I. Le Livre Xor, Plutarque universel (tome I«, in
en même temps 6000 livres de pension à la troupe qui prit congé de Monsieur, lui demanda la continuation de sa protection, et prit ce titre : La troupe du roy. »
« Le vendredi 12 juin 166$, la troupe est allée à Versailles par ordre du roy ; on a joué le Favory dans le jardin, sur un théâtre tout garni d'orangers. M. de Molière fit un prologue en marquis ridicule qui vouloit être sur le théâtre malgré les gardes, et eut une conversation risible avec une actrice qui fit la marquise ridicule placée au milieu de l'assemblée 1. »
Le roi, on le voit, aimait fort Molière, mais il est bon d'ajouter quMl aimait plus en lui le bouffon que le philosophe. Sachons gré à Louis XIV d'avoir laissé jouer Tartuffe, mais ne lui en accordons pas trop le mérite. Pour lui, Molière était sa chose et il le protégeait plus encore parce qu'il était u à lui » que parce qu'il était homme de génie'.
X. Voyez dans le très-savant et amusant ouvrage de M. Edouard Fournier, U Roman de Molière, le chapitre consacré à Molière, d'après le registre de La Grange,
2. M. Etienne Arago a trouvé dans un manuscrit de Philibert de Lamare, conseiller au parlement de Dijon, commencé en 1673 (Bibliothèque Richelieu), une anecdote qui ne se rencontre que là, mais qui n'a rien d'improbable :
« Molière, fameux comédien, ayant fait et représenté une pièce de théâtre ayant pour titre Le Marquis Étourdi (le conseiller Philibert de Lamare fait confusion) dans laquelle il avait, avec une exactitude non-
D'aillears il lui préférait les bouffons italiens, ou du moins il les payait davantage. Ces acteurs italiens n'allaient-ils pas être appelés par les envieux les maîtres et les inspirateurs de Molière ? Sans doute, Molière leur avait fort emprunté, mais comme le génie emprunte, en transformant, en sublimant, en faisant du fer brut un acier trempé, solide et étincelant. Il suffirait, pour appuyer notre opinion, de comparer VEtourdi, par exemple, à la fantaisie italienne d'où Molière a tiré ce pimpant chefd'œuvre. Cependant rendons justice à qui de droit et sachons remonter aux sources.
M. Louis Moland a d'ailleurs recherché déjà, dans un volume spécial, quelle influence la littérature étrangère avait exercée sur son auteur, et ce qu'il y avait d'exotique dans le talent du grand comique*.
pareille, représenté les gestes, les actions, et paroles ordinaires du comte de La Feuillade, duc de Rouennais ; le comte, piqué au vif de cette injure, fit dessein ds faire assassiner Molière, et étant au petit coucher du roi où on parlait du comédien, il dit au roi : « Sire, « Votre Majesté se pourrait-elle passer de Molière? » Le roi qui savait le mal que le comte voulait au comédien, et jugeant de son dessein, lui répondit ; « La « Feuillade, je vous entends bien ; je vous demande la « grâce de Molière. » Ce mot désarma la colère du comte. »
Il eût été triste que Molière mourût comme était mort Tabarin, assassiné par un gentilhomme.