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GENRE OCTOPUS. 43
ils vivent dans les anfractuosités de rochers. Lorsqu'ils sont laissés dans des flaques d’eau par la marée descen-
dante, ils sont encore très difficiles à prendre et s'ils
peuvent se fixer avec leurs ventouses dans quelque crevasse de rocher, il faut beaucoup de force pour les arracher. Leur voracité est extrême, ils dévorent une grande quantité de Mollusques bivalves et de crabes. « Quand le repas du Poulpe, dit le docteur Fischer, est terminé, il laisse les débris accumulés devant son refuge et quelques-uns lui servent de clôture ou de bouclier ; il saisit par les ventouses de la base de ses bras des carapaces de crustacés ou des coquilles vides et les maintient au-devant de son corps; ses yeux apparaissent audessus de cet abri et guettent de nouvelles victimes. La retraite des Poulpes est indiquée par les accumulations de coquilles. »
L'Octopus vulgaris (Lam.), Poulpe commun et vul-
gairement Pieuvre (fig. 2, pl. 1) est très commun sur
toutes nos côtes; on le vend sur les marchés dans les ports de mer, où on le considère comme le plus succulent des Céphalopodes édules. Il nage très rapidement et se colore subitement de teintes diverses : brun rougeâtre quand il est irrité, 1l devient entièrement blanc après sa mort. Une espèce très voisine, le Scæurqus Coccoi (Vérany), ou Poulpe à cirrhes (fig. 3, pl. 1), vit dans la Méditerranée, principalement sur les côtes de Nice. Il est petit, d’un gris bleuâtre sur le dos et blanc sous le ventre.
FAMILLE DES TRÉMOCTOPODIDÉS.
(Octopodes à ventouses pédonculées.)
Genre Parasira (S{eenstrup), Parasire.
Ce genre a le corps arrondi, sans nageoires, la tête petite et courte ; les femelles sont différentes des mâles et beaucoup plus grandes. Une espèce vit sur nos côtes méditerranéennes, la Parasira carena (Vérany) (fig. 4, pl. 1), dont la femelle a été nommée par Risso Philonexis tuberculatus. On la trouve sur les côtes de Provence, où elle est rare.
FAMILLE DES ARGONAUTIDÉS.
(Mâle sans coquille. — Femelle portant une coquille enroulée. — Ventouses pédonculées.)
Genre Argonauta (/in.), Argonaute.
Les Argonautes ont été, dans l'antiquité, considérés comme doués d’un instinct surnaturel ; leur mode de navigation surtout à été la source de récits fabuleux qui sont presque arrivés jusqu à nos jours. « L'histoire naturelle de l’Argonaute, dit le docteur Fischer, a été pendant longtemps hérissée de difficultés, et même aujourd'hui nombre de faits sont encore incertains. L’antiquité nous avait légué des fables qui ont été acceptées sans contrôle par les auteurs et qui nous représentaient ce Céphalopode se servant de ses bras palmés comme de véritables voiles avec lesquelles il dirigeait sa fragile nacelle flottant à la surface des mers.
GENRE ARGONAUTA. 45
«Les observations précises deS. Rang démontrent que l'Argonaute embrasse son test avec les bras palmés de la première paire dorsale qui s'appliquent sur presque toute la surface, ne laissant à découvert qu'une portion voisine du bord de l'ouverture. Lorsque l'animal nage, il se sert de l’entonnoir normalement placé du côté de la carène ; la natation est alors rapide, rétrograde, et les trois autres paires de bras sont rapprochées en un seul faisceau. Quand il rampe sur le fond du rivage, il porte sa coquille comme un Gastéropodé, et il avance au moyen des bras non palmés ; la mâchoire est alors tournée vers le sol. »
Ces observations, en détruisant les croyances poétiques des anciens sur la navigation à voile de l’Argonaute, ont prouvé que sa locomotion, par l'impulsion d'une force interne refoulant l'eau, doit plutôt être comparée à la navigation à vapeur.
Une particularité singulière de l’organisation des Argonautes est que la coquille n'est ni moulée au corps de l’animal ni attachée par des muscles ; de là on avait conclu que l’Argonaute n'était pas le constructeur de sa coquille, qu'elle appartenait à un autre Mollusque et qu'il s'en emparait pour s'y réfugier. Cette nouvelle fable a été détruite par les observations de plusieurs savants conchyliologistes : on a pu capturer des Argonautes vivants, dont on brisait une partie de la coquille eton a constaté qu’au bout de quelques jours ils avaient réparé les brèches, comme cela arrive fréquemment chez
l'Escargot. La coquille de l’Argonaute lui appartient : donc réellement.
Mais, comme si tout dans l’histoire naturelle de ce Cé-
phalopode devait être extraordinaire, on a découvert que ces coquilles n'étaient habitées que par les femelles. La coquille n’est donc destinée qu'à protéger les œufs. Les mâles, très différents des femelles, sont semblables à des Poulpes et dépourvus de bras palmés et de coquille. On les rencontre beaucoup plus rarement que les femelles, parce qu'ils sont plus nocturnes et se tiennent dans la haute mer.
Une seule espèce fréquente les côtes de France, c'est l’Argonauta Argo (Lin.), Argonaute papyracé (fig. 5, pl. 1). L'animal a huit tentacules assez grands, couverts de deux rangées de sucoirs, dont six étroits, amincis vers l'extrémité et pointus, et deux terminés par une large dilatation membraneuse. « La coquille est mince, fragile, roulée en spirale et marquée de fortes rides divergentes, fourchues et se terminant par un tubercule comprimé. Ces tubercules forment une double crête sur la carène. L'ouverture est grande et bordée, de chaque côté, d’une espèce d’oreillon. Sa couleur est d’un blanc mat ; la carène et les oreillons sont souvent d’un brun noirâtre. » (Cantraine.)
Cette espèce est commune dans la Méditerranée, où elle vit en troupes assez nombreuses. A la suite des tempêtes, on en trouve quelquefois sur nos côtes. La coquille a, en moyenne, 10 centimètres de longueur et 6 centimètres de hauteur.