‹ Molière sa vie et ses œuvresChapitre 21 sur 34 · I. Tome IV · texte numérisé non relu

I. Tome IV

c'est à coup sûr l'oraison funèbre que nous allons reproduire :

« Cléante m'estant venu voir le lendemain que

Molière mourut, nous témoignâmes le regret que

nous avions de sa perte. II me dit qu'il avoit

envie de faire son oraison funèbre ;. je me moquay

de luy. Il me dit qu'il la feroit et qu'il la récite-

roit mesme devant ceux que je voudrois. J'en

demeuray d'accord, et luy dis que j'avois fait faire

une Chaise, parce que Molière devoit venir jouer le

Malade Imaginaire chez moy, et qu'elle luy ser-

viroit. Il m'a tenu parole et nous allons voir s'il

s'acquittera bien de ce qu'il m'a promis. Comme

Cléante estoit un homme fort enjoué et qui diver-

tissoit fort les compagnies où il estoit, ils passèrent

tous avec empressement dans la salle où on les

attendoit : elle estoit toute tendue de deuil et

remplie d'écussons aux armes du défunt. Cléante

n'eust pas plutost appris que toute la compagnie

avoit pris place, qu'ayant pris une robe noire, il

monta en chaise avec un sérieux qui fit rire toute

l'assemblée. II commença de la sorte :

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