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GENRE CHITON

Les Oscabrions vivent collés sur les rochers, sous les pierres immergées, quelquefois sur les algues. Leur coloration grise ou brune s’harmonise si parfaitement avec les rochers auxquels ils adhèrent qu'il faut avoir une vue très exercée pour les apercevoir. Plusieurs espèces vivent sur le littoral francais :

Chiton fascicularis (Lin.), Oscabrion fasciculaire (fig. 15, pl. 12). Espèce longue de 10 millimètres, d’une coloration grise, reconnaissable aux faisceaux de poils blanchàtres qui garnissent, de chaque côté, le bord du manteau. Côtes de l'Océan et de la Méditerranée {peu commun).

Chiton cinereus (Lin.), C. asellus (Spengl.), Oscabrion cendré (fig. 17, pl. 12). Coloration grise cendrée, avec quelques taches brunes ; longueur 10 millimètres, rare sur toutes nos côtes. Bassin d'Arcachon (dans les parcs aux huîtres), Guéthary, etc.

Le Chiton Rissoi (Payr.) est une variété.

Chiton discrepans (Brown.), Oscabrion dissemblable. Espèce plus grande que le €. fascicularis, dont elle diffère par ses tubercules arrondis : tout le littoral de la Bretagne, Guéthary (Basses-Pyrénées).

Chiton marginatus (Penn.), Oscabrion bordé. Coquille bordée dans tout son contour d'une marge étroite ; vit à peu de profondeur sous les pierres. Littoral de la Vendée, de la Charente-Inférieure, de la Gironde et des Basses- Pyrénées.

Chiton cajetanus (Pol), Oscabrion de Gaëte. Belle espèce, étroite, allongée, sillonnée de striés profondes et irrégulières, coloration grise; peu commune sur notre littoral océanique : côtes de Bretagne et des Basses-Pvrénées, Méditerranée.

Chiton squamosus (Lin.), Oscabrion écailleux (fig. 16, pl. 12). Espèce d’un brun rougeâtre, atteignant jusqu’à 25 millimètres, assez commune sur nos côtes de la Méditerranée.

Chiton fulvus (Wood), Oscabrion fauve. Espèce rare considérée longtemps comme exotique, d'une coloration Jaunâtre ; trouvée dans le bassin d'Arcachon.

On trouve encore, mais rarement, sur le littoral francais, le C. Polii (Phil.), le C. lœvis (Penn.), le C. cancel-

latus (Sow.) et le C. gracilis (Jeff.).

ORDRE DES PULMOM/FÈRES

Cet ordre comprend tous les Mollusques terrestres et les autres Gastéropodes qui respirent l'air en nature. L'organe respiraloire consiste en une cavité dans laquelle l'air pénètre par un orifice que l'animal ouvre et ferme à volonté. Ce sont des Gastéropodes normaux ayant un large pied et ordinairement une grande coquille spirale. Un nombreux groupe de Gastéropodes terrestres possède une coquille operculée ; les autres sont inoperculés et quelquefois dépourvus de coquille (Woodward).

Première section. — Inoperculés.

Gastéropodes pulmonés terrestres ou fluviatiles. Coquille grande et spirale, ou petite et cachée, ou manquant complètement, pas d’opercule.

FAMILLE DES HÉLICIDÉS.

(Coquille externe bien développée, ouverture fermée par un épiphragme pendant l'hiver. — Animal à tête courte, rétractile, avec

* quatre tentacules cylindriques; bouche ornée d'une mandibule supérieure cornée, dentée, en forme de croissant.)

&enre Eélix (Lin.), Hélice.

De tous les genres de Mollusques celui-ci est le plus connu et les Hélices, désignées plus communément par les noms d'Æscargots, Limacons où Colimaçons, sont répandues sur toute la surface du globe ; on en connait aujourd'hui près de 2,000 espèces, s'étendant au nord jusqu'à la limite polaire des arbres et au sud jusquà la Terre de Feu, mais beaucoup plus abondantes dans les climats chauds et humides. Parmi les espèces exotiques, quelques-unes atteignent de grandes dimensions, d’autres sont rares et ontencore une valeur de 45 à 20 francs ; enfin les espèces les plus remarquables par leur belle coloration proviennent presque toutes des iles Philippines.

L'animal de l'Hélice a la tête surmontée de quatre tentacules que les enfants appellent des cornes ; ces tentacules sont disposés en deux paires : l’une antérieure, ce sont les plus petits, et l'autre postérieure, ce sont les plus grands. Ils sont rétractiles et, par la seule contraction d'un muscle intérieur l'animal peut les retourner comme un doigt de gant.

Les Hélices étaient connues dès la plus haute antiquité et les Romains en faisaient une grande consommation; ils les recherchaient et les parquaient, pour les engraisser, dans des enclos nommés Cochlearia. C'est à

Fulvius Hirpinus que l’on doit, selon Pline, l'invention de ces réservoirs à Limacons; pour rendre ces Mollusques plus agréables au goût, il les nourrissait de son, de lie de vin et de végétaux odoriférants. Il irouva plus tard un imitateur en Charles Howard qui introduisit, dans le même but, en Angleterre plusieurs espèces d'Hélices de France et d'Italie. « Il.répandit ces Mollusques dans ses propriétés où ils réussirent si bien qu'ils mangèrent les récoltes et qu'on eut beaucoup de peine à les détruire » (docteur Chenu). En France, les Escargots sont très recherchés comme aliment dans certains départements, principalement dans le Midi (1). Ils étaient aussi autrefois très renommés pour leurs propriétés médicales et ils faisaient partie de quelques préparations pharmaceutiques ; aujourd'hui, on ne connaït guère que deux manières de les employer : pour faire une pommade adoucissant la peau et une pâte regardée comme très efficace contre les affections de poitrine. En revanche. ces Mollusques, tout à la fois herbivores et frugivores, sont la terreur des jardiniers, à cause des ravages qu'ils font dans les jardins; aussi les détruit-on avec acharnement. Ils ont aussi des ennemis redoutables dans cerlains insectes (Carabus, Staphilinus, Drillus), qui s'introduisent dans leurs coquilles pour les dévorer. « Les larves de Vers luisants (Lampyris) se nourrissent, aussi de Colimacons et consomment chacune deux ou trois

(1) Les Escargots peuvent constituer quelquefois une nourriture dangereuse et on a constaté quelques cas d'empoisonnement par ces Mollusques; mais, dans presque tous les cas, ils avaient Cté recueillis dans les touffes de buis qu’on emploie comme bordures dans les jardins et il est probable que l'absorption de cette plante par les Escargots les rend nuisibles pour l'alimentation.

Hélices avant de passer à l'état de nymphe. » (Godard.)

Les Hélices sortent principalement pendant la nuit, ou lorsque l'atmosphère est chargée d'humidité ; dans le Milieu du jour, elles s’abritent sous les pierres ou dans les lieux couverts. Au commencement du froid, elles se retirent dans les anfractuosités des rochers, dans les vieux murs, dans les troncs d'arbres et même dans la terre où elles s’enfoncent assez profondément pour v passer l'hiver dans un état complet d’engourdissement. C'est à ce moment qu'elles ferment leur coquille avecune cloison mince et membraneuse qui a recu le nom d’'épiphragme où faux opercule.

« C'est en général, dit de Blainville, pour aller à la recherche de leur nourriture ou d’un individu de leur espèce que les Limacons sortent de leur retraite. Ils sont avertis de la présence des corps extérieurs seulement par la finesse de leur toucher ; en effet, au moindre contact d'une partie quelconque de leur corps, mais surtout de leurs tentacules, 1ls se retirent plus ou moins complètement dans l'intérieur de leur coquille et n’en ressortent que peu à peu et avec la plus grande précaution. Le choix qu'ils font de certaines plantes ne permet pas de douter qu'ils soient pourvus du sens du goût. »

C'est au commencement du printemps et pendantl’été que les Hélices pondent leurs œufs qui sont blancs et couverts d'une enveloppe membraneuse. L'Hélice creuse dans la terreun trou peu profond où elle déposeses œufs (fig.20).

La ponte terminée, l'animal se retire et remplit de terre ce trou qu'il abandonne pour ne plus y revenir. Au moment de l’éclosion, qui à lieu 20 à 30 jours après, les petits sortent tout formés et munis d’une coquille très

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174 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE, mince, sur laquelle on découvre déjà un commencenient de spire.

Les Hélices ont la faculté de réparer leur coquille lorsqu'elle a été brisée accidentellement ; on trouve souvent dans nos jardins des coquilles d'Escargots dont les brèches ont été ainsi restaurées par l'animal. Quelques coquilles sont enroulées de droite à gauche ou

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Fig, 20. — Hélice pondant.

sénestres ; elles sont très recherchées des collectionneurs, mais les coquilles Scalariformes, dont les tours sont désunis, écartés et affectent la forme d'un tire-bouchon, sont les monstruosités les plus rares.

Peu de Mollusques ont une persistance de la vie comparable à celle des Hélices ; on en cite des exemples surprenants ; le plus extraordinaire est celui d'une Hélice d'Egypte, fixée en mars 1846, sur une tablette du Brilish Muséum de Londres, et qui fut trouvée encore vivante, le 7 mars 1850! En la plongeant dans l'eau tiède, on opéra une résurrection merveilleuse, le Mollusque se développa et l’on en profila pour faire un dessin

de l'animal vivant.

GENRE HEÉLIX. 175

Le genre Helix a été démembré en un grand nombre de sous-genres et de sections basés sur la forme, le diamètre ou les apparences extérieures de la coquille ; nous n'adopterons pas ici ces divisions plus ou moins naturelles : nous diviserons seulement ce genre en deux sections bien caractérisées par la forme des coquilles : les genres Æelix et Zonites. Les espèces francaises sont si nombreuses qu'il est impossible de donner ici la description de chacune d'elles, mais nous indiquons, par ordre alphabétique, les espèces les plus connues, avec mention de leur habitat et de leurs particularités les plus remarquables; enfin nous renvoyons aux figures pour suppléer à la description:

Helix aculeata (Mull.). Hélice hérissée, très petite coquille à à ou 6 tours convexes finement striés et ornés d'aiguillons épidermiques, coloration fauve ou brune; vit sur les hauteurs et dans les bois, sous les feuilles, habite toute la France, mais rare partout.

Helix Alpina (Faure Big.), Hélice des Alpes (fig. 4, pl. 13). Coloration grise ou fauve ; habite les hauteurs de la chaine des Alpes, la Grande-Chartreuse (Isère).

Helix aperta (Born.); HA. naticoïdes (Drap.), Hélice ouverle (fig. 7, pl. 143). Ouverture très grande, coloration d'un brun verdâtre ; espèce édule ; habite la Provence, commune dans le Var.

Helix apicina (Lam.), Hélice apicine (fig. 9, pl. 43). Coloration blanchâtre; habite la France méditerranéenne, commune dans le département de l'Aude (environs de Narbonne).

Helix arbustorum (Lin.), Hélice porphyre (fig. 3, pl. 13). Espèce à coloration variable, brune ou jaunâtre, poin-

tillée ou tachetée de jaune ou de gris ; vit dans les bois, les haies, près des fontaines, habitele Nord, le Centre et l'Est de la France. |

(L'Helix alpicola (Fer.), qui habite les Alpes et l'Helix Canigonensis (Boub.), des Pyrénées-Orientales, sont deux . variétés.) |

Helix arenosa (Rossm.). Hélice des sables. Espèce in- | termédiaire entre les À. cespitum et A. variabilis ; colo- | ration très variable, habite le littoral francais: côtes de: Bretagne, Biarritz (peu commune).

Helix aspersa (Müll.), Hélice chagrinée (fig. 4, pl. 13), vulgairement limacon, limat, cagouille à Bordeaux, lapada en Provence. Espèce édule la plus répandue ; coloration variable (la variété grisea est la plus commune), habite toute la France. On en trouve des individus sénestres ou scalariformes, principalement dans les environs de la Rochelle.

Helix bidentata (Gmel.), Hélice bidentée (fig. 5, pl. 43). Coloration brune cornée ; habite les Alpes (rare).

Helix candidissima (Drap.), Hélice porcelaine (fig. 6, pl. 43). Coloration d'un blanc opaque: vit sur les tiges sèches des plantes, habite la Provence.

Helix candidula (Stud.), À. unifasciata (Poiret), Hélice petit ruban (fig. 8, pl. 13). Très variable; coloration blanchâtre avec ou sans fascie ; vit sur les pelouses et les gazons, habite une grande partie de la France.

Helix cantiana (Mont.), Hélice kentienne (fig. 9, pl. 43). Coloration d'un gris rosé; vit sur les plantes herbacées, n'habite que certaines parties de la France : Calais, Boulogne-sur-Mer, Valenciennes, Toulon, Montpellier, etc’

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Helix carascalensis (Fer.), Hélice de Carascal (fig. 10 pl. 13). Espèce voisine de l'A. alpina, plus petite, même coloration, habite la chaine des Pyrénées : Gavarnie, Luz-Saint-Sauveur.

Helix carthusiana (Müll.), Hélice chartreuse (fig. 44, pl. 143). Espèce très commune; coloration d’un blanc laiteux, translucide ; vit sur les plantes dans les champs, dans Îles jardins, habite toute la France.

(L’Helix carthusianella (Drap.), Hélice bimarginée et

et l’Aelix Olivieri (Mich.), sont des variétés plus petites que le type et habitant principalement le voisinage du littoral.) . Helix cespitum (Drap), Hélice des gazons (fig. 12, pl. 13). Coloration grisätre ou jaunâtre, souvent fasciée de bandes brunés ; habite plusieurs parties de la France, principalement la région maritime.

Helix ciliata (Ven.), Hélice ciliée (fig. 13, pl. 13). Coquille déprimée, ayant une carène garnie de poils , coloration brune ; habite les Alpes-Maritimes : Grasse, Menton (peu commune).

Helix cinctella (Drap.), Hélice cinctelle. Coquille petite, translucide, déprimée, avec une raie blanche sur la carène ; coloration grise ou jaunàtre ; habite la Provence, le Rhône, la Drôme.

Helix cobresiana (Alten.), À. unidentata (Drap.),H. monodon (Fer.), Hélice unidentée. Espèce très voisine de l'A. bidentata; coloration d'un brun corné: vit dans les bois, sous les feuilles mortes; habite le Dauphiné, la Bresse (peu commune)..

Helix Companyont (Aler.), Hélice de Companyo. Espèce voisine de l’Æ. serpentina : coloration grise, macu-

lée de brun; habite les Pyrénées-Orientales : Banyulssur-Mer (peu commune).

Helir conoidea (Drap.), Hélice conoïde. Coquille conoïde ombiliquée, voisine, pour la forme, de l'A. pyramidata, mais plus petite; coloration variable, généralement blanche avec une fascie noire; vit sur les herbes, dans les dunes ; habite le littoral de la Méditerranée. ,

Helix conspurcata (Drap.), Hélice sale (fig. 14, pl. 13). Coloration grisâtre, nuancée de brun; coquille fragile, souvent hispide; vit dans les haies, sous les pierres; habite le Midi de la France.

Helix constricta (Boubée), Hélice resserrée (fig. 15, pl. 13). Espècerare; coloration brune; vit sousles pierres, habite les Basses-Pyrénées : le Mondarain, Espelette, Cambo, Itsassou (lieutenant Wattebled).

Helix cornea (Drap.), Hélice cornée (fig. 16, pl. 13). Coloration brune, avec une bande d'un brun rougeûtre: vit sur les rochers ombragés, sous les mousses ; habite le Centre et le Midi de la France.

Helix costulata (Ziégl.), Hélice côtelée. Espèce très voisine de l'A. fasciolata, mais fortement striée ; coloration grise uniforme ou fasciée d'une bande fauve ; habite le Nord-Est de la France : Haute-Marne, Aube, Vosges, Yonne, Rhône.

Helix depilata (Drap.), Hélice chauve. Espèce hispide dans le jeune àge et voisine par la forme de l’77. hispida. Coloration brune ;: habite l'Est de la France : Jura, Vosges, Hautes-Alpes.

Helix Desmoulinsii (Far.), Hélice de Desmoulins. Espèce voisine de l'A. coÿnea ; vit dans les lieux ombragés

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