SCÈNE II
Géronte, Jacqueline, Lucas
Jacqueline. Par ma fi, monsieu, ceti-ci^ fera juste-
5 ment ce qu'an t fait les autres. Je pense que ce sera
l ueussi^q ufiumi;' et la meilleure médeçaine que Tan
pourrait bailler à votre fille, ce serait, selon moi, un biau
et bon mari, pour qui aile eût de l'amiquié.
Géronte. Ouais! nourrice, ma mie, vous vous mêlez 10 de bien des choses.
Lucas. Taisez- vous, notre minagère Jacquelaine: ce n'est pas à vous à bouter là votre nez.'
Jacqueline. Je vous dis et v ous do uze ^ que tous ces
médecins n'y feront rian que de l'iau claire;* que votre
r5 fille a besoin d'autre chose que de rhibarbe et de séné, et
qu'un mari est une emplâtre qui garit tous les maux des
filles.
Géronte. Est-elle en état maintenant qu'on s'en voulût charger* avec l'infirmité qu'elle a? Et lorsque j'ai été 20 dans le dessein de la marier, ne s'est-elle pas opposée à mes volontés.^
Jacqueline. Je le crois bian, vous li vouillais bailler un homme qu'aile n'aime point. Que ne preniais-vous' ce Monsieu Liandre, qui li touchait au cœur? Aile aurait 25 été fort obéissante; et je m'en vas gager* qu'il la prendrait, li, comme aile est, si vous la li vouillais donner.