‹ Mollusques (céphalopodes, gastéropodes)Chapitre 28 sur 62 · GENRE TURBO · texte numérisé non relu

GENRE TURBO

de la coquille ont été enlevées soit par l'immersion dans un acide, soit au moyen de la meule ; c’est dans cet état qu'on les emploie pour l'ornementation et qu'on les vend dans tous les ports de mer comme objets de curiosité.

Une seule espèce vit sur les côtes de France :

Turbo rugosus (Gmel.), Turbot scabre.

Ce Turbot (Hg. 35, pl. 10) a la spire ombiliquée, composée de six tours faiblement carénés, avec des côtes coupées longitudinalement par de petites lamelles et couronnées par des plis obliques. Son ouverture est nacrée; sa bauteur est de 39 à 35 millimètres. Sa coloralion est d'un gris verdâtre, mais la partie qui environne la bouche est teinte d’un rouge vif. L’opercule, connu sous le nom vulgaire d'œil de Saint-Jacques, est arrondi, ovale ; sa surface extérieure est rouge et creusée d'une cavité circulaire. La coquille des jeunes (fig. 36, pl. 10) est assez différente pour avoir été prise pour une autre espèce ; ses tours sont couronnés par une carène à pointes très saillantes.

Ce Gastéropode est carnassier ; il s’introduit fréquemment dans les paniers en forme de nasses qui servent à la capture des Homards et des Langoustes pour dévorer les debris de chair ou de poisson qu’on y dispose comme appat. La structure de sa langue est très curieuse : « La membrane déroulée présente une étendue qui égale au moins trois fois la longueur du corps. Quel singulier Mollusque! un animal trois fois plus court que sa langue! » (Moq.-Tandon.) |

Cette espèce est peu commune sur les côtes de l'Océan où on ne la trouve vivante qu'à Biarritz; elle n’est pas rare sur tout notre littoral de la Méditerranée.

Genres Trochus (/n.) et Monondota (Zam.), Froque

et Monodonte.

Le genre 7rochus est caractérisé par des coquilles coniques, à spire plus ou moins élevée selon les espèces, à ouverture oblique, nacrée intérieurement, à opercule corné. Le genre Monodonta n'en diffère que par la présence d'une dent plus ou moins saillante à la columelle; mais ce caractère est si peu constant que beaucoup d’auteurs ont confondu les deux genres ; nous les réunissons ici pour faciliter l'indication des synonymes.

Les Zroques sont des animaux marins, à mufle court, à tentacules longs et grêles, habitant toutes les mers. On en connait plus de 200 espèces.

Ils vivent sur les rochers, sur les pierres, même dans les endroits qui découvrent à chaque marée. Leur coquille est souvent recouverte d'un épiderme verdâtre. Les espèces des côtes de France sont très nombreuses :

Trochus zizyphinus (Lin.) (fig. 1, pl. 11). Côtes du Boulonnais, de la Manche, du Morbihan, de la Loire-Inférieure, de la Charente-Inférieure (commun), Vieux-Soulac, Saint-Jean-de-Luz, Méditerranée.

T. conuloïides (Lam.). Variété du précédent, mais plus petite, même coloralion. Boulogne-sur-Mer (rare), Cherbourg, Méditerranée.

T. conulus (Lin.). Coquille plus petite que les deux précédentes, d’une couleur orangée, avec des points blancs et rouge pâle sur le bourrelet marginal. Méditerranée. |

T. Laugieri (Payr.), espèce voisine du 7°. conulus, mais n'ayant que 8 millimètres de hauteur, de couleur olivà-

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tre avec des flammes longitudinales d'un vert sombre. Méditerranée.

T. maqus (Lin.) (fig. 2, pl. 11). Côtes du Boulonnais, de la Manche, du Morbihan, de la Loire-Inférieure (Le Croisic), très commun sur le littoral de la Charente-Inférieure et à Arcachon (dans les crassats), Basses-Pyrénées (dans les rochers, rare); Méditerranée (assez commun) ; coloration plus vive que dans l'Océan.

T'. crassus (Pult.), espèce voisine du 7”. tessellatus (fig. 8, pl. 11). Coquille épaisse, grise vermiculée de blanc. Côtes de la Manche et de la Charente-Inférieure, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, sur les rochers battus par le flot (commun).

T. cinerarius (Lin.) (fig. 3, pl. 11). Très commun sur les côtes de Bretagne, de la Charente-Inférieure et des Basses-Pyrénées, bassin d'Arcachon (dans les parcs aux huitres). Variétés nombreuses, n'existe pas dans la Méditerranée.

T. lincatus (Dacosta). Espèce voisine de la précédente ; coloration grise vermiculée de blanc. Côtes du Boulonnais, de la Loire-Inférieure, du Morbihan, Méditerranée (peu commun).

1, umbilicaris (Lin.); 7. umbilicatus (Mont.). Coquille déprimée, ombiliquée, striée transversalement, pointillée de blanc et de-‘brun. Côtes de la Manche, du Morbihan, de la Charente-Inférieure, du Médoc, bassin d'Arcachon, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz; Méditerranée : Agde, Cette, cap Pinède, etc.

T. granulatus (Born.) : T. papillosus (Dacosta) (fig. 4, pl. 11). Coquille mince, granuleuse ; c’est la plus belle et la plus grande espèce de Troque de notre littoral.

Côtes de la Charente-Inférieure et d'Arcachon (rare); côtes de la Méditerranée (commun).

T, tumidus (Mont.). Coquille petite, ventrue, épaisse, à cinq tours garnis de stries spirales très fines, séparés par une suture profonde, d'un brun cendré, quelquefois jaunâtre, avec des lignes longitudinales ondulées, souvent ornées de taches blanches sur chaque tour. Côtes de la Manche et de la Bretagne, Arcachon, golfe de Gascogne, Méditerranée,

Le 7, Montagqui (Wood), qui vit dans les mêmes parages, et le 7, Racketti (Payr.), peu commun sur nos côtes méditerranéennes, peuvent être considérés comme des variétés du 7°. tumidus.

T. millegranus (Phil.). Coquille conique, légère, granuleuse, grise maculée de brun. Golfe de Gascogne (rare), Méditerranée (peu commun).

T. striatus (Lin.); 7. conicus (Donov.) (fig. 5, pl. 11). Côtes de Bretagne, Méditerranée, commun dans les étangs de Thau et de Berre.

T. divaricatus (Gmel.); Monodonta Lessonu (Payr.) (fig. 6, pl. 11). Coquille de forme assez variable, verdâtre, pointillée de. rouge. Méditerranée : Agde, Cette, Cannes, etc... (commun). Le 7. rarilineatus (Mich.) n’est qu'une variété moins commune du précédent.

T. fragaroïides (Lam.); Monodonta Olivieri (Payr.) (fig. 7, pl. 11). Côtes du Boulonnais, Méditerranée (commun).

T. tessellatus (Ghemn.); Monodonta Draparnaudii (Payr.) (fig. 8, pl. 11). Dépouillée de son drap marin, cette coquille est blanchâtre, ponctuée de rose. Méditerranée (commun).

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T. margaritaceus (Risso); Monodonta Richardii (Payr.) (fig. 9, pl. 11). Espèce de forme assez variable, de coloration grise, souvent recouverte d'un drap marin épais. Méditerranée (commun).

T. canaliculatus (Lam.) ; T. Fermoni (Pavr.) (fig. 10, pl. 11). Très jolie espèce, à coquille plus ou moins déprimée, profondément ombiliquée, ornée de points blancs, bruns ou rosés, avec de larges taches blanches à la partie supérieure des tours, sommet de la spire souvent rouge. Méditerranée : Cette, cap Pinède, Cannes.

T'. corallinus (Lin.); Monodonta Couturii(Payr.). Jolie coquille d'un rouge de corail, à cinq tours arrondis, granuleuse, finement striée transversalement, quelquefois maculée de taches blanches sur le dernier tour, avec une dent très proéminente à la columelle quiest bidentée. Méditerranée : Cette, cap Pinède, Toulon, Menton.

T'cruciatus(Gmel.); Monodonta Vieilloti(Payr.). Espèce très voisine de la précédente, mais généralement plus grande, d'une coloration plus sombre, ouverture moins élargie, ombilic moins évasé, dents de la columelle moins saillantes. Méditerranée : Port-Vendres, Cette, Marseille, Cannes.

T. sanquineus (Lin.): 7’. Belliæi (Payr.). Espèce voisine des précédentes, coquille plus petite, épaisse, striée transversalement, rouge de corail, ouverture arrondie non dentée. Méditerranée (peu commun).

T. Jussieui (Payr.); Monodonta J'ussieui (Payr.) (fig. 11, pl. 11). Coquille épaisse, à stries transversales peu apparentes, d'un brun rougeûtre, pointillée de jaune et de brun; dent peu proéminente à la columelle. Méditerranée : Cette, cap Pinède, Toulon, Cannes.

T. magulus (Desh.); 7. Biassolletti (Phil.) (fig. 12, pl. 11). Méditerranée : Antibes, Nice.

T. Adansonii (Payr.) (fig. 13, pl. 11). Coquille mince, de coloration très variable : d'un jaune doré avec des taches obliques blanches et brunes. Méditerranée : Cette, étang de Thau (commun), Cannes.

T. fanulum (Gmel.); Monodonta Æqyptiaca (Payr.) (fig. 14, pl. 11). Espèce de coloration variable, quelquefois grise, Ou flammée de brun, ou ornée d'un cordon rose sur les tours de spire. Méditerranée (peu commun).

T. exiquus (Pult.); 7. Matonii (Payr.). Jolie espèce conique, pyramidale, granuleuse, striée transversalement, avec des bourrelets sur les tours de spire; coloration variable : grise, rosée ou rouge ; sommet de la spire d’un rouge vif. Cette coquille est très variable de forme et de coloration : c'est la même espèce que le 7°. exasperatus (Penn.) et le 7°. crenulatus (Broc.). Côtes de la Manche, de Bretagne, Arcachon; Méditerranée : Port-Vendres, Cette, Marseille, Toulon, Cannes.

FAMILLE DES HALIOTIDÉS.

(Coquilles spirales, auriformes, à ouverture grande et nacrée, pas d’opercule.)

Genre Haliotis (Zin.), Haliotide ou Ormier.

La coquille des /aliotides est facile à reconnaitre à sa structure auriforme qui lui à fait donner le nom d'’oreille de mer, à son ouverture. nacrée embrassant presque toute la surface imterne de la coquille, et surtout à une série de trous disposés sur une ligne parallèle au bord gauche. Ces trous correspondent à une fente du

rai PRET NE Fat EN

GENRE SCISSURELLA. 153

manteau et ont pour objet de faire pénétrer l’eau jus-

qu'aux branchies. L'animal a le mufle court, deux grands tentacules, le pied très large et orné de franges ou appendices charnus.

Les Haliotides vivent appliquées sur les rochers auxquels elles adhèrent fortement. On les reconnait difficilement, la surface de leur coquille d’une coloration brune s'harmonisant complètement avec les rochers sur lesquels elle est fixée.

Une seule espèce vit sur le littoral francais :

Haliotis tuberculata (Lin.), Haliotide commune.

Sa coquille (fig. 15, pl. 11) est marbrée extérieurement de brun, de vert ou de rouge, sous un épiderme brun foncé. Sa longueur est de 6 à 8 centimètres.

On vend cette Haliotide comme Mollusque édule sur les marchés de Normandie où on la désigne sous le nom vulgaire de Silieux. On la trouve aussi sur les côtes de la Loire-Inférieure, de la Charente-Inférieure, de la Gironde, des Basses-Pyrénées (à Saint-Jean-de-Luz) et sur tout le littoral de la Méditerranée.

L'Haliotis lamellosa (Lam.) n’est qu'une variété présentant sur sa coquille (fig. 15 b?s, pl. 11) des côtes lamelleuses élevées. Elle est assez commune sur nos côtes méditerranéennes.

Genre Scissurella (/'0rb.), Seissurelle.

Les Scissurelles ont des coquilles petites, minces, quelquefois nacrées, à spire courte, à ouverture arrondie ; elles sont ombiliquées, avec une bande spirale terminée à l'extrémité centrale du dernier tour par une échancrure étroite et profonde. Elles sont pâles, transparentes

et vivent à de grandes profondeurs sur les algues. Elles sont rares sur les côtes de France : |

Scissurella crispata (Fleming) (fig. 16, pl. 41). Vit dans le golfe de Gascogne, où elle a été draguée par 40 à 80 brasses.

Scissurella costata (d’Orb.). Coquille petite, carénée, très ombiliquée, de coloration grise verdâtre, longueur 2 millimètres. Vit sur nos côtes de la Méditerranée : Marseille, Toulon, Nice.

Scissurella lœvigata (d'Orb.). Coquille très blanche, légère, plus grosse que la précédente. Vit dans les mêmes paräges.

FAMILLE DES JANTHINIDÉS.

(Coquilles minces, translucides, trochiformes, à tours peu nombreux et assez renflés; ouverture grande et présentant quatre côtés, — Animal à tête grosse, en forme de mufle.)

Genre Kanthina (/a.), Janthine.

Ces Mollusques ont été admis par quelques auteurs dans la classe des Ptéropodes de Lamark (Nucléobranches de Blainville). Ils sont pélagiens, c'est-à-dire vivant dans la haute mer; on ne peut donc les considérer comme appartenant réellement à la Faune francaise : mais ils doivent être néanmoins mentionnés, certaines espèces se trouvant fréquemment jetées sur nos côtes à la suite des tempêtes. On trouve sur le littoral fran- Cas :

Janthina communis (Lam.), Janthine commune.

Cette espèce (fig. 17, pl. 11) à une coquille très légère, d'une jolie coloration violette, d’une longueur de 20

GENRE IANTHINA, 159

à 25 millimètres. L'animal a la téte surmontée de deux tentacules coniques ; le mufle est fendu dans son milieu et terminé par une bouche à grosses lèvres garnies de plaques cornées et de petits crochets. Son pied est court et ovale ; la partie antérieure est creusée en gouttière ; il sécrète un amas de vésicules cartilagineuses auxquelles on à donné le nom de radeau (fig. 19), parce qu'elles servent à soutenir l'animal à la surface de la mer ; elles sont en même temps destinées à supporter les œufs qui sont renfermés dans des espèces d'ampoules. Ces ampoules, qui ressemblent à des grains de courge, en contiennent plus d'un million (Quoy.). Ce radeau sert à la Janthine de parachute pour flotter à la surface des vagues. Si, par les gros temps, ce flotteur est brisé ou détaché, les Janthines sont alors jetées à Ja côte,

Fig. 19, — Janthina communis et son radeau. -

Elles vivent par bancs dans’la haute mer et c’est en grande quantité qu'elles sont poussées sur nos côtes, surtout pendant les vents violents du sud-ouest. Lorsqu'on les touche, elles exsudent un liquide violet.

On les trouve accidentellement sur le littoral de la Loire-Inférieure, de la Charente-Inférieure et dans l’es-

tuaire de la Gironde; on à constaté que leur apparition sur nos côtes méditerranéennes était de plus en plus rare.

Janthina prolongata (Blainv.), Janthine allongée.

Cette espèce ne diffère de la précédente que par sa forme plus allongée. Elle vient s’échouer en grande quantité sur le rivage de la Charente-[nférieure après les vents d’équinoxe; elle à été aussi trouvée plusieurs fois sur nos côtes méditerranéennes.

La Janthina exiqua (Lam.) à été recueillie au Croisic. C'est une espèce très petite, de coloration violette comme les deux espèces précédentes.

FAMILLE DES FISSURELLIDÉS.

(Coquilles coniques, patelliformes, à sommet perforé, à impression musculaire en forme de fer à cheval. — Animal à mufle court, à tentacules subulés.)

Genre Fissurella (Zam.), Fissurelle.

Les Fissurelles ont des coquilles ovales, coniques, déprimées, à surface rayonnée ou cancellée, à sommet situé en avant du centre et perforé. On les a nommées Fissurelles à cause de cette perforation qui est destinée aux déjections anales. Dans les coquilles des jeunes, qui diffèrent sensiblement des adultes, le sommet est entier et incliné en arrière, la perforation est à peine visible ; elle s’augmente graduellement avec l’âge. Les Fissurelles vivent dans les anfractuosités des rochers. Trois espèces habitent le littoral francais :

Fissurella Græca (Lin.); Fissurella reticulata (Donov.), Fissurelle cancellée.

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GENRE FISSURELLA. 157

Cette espèce (fig. 48, pl. 11) se distingue par sa forme convexe et ovale, par ses bords crénelés et par ses côtes longitudinales coupées par des côtes transversales. Sa longueur est de 15 à 18 millimètres. Sa coloration est verdâtre, quelquefois nuancée d'une teinte rougeûtre. Elle est commune sur le littoral du Boulonnais ; on la trouve aussi sur les côtes du Morbihan, de la Loire-Infé-

rieure et de la Charente-[nférieure (dans les rochers de

Cordouan). Elle n’est pas rare sur nos côtes méditerranéennes.

Fissurella neglecta (Desh.), Fissurelle négligée.

Cette Fissurelle a beaucoup de ressemblance avec la précédente; sa coloration est la même, mais elle atteint de plus grandes dimensions (jusqu'à 4 centimètres); elle est plus atténuée en avant, ses côtes sont moins cancellées, l'animal a le pied plus coloré (d'un jaune orangé vif). Elle est commune dans les pares aux huîtres d’Arcachon et de la Charente-Inférieure ; elle n’est pas rare sur les côtes de la Méditerranée.

Fissurella gibberula (Lam.); Fissurella qibba (Phil.;, Fissurelle renflée.

Elle est beaucoup plus petite (fig. 19, pl. 11) que les deux espèces précédentes (9 millimètres); sa forme est plus ovale, ses côtes comprimées ; elle est surtout facile à reconnaitre au renflement de la partie de son dos postérieure au sommet et à la forme de la perforation qui est inclinée; sa coloration est grise rosée. On la trouve sur les côtes de la Loire-Inférieure, de la Gironde et des Landes, ainsi que sur celles de la Méditerranée; mais elle n’est pas commune.

Genre Emarginula (Zam.), Emarginule.

Les coquilles de ce genre sont ovales, coniques, à surface cancellée et caractérisées surtout par une fente longitudinale sur le bord postérieur. Ces Mollusques vivent sur les rochers, comme les Fissurelles. Très rares sur nos côtes océaniques, on les trouve également sur le littoral de la Méditerranée, où ils sont peu communs :

Emarginula reticulata (Chemn.); Emarginula fissura (Lam.), Emarginule treillissée.

Cette espèce (fig. 20 et 21, pl. 11) est longue de 8 millHimètres; de coloration verdâtre. Elle a été trouvée rarement sur les côtes du Boulonnais, de Normandie et de Bretagne ; elle n’est pas très rare dans la Méditerranée.

Emarginula Huzardi (Payr.), Emarginule de Huzard.

Elle diffère de la précédente par sa forte dépression, son sommet court, presque central, à peine incliné. Sa coloration est la même, sa longueur 6 à 8 millimètres. On ne la trouve que sur notre littoral méditerranéen. On rencontre aussi très rarement sur les côtes de France l'Emarginula rosea (Bell), trouvée au Croisic et à Bellele ; l £marginula elongata (Costa), au cap Pinède près Marseille ; l'£, conica (Schum) à Cannes; l’£’. adriatica (Costa) à Cap-Breton et dans la Méditerranée : mais ces espèces sont trop rares pour être considérées comme appartenant à la faune francaise.

GENRE CREPIDULA. 159

FAMILLE DES CALYPTROEIDÉS.

(Coquilles patelliformes, à intérieur divisé par un appendice calcaire, auquel sont attachés les muscles adducteurs. — Animal à mufle allongé.)

Genre Calyptrœa (Lam.), Calyptree.

Dans ce genre, les coquilles sont caractérisées par une sorte de lamelle placée à l'intérieur: leur extérieur a une apparence trochiforme. Ces Mollusques adhèrent aux galets et aux coquilles mortes. « Leur forme ou leur couleur dépend de la position dans laquelle elles croissent ; celles que l’on trouve dans les cavités des coquilles mortes sont presque plates ou concaves en dessus et incolores. » (Woodward.)

Une seule espèce vit sur le littoral francais :

Calyptræa Sinensis (Lin.); Calyptrœa lœvigata (Lam.), Calyptrée chapeau-chinois.

Sa coquille (fig. 1 et 2, pl. 12) est conoïde, à base arrondie, à stries transverses spirales, à sommet pointu; sa coloration varie du blanc au jaune; sa longueur est de 15 millimètres. On la trouve sur les côtes de la Manche, de Bretagne, sur celles de la Charente-[nférieure (dans les parcs aux huitres) et dans le bassin d'Arcachon. Elle n’est pas rare dans la Méditerranée où elle adhère aux grandes coquilles bivalves.

Genre Crepidula (Zam.), Crépidule.

Les Crépidules ont des coquilles ovales, à intérieur poli, avec une lame calcaire couvrant sa moitié postérieure. Elles ont été ainsi nommées à cause de leur forme

qui a une certaine ressemblance avec une petite sandale (crepidula). Elles vivent sur les pierres et les coquilles et adhèrent quelquefois, par groupes, les unes aux autres. Celles qui vivent dans l’intérieur des coquilles mortes sont minces, aplaties et incolores :

Crepidula unguiformis (Lam.), Crépidule unguiforme.

Cette espèce (fig. 3, pl. 12) est longue de 10 millimètres; elle est blanchâtre, mince, presque plane, à extrémité un peu dilatée. On la trouve souvent dans l'intérieur des coquilles mortes, et principalement des bivalves. Elle ne vit pas sur nos côtes océaniques; mais elle est commune sur toutes celles de la Méditerranée.

La Crepidula Moulinsii (Mich.), espèce rugueuse, de forme plus convexe et beaucoup plus rare, a été trouvée dans les eaux de Marseille, au cap Pinède.

Genre Pileopsis (Zam.), Cabochon.

Les coquilles de ce genre sont coniques, à sommet postérieur recourbé en spirale, à ouverture arrondie, à impression musculaire en forme de fer à cheval; l’animal a les bords du manteau frangés. Une seule espèce vit sur le littoral francais :

Pileopsis Hungarica (Lin.), Bonnet hongrois.

Cette coquille (fig. 4, pl. 12), dont le nom vulgaire indique suffisamment la forme, est striée longitudinalement et recouverte d’un épiderme jaunâtre et velouté. Ce Mollusque vit sur les grandes coquilles, principalement sur les bivalves des genres Ostrea et Pinna, auxquelles il adhère fortement. Sa hauteur est de 20 à 22 millimètres ; la largeur de la base 35 millimètres. Il en

4 ESS PEAR T ER ,

GENRE PATELLA. 161

existe deux variétés : l’une à intérieur rose, et l’autre à intérieur blanc.

On trouve ce Pileopsis sur toutes nos côtes océaniques où il est assez rare ; il est plus commun sur le littoral de la Méditerranée.

FAMILLE DES PATELLIDÉS.

(Coquilles coniques, plus ou moins déprimées, à sommet tourné en avant, à face interne lisse. — Animal à tête distincte munie de tentacules oculés à leur base externe; pied aussi grand que le contour de la coquille ; manteau uni ou frangé.)

Genre Patella (Zaim.). Patelle.

Les Patelles sont communes dans toutes les mers et on en connaît environ cent cinquante espèces. Leurs coquilles sont ovales, à surface lisse ou ornée de stries ou côtes rayonnantes ; le bord est uni ou crénelé suivant la disposition extérieure de la coquille; la face interne est lisse et brillamment colorée dans quelques espèces. Les Patelles vivent sur les côtes rocheuses, entre le niveau de Ja haute et de la basse marée, et sont par conséquent laissées à sec deux fois par jour; elles adhèrent très fortement et la forme de leur coquille augmente la difficulté que l’on éprouve à les arracher. Tous ceux qui, en parcourant nos côtes, ont essayé d'enlever des Patelles, même au moyen d'une lame de couteau, ont pu constater que la coquille se brisait souvent, tant était grande la force musculaire du Mollusque.

Par les Patelles de notre littoral on peut calculer la

résistance qu'oppose la Patella Mexicana(Sow.), grande espèce des côtes du Pacifique, qui mesure jusqu'à 22

centimètres de longueur et 15 centimètres de largeur! On assure que, pendant l'expédition scientifique de la Vénus, un matelot, qui glissait ses doigts au-dessous d'une coquille de cette espèce, fut fait prisonnier par ce Mollusque et ne parvint à se dégager qu'après de longs efforts.

« Contrairement à l'opinion généralement admise, les Patelles peuvent se déplacer en élevant fortement la coquille ; elles se mettent alors en mouvement, la tête dirigée en avant, le mufle sorti presque complètement, les teatacules s’agitant à droite et à gauche, comme pour explorer le terrain. » (E. Sauvage.)

Les Patelles ont la mâchoire supérieure cornée et une longue langue en forme de ruban, munie de nombreuses dents dont chacune se compose d'une base translucide et d’un sommet opaque crochu. La Patella vulgata (Lin.), Patelle commune, a un canal dentaire plus, long que sa coquille : il à 160 rangées de dents, avec 12 dents dans chaque rangée, ou 1,920 dents en tout! (Forbes.) C'est avec cette formidable denture que les Patelles râpent les Nullipores à consistance pierreuse et font des trous ovales dans le bois, comme dans la craie.

Les Patelles pondent dans les derniers jours de mars et les premiers d'avril. « Tous les rochers émergés à marée basse sont couverts d'une innombrable quantité de jeunes Palelles de coloration cornée brunâtre, de forme ovalaire, aplatie, et mesurant à peine 1 millimètre de longueur. » (Docteur Fischer.) Ces Mollusques sont excessivement communs sur nos côtes où on les désigne sous les noms vulgaires de Zernicle ou Jambe (sur les côtes de la Charente-Inférieure), de Lapa (sur celles des

ss GENRE PATELLA. 163 Basses-Pyrénées), el d'Arapède (sur celles de Provence). On les vend sur les marchés comme coquilles comestibles; les pécheurs s’en servent aussi comme appât. Les espèces du littoral francais sont :

Patella vulgata (Lin.), Patelle commune.

Cette espèce (fig. 10 et 11, pl. 12) est assez grande, très conique, verdätre à l'extérieur, d'un jaune verdàtre à l’intérieur, à côtes plus ou moins aiguës; sa longueur est de 4 centimètres ; elle atteint de plus grandes dimensions. Sur les côtes de Normandie, on la nomme Flie ou an; elle est très variable de forme et de coloration. On la trouve sur toutes nos côtes océaniques ; elle ne vit pas dans la Méditerranée.

La Patella athletica (Bean) (Gg. 5, pl. 12) n’est qu'une variété de la précédente ; elle est plus pelite, plus ou moins imbriquée et conique, ornée à l'intérieur de couleurs très vives et d'une tache centrale rouge ou jaune; les bords sont rayés de noir.

Patella Tarentina (Lam.), Patelle de Tarente.

Celte Patelle (fig. 7, pl. 12) a une coquille aplatie, ovale, à côtes longitudinales colorées, à bord subdenté. L'intérieur est jaune ou blanchâtre, avec des rayons bruns. Sa longueur est de 3 à 4 centimètres. Elle est tellement variable que les trois espèces suivantes peuvent en être considérées comme des variétés :

Patella Bonnardi (Payr.). Coquille un peu plus élevée, côtes plus aiguës, coloration interne rouge au centre.

Patella aspera (Phil.). Coquille déprimée, côtes très élevées el écailleuses, contour anguleux, coloration jaune pâle ou blanche à l'intérieur.

Patella scutellaris (Phil.). Coquille mince, très dépri-

mée, avec à à 8 côtes, vivement colorée, contour très anguleux et irrégulier.

Toutes ces espèces vivent sur nos côtes de l'Océan et de la Méditerranée.

Patella cærulea (Lam.), Patelle bleue.

Cette Patelle (fig.:8 et 9, pl. 12) se distingue par sa faille, sa forme déprimée, son sommet incliné, ses stries rayonnantes partant du sommet. L'intérieur est le plus souvent d'un beau bleu d'azur, quelquefois blanchâtre. Sa longueur est de 3 centimètres. Elle est commune sur le littoral de la Méditerranée.

Patella Lusitanica (Gmel.), Patella punctata (Lam). Patelle ponctuée.

Cette espèce (fig. 6, pl. 12) se reconnait facilement à sa coquille assez élevée, légèrement striée en travers, avec des raies alternes blanches et d’un blanc roux dans le sens longitudinal; de petits points bruns sont disposés en série sur les raies blanches. Sa longueur est de 3 centimètres. Elle s'élève sur les rochers plus haut que les autres Patelles et on la trouve dans les endroits non submergés, en compagnie de la Züftorina cœrulescens. Elle vit sur nos côtes de l'Océan, surtout dans les parages de Biarritz et de Saint-Jean-de-Luz: elle est assez commune sur le littoral de la Méditerranée.

Genre Lottia ((1741). Belcion (Wontf.).

Ces Mollusques diffèrent des Patelles par leur coquille mince, à sommet non saillant, recourbé et presque terminal. Ils vivent sur les laminaires et autres plantes marines, ils adhèrent aux tiges ou aux feuilles. Une seule espèce habite les côtes de France :

QT

GENRE GADINIA. 16

Lottia pellucida (Lin.), Lottie pellucide.

Cette petite espèce (fig. 12, pl. 12) n'a que 12 à 15 millimètres de longueur; elle est d’une coloration brune cornée, avec des linéoles bleues interrompues qui partent de l'extrémité de la spire et descendent jusqu'au bord. On la trouve surtout sur les Laminaria digitata et hulbosa. Elle vit sur tout notre littoral océanique, où elle n'est pas très :ommune ; elle est encore plus rare sur les côtes de la Méditerranée.

La Lottia lævis (Penn.) n’est qu'une variété.

Genre Mectura (Cuv.). AcmϾa (Esch.).

Dans ce genre, les coquilles sont semblables à celles des Patelles, mais l'animal n'a qu'une seule branchie pectinée, logée dans une cavité cervicale.

On trouve sur les côtes de France :

Tectura virginea (Müll.), Patelle de Müller.

La coquille est petite, blanche, mince et luisante, à sommet incliné. Cette petite espèce vit sur les rochers, sur les galets. On la trouve rarement sur les côtes de Normandie, de Bretagne, à Biarritz et dans la Méditerranée. |

La Zeclura Gussoni (Costa), espèce voisine de la précédente, plus petite, est rare sur nos côtes méditerranéennes.

Genre Gadinia (Gray).

Ce genre est caractérisé par des coquilles patelli- * formes, mais munies d'une gouttière sur le côté droit. On trouve sur notre littoral de la Méditerranée : (radinia Garnoti (Payr.), Cabochon de Garnot.

Petite coquille blanche, striée en long et en travers, à sommet court, obtus et légèrement incliné.

Gadinia mamillaris (Lin.), Cabochon mamelonné.

Coquille plus épaisse, d'un gris rosé, longue de 10 millimètres, vivant dans les parages de Nice et de Menton. Ces deux espèces sont peu communes.

FAMILLE DES DENTALIDÉS.

(Coquilles tubuleuses, symétriques, courbées, ouvertes à chaque bout, atténuées en arrière; animai à tête rudimentaire, sans yeux ni tentacules.)

Genre Dentalium (Lin.), Dentale.

Les Dentales, comme leur nom l'indique, ont des coquilles en forme de défenses minces et allongées. Les premiers naturalisies qui se sont occupés de conchyliologie n'admettaient pas les Dentales parmi les Mollusques; ils les placaient avec les Annelides ; maïs des travaux plus récents ont établi les affinilés naturelles des Dentales avec les Mollusques et les ont placés près des Patelles. De Blainville les réunissait dans son ordre des Cirrhobranches (1).

« Ces Mollusques ont une nourriture animale, ils dévorent des foraminifères et de petits bivalves ; on les trouve sur le sable ou sur la vase, dans lesquels ils s’enfoncent souvent. » (Forbes.)

Une grande confusion a longtemps existé dans les espèces de Dentales: aujourd'hui, on peut assigner avec certitude au littoral français les espèces suivantes :

(1) Quelques naturalistes séparent les Dentales pour en former un ordre unique : Scaphopodes ou Solénoconques.

GENRE CADULUS. 167

Dentalium Tarentinum (Lam.), Dentale de Tarente (fig. 13, pl. 12)-Espèce! lisse, effilée, blanche, avec l'extrémité teinte de rose (commune).

Dentalium dentalis (Lin ), Denta!e lisse, très voisine de la précédente, lisse, entitrement blanche (commune).

Dentalium dentalis (Lin.), Dentale à côtes (fig. 14, pl. 12). Diffère par les côtes longitudinales qui sillonnent sa coquille (commune).

Dentalium novemcostatum (Lam.), Dentale à 9 côtes. Coquille ayant de 9 à 12 grosses côtes (peu commune).

Dentalium gracile (Jeffreys), Dentale grêle. Coquille étroite, transparente, unie, mince et brillante (commune dans la fosse du Cap-Breton, de 30 à 250 brasses, dans la vase).

Le Dentalium filum (Sow.), de la Méditerranée, est probablement la même espèce.

Genre Dischides (/effreys).

Les coquilles de ce genre ont une grande ressemblance avec celles des Dentales, dont elles diffèrent par une entaille longitudinale. Une seule espèce vit sur les côtes de France :

Dischides bifiscus (S. Wood).

Coquille mince, grèle, blanche, légèrement recourtée. Espèce très abondante dans tous les dragages opérés sur les côtes du sud-ouest : en dehors du bassin d’Arcachon, dans le golfe de Gascogne et à Cap-Breton, de 24 à 180 brasses. On la trouve aussi dans la Méditerranée.

Genre Cadulus (PAil), Gndus (Rang.).

Ce genre, qui a été confondu tantôt avec des Anneli-

des, tantôt avec des Ptéropodes, est voisin des Dentales (docteur Fischer). Deux espèces se rencontrent sur les côtesde France :

Cadulus gadus (Mont.). Coquille subarquée, ventrue au centre, lisse, blanche et luisante. Dragué en dehors du bassin d'Arcachon (rare).

Cadulus subfusiformis (Sars.). Golfe de Gascogne, de 30 à 75 brasses.

Ces deux espèces sont aussi méditerranéennes. On trouve quelquefois sur nos côtes une coquilleappartenant aun genre voisin : le Siphonodentalium Lofotense (Sars.); mais cette espèce est fort rare ; sa coquille a l'apparence de celles des Dentales ; elle est grêle, effilée et entièrement blanche.

FAMILLE DES CHITONIDÉS.

{(Coquilles composées de six à huit plaques transversales, imbriquées, logées dans un manteau coriace qui forme un bord étalé autour du corps.)

Genre Chiton (Z!n.), OGscabrion.

Les Oscabrions, par leur conformation, sont bien les plus singuliers Mollusques, et c’est avec raison qu’on les a nommés Multivalves. Leur coquille se compose, en effet, de plusieurs pièces, reliées ensemble par un bourrelet coriace formé par les bords du manteau (fig. 18, pl. 12). Cette organisation permet à ces Mollusques de s’enrouler sur eux-mêmes comme le Hérisson. L’animal n'a pas d’Yeux, ni de tentacules ; il rampe sur un large disque semblable à celui des Patelles ; il est pourvu d'une trompe armée de mâchoires cartilagineuses et d’une longue langue linéaire.

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