifice de soupçons.

ALCIBIADE

Je ne suis donc pas plus sage, Aspasie; car

sur un mot de ta bouche je conçois mille espé-

rances ou mille craintes, mon cœur s'agite des émotions les plus diverses; d'un mot tu me ravis, d'un mot tu me désoles.

ANAXAGORE

Admirez la désolation du bel Alcibiade!

Oublies-tu, mon cher hypocrite, que tes joyeuses folies sont Tunique entretien d'Athènes, qu'il n'est bruit partout que de ta légèreté, et que, si la République veut se perdre gaiement, Timon le misanthrope lui conseille de se jeter entre tes bras?

ALCIBIADE

Timon est un vieux fou.

ASPASIE

Et vous, Alcibiade, un jeune écervelé.

ALCIBIADE

Et toi, Aspasie....

ANAXAGORE

Vous verrez qu'il va dire quelque impertinence.

ALCIBIADE

Justement, Anaxagore. Tu es un philosophe bien subtil; mais, puisque tu es si subtil, ne

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