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DE LA PRÉPARATION ET DE LA CONSERVATION DES COQUILLES

Il ne suffit pas de trouver des Mollusques, il faut aussi savoir les conserver en bon état, et une collection de coquilles n'est réellement intéressante que lorsque les échantillons qui la composent ont gardé leurs couleurs, leur épiderme, en un mot tout ce qui les représente à nos veux tels que la nature les a créés. Pour arriver à ce résultat, les débutants en Conchyliologie sont souvent fort embarrassés et cherchent en vain, dans les ouvrages spéciaux, des indications généralement insuffisantes ; l'expérience seule peut nous apprendre les meilleurs procédés pour la préparation des coquilles, et il reste encore des découvertes à faire sur ce sujet. Nous indiquerons ici les moyens les plus pratiques et ceux qui donnent les meilleurs résultats,

Au retour d'une excursion, la première opération

CONSERVATION DES COQUILLES, cDy LE

consiste à séparer les coquilles qui ont été recueillies frustes de celles qui sont habitées par l'animal. Les pre- mières doivent être simplement lavées dans l’eau douce froide, frottées au moyen d’une brosse très souple pour les débarrasser du sable ou de tout corps étranger, et ensuite exposées à l'air pour sécher; mais il faut les placer à l'ombre, le soleil et la lumière trop vive décolorant les coquilles. Les bivalves dont le ligament n'est pas brisé devront être fermés au moyen d'un fil enroulé plusieurs fois autour de la coquille, sinon celle-ci resterait baillante et, lorsqu'elle serait sèche, ne pourrait que difficilement se fermer : le ligament se briserait inévitablement. Les espèces dont le test est feuilleté, comme les Ostrea, Avicula, etc, demandent encore plus de précautions : exposées au soleil, elles s'émiettent en séchant; les Pinna, les Unio et Anodonta se fendent longitudinalement lorsqu'elles sont soumises à l'ardeur du soleil.

Pour les coquilles capturées à l'état vivant (et ce sont toujours celles que l’on doit rechercher de préférence pour une collection), il y a plusieurs opérations à faire, suivant le genre auquel elles appartiennent.

Pour les bivalves, on introduit avec précaution par un des côtés de la coquille une lame mince et tranchante, et l’on coupe l'animal aux quatre points d'attache des muscles; la coquille s'ouvre alors immédiatement ; on en extrait l'animal, on nettoie avec soin l’intérieur; puis, après avoir lavé plusieurs fois la coquille, on la ferme par une ligature faite d'un fil enroulé autour des valves et noué du côté de l'ouverture.

Pour les Gastéropodes, l'opération est plus difficile

et tous les Conchyliologistes ne sont pas d'accord sur les moyens à employer. Quelques-uns exposent la coquille au soleil pour hâter la putréfaction de l'animal, ou pour le dessécher complètement: c'est un moyen déplorable, en ce qu'il produit d’abord la décoloration de la coquille par l’action du soleil et parce que, ensuite, 1l laisse toujours subsister quelques débris de lanimal qui répandent une odeur désagréable dans une collection. D'autres font macérer la coquille dans l’eau jusqu'à complète décomposition du Mollusque, ce qui altère souvent les couleurs de la coquille et détruit l'épiderme. La manière suivante est préférable pour les genres difficiles à préparer, comme les 7riton, Natica, Cassis, Murex, etc. On laisse la coquille dans un endroit ombragé, jusqu'à la mort de l'animal; on la plonge ensuite quelques instants dans l’eau chaude, puis, après refroidissement complet, on extirpe à l’aide de bruxeïles le corps du Mollusque, qui n'est pas exposé ainsi à se briser, comme cela arrive lorsqu'on n’a pas attendu la mort de l'animal: celui-ci résiste alors à l'extraction par une contraction musculaire et se brise en deux parties. Si, néanmoins, un fragment restait au fond de la coquille, il suffirait de la laisser macérer dans l’eau pendant quelque temps, et en l’agitant fortement, on parviendrait à extraire le fragment qu'on n'avait pas réussi à enlever la première fois. | Pour les grosses espèces, on emploiera avec succès un instrument fabriqué par la maison Deyrolle, sous le nom de Vide-Coquille (fig. 14), et qui, pénétrant dans l'intérieur de la coquille, en extrait facilement le contenu, Enfin on peut aussi se servir, pour cette opération,

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