‹ Mollusques (céphalopodes, gastéropodes)Chapitre 32 sur 62 · GENRE PUPA · texte numérisé non relu

GENRE PUPA

Pupa pusilla (Mül.), Maillot pusille (fig. 39-40, pl. 15). Coquille très petite, sénestre, lisse et luisante, composée de 4 à 5 tours ; péristome réfléchi; ouverture garnie de 7 dents; coloration brune ; longueur, 1 millimètre et demi; vit dans les lieux frais et humides, sous les pierres et les mousses, Habite une grande partie de la France ; assez rare partout.

Pupa pygmæa (Drap.), Maillot pygmée. Coquille très petite, ovale, cylindrique, obtuse au sommet, lisse et luisante ; ouverture presque ronde, garnie de quatre dents ; péristome réfléchi; spire composée de 5 tours; coloration d'un brun foncé ; longueur, 2 millimètres; vit sous la mousse, au borddes eaux; très commune. Habite toute la France.

Pupa Pyrenæaria (Mich.), Maillot des Pyrénées (fig. 32, 33, 34, pl. 15). Coquille cylindrique, diaphane, allongée, obtuse au sommet, composée de 9 tours convexes, régulièrement striés ; ouverture ovale, garnie de 6 plis presque égaux ; péristome blanc et épais; coloration cornée ; longueur, 7 à 8 millimètres. Habitetoute la chaîne des Pyrénées.

Pupa quatridens (Drap.), Maillot à 4 dents, Espèce facile à reconnaitre aux 4 dents de l'ouverture; coquille de grosseur variable, sénestre, cylindrique, obtuse, diaphane, à péristome blanc et réfléchi; coloration d’un jaune corné ; longueur, 6 à 8 millimètres. Habite toute la France montagneuse, principalement le Midi. (Le 2. iso (Risso) et P. lunatica (Rossm.) sont des variétés de cette espèce.) |

Pupa ringens (Mich.), Maillot grimace. Coquille eylindrique, un peu ventrue, à sommet obtus, composée de

8 tours convexes, obliquement striés ; ouverture subquadrangulaire ; péristome épais et réfléchi, garni dans son pourtour de 8 dents inégales ; coloration cendrée ; longueur, 7 à 8 millimètres. Habite les Hautes-Pyrénées.

Pupa secale (Drap.), Maillot seigle. Coquille cylindrique, obtuse, finement striée, composée de 9 tours; ouverture garnie de 7 ou8 dents ; péristome blanc et réfléchi; coloration brune ; longueur, 6 à 7 millimètres; espèce commune. Habite toute la France.

Pupa tridens (Müll.), Maillot à 3 dents (fig. 41, pl. 15). Coquille oblongue, conique, ventrue, ouverture garnie de 3 dents (il existe une variété à 2 dents); péristome réfléchi ; coloration rousse cornée ; longueur, 11 à 12 millimètres. C'est la plus grosse espèce francaise de ce genre. Habite une grande partie de la France.

Pupa triplicata (Stud.) ; P. tridentalis (Mich.), Maillot à 3 plis (fig. 22-93, pl. 15). Coquille petite, obtuse, obliquement striée, composée de 7 tours, à spire pointue; ouverture arrondie ; péristome épais et réfléchi ; coloration fauve ; longueur, 2 à 3 millimètres ; espèce voisine du P. marginata dont elle diffère par les 3 petites dents placées à l’intérieur de l'ouverture. Habite les montagnes de l'Est, du Centre et du Midi de la France : Lyon, le Puy, la Grande-Chartreuse, les Pyrénées.

Pupa umbilicata (Drap.); P. cylindracea (Moq.), Maillot ombiliqué. Coquille petite, obtuse, diaphane, largement ombiliquée ; ouverture garnie d'une seule dent ; péristome blanc et réfléchi; coloration brune; longueur, 3à 4 millimètres; espèce commune. Habite toute la France.

Pupa variabilis (Drap.); P. multidentata (Oliv.), Mail-

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lot variable. Coquille cylindrique, obtuse, de grosseur variable ; ouverture garnie de à ou 6 dents; péristome blanc et réfléchi ; coloration rousse; longueur, 6 à 1 millimètres. Habite la France montagneuse: Jura, Hautes-Alpes, Rhône, Isère, Hérault, Alpes-Maritimes, Pyrénées.

Pupa Venetzii (CGharp.); Pupa nana (Mich.), Maillot de Vénetz. Coquille petite, sénestre, subglobuleuse, ventrue, mince, transparente, atténuée à ses extrémités; ouverture semi-lunaire, garnie de deux plis ; péristome blanc et réfléchi ; coloration d'un brun corné; longueur, > millimètres. Habite le Nord, l'Est et le Sud de la France : Oise, Aube, Rhône, Hérault, Alpes -Maritimes, etc.

Ontrouve encore, mais rarement, le P. Baillensis (Dup.) aux environs de Bayonne ; le P. dilucida (Ziegl.) à Bagnères-de-Bigorre, ete.

Genre Balea (Prideaux), Baléa.

Les coquilles de ce genre sont grêles, sénestres, fusiformes, à tours nombreux ; l'animal est semblable aux Hélices. Une seule espèce vit en France :

Balea perversa (Lin.) ; Pupa fragilis (Drap.), Baléa fragile. Gette petite espèce (fig. 42, pl. 15) a une coquille sénestre, mince, cornée, brune. Elle vit sur les vieux murs et sous l'écorce des gros arbres. Elle habite toute la France.

Genre Clausilia (Jrap.), Clausilie.

Les Clausilies ont des coquilles fusiformes, sénestres, à ouverture contractée par des lamelles et fermée par

une plaque calcaire mobile qui fut découverte par Daubenton et appelée : opercule à ressort. On la désigne aujourd’hui sous le nom de Clausilium. C'est une lamelle courbée, composée d'un pédicule mince, élastique, et d’une lame en forme de cuiller. Quand l'animal est renfermé dans sa coquille, la lame ferme le dernier tour de spire dont elle à à peu près la forme ; si le Mollusque veut sortir, 1l repousse la lame, qui, gräce à l'élasticité de son pédicule, va se placer entre deux plis de l’axe columellaire. L'élasticité du pédicule fait revenir la lame à sa position normale dès que l'animal est rentré. « Pour pouvoir

…. examiner le Clausilium (fig. 21), il faut Fig. 21.— Coquille (is h de tClausilie ou le mettre au jour avec la pointe dune

verte. À, axe Co- petite lime demi-ronde, en faisant une lumellaire ; B,

is ouverture dans la coquille, au-dessous clausiliuuu .

et à gauche de l'ouverture ; on découvre alors cet osselet mouvant. En faisant tremper la coquille quelques heures dans l’eau, on pourra se rendre compte du fait, avec la pointe d'une aiguille, en faisant jouer le Clausilium, comme le fait le Mollusque. » (Cailliaud.) Cette curieuse organisation n'a été observée que dans le genre Clausilia.

Les Clausilies vivent sur les vieux murs, sur les arbres couverts de mousse, sous les pierres. Elles pondent d'août en septembre 15 à 20 œufs, un peu ovoiïdes et blanchâtres, qu’elles déposent sous les feuilles mortes ou sous les pierres. Les espèces françaises sont assez nombreuses ; cest un des genres les plus difficiles à étudier, tant les espèces sont voisines. Nous indiquons ici les principales :

GENRE CLAUSILIA. 205

. Clausilia bidens (Drap:); C: laminata (Turt.), Clausilie hsse (fig. 4, pl. 16). Coquille fusiforme, ventrue, brune, brillante ; vit sous les haïes, sur le tronc des arbres ; l’animal a 495 rangées de 50 dents chacune ; espèce commune. Habite presque toute la France.

Clausilia biplicata(Mont.), Clausilie à deux plis (fig. 2, p. 17). Espèce voisine de la précédente ; coloration brune claire. Habite Le Nord de la France.

Clausilia dubia (Drap.), Clausilie douteuse (fig. 3, pl. 16). Coquille fusiforme, finement striée, brune ; vit dans les contrées montagneuses, sur le tronc des sapins. Habite les Vosges, le Jura, les Alpes. La C. abietina (Dup. est une variété habitant la vallée de Cauterets.

Clausilia lineolata (Held.) ; €. Basileensis (Fitz.), Clausilie linéolée. Coquille ventrue, striée, ponctuée de petites taches grises peu visibles. Habite l'Est de la France.

Clausilia nigricans (Jeff), Clausilie noirâtre (fig. 4, pl. 16). Coquille petite, allongée, d'un brun noirâtre, espèce très variable. Habite toute la France, surtout le Nord et le Centre.

Les C. cruciata (Stud.) et C. gracilis (Pfeif.), des Vosges et du Jura, et la C. obtusa (Pfeif.), qui habite presque toute la France, ne sont probablement que des variétés de la €. nigricans.

Clausilia papillaris (Drap.); C. bidens (Lin.}, Clausilie papilleuse (fig. 5, pl. 16). Coquille transparente, cornée; suture des tours de spire crénelée par de petits points blancs. Habite toute la France méditerranéenne.

Clausilia parvula (Stud.), Clausilie naine. Coquille peüte, variable, brune, transparente, finement striée. Ha-

bite toute la France.

Clausilia Pauli (Mabille), Clausilie de Paul (fig. 6-7 pl. 16). Coquille très allongée, striée, à spire aiguë, étranglée au-dessous de l'ouverture comme dans le genre exotique Cylindrella. Espèce rare ; habite les Bas= ses-Pyrénées, sur la frontière d'Espagne ; vit dans les bois de Cambo et d’Espelette, sur le tronc des aubépines (Lieut. Wattebled).

Clausilia plicata (Drap.), Clausilie plissée (fig. 8-9, pl. 16). Coquille un peu ventrue, fortement striée, brune: quelquefois ponctuée de blanc ; vit sur la mousse des rochers. Habite les Vosges, le Jura.

Clausilia plicatula (Drap.), Clausilie plicatule. Coquille allongée, striée irrégulièrement, brune. Habite une grande partie de la France.

Clausilia punctata (Mich), Clausilie ponctuée. Coquille ventrue, à sutures parsemées de petits tubercules allongés; coloration brune cornée. Habite le Dauphiné, la Provence.

Clausilia Rolphii (Leach), Clausilie de Rolph. Coquille ventrue, solide, brune rougeûtre, avec des stries régulières et serrées ; vit dans les bois humides et montueux. Habite presque toute la France.

Clausilia rugosa (Drap.), Clausilie rugueuse. Coquille allongée, fortement striée, brune. Habite la France méridionale.

Clausilia solida (Drap.), Clausilie épaisse (fig. 10, pl. 16). Coquille fusiforme, solide. Habite quelques parties de la France : le Pas-de-Calais, le Dauphiné, la Provencestetc.

Clausilia ventricosa (Drap.), Clausilie ventrue (fig. 41, pl. 16). Coquille ventrue, fortement striée, brune. Ha-

GENRE LIMAX. | 207

bite toute la France, principalement le Nord et l'Est. Clausilia virgata (Jan.), Clausilie mouchetée. Coquille un peu ventrue, striée, grise, voisine de la €. papillaris ; vit sur le littoral. Habite la France méditerranéenne.

FAMILLE DES LIMACIDÉS OÙ LIMACIENS.

(Coquille petite ou rudimentaire, iuterne ou en partie cachée par le

manteau et placée au-dessus de la cavité respiratoire. — Animal allongé; corps non distinct du pied. — Tête surmontée de quatre tentacules cylindriques et rétractiles. — Manteau petit, en forme

de bouclier.) Genre Limax (Lin.), Himace.

Les Limaces sont connues depuis la plus haute antiquité ; les Grecs et Les Romains les désignaient par plusieurs dénominalions. Élien raconte que les Limaces sont une espèce de Limacon ordinaire qui sort de sa coquille pour aller paitre, la laissant bien en vue, afin de tromper les oiseaux de proie habitués à se jeter sur eux lorsqu'ils sont en marche ; l'oiseau se précipite sur cette coquille vide et s'envole honteux de sa méprise; alors la Limace, après avoir bien mangé, rentre dans sa maison. L'antiquité nous a transmis de nombreuses fables de ce genre : Pline et Gallien ont énuméré les innombrables vertus souveraines attribuées à ces Mollusques. Les empiriques donnaient les Limaces et même leurs rudiments calcaires comme remèdes des plus efficaces.

Les Limaces sont des Gastéropodes nus, charnus, contractiles, couverts d’une peau plus ou moins coriace, unie, sillonnée ou tuberculeuse selon les espèces. Elles sont munies antérieurement d’une cuirasse ou bouclier coriace. Lorsque l'animal se contracte, la tête et les au-

tres parties du corps se retirent incomplètement sous l’écusson, qui contient une petite coquille rudimentaire nommée Limacelle (fig. 22). |

« Les Limaces s’allongent et se traînent avec lenteur ; leur tête est garnie de quatre tentacules inégaux, qui paraissent leur servir à palper les corps et qu'elles font sortir ou rentrer à vo-

lonté, de la mème manière qu'on développe

Fig. 22.

Limacele. 168 doigts d’un gant. » (Lamarck.) Le corps de

ces animaux exprime, à la moindre contraction, une humeur gélatineuse qui sert à les faire adhérer aux surfaces surlesquellesils rampent. Cette bave, qu'on nomme #ucus, devenant friable et brillante en séchant, indique la trace qu'ils ont suivie : « La poussière, le sable, les brins de paille et tous les corps qui sont accidentellement agglutinés par les Limaces deviennent un irritant qui augmente la sécrétion visqueuse, les épuise promptement et les fait mourir. L'exposition prolongée au soleil produit le même effet. » (Docteur Chenu.) Les Limaces rampent sur un disque ou sole qui s'étend sur toute la longueur du corps. « Ce sont des animaux seminocturnes qui ne sortent ordinairement de leur retraite, le plus souvent établie dans un lieu environné de substances propres à leur nourriture, que lorsque le soleil est sur son déclin ou que ses rayons sont interceptés par un temps nuageux ou pluvieux; on les voit alors ramper aux environs de leur demeure, dont ils ne s’éloignent que rarement et où ils retournent aussitôt que les rayons solaires commencent à les incommoder. » (Bouchard.) Les Limaces sont communes dans tous les pays, mais particulièrement dans les régions tempérées ; on les dé-

GENRE LIMAX. 209

signe en France par les noms vulgaires de Loche, Licoche, etc. Elles se plaisent dans les prés, dans les bois, sous les pierres, dans les caves et les celliers et en géné-

ral dans tous les endroits humides. Elles se nourrissent de matières végétales et animales en décomposition ; elles commettent d'effrayants ravages dans les cultures en dévorant les plants de salade, les fraises, etc., et font le désespoir des jardiniers qui, pour protéger leurs plantations, y répandent des cendres, de la poudre de chaux, du sable fin, de la paille hachée ou des coquilles d'huîtres pulvérisées; ces corps tuent les Limaces en épui sant leur sécrétion visqueuse.

Les Limaces, comme les Hélices, pondent dans un trou qu'elles ont creusé dans la terre ; la ponte terminée, l’animal se retire et remplit de terre le trou qu'oceupait son corps. Leurs œufs, qui sont translucides, ordinairement ovales, quelquefois globuleux, sont ou isolés, ou réunis en chapelets. Les espèces francaises sont assez nombreuses; nous donnons la liste des plus connues :

Limax agrestis (Lin.), Limace agreste, vulgairement Loche grise. Animal de coloration excessivement variable : du cendré au jaune cannelle; à limacelle oblique, rhomboïdale ; pond d'avril en novembre de 200 à 350 œufs ; vit dans les champs, les jardins potagers. Habite toute la France.

Limax À lpinus (Fer.), Limace des Alpes (fig. 42, pl. 16). Espèce peu commune ; vit dans les bois, sous l'écorce des sapins pourris. Habite les Alpes, la Grande-Chartreuse.

Limax arborum (Bouch.), Limace des arbres. Animal

de couleur bleue glauque, quelquefois verdâtre, marqué

de petites taches irrégulières, à limacelle ovalaire, épaisse, très blanche, nacrée et un peu bombée en des- | sus ; vit sur les arbres (chènes, hêtres, pommiers), de préférence sur ceux qui sont vieux et couverts de mousse. Habite quelques parties de la France : Pas-de- Calais, Ille-et-Vilaine, Morbihan, Nièvre, Hérault.

Limax brunneus (Fer.), Limace brune. Espèce petite, effilée, brune, à limacelle très petite, mince et fragile ; vit sous les bois morts, au bord des ruisseaux. Habite le Pas-de-Calais, l'Aube, la Savoie, la Nièvre, la Vienne, l'Hérault. |

Limax cinereo-niger (Sturm.), Limace noire-cendrée. Espèce très grande, très vorace, grisâtre ou noire à carène blanche, à limacelle grande, oblongue ; vit dans les forêts, les bois, les montagnes. Habite une grande partie de la France septentrionale el centrale : Valenciennes, Bar-sur-Seine, Remiremont, Clermont-Ferrand, Saint-Saulge (Nièvre), Bonneville (Savoie).

Limax gagates (Drap.), Limace jayet (fig. 13, pl. 16). Espèce allongée, d'un brun verdâtre, à limacelle oblonoue et concave ; vit dans les jardins, les fossés. Habite une grande partie de la France.

Limax marginatus (Drap.), Limace marginée. Espèce assez grande, brune, pointillée de noir, à limacelle unguiculée ; vit dans les bois, sous les feuilles mortes. Habite toute la France montagneuse.

Limax maximus (Lin.); L. cinereus (Drap.), Limace grise, c'est la plus grande espèce de France ; elle est très variable dans sa taille et sa coloration ; vit près des habitations, dans les jardins, les cours des fermes, dans les vieux bois gisant sur le sol, pond 50 à 60 œufs

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