RO
France. (Le 2. cornea (Lam.) n'est qu'une variété plus globuleuse, plus épaisse et d’une coloration plus foncée.)
B. elegans (Leach.), Bulle élégante. Espèce voisine de la précédente, mais moins grande, à test plus solide, à bouche moins dilatée, à bord droit plus épais. Habite nos côtes de l'Ouest et de la Méditerranée.
PB. dilatata (Leach.), Bulle dilatée. Cette coquille, qui a été confondue avec la 2. hydatis, en diffère par la dilatation du bord droit de l'ouverture, vers la base. Habite les côtes de la Loire-Inférieure, de la Charente- Inférieure, le bassin d'Arcachon et la Méditerranée.
PB. utriculus (Broc.), Bulle gonflée. Coquille blanche, ovale, épaisse, marquée de stries concentriques. Habite les côtes d'Arcachon et celles de la Méditerranée (rare).
Genre Akera (//l.), Acère.
Dans ce genre, les coquilles sont flexibles, cylindriques, globuleuses, à spire tronquée, à tours canaliculés, à ouverture large et évasée. L'animal est sans yeux ; ses dents linguales sont crochues et denticulées : le gésier est armé de dents cornées. Une seule espèce vit sur le littoral francais :
Akera bullata (Forbes); Bulla fragilis (Lam.), Acère bulle (fig. 27, pl. 17). Coquille très fragile, cornée, d'une coloration rousse, longue de 25 à 30 millimètres ; vit à d'assez grandes profondeurs sur les Algues. Habite nos côtes océaniques (peu commune).
GENRE CYLICHNA. 239
&enre €ylichna (/Zoven.); Bullina (Risso), Cylichnie.
Ce genre, très voisin du genre Pulla, s'en distingue par ses coquilles cylindriques, à spire petite ou tronquée, à ouverture étroite, arrondie en avant, à columelle calleuse et munie d’un pli. L'animal, qui est court et large, a la tête aplatie, tronquée en avant, avec deux yeux enfouis; le pied est oblong; le gésier est armé comme celui des Bulles.
Ces Mollusques vivent dans les mêmes conditions que les Bulles, mais sont moins répandus.
Plusieurs espèces habitent nos côtes :
Cylichna cylindracea (Penn.), Cylichnie cylindracée. Coquille enroulée, assez épaisse, blanche, longue de 10 millimètres: vit sur les fonds sablonneux. Habite les côtes de Bretagne et de la Gironde, golfe de Gascogne, Méditerranée (peu commune).
C. obtusa (Mont.), Cylichnie obtuse (fig. 29, pl. 17). Espèce très variable, à spire tantôt saillante, tantôt enfoncée et obtuse ; columelle sans pli. Habite les mêmes parages que la précédente.
C. mamillata (Phil.), Cylichnie mamillaire (fig. 98, pl. 17). Petite espèce lisse, luisante ; sommet de la spire tronqué et terminé par un petit mamelon. Habite les mêmes parages (rare).
C. truncata (Adams) ; Bulla truncatula (Brug.), Cylichnie tronquée. Très petite coquille, longue de 2 à 3 millimêtres, courte, blanche, hyaline, à sommet tronqué ; vit dans les marais salants, sur les Algues. Habite les côtes de l’Océan, le bassin d'Arcachon, sur les Crassats, le littoral de la Méditerranée.
C. umbilicata (Mont.), Cylichnie ombiliquée. Espèce. allongée, ovalaire, un peu renflée au centre; coloration. hyaline teintée de violet ; ouverture étroite, aussi longue que la coquille. Habite les côtes de Bretagne, de la. Gironde, le bassin d'Arcachon et la Méditerranée.
(La C. strigella(Loven) n'est qu'une variété de cette espèce.)
C. acuminata (Brug.); Volvula acuminata (Adams), Cylichnie acuminée (fig. 30, pl. 17). Coquille allongée, ovalaire, lisse, luisante et d'une teinte hyaline; espèce rare sur tout le littoral francais.
C. Robagliana (Fischer), Cylichnie de Robaglia. Espèce nouvellement connue ; coquille allongée, cylindracée, blanche, assez solide, non ombiliquée, à bord court et réfléchi, longue de 3 millimètres ; vit dans le golfe de Gascogne, en dehors de l'embouchure de la Gironde.
On trouve encore, plus rarement, la. C. nitidula (Loven), sur les côtes du Morbihan et dans le golfe de Gascogne, et la C. hyalina (Turt.), sur les côtes d’Arcachon et de Cap-Breton.
Genre Scaphander (Mont. ), Scaphander.
Ce genre diffère du genre Bulla par la forme de sa coquille qui est oblongue, enroulée, striée en spirale, à ouverture très évasée, à spire cachée. L'animal à la tête grande, oblongue, sans yeux ; Le pied est court et large; le gésier renferme deux grandes plaques triangulaires (voir fig. 23) et une petite plaque transversale étroite ; il se nourrit de petites coquilles et principalement de Dentales. Une seule espèce vit sur nos côtes :
Scaphander lignarius(Lin.), Bulle oublie (fig. 31, pl.17).
a GENRE PHILINE. 235 Coquille enroulée, épaisse, striée longitudinalement ; elle est recouverte d’un épiderme brun ; l'intérieur est blanc. Sa forme en cornet et sa coloration jaunâtre lui ont fait donner le nom vulgaire d'oublie. Elle vit sur les fonds sablonneux; elle à 55 millimètres de longueur et 35 de largeur. Assez rare sur toutes nos côtes de l'Océan, elle est plus commune sur celles de la Méditerranée.
@Genre Philine (Ascan.); Bullæa (Lam.), Bullée.
Les Zullées se distinguent des Bulles par leur coquille qui n’est point visible extérieurement, mais enchâssée dans l'épaisseur du manteau; elle n’adhère à l’animal par aucun musele d'attache. Cette coquille est mince, fragile et partiellement enroulée d'un côté. L'animal est pâle, limaciforme, à tête oblongue, sans yeux, à pied large ; le gésier est armé de trois plaques calcaires longitudinales.
Ces Mollusques vivent sur les Algues; ils peuvent s’enfouir dans le sable comme les Vatices. Leurs œufs sont renfermés dans des capsules ovoïdes, disposées en séries sur un long ruban spiral qui s'enroule autour des plantes marines.
Deux espèces vivent sur notre littoral :
Philine aperta (Lin.), Bullée plancienne (fig. 32, pl. 17). Coquille mince, hyaline, blanche, longue de 12 à 15 millimètres. Vit sur toutes nos côtes.
P. catena (Mont.), Bullée chaine. Coquille blanche et transparente, couverte de stries obliquestrès serrées et disposées comme les anneaux d’une chaine. Habite les côtes de Bretagne, le golfe de Gascogne, la Méditerranée (rare).
FAMILLE DES APLYSIADÉS OU APLYSIENS.
(Coquilles rudimentaires, oblongues, légèrement enroulées, recouvertes par le manteau. — Animal marin limaciforme, ayant une tête distincte, des tentacules et des yeux; pied long et prolongé en arriere.)
Genre Aplysia ((mel.), Aplysie.
Les Aplysies sont des Mollusques rampants, à corps | droit, épais, oblong, à cou long et à dos saillant ; la tête est surmontée de quatre tentacules ; la paire dorsale a la forme d'oreilles, ce qui leur à fait donner le nom vulgaire de Zièvres de mer. Les flancs sont garnis de lobes se repliant sur le dos et peuvent servir à la natation. Sur le milieu du dos se trouve une plaque cartilagineuse (fig. 24) qui protège la branchie. Cette coquille rudimentaire est d’un roux brillant ; elle est mince et fragile.
« L’estomac est armé de plusieurs
Fig. 24. — Coquille d’aplysie ( Aplysia depilans).
saillies cartilagineuses, pyramidales, dont les faces irrégulières se réunis sent en un sommet partagé en deux ou trois pointes émoussées. Il y en a douze grandes placées en quinconce sur trois rangs, et sept ou huit petites disposées en ligne sur le bord supérieur. Les hauteurs de ces pyramides sont telles que leurs pointes se touchent au milieu du gésier et qu'il reste entre elles très peu d'espace pour le passage des aliments, qu'elles doivent par conséquent triturer avec force. » (Cuvier.)
Ke. GENRE APLYSIA. | 237
Ces Mollusques, qui sont doux et timides, étaient re:gardés dans l'antiquité comme des animaux malfaisants.
Ils exhalent une odeur désagréable et sécrètent une humeur àcre et caustique. Les anciens considéraient ce liquide comme vénéneux et produisant des taches indélébiles.
« Des bords de leur manteau suinte en abondance une autre liqueur d’un pourpre obscur, dont l'animal colore autour de lui l’eau de mer quand il aperçoit quelque danger. » (Moquin-T.)
Les Aplysies ont une alimentation variée ; elles se nourrissent surtout d’Algues, mais dévorent aussi des substances animales. « Elles habitent la zone des Laminaires ct déposent leurs œufs dans les Algues au printemps, époque à laquelle elles se réunissent souvent par groupes. » (Forbes.) « En hiver, surtout par les belles journées de mars, elles sortent de leur retraite et viennent en famille dans les anses tapissées de verdure, où elles sont presque à sec. » (Cantraine.) Quelques espèces vivent sur nos côtes :
Aplysia depilans (Lin.), Aplysie dépilante (fig. 33, pl. 17). C'est une des espèces les plus communes de notre littoral ; sa coloration est un vert noirâtre moucheté de gris ; longueur, 8 à 10 centimètres. Habite toutes nos côtes de l'Océan et de la Méditerranée.
A. fasciata (Poiret), Aplysie fasciée. Corps très grand, bombé ; pied étroit, manteau d’un noir violacé, avec quelques taches pales étoilées ; les bords des lobes et des tentacules sont de couleur carmin ; longueur
moyenne, de 20 à 25 centimètres. Cette espèce, qui est très commune dans le bassin d'Arcachon, se nourrit des
longues tiges de Zostera que l’on retrouve en grande quantité dans son estomac ; les pêcheurs la nomment Pichevin ou pissevinaigre. Elle vit aussi sur toutes les plages vaseuses de la Bretagne et de la Charente-Inférieure et sur nos côtes de la Méditerranée.
À marmorata (Blainv.), Aplysie marbrée. Espèce plus petite que l'A. depilans ; coloration d’un vert obscur marbré de noir. Habite Royan, la Rochelle, Biarritz.
A. punctata (Cuv.), Aplysie ponctuée. Cette espèce a le corps d'un vert sale, très finement ponctué de noir ; les bords du manteau et les tentacules sont noirâtres. Sa coquille, très concave, à sommet aigu et recourbé, à 17 millimètres de longueur et 13 millimètres de largeur. Habite les côtes de la Charente-Inférieure, le bassin d'Arcachon.
A. virescens (Risso), Aplysie verdoyante. Espèce de couleur verdâtre, marbrée de taches foncées ; coquille transparente, portant une échancrure à gauche et finement striée. Habite les côtes de Provence (peu commune). :
A Lafonti (Fischer), Phyllaplysie de Lafont. Espèce très curieuse, à corps ovale, allongé, extrêmement aplati, arrondi en avant, obtus en arrière ; têle courte, cou soudé au corps ; tentacules antérieurs larges, aplatis, creusés en forme de cornet ; coloration d’un vert clair, orné de zones concentriques d'un vert plus foncé et de petites taches éparses blanches, entourées de violet ; longueur, 15 à 20 millimètres.
Cette espèce vit appliquée sur les Zostères ; elle y adhère fortement par son large pied et reste longtemps immobile en gardant une forme elliptique. « Sa nourri-
GENRH PLEUROBRANCHUS. 290
ture consiste en matières végétales qui remplissent l'intestin et lui donnent une coloration d'un vert foncé qu'on | aperçoit par transparence à la partie moyenne du corps. » (Docteur Fischer.)
Ce Mollusque offre un curieux exemple de maemétisme (4) : vivant appliqué sur les feuilles des Zostères, il en prend si exactement la couleur qu'on a de la peine à le distinguer. On le trouve accidentellement dans le bas-
sin d'Arcachon.
FAMILLE DES PLEUROBRANCHIADÉS.
(Coquille ou nulle, ou patelliforme et cachée; manteau couvrant le dos de l'animal.)
Genre Pleurobranchus ((Cuvier), Pleurobranche.
Les Pleurobranchus sont faciles à reconnaitre aux larges rebords du pied et du manteau, à leur forme ovalaire, à leur tête surmontée de deux tentacules creusés en gouttière et oculés à la base externe ; la bouche est armée de mâchoires cornées. La coquille, quand elle existe, est interne comme celle des Aplysies, mais plus grande, flexible, lamelleuse et extrèmement fragile. Ges Mollusques ont les mêmes mœurs que les Aplysies.
On trouve sur Les côtes de France :
Pleurobranchus membranaceus (Mont.), Pleurobranche membraneux. Animal oblong, convexe, jaunâtre ; coquille très mince, grande, brillante, d’un gris argenté Mie: 34 pl. 17)5 vit sur nos côtes de L'Otéaniet de là Méditerranée (rare).
\ (1) On nomme wimétisme la faculté qu'ont certains animaux de
pendre la couleur des objets sur lesquels ils se fixent.
P. plumula (Mont.), Pleurobranche petite plume. Ani- è mal d'une coloration jaune pâle en dessus, blanchâtre. en dessous ; coquille oblongue, déprimée, jaunâtre,. teintée de brun à l’une des extrémités, luisante et ridée: par des stries concentriques. C’est cette espèce que de Blainville avait nommée Berthella porosa : vit sur les côtes du Boulonnais, de la Vendée et de la Charente-fnférieure.
P. aurantiacus (Risso), Pleurobranche orangé. Animal d'une coloration brune orangée ; coquille très grande, solide, convexe, brune. Habite les côtes de la Méditerranée : Menton, Nice. |
Le P. Forskalii (Dellech.). Espèce d'un brun rougeûtre, sans coquille, rare dans la Méditerranée, a été trouvé dans la baie de Bourgneuf, sur les côtes de Bretagne.
&Genre Umbrella (Chemn.), mbrelle.
Les Ombrelles ont été ainsi nommées à cause de la forme de leur coquille qui est orbiculaire, déprimée, à sommet subcentral, oblique, à bords tranchants: cette coquille est placée extérieurement sur le dos; lPanimal a le pied très grand et profondément échancré en avant; la bouche est petite et en forme de trompe rétractile. On ne trouve qu'une espèce sur le littoral francais, et seulement sur nos côtes de la Méditerranée :
Umbrella mediterranea (Lam.), Ombrelle de la Méditerranée (fig. 4, pl. 18). Cette espèce a une coquille très déprimée, blanchâtre, ovale, à sommet central, avec une tache rousse à l’intérieur vers le sommet (fig. 2, pl. 18). Elle vit sur nos côtes de Provence où elle est assez rare.
GENRE DIPHYLLIDIA. 241
FAMILLE DES PHYLLIDIADES.
(Animal oblong, sans coquille, couvert d'un manteau coriace.)
&enre Diphyllidin (Cuvier), Hbiphyllidie.
Dans ce genre, l'animal a des tentacules dorsaux rétractiles, le pied est ovale et élargi. Ces Mollusques vivent à d'assez grandes profondeurs, sur les fonds de sable vaseux. On n'en trouve que peu d'espèces sur nos côtes :
Diphyllidia pustulosa (Schultz), Diphyllidie pustuleuse (fig. 3, pl. 18). Espèce à corps ovale, allongé, recouvert d’un manteau épais de couleur rouge orangée, garni de tubercules blancs. Ses tentacules sont très courts et réunis, à extrémité arrondie. Sa longueur est de 9 à 10 contimètres. Cette espèce, qui vit dans la Méditerranée, a été aussi trouvée dans le bassin d'Arcachon (rare).
D. lineata (Otto), Diphyllidie rayée (lg. 4, pl. 148). Belle espèce jaunâtre, traversée longitudinalement de lignes étroites et onduleuses d’un cendré noirâtre, souvent teinté de violet. Assez commune dans la Méditerranée, elle a été trouvée aussi à la Rochelle.
DEUXIÈME SECTION. — NUDIBRANCIHES.
(Animal marin, nu, limaciforme )
Les Vudibranches, qui ont été aussi nommés 7%itoniens, sont des Mollusques nus. « Leurs branchies, comme leur nom l'indique, sont exteraes et souvent eon-
tractiles dans des cavités du manteau ; à l’état adulte, ils n’ont point de coquille ; leur pied est allongé, canaliculé et propre à une sorte de reptation. Leur corps est long et leur tête est munie d’une ou deux paires de tentacules. Ils vivent sur les rivages garnis’de rochers ; quelques-uns habitent la haute mer et se fixent aux Algues et aux Fucus. » (Docteur Chenu.)
« Les Nudibranches se trouvent sur toutes les côtes où le fond est ferme ou rocheux ; depuis la zone comprise entre la haute et la basse marée, jusqu’à une profondeur de 90 mètres. » (Woodward.)
« Ces Mollusques ont, dans le jeune âge, une coquille rudimentaire qui disparait de bonne heure et n'est jamais remplacée. Leurs mœurs et leurs habitudes paraissent avoir beaucoup d’analogie avec celles des Linaces; leurs mouvements sont plutôt lents, et ils étendent leurs branchies et leurs tentacules toutes les fois qu'ils rampent sur les plantes et les cailloux, de même que ces organes se contractent à la volonté de l'animal. Quand ils veulent se fixer sur des Fucus, ils pincent la feuille en rapprochant les bords. latéraux du pied, et au moindre danger ils se laissent tomber au fond des eaux. Ils préfèrent pour séjour habituel les plantes marines peu éloignées de la surface de l’eau. Leur nourriture consiste en petits zoophytes et ils cessent de vivre peu de temps après qu'on les a retirés de leur élément. » (Risso.)
On peut dire que ces Mollusques sont de vraies Limaces de mer. Plusieurs espèces sont ornées de couleurs brillantes ; mais ces nuances disparaissent rapidement ; : aussi ces animaux demandent-ils à être observés et dessinés pendant qu'ils sont vivants et actifs; après avoir
GENRE DORIS. 243 été plongés dans l'alcool, ils perdent leurs formes et leurs couleurs.
De tous les Mollusques, les Nudibranches sont ceux qui sont le moins connus et qui ont besoin d'être encore étudiés. Les genres qui habitent les côtes de France sont nombreux ; mais, comme ils offrent moins d'intérêt què les autres genres, nous n’indiquerons que les espèces les plus connues.
FAMILLE [DES DORIDÉS.
(Animal oblong, à branchies plumeuses, disposées en cercle sur le milieu du dos.)
Genre Doris (Z/n.), Doris.
Ces Mollusques sont ovales, déprimés, pourvus de deux tentacules dorsaux. Ils sont d’une fécondité prodigieuse et une seule Doris pond énviron 80,000 œufs disposés en
Fig. 25. — Frai de Doris (Doris Johnstoni).
une seule lanière peu épaisse et tournée en cornet (fig. 23). [ls se nourrissent de zoophytes et d'éponges et
sont surtout abondants sur les côtes rocheuses, près du niveau de la basse mer.
Les principales espèces des côtes de France sont :
Doris argo (Lin.), Doris argus. Animal de coloration rouge avec de pelits points blancs sur le pourtour du manteau. Habite les côtes de l'Océan et de la Méditerranée.
D. tuberculata (Guvier.), Doris tuberculeuse. Espèce à granulations irrégulières disséminées sur le dos. Habite les côtes de la Loire-Inférieure et de la Charente-Inférieure, la Méditerranée.
D. derelicta (Fischer), Doris délaissée. Animal elliptique, jaune plus ou moins foncé ; manteau large et couvert de tubercules ; longueur, 40 millimètres. Habite toutes les côtes de France. |
D. rubra(d'Orb.), Doris rouge. Animal rouge cocciné. Habite les côtes de la Rochelle, Arcachon, la Méditerranée.
D. depressa (Alder et H.), Doris déprimée. Espèce très déprimée, à manteau renforcé de spicules calcaires ; c'est la même espèce que la Villersia scutigera de d'Orbigny. Habite les côtes de la Charente-Inférieure.
D. Johnstoni (Alder et H.), Doris de Johnston (fig. 5, pl. 18). Animal gris jaunâtre, parsemé de taches obscures sur le manteau. Habite les côtes de l'Océan.
D. Biscayensis (Fischer), Doris de Biscaye. Animal ovalaire, allongé, jaune clair, long de 20 millimètres. Habite le bassin d'Arcachon.
D. seposita (Fisch.), D. séparée. Espèce voisine de la précédente, à ‘manteau de couleur jaune, longue de 16 millimètres. Habite les mêmes parages.
GENRE POLYCERA. 249
D. Eubalia (Fischer), Doris Eubalia. Animal à corps ovale, aplati ; manteau très large, jaune; longueur, 6 millimètres ; mêmes parages.
D. tomentosa (Cuvier), Doris tomenteuse . Animal jaune pâle, ponctué de petites taches brunes, manteau tomenteux. Habite toutes les côtes du Sud-Ouest.
Genre Goniodoris (Forbes), Goniodoris.
L'animal est oblong, à tentacules feuilletés non rétraciles, à manteau très petit. On trouve sur le littoral français :
Goniodoris elegans (Cantraine), Goniodoris élégante . Espèce étroite, allongée, d'un bleu indigo, parcourue en dessus par une ligne médiane jaune d'or et, de chaque côté, par deux autres de même couleur. Habite la Méditerranée ; on la trouve rarement dans le bassin d'Arcachon.
Genre Œgirus (Zoven), Œgire.
Dans ce genre, l'animal est allongé, à branchies arborescentes ; il est couvert de très grands tubercules ; on trouve sur les côtes de France :
Œgirus punctilucens (d’'Orb.), OEgire à points brillants (fig. 6, pl. 18). Vit sur la zone littorale, côtes de la Manche.
Genre Polycera (Cuvier), Polycère.
L'animal est allongé, à tentacules feuilletés non rétractiles. Les Polycères vivent sur les Corallines ; elles pondent de juillet en août ; leur frai, en forme de ruban, est enroulé sur des pierres. Une espèce vit sur nos côtes du Sud-Ouest :
Polycera Lessoni (d'Orb.), Polycère de Lesson (fig. 5, pl. 18). Habite les côtes de la Rochelle.
Genre Idalia (Leach..), ldalie.
Dans ce genre, l'animal est oblong, élargi, presque lisse. Une seule espèce vit sur notre littoral où elle est assez commune :
Idalia aspersa (Alder et H.), Idalie mouchetée (fig. 8, pl. 18. Vit sur la zone des Corallines. Habite les côtes du Boulonnais, à Arcachon (dans les parcs aux huîtres), à Guéthary et sur les côtes de la Méditerranée.
FAMILLE DES TRITONIADÉS.
(Animal à branchies feuilletées, plumeuses, disposées le long des côtés du dos.)
Genre Tritonia (('uvier), Mritonie.
Ces Mollusques sont allongés; leurs tentacules ont des filaments ramifiés ; on les trouve souvent sur les bancs de Pecten, ils atteignent d'assez grandes dimensions.
L'espèce la plus connue est :
Tritonia Homberqii (Cuvier), Tritonie de Homberg (fig. 9, pl. 18). Grande espèce, d'une couleur cuivrée ; vit sur les rochers, dans les régions profondes, côtes de la Manche et de Bretagne.
Genre Scylilæa (Lin.), Scyllée.
Dans ce genre, l'animal est allongé, comprimé, à pied long, étroit et canaliculé.
Les Scyllées vivent sur les Algues flottantes, une seule espèce vit sur le littoral francais :
GENRE DENDRONOTUS. 247
Scyllæa pelagica (Lin.), Scyllée pélagique (fig. 10, pl. 18). Cette espèce est commune parmi les Varechs; son corps est comprimé ; la bouche est munie d'une sorte de trompe. Ce Mollusque embrasse avec son pied étroit, creusé en sillon, les tiges des plantes aquatiques. Habite toutes les côtes de France.
Genre Fethys (/Lin.), Féthys.
Dans ce genre, l’animal est elliptique, déprimé, à tête couverte d'un disque largement étalé et frangé. Les Téthys se nourrissent d’autres Mollusques et de crustacés ; elles atteignent de grandes dimensions. Une seule espèce vit sur nos côtes méditerranéennes oùelle est rare :
Tethys fimbriata(Lin.), Téthys frangée (fig. 11. pl. 18). L'animal est gris, saupoudré de blanc; il exhale une odeur fétide. (La 7°. /eporina (Gmel.) n’est qu'une variété.)
Genre Dendronotus (A/der et H.), Bendäronote.
Ce genre, très voisin des 7ritonies, se compose d’animaux à corps allongé, à tentacules lamelleux, à pied étroit. Ils vivent dans le voisinage du littoral, sur les Algues et les Corallines.
On trouve sur nos côtes :
Dendronotus arborescens (Müll.), Dendronote arborescent (fig. 12, pl. 18). Très belle espèce qui vit sur les côtes de la Loire-Inférieure, de la Charente-Inférieure et sur les rochers de Guéthary (Basses-Pyrénées.).
Une espèce voisine, le /. luteolus (Lafont), qui diffère de la précédente par son corps lisse et sa coloration jaune, vit dans le chenal du cap Ferret (Gironde), sur les Sertulaires.
eu (2)
Genre Eoto (Oken), Hoto.
L'animal est grêle, allongé, à tentacules linéaires, rétractiles dans des gaines tubiformes; une espèce vit sur le littoral francais :
Doto coronata (Gmel.), Doto couronné (fig. 13, pl. 18). Cette espèce vit dans les eaux profondes, sur les Corallines. Habite les côtes de la Charente-Inférieure et des Basses-Pyrénées (Biarritz).
FAMILLE DES ÉOLIDÉS.
(Animal à branchies papilleuses disposées le long des côtés du dos; pas de cuirasse ni de manteau.)
Genre Eolis (Cuvier), Éolide.
Les Z'olides sont ovalaires, à tentacules dorsaux lisses ct grêles, à pied étroit. La bouche à une mâchoire supérieure COrnée. |
« Ce sont des animaux actifs, remuant continuellement leurs tentacules, allongeant et contractant leurs papilles ; ils nagent à la surface de la mer avec le corps renversé ; 1ls se nourrissent principalement de Sertulariens. » (Woodward.)
« Les Éolides sont vives, irritables, querelleuses ; elles se disputent les proies avec acharnement; elles se mordent et se mutilent ; leurs organes saillants, tentacules ou branchies, se trouvent souvent, après le combat, dans un état déplorable. » (Moquin-T.) Ces Mollusques vivent sous les pierres, où ils déposent leur frai sous la forme d'un ruban ayant plusieurs tours ondulés.
On trouve sur nos côtes :
| | GENRE EOLIS. : 249
Eolis Cuvieri (Lam.): Æ. papillosa (Lin.), Éolide de Cuvier (fig. 1, pl. 19). Espèce assez commune sur n0S côtes de l'Océan. On la trouve sur le littoral du Boulonnais, à la Rochelle, où elle est commune sur la digue de Richelieu, etc.
E. Drummondi (Thomp.), Éolide de Drummond. Jolie
espèce, à papilles dorsales disposées en cinq faisceaux rouges et quelquefois gris dorés ; tentacules inférieurs très longs et roses couleur de chair ; tentacules supérieurs lamelleux et orangés ; corps blanc avec une petite raie rouge entre les veux ; vit sur les côtes de la Charente-Inférieure et dans le bassin d'Arcachon, où elle est commune d'août en septembre, sur les piles du dAébarcadère.
E. Landsburgi (Alder et H.), Eolide de Landsburg. Espèce d'un violet tendre; papilles d’un rouge marron à extremité blanche ; longueur, 143 à 15 millimètres. Vit sur Jes côtes de la Charente-Inférieure et dans le bassin d'Arcachon; commune par 5 ou 6 brasses, sur les huîtres et les pierres. |
Æ. paradoxa (Quatrefages), Éolide paradoxale (fig. 4, pl. 19). Animal jaune orange sur le dessus du corps; papilles dorsales marbrées de gris et de blanc; longueur, 44 à 15 millimètres. Vit dans le bassin d'Arcachon avec l'espèce précédente.
Æ. coronata (Forbes), Éolide couronnée (fig. 14, pl. 18). Animal blanchâtre, transparent; dos tacheté de blane bleuâtre, 1risé; papilles dorsales ponctuées de rouge, de bleu et de blanc. Vit à de petites profondeurs, sous les pierres. Habite le bassin d'Arcachon, dans les pares aux huitres.
On trouve encore sur nos côtes l'£°. grossularia (Fischer) et l'£. conspersa (Fischer), peu communes dans le bassin d'Arcachon.
C'est au genre Æ£olis qu'on peut rattacher le genre Amphorina (Quatrefages) qui est représenté sur nos côtes par une très belle espèce : Amphorina Alberti (Quatref.). Ce très petit Mollusque, qui a été trouvé sur nos côtes de l'Océan, à Bréhat, parmi les goémons, a une tête plus grosse et plus haute que le corps; sa queue est effilée et pointue ; il a quatre cornes inégales disposées comme celles des Hélices; les douze branchies qui s'élèvent sur son dos sont alternativement fusiformes et ovoïdes, ce qui lui donne l'apparence la plus bizarre ; sa coloration est splendide ; il est ponctué de jaune d'or sur un fond blanc. « L’Amphorine est un vrai bijou de la nature. » (Moquin-T.)
FAMILLE DES PHYLLIROIDÉS.
Añimal pélagique, comprimé, dépourvu de pied, nageant au moyen d'une queue en forme de nageoire.)
Genre Phyllirhoe (Péron), Phyllirhoé.
Ce genre a été placé par quelques auteurs avec les. Hétéropodes. Ces Mollusques sont fusiformes, translucides, à queue lobée, à mächoires cornées. Ils nagent lentement en remuant Ja queue comme une nageoire et se laissant entrainer par les courants.
Une seule espèce habite nos côtes méditerranéennes :
Phyllirhoe Bucephalum (Péron), Phyllirhoé Bucéphale (fig. 2, pl. 19). Animal hyalin, grisâtre, à mufle rosé; vit dans le golfe de Nice.
GENRE ACTEONIA. 201
FAMILLE DES ÉLYSIADÉS.
(Animal sans manteau ni organe respiratoire distincts; yeux sessiles sur les côtés de la tête.)
Genre Elysia (Risso), Élysie.
Les £lysies sont elliptiques, déprimées, à pied étroit; elles vivent sur les Zostères et les Algues et nagent à la surface de l’eau, comme les Éolides; elles ont l’apparence des Aplysies; leurs œufs sont réunis en un long cordon enroulé en disque.
« Ces Mollusques aiment les anses peuplées de Fucus où l’eau est tranquille; ils vivent en famille ; si on les touche, ils se laissent aller au fond de l’eau. » (Cantraine.)
Une seule espèce vit sur nos côtes :
Elysia viridis (Mont.), Élysie verte (fig. 3, pl 19). Espèce d'un vert päle; on la trouve dans le bassin d’Arcachon où elle est rare; elle est plus commune dans la Méditerranée.
Genre Acteonia (Quatrefages), Aetéonie.
Ces Mollusques sont très petits, hirudiniformes, à tête obtuse, avec des crêtes latérales partant de deux courts tentacules coniques, derrière lesquels sont les yeux.
Deux espèces vivent sur nos côtes de la Manche :
Acteonia corrugata (Alder et H.), Actéonie ridée (fig. 5, pl. 19). |
A. senestra (Quatref.), Actéonie sénestre (fig. 6, pl. 19).
Genre Limapontia (/0hns{on), Limapontie.
Animal petit, à tête tronquée en avant, avec des crêtes latérales arquées portant les yeux; pied linéaire; corps lisse, très contractile, aplati latéralement. Ces petits Mollusques se trouvent au printemps et en été entre le niveau des hautes et des moyennes marées; ils se nourrissent de Conferves et déposent leur frai en petites masses pyriformes contenant chacune de 50 à 150 œufs.
Une espèce vit sur nos côtes : ;
Limapontia nigra (John.), Limapontie noire (fig. 7, pl. 19). Habite le littoral de la Manche et de la Bretagne.
ORDRE DES NUCLÉOBRANCHES (Bzranv.).
Cet ordre se compose d'animaux marins qui nagent à la surface, au lieu de ramper sur le fond de la mer. Ils progressent rapidement par de vigoureux mouvements de leur queue en nageoïire, ou au moyen d’une nageoire ventrale en éventail et ils adhèrent aux Algues par un petit sucoir placé sur le bord de cette dernière. (Woodward.)
Ces Mollusques habitent la haute mer, mais ils sont. fréquemment poussés par les courants sur les côtes de France ; nous indiquons les genres qui sont le plus souvent capturés sur notre littoral :
GENRE CARINARIA.
(SH (de
5 FAMILLE DES FIROLIDÉS.
{Animal allongé, cylindrique, translucide, muni d’une nageoire ven- ): trale et d'une nageoire caudale; bouche munie d'une lèvre cir- : culaire.)
Genre Firola (?éron), Firole.
Les Firoles sont des animaux fusiformes, à tête longue et grêle, à nageoire rétrécie à la base et munie d'un petit sucoir. Ces Mollusques ont la vie très tenace et vivent plusieurs heures après qu'ils ont échoué sur le sable; une seule espèce se rencontre sur le littoral fran- Cas :
Firola coronata (Forsk.), Firole couronnée. C'est la plus grande espèce du genre; son corps est hyalin et sans taches. On la trouve quelquefois sur nos côtes méditerranéennes, dans les parages de Nice et de Menton.
&enre Carinaria (Zam.), Carinaire.
Dans ce genre, l'animal est grand, translucide, granu- Jeux, à tête grosse et cylindrique, à tentacules longs et grèles, oculés près de la base; il est muni d'une nageoire ventrale arrondie, à base large, avec un petit sucoir marginal; sa queue est grande, comprimée latéralement: les branchies, qui sont nombreuses, sortent sous la coquille. Celle-ci est fragile, hyaline, à carène dorsale dentelée et ayant quelque analogie avec celles du genre Pileopsis.
« La Carinaire est douée d'organes de préhension et de déglutition proportionnés à sa voracité; avec des râtelures de fortes dents en carde, elle saisit sa proie, qui
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+ ne peut plus lui échapper et qui, en un instant, se trouve dans son estomac, dont les parois peuvent considéra: blement se distendre. » (Cantraine.)
Une seule espèce vit sur nos côtes méditerranéennes
Carinaria Mediterranea (Péron); C. cymbium (Eam.) Carinaire de la Méditerranée (fig. 8 et 9, pl. 19). Cette belle espèce fait de fréquentes apparitions sur nos côtes principalement sur le littoral de Nice et de Menton.