GENRE ARION
réunis en chapelets de 20 à 30. Habite toute la France.
Limax sylvaticus (Drap.), Limace des forêts. Espèce de couleur violette avec trois lignes brunes ; vit dans les
bois. Habite presque toute la France.
Limax variegatus (Drap.), Limace tachetée. Espèce très commune, grande, allongée, variant du gris au jaune ; à limacelle unguiculée : vit dans les caves, les celliers, dans les lieux humides, près des cuisines, où elle vient dévorer les débris de pain et delégumes. Habite toute la France.
On trouve encore, mais plus rarement, la L. bilobatus (Fér.) aux environs dé Paris, L. collinus (Norm.), fulous (Norm.) et parvulus (Norm.) des environs de Valenciennes, L. salicium (Bouillet) du Puy-de-Dôme, Z. Sowerbyi (Fér.) du Morbihan, L. argillaceus (Gassies) des environs de Bordeaux.
&enre Arion Chen), Arion.
Les Arions sont très voisins des Limaces ; ils ont une cuirasse disüinete, chagrinée ; la limacelle est représentée sous la partie postérieure de la cuirasse par des granulations calcaires. Ils sont herbivores et carnivores et dévorent parfois des substances animales, telles que des Lombrics morts ou des individus blessés de leur propre espèce. [ls pondent de mai en septembre 70 à 100 œufs ovales, isolés et opaques. Le nombre d'espèces de ce genre est peu considérable.
Arion albus (Müll.), Arion blanc. Espèce rare, entièrement blanche ; vit dans les bois. Habite les Hautes- Alpes, l'Isère.
Arion flavus (Müll.), Arion jaune. Espèce d'un jaune
plus ou moins foncé ; vit dans les lieux humides et couverts de mousse, dans les falaises. Habite le Pas-de- Calais, le Nord.
Arion fuscatus (Fér.), Arion rembruni (fig. 44, pl. 16). Espèce allongée, étroite, ayant le dos d’un brun foncé : vit dans les bois. Habite les environs de Paris.
Arion hortensis (Fér.); Arion fuscus (Müll.), Arion des * jardins. Espèce petite, allongée, ornée de petites lignes grisâtres et ayant les bords du pied d’une couleur orangée ; vit dans les champs, les bois, les jardins ; pond de mai en septembre 60 à 70 œufs ovales, blanchâtres, offrant la particularité d'être phosphorescents pendant les quinze premiers jours de leur ponte (Bouchard). Habite toute la France septentrionale.
Arion rufus (Lin.); À. emptricorum (Fér.), Arion des charlatans ou Limace rouge (fig. 15, pl. 16). Espèce de coloration variable : rouge, orange ou brune. Elle était employée autrefois comme remède par les charlatans ; en Bretagne, on en faisait une tisane pectora le ; dans VAgenais, on applique l'animal vivant sur les loupes charnues pour en faire diminuer la grosseur. Cet Arion a 160 rangées de 101 dents chacune ; il vit dans les jardins, les allées des bois et des parcs, les lieux ombragés ; il pond 80 à 100 œufs à enveloppe calcaire. Habite toute la France. L’Arion ater (Lin.) est une variété.
Arion subfuscus (Drap.); A. cinctus (Müll.), Arion brunâtre. Espèce moins grande que la précédente, brune verdâtre, à cuirasse chagrinée ; vit dans les lieux humides et ombragés. Habite quelques parties de la France : Aube, Côte-d'Or, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Tarn,
GENRE PARMACELLA. 213 Lot-et-Garonne, Gironde, Loire-Inférieure, Morbihan, Ille-et-Vilaine.
Arion tenellus (Mull.), Arion gélatineux . Espèce petite, jaune verdâtre ; vit dans les bois humides, sous les feuilles mortes. Habite la France septentrionale. L'A. melanocephalus (Faure-Big.\ est une variété habitant les Hautes-Alpes et l'Isère.
On trouve encore dans quelques parties de là France VA. succineus (Bouillet) dans les bois de l'Auvergne, l'A. hibernus (Mab.) des environs de Paris, l'A. rubiginosus (Baudon) qui habite la Côte-d'Or, la Nièvre et l'Oise, l'A. verrucosus (Brevière) du Puy-de-Dôme et de la Nièvre.
Genre Parmacella ((u0.), Parmacelle.
Dans ce genre l'animal est limaciforme, allongé, renflé dans son milieu où il est recouvert d’une cuirasse arrondie, charnue, adhérente seulement à sa partie postérieure, échancrée au bord droit et contenant une petite coquille aplatie, calcaire, légèrement courbée dans sa largeur.
Les Parmacelles sont des Limaciens nocturnes, ne vivant que dans les régions tempérées. On ne les a trouvées jusqu'à présent en France que dans la plaine de la Crau, aux environs d'Arles où elles se cachent pendant le jour sous les pierres et les buissons épais. Deux espèces représentent ce genre en France:
Parmacella Gervaisii (Moq.), Parmacelle de Gervais. Habite la plaine de la Crau (rare).
Parmacella Valenciennii (Web. et B.) (fig. 16-17, pl. 16), Parmacelle de Valenciennes. Coloration de l'animal
jaune. Habite les environs d'Arles (Bouches-du-Rhône),
rare:
Genre Testacella (/rap.), ‘Festacelle.
Les Testacelles diffèrent des Limaces par la position de la cavité branchiale qui est située postérieurement et protégée par une petite coquille externe. Leur membrane linguale est très large et se compose de 50 rangées de 20 dents chacune; ces dents sont grêles et barbelées à la pointe. « Les Testacelles se tiennent presque constamment enfouies dans la terre, où elles s’enfoncent plus ou moins selon les degrés de chaleur ou de froid, d'humidité ou de sécheresse, suivant en quelque sorte la marche des ZLombrics ou Vers de terre, dont elles se nourrissent et qu'elles avalent par succion. » (Dr Chenu.) Pendant l'hiver et pendant la sécheresse, les Testacelles forment une sorte de cocon dans le sol au moyen de l’exsudation de leur mucus. Si l'on brise cette enveloppe, on voit l'animal complètement enveloppé de son mince manteau blanc opaque, qui se contracte rapidement jusqu'à ce qu'il ne dépasse que de peu le bord de la coquille” (Woodward).
Les Testacelles sont des Limaciens nocturnes; les espèces francaises sont peu nombreuses :
Testacella haliotidea (Drap.), Testacelle ormier (fig. 18, pl. 16). Espèce à peau épaisse, coriace ; coquille au- riforme, rugueuse, ressemblant à celle d'une espèce marine : l'Aaliotide. Cette Testacelle vit sur les coteaux arides, mais de préférence dans les endroits humides, sous les feuilles mortes; elle pond des œufs à coque calcaire et légèrement acuminés aux deux extrémités. Ha-
GENRE LIMNÆA. 249
bite généralement la France méridionale; se trouve aussi, plus rarement, en Bretagne, en Normandie, dans les environs de Paris.
La 7. Companyonti (Dup.) est une variété qui habite les Pyrénées-Orientales. |
Testacella Maugei (Fér.), Testacelle de Maugé (fig. 49, pl. 16). Espèce grande, de coloration variable ; coquille semblable à celle de la précédente, mais plus grande el plus développée ; vit dans les jardins cultivés, dans les potagers, peu commune. Habite quelques parties de la France : Morbihan, Loire-Inférieure, environs de la Rochelle et de Bordeaux.
Testacella bisulcata (Risso), Testacelle bisillonnée. Animal rugueux ; coquille à sommet spiral rejeté vers le bord droit; vit dans les lieux cultivés. Espèce méridionale, habitant les Alpes-Maritimes, trouvée ensuite dans le Morbihan à Vannes et à Auray, et connue aujourd'hui dans plusieurs autres parties de la France.
FAMILLE DES LIMNÆIDÉS.
(Coquille mince, cornée, à ouverture simple à bord tranchant. — Animal à mufle court, dilaté ; tête garnie de deux tentacules portant des yeux sessiles à leur base interne.)
Genre Limnæa (ZLam.), Limnée.
Dans ce genre la coquille est spirale, plus où moins allongée, mince, translucide, à dernier tour grand, à columelle obliquement tordue. L'animal a la tête courte, les tentacules triangulaires et comprimés.
« Les Limnées habitent les eaux douces de toutes les parties du monde et déposent leur frai, sous la forme de
masses transparentes, oblongues, sur les plantes aquatiques et les pierres; elles glissent souvent sous la surface de l’eau, la coquille en bas; elles hivernent ou passent la saison sèche dans la vase, » (Woodward.)
Les Limnées viennent de temps en temps à la surface de l’eau pour renouveler la provision d'air de leur poche pulmonaire ; mais elles peuvent passer plusieurs jours sous l'eau sans être asphyxiées (D' Fischer). Elles peuvent aussi s'élever ou descendre à volonté, au moyen de l'air contenu dans la cavité respiratoire, qu'elles dilatent, compriment ou rejettent suivant l’un de ces modes qu'elles veulent employer. Les Limnées se nourrissent de plantes aquatiques, de lentilles d’eau, etc... ; elles sont communes en France dans les marais, les fossés, les étangs. Les principales espèces sont :
Limnæa auricularia (Lin.), Limnée auriculaire (fig. 20, pl. 16). Espèce à coquille très ventrue, transparente, de couleur de corne pâle, à ouverture très dilatée ; vit dans les fossés, les eaux vaseuses. Longueur 25 millimètres, iargeur 20 millimètres. Habite la plus grande partie de la France. La Z. canalis (Villa) est une variété méridionale.
Limnæa corvus (Gmel.), Limnée corbeau. Belle espèce allongée, brune, à spire aiguë ; longueur 25 millimètres; vit dans les contrées montagneuses. Habite la Savoie, le Jura, les Hautes-Alpes, l'Isère, les Bouches-du-Rhône (à Arles).
Limnæa glabra (Müll.); L. elongata (Drap.), Limnée allongée. Espèce petite, brune, effilée, de taille très variable; vit dans les marais et les fossés. Habite une grande partie de la France, manque dans le Nord-Est.
GENRE LIMNÆA. Pa WE La ZL. leucostoma (Poiret) est une variété, ainsi que la L. Gingivata (Goupil), des environs du Mans.
Limnæa glacialis (Dup.), Limnée glaciale. Espèce peu commune, voisine de la Z. ovata, de coloration grise, vivant dans les eaux glacées des lacs des Pyrénées, à 2 et 3,000 mètres d'altitude.
Limnæa glutinosa (Drap.), Limnée glutineuse (fig. 24, pl. 16). Coquille obtuse, mince, fragile ; longueur, 6 à 8 millimètres. Habite presque toute la France.
Limnæa intermedia (Lam.), Limnée intermédiaire. Espèce très voisine de la Z. ovata, plus grande, de coloration cornée. Habite surtout l'Est de la France : Vosges, Jura, Aube, Rhône.
Limnæa marginata (Mich.), Limnée marginée. Espèce peu commune, tornée, transparente, à péristome bordé en dedans; vit Gans les localités montagneuses. Habite les Vosges, les Hautes-Alpes, l'Isère.
Limnæa nivalis (Bourg.), Limnée des neiges. Espèce voisine de la Z. intermedia ; vit dans les eaux formées par la fonte des neiges, à Saint-Martin-Lantosque(Alpes- Maritimes) à 2,800 mètres d'altitude.
La Z. Langsdorfii (Bourg.), qu'on trouve dans la même localité, est une variété à coquille striée de lignes blanches.
Limnæa ovata (Drap.); L. limosa (Lin.), Limnée ovale. Espèce très commune, à coquille obtuse, transparente, cornée, de forme et de taille très variables ; vit dans les mares, les fossés, sur les Potamogeton. Habite toute la France.
Les L. Boissii (Dup.), L. Trencaleonis (Gassies), L. vulgaris (Pfeif.), sont des variétés méridionales.)
Limnæa palustris (Müll.), Limnée des marais. Espèce . très commune et très variable, brune, à spire aiguë ; coloration variable selon les eaux qu'elle habite; longueur, 22 millimètres; vit dans les fossés, les mares, les étangs. Habite toute la France.
(Les ZL. disjuncta (Put.), L. Vosgesiaca (Put.), L. Fusca | (Pfeif.) sont des variétés.)
Limnæa peregra (Müll.), Limnée voyageuse. Espèce voisine de la Z. intermedia, plus ventrue, très variable de forme et de taille; vit dans toutes les eaux stagnantes, méme dans les eaux thermales, à une température de 30° centigr. Habite presque toute la France.
(Les L. Blauneri (Shutt.), Z. callosa (Ziégl.), L. bilabiata (Hartm.) sont des variétés.)
Limnæa stagnalis (Lin.), Limnée des étangs (fig. 22, pl. 16). Espèce très commune, de forme et de taille très variables; atteignant jusqu'à d9 millimètres; coquille mince, cornée; vit dans toutes les eaux stagnantes, sur les plantes aquatiques; pond de 100 à 130 œufs qui ont souvent 2 millimètres de diamètre; l'animal a 110 rangées de 55 dents chacune. Habite toute la France.
Limnæa thermalis (Boubée), Limnée thermale. Coquille petite, ovale, brune, cornée, transparente ; vit dans les sources d’eau chaude des Vosges et des Pyrénées.
Limnæa truncatula (Müll.): L. iminuta (Drap.), Limnée naine. Espèce petite, cornée, à spire aiguë; de grosseur très variable; vit sur la vase, sur les plantes aquatiques au bord des fossés et même hors de l’eau. Habite
toute la France.
(Les L. microstoma (Drouet) et L. oblonga (Put.) sont
des variétés.)
GENRE PHYSA. PAS,
Genre Physa (Drap), Physe.
Les Physes ont des coquilles ovales, minces, polies, à spire sénestre, à ouverture arrondie en avant. L'animal a deux tentacules longs et grèles portant les yeux à leur base interne ; les bords du manteau sont frangés de longs filaments, ils peuvent <e recourber et recouvrir en grande partie la coquille.
Ces Mollusques habitent les eaux douces et tranquilles ; ils rampent et nagent à la manière des Limnées. Leurs œufs sont ovoides et réunis en petits paquets arrondis ou ovales, de matière gélatineuse incolore et hyaline, enveloppés d'une très fine membrane unie et transparente. Chaque Physe pond ordinairement 40 à 50 œufs qui éclosent vers le seizième jour après la ponte. Les espèces francaises sont peu nombreuses :
Physa acuta (Drap.), Physe aiguë (fig. 1, pl. 17). Coquille ovale, un peu ventrue, à cinq tours, à sommet aigu, finement striée, luisante ; à ouverture assez grande, ovale, anguleuse dans sa partie supérieure. Sa coloration, très variable, est généralement d’un gris rosé. Cette espèce est très variable de forme ; on trouve des individus à coquille allongée, ventrue, raccourcie, etc. Cette Physe, qui est la plus répandue, habite dans tous les cours d’eau, les rivières, les ruisseaux, fontaines ou canaux. Vit dans toute la France méridionale et centrale ; ne dépasse guère le 45° de latitude.
P. contorta (Mich.) (fig. 2, pl. 17), Physe contournée. Espèce voisine de la précédente, mais à spire contournée, à dernier tour très grand; coloration grise. Habite les Pyrénées-Orientales (rare).
P. fontinalis (Lin.), Physe des fontaines (fig. 3, pl, 17). Copuille bombée, brillante, hyaline, de couleur fauve clair; columelle torse, calleuse; diffère de la P. acuta par ses tours moins nombreux, sa transparence et la brièveté de ses premiers tours; longueur, 10 à 12 nullimètres; vit dans les sources, les fontaines et les ruisseaux. Habite toute la France, mais peu commune, principalement dans le Midi.
P. hypnorum (Lin.), Physe des mousses (fig. 4, pl. 17). Coquille lisse, brillante, allongée et conique vers le sommet qui est aigu ; coloration fauve jaunâtre ; longueur, 10 à 12 millimètres. Vit dans les ruisseaux et les fossés, sur les mousses et les plantes aquatiques. Habite toute la France.
On trouve, mais rarement, dans l'Ouest de la France, la P. subopaca (Lam.), P. Perrisiana (Dup.), espèce allongée, ventrue, solide, à sommet aigu.
Genre Ancylus (Ge0/ffroy), Aneyle.
Dans ce genre, la coquille est conique, patelliforme, mince, à sommet postérieur, sénestre ; l'impression musculaire interne est subspirale. L'animal est semblable à celui des Limnées; 1l a la tête très grosse, munie de deux tentacules triangulaires oculés à la base ; sa dentuüre se compose de 120 rangées de 37 dents; les latérales sont armées de longs crochets recourbés.
Les Ancyles, ces Patelles d'eau douce, vivent dans nos rivières et nos ruisseaux ; ils s'attachent sur les plantes aquatiques, sur les pierres, sur les coquilles des autres Mollusques. Leurs œufs sont réunis dans de petites cap-
GENRE ANCYLUS. 221
sules orbiculaires et cornées; l’éclosion n'a lieu que vingt-quatre à vingt-six jours après la ponte.
On en trouve peu d'espèces en France : |
Ancylus fluviatilis (Müll.), Ancyle fluviatile (fig. 5, pl. 17). Coquille de grosseur et de coloration très variables; on trouve des individus très gros, à coquille épaisse et noirâtre à l'extérieur, bleuâtre à l'intérieur, d'autres plus petits à coquille grise et cornée. Cette espèce vit dans les rivières et toutes les eaux vives. Habite toute la France.
L’A. Fabrei (Dup.) est une variété habitant la Dordogne et l'Aube. |
A. lacustris (Müll.), Ancyle lacustre (fig. 6, pl. 17). Coquille ovale, oblongue, diaphane, cornée, blanche, recouverte d'un épiderme brun; elle est plus déprimée que l'espèce précédente. Vit dans les eaux tranquilles, sur les nénuphars et autres plantes aquatiques. Habite toute la France.
A. capuloides (Jan.), Ancyle capuloïde. Espèce voisine de l'A. fluviatilis, à sommet plus élevé et plus recourbé; coloration blanche. Habite la France méditerranéenne.
A. gibbosus (Bourg.); A. deperditus (Ziégl.), Ancyle perdu. Petite espèce à sommet élevé, diaphane, cornée, haute de 2 à 3 millimètres ; vit sur les pierres submergées, dans les fontaines et les petits cours d’eau. Habite quelques parties de la France : Meuse, Aube, Oise, Alpes, Provence et Pyrénées.
À. riparius (Desm.), Ancyle riverain. Coquille assez grande, peu élevée, finement striée, diaphane, à sommet légèrement acuminé, à peine recourbé; intérieur bleuâtre;
d d F 222 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE. 1 vit dans lesrivières et les ruisseaux de l'Est de la France. Habite les Vosges, le Rhône (rare). :
On trouve encore, plus rarement, l'A. strictus (Morel.) aux environs de Brest et l'A. Wogninianus (Bourg.) dans la Côte-d'Or et le Var.
Genre Planorbis (Wü/l.), Planorbe.
Les Planorbes ont des coquilles discoïdes, dextres, concaves des deux côtés, à tours nombreux enroulés dans le même plan; l'ouverture est en croissant, le péristome est mince. L'animal a le pied court, arrondi; la tête courte, les tentacules grêles et oculés à la base interne. Ces Mollusques vivent dans les fossés, les eaux stagnantes; ils peuvent supporter la privation d’eau pendant quinze à vingt jours. Leurs œufs sont renfermés dans des capsules; ils sont hyalins et plus ou moins nombreux selon les espèces; l’éclosion a lieu douze ou quinze jours après la ponte.
Les principales espèces de France sont :
Planorbis corneus (Lin.), Planorbe corné (fig. 7 et 8, pl. 17). C'est la plus grande espèce ; elle atteint jusqu'à 35 millimètres de diamètre ; sa coloration est d’un roux ferrugineux ; on en trouve une variété presque blanche. Habite presque toute la France.
P. contortus (Lin.), Planorbe entortillé (fig. 9, pl. 47). Coquille beaucoup plus petite que la précédente, à cours nombreux et serrés, coloration brune: vit dans les fossés et les marais. Habite toute la France.
P. albus (Müll.); P. hispidus (Drap.), Planorbe blanc (fig. 10, pl. 17). Coquille à tours peu nombreux, hispide, grise ou Jaunâtre; vit dans les eaux stagnantes des ma-
GENRE PLANORBIS. 223
rais et des réservoirs. Habite presque toute la France.
P. rotundatus (Poiret) ; P. leucostoma (Mill), Planorbe bouton (fig. 11, pl. 17). Coquille très déprimée, cornée, recouverte d'un épiderme noirâtre ; il en existe une variété grise jaunâtre. Diamètre, 6 à 7 millimètres. Habite presque toute la France. Le P. Perezii (Graells) est une variété que l’on trouve à Valenciennes, Troyes, Arles, et dans la Gironde (au Teich).
P. imbricatus (Müll.); P. nautileus (Lin.), Planorbe imbriqué (fig. 12, pl. 17). Très petite espèce brune, de forme assez variable. Habite presque toute la France.
(Le P. cristatus (Drap.) peut être rattaché à cette espèce comme variété.)
P. fontanus (Light); P. complanatus (Drap.), Planorbe des fontaines. Coquille convexe en dessus, lisse, brillante, cornée. Habite toute la France.
P. carinatus (Müll.), Planorbe caréné (fig. 13. pl. 17). Coquille aplatie, ombiliquée des deux côtés, de couleur jaune cornée, fortement carénée sur le dernier tour. Diamètre, 16 millimètres. Habite toute la France.
P. marginatus (Dup.), Planorbe marginé (fig. 14, pl. 17). Espèce très voisine de la précédente, dont elle ne diffère que par la place occupée par la carène, qui, au lieu de partager les deux derniers tours, est plus basse. Habite toute la France.
Les P. submarginalus (Crist.) et subangulatus (Jan) ne sont que des variétés de forme de cette espèce.
P. nitidus (Müll.), Planorbe luisant. Petite espèce voisine du P. fontanus, brune, cornée, brillante, vit dans les fossés et les marais. Habite une grande partie de la France, principalement le Nord.
P. spirorbis (Lin.), Planorbe spirorbe. Coquille aplatie, striée, à cinq tours de spire, couleur de corne brune, espèce très voisine du P. vortex; vit dans les fontaines et les eaux ferrugineuses. Habite la France méridionale.
P. vortex (Lin.), Planorbe contourné (fig. 15, pl. 17). Coquille translucide, cornée, jaunâtre. Diamètre, 7 à 8 millimètres. Habite presque toute la France.
Le ?. compressus (Mich.) est une variété.
On rencontre encore en France, mais plus rarement, le P. lævis (Ald.), espèce mince, légère, dont on trouve de beaux exemplaires dans les environs de Montpellier.
FAMILLE DES AURICULIDÉS.
(Coquilles spirales, couvertes d'un épiderme corné; spire courte, dernier tour grand ; ouverture allongée et denticulée. — Animal à mufle large et court, à deux tentacules cylindriques, derrière lesquels sont placés les yeux sessiles.)
Genre Alexia (Leach.), Alexie.
Ce genre, qui a été démembré du genre Auricula de Lamarck, comprend de petites espèces à coquille oblongue, à ouverture ovale, denticulée ou plissée. Ces Mollusques habitent sur les côtes, dans les lieux humides ou baignés par la mer. Sans être amphibies, ils peuvent vivre assez longtemps dans l’eau salée qui recouvre quelquefois les terrains où ils se tiennent; mais ils meurent peu de temps après leur immersion dans l'eau douce. Ils se nourrissent de détritus de plantes marines et de bois pourri ; on les trouve généralement sous les pierres, sous les débris de bois humide. Ils pondent 12 à 30 œufs agglomérés par une matière visqueuse qui les
GENRE ALEXIA. 229 fixe “sous les pierres; ces œufs sont globuleux, jaunâtres et hyalins. Leur éclosion a lieu environ quinze jours après la ponte.
On trouve peu d’espèces de ce genre sur notre littoral :
Alexia myosotis (Drap.), Alexie myosote (fig. 16, pl. 17). Coquille d'un brun corné, luisante, à péristome blanc; longueur, 7 à 8 millimètres; très commune, surtout sur les côtes de la Méditerranée, au bord des marais salants, Habite aussi nos côtes océaniques : bassin d'Arcachon, embouchure de la Gironde (peu commune).
A. personata (Mich.); À. denticulata (Jeff.), Alexie denticulée (fig. 17, pl. 17). Coquille plus forte que la précédente, fauve, luisante, ouverture garnie de quatre plis columellaires et de cinq ou six dents sur le bord droit; péristome jaunâtre. Habite le littoral de l'Océan: côtes de Bretagne, la Rochelle (commune), Royan, embouchure de la Gironde.
A. bidentata (Mont.), Alexie bidentée. Coquille forte, épaisse, conique, blanche, marquée de stries longitudinales distantes; columelle épaisse, garnie de plis en forme de dents. Habite le littoral de l'Océan : côtes de Bretagne, bassin d'Arcachon (rare).
A. Firminü (Payr.), Alexie de Saint-Firmin. Espèce voisine par sa forme et sa grandeur de l'A. myosotis, mais dont elle diffère par le nombre et la position des plis de l'ouverture; la surface extérieure est striée transversalement de lignes écartées et très fines. Elle atteint jusqu'à 14 millimètres de longueur. Habite le
littoral de Provence (rare).
+ M: ur se tot #7 #8 L'URSS, PORAAN EE, TP
td) PTS + } Sa TN TE a Eee PR
ï M [Vie : 1 r +
[ee y D
Genre Carychium (Mall), €arychie.
Dans ce genre, les coquilles sont très petites, oblongues, finement striées transversalement ; l'ouverture est ovale, dentée, à bords épaissis réunis par une callosité. L'animal à deux tentacules cylindriques, des yeux noirs sessiles situés derrière les tentacules. Ces petits Mollusques vivent sur les bords des ruisseaux, sur les détritus des plantes, sous les haies, sur les feuilles mortes où en décomposition et sous les pierres humides de nos côtes. On ne trouve en France qu'une seule espèce :
Carychium minimum (Müll); Auricula minima (Drap.), Carychie naine (fig. 18, pl. 17). Très petite coquille haute de 2 millimètres, blanche, lisse et luisante : ouverture garnie de trois petites dents, péristome blanc et assez épais. Habite toute la France (commune).
DEUXIÈME SECTION. — oPERCULÉS.
(Gastéropodes pulmonés terrestres. — Animal à mufle tronqué, à tentacules contractiles. — Coquille spirale fermée par un opercule.)
FAMILLE DES CYCLOSTOMIDÉS.
{Coquille spirale, peu allongée, striée, à ouverture presque circulaire, à péristome simple. — Opercule spiral; animal à pied assez al'ongé ; yeux à la base externe des tentacules.)
Genre €yclostoma (Lam.), €C'yclostome.
Les Cyclostomes sont caractérisés par la forme de leur coquille turbinée, à spire médiocre, à tours arrondis, ayant beaucoup d'analogie avec celles des genres marins
GENRE POMATIAS. 2 AT
Turbo et Littorina. L'animal est noirâtre, chagriné, verdâtre en dessous ; ses tentacules sont cylindriques, renflés à l'extrémité ; le pied est petit et placé sous le cou; l’opercule est calcaire. Ces Mollusques vivent à toutes les altitudes, sous les feuilles mortes, sous les haies, dans les bois et dans les jardins potagers.
On trouve en France deux espèces :
Cyclostoma eleqans (Drap.), Cyclostome élégant (fig. 19, pl. 47). Espèce très commune, de coloration variable : généralement grise, quelquefois pointillée de flammes vineuses, où jaunâtre, ou violette ; longueur, 17 millimètres. Habite toute la France.
C. sulcatum (Drap.), Gyclostome sillonné (fig. 20, pl. 17). Espèce voisine de la précédente, mais plus grande; sa coquille est plus épaisse et sillonnée de stries nombreuses; sa Coloration est rougeâtre. Habite
la Provence.
Genre Pomatias (S{uder), &omatie.
Le genre Pomatias, bien que très voisin du précédent, en diffère par la forme de ses coquilles qui sont grêles, turriculées, coniques, striées transversalement, à ouverture arrondie, mais un peu échancrée à la base à la columelle. L'opercule est corné, aplati, à peine spiral.
Ces Mollusques vivent dans les bois, parmi les feuilles mortes, où au pied des arbres, dans la mousse. L'animal est gris noirâtre, à tentacules subulés. On n’en connaissait qu'un petit nombre d'espèces en France, mais, grâce aux recherches de deux conchylhologistes francais, MM. de Saint-Simon et Fagot, le nombre de ces espèces s'est considérablement accru depuis quelques années.
} Pl? n De PT MARS LE EE he |. ” d TA ; 3 À / ;
Comme les différences qui les caractérisent sont peu sensibles, nous n'indiquons ici que les espèces les plus connues et les mieux établies :
Pomatias obscurum (Drap.), Pomatie obscur (fig. 24, pl. 17). Coquille allongée, striée longitudinalement ; columelle garnie d’un bourrelet blane très évasé ; coloration brune foncée, avec quelques linéoles fauves; longueur, 6 à 7 millimètres. Habite une grande partie de la France ; manque dans l'Est, le Nord-Est et la Provence.
P. patulum (Drap.), Pomatie évasé (fig. 22, pl. 17). Coquille cendrée striée longitudinalement ; péristome blanc très dilaté; longueur, 5 millimètres. Habite la France méditerranéenne.
P. maculatum (Drap.); 2. septemspirale (Raz.), Pomatie pointillé (fig. 23, pl. 17). Coquille plus ventrue que la précédente, de grosseur variable, fortement striée longitudinalement, de coloration brune, pointllée dans le sens spiral de flammules rougeàâtres. Habite une grande partie de la France.
P. crassilabrum (Dup.), Pomatie à lèvres épaisses. Espèce bien caractérisée par l'épaisseur du bourrelet qui entoure le péristome ; coloration brune. Commun sur les rochers humides de la chaine des Pyrénées.
Le P. Partioti (Moq.) vit dans les mêmes localités, mais est beaucoup plus rare. Le P. Lapurdensis (Fegot), espèce voisine du P. patulum, de coloration cendrée, à péristome garni d'un bourrelet blanc, est commun à Lourdes (Hautes-Pyrénées).
On peut considérer le P. apricum (Mouss.), P. carthusianum (Dup.), comme une variété du P. obscurum. Habite les Alpes et l'Isère.
Le
GENRE ACME.
FAMILLE DES ACICULIDÉS.
(Coquilles cylindriques, allongées, à opercule mince et subspiral, — Animal à mufle assez saillant, grêle et tronqué ; tentacules effilés, oculés à la base; pied court ct pointu en arrière.)
Genre Acme (//arltm.); Acieula (Hartm.), Aemée.
Dans ce genre, les coquilles sont très petites, transparentes; le péristome est plus ou moins épaissi, les bords sont réunis par une petite callosité ; l'opercule est hyalin. Ces petits Mollusques sont assez rares et cela tient surtout à ce qu'on ne sait pas les chercher. « Cependant ils vivent généralement en colonies assez populeuses, dans les endroits frais tapissés de mousses qui maintiennent l'humidité du sol, ou bien sous les pierres dans les lieux ombragés. Lorsqu'on a découvert un de ces gites, on peut, avec un peu d'habileté, recueillir un grand nombre d'individus. Il faut avoir soin d'enlever les mousses avec précaution, puis de fouiller attentivement le terrain dénudé, jusqu'à 2 ou 3 centimètres de profondeur. On s’est surtout contenté de chercher les Acme dans les alluvions des cours d’eau, mais on n’y rencontre jamais que des sujets morts et en petit nombre. » (De Folin.)
Les espèces francaises sont peu nombreuses :
Acme lineata (Drap.); À. fusca (Walk.), Acmée linéolée (fig. 2%, pl. 17). Petite coquille fauve rougeâtre, striée, luisante, à sommet obtus, de forme variable ; péristome garni d'un bourrelet. Habite quelques départements de l'Ouest et de l'Est de la France, le Dauphiné et la Provence. (La variété Pyrenaïca (de Folin) en diffère par
l'absence du bourrelet et par son péristome non réfléchi.) .
A. Moutoni (Drap.), Acmée de Mouton. Cette espèce \ se distingue par la forme de son ouverture dont le bord externe est projeté en avant, avec une profonde échancrure dans le dernier tour ; elle est finement striée. Habite les Alpes-Maritimes : Grasse (rare). L'A. Dupuyi (Palad.), espèce très voisine de l'A. lineata, est rare dans la France méridionale.
ORDRE DES OPISTOBRANCHES
Cet ordre comprend des Gastéropodes marins à coquille rudimentaire ou nulle, à branchies rameuses ou fasciculaires ; la coquille qui existe dans quelques genres est plus ou moins cachée par l'animal. On divise les Opistobranches en deux sections :
Tectibranches et Nudibranches.
PREMIÈRE SECTION. — TECTIBRANCHES.
Animal ordinairement muni d'une coquille ; branchies recouvertes par la coquille ou le manteäu.
FAMILLE DES TORNATELLIDÉS.
(Coquille externe, solide, enroulée, à ouverture longue et étroite, à columelle plissée. — Animal à tête aplatie, à tentacules larges et obtus.)
Genre Tornatella (Zam.), Wornatelle.
Les coquilles de ce genre sont solides, ovales, à spire conique, à bord externe tranchant, à opercule elliptique