ÉNUMÉRATION DES ESPÈCES
La liste des travaux relatifs à la faune malacologique de l’Isla del Coco suffit pour montrer clairement que la classe des mollusques a été l’objet Ge passablement de recherches. Un exposé général, précédant chaque groupe, mettra le lecteur au courant des déductions qu’on peut tirer de ces divers travaux.
J'entre de suite en matière en divisant mon sujet en trois parties:
A. Espèces terrestres B. Espèces d’eau douce ou d’eau saumâtre C. Espèces marines.
A. Æspèces terrestres
Le premier naturaliste qui ait fait des récoltes de coquilles terrestres à l’Isla del Coco parait être H. Cuming, qui se trouvait en 1827 au Nicaragua (Biologia, Introd, pg. X), et qui, suivant M. C. F. Ancey, aurait débarqué sur ce point perdu de l'Océan et en aurait rapporté un petit nombre de coquilles, parmi lesquelles Gzppya pacifica Pfr., Vertigo cocosensis Dall et peut-être 7oruatellina Pittieri v. Mart. (1)
Après Cuming il faut faire un saut de près de 34 de siècle pour rencontrer d’autres données sur la faune malacologique de l’île.
En juin 1898, mon compatriote, Mr. H. Pittier, alors directeur de l’Institut physico-géographique de Costa Rica, fut invité à faire partie d’une expédition qui avait pour but l'examen des avantages que pouvait présenter l’Isla del Coco pour l'établissement d’une colonie pénitenciaire. Il profita de cette occasion pour étudier la flore de l'ile et ajouta à son rapport, publié avec d’autres dans la “Memoria de Fomento” de 1899 (pgs. 141-162, 1 carte) quelques indications sur la faune dans lesquelles il parle de 4 espèces de mollusques terrestres récoltés par lui. Ces 4 espèc2s ont été décrites par Mr. le Dr. Ed. von Martens (op cit, 1, et Biologia pp. 640 et 641. Tab. XLIV, figs. 10 et 12) comme Conulus sp. (2 esp. Guppya pacifica Pfr. et G. Fultoni Gude), Opeas junceum Gould, forme polynésienne, Zoruatellina Pittieri v. Martens et Swccinca globispira v. Mart., ces deux dernières espèces nouvelles.
Vint ensuite l’expédition Hopkins Stanford qui, à son retour des Iles Galapagos, séjourna à l’Isla del Coco du 29 juin au 3 juillet 1899. Les naturalistes Ed. Heller et R. E. Snodgrass rapportèrent aussi de leur exploration 4 espèces de mollusques terrestres, différentes de celles trouvées par Mr. H. Pittier, sauf la Swccènea globispira v. Mart., au jugement de Mr. H. W. Dall qui en entreprit l'étude (op. cit. 2, pp. 98-99). Les noms proposés par l’auteur américain sont Gwppya Hopkinsi Dall { Guppya pacifica Pfr. sec. C. F. Ancey), Zeprinaria Martensi Vall (reconnue plus tard comme la forme dextre de la 7ornatellina Pittieri v. Mart.) et Vertigo cocosensis Dall.
(1) Mr. Ancey m'a communiqué la note suivante: “Les renseignements que je puis vous donner sur la visite de feu H. Cuming à l’île de Coco se réduisent à peu de chose: Une étiquette que portait un exemplaire de Verfigo cocosensis dans ma collection était ainsi libellé, sans doute de sa main même: Cocos 1., A. Cuming. C’est à cette mention que je me suis référé en parlant de cette espèce dans mon petit travail. (Carte du 26 Sept. 1905).
Mes propres récoltes ont été étudiées, comme celles de Mr. H. Pittier, par Mr. le Dr. Ed. von Martens qui a ajouté aux espèces antérieures la 7ormafellina Biolleyi v. Mart., espèce nouvelle, etla Zepfinaria Biolleyi x. Mart., espèce déjà trouvée sur le continent (op. cit., 3, pp. 59-61).
Enfin les travaux encore plus récents de MMrs. C. F. Ancey (1903) et Gude (1903) m'ont permis d'établir la liste que je donne après ces notes préliminaires et que, grâce aux travaux de mes savants devanciers, j'ose croire plus complète et plus exacte que toutes celles publiées jusqu'ici.
La seule espèce qui n'ait pas encore été décrite, à ce que je sache, est la Swecinea sp. pour laquelle je me permets de recommander le nom de S. 2a//i dans le cas où elle serait nouvelle pour la science. Les matériaux de comparaison et la littérature scientifique nécessaires me font trop défaut pour que je me permette de résoudre la question.
Il résulte de l'examen de ma liste que l’Isla del Coco est riche en espèces de mollusques terrestres et surtout en espèces qui paraissent locales. Je n'accepte pas entièrement l'opinion de Mr. C. F. Ancey qui croit que “vw a petitesse de cette île, il est peu probable que la liste de ses mollusques s'accroisse beaucoup” et qui cite, à l'appui de son dire, le fait que de petites espèces comme le Vertigo cocosensis Dall n'ont point échappé aux recherches. L’exploration conchyliologique ne s’est portée, jusqu’à présent, que sur les endroits voisins des baies de Wafer et de Chatham, jusqu’à peu de distance dans l'intérieur. Les parties orientale et méridionale de l’île et surtout les versants du point culminant, sont encore à explorer et je ne doute pas qu'on n'y fasse de nouvelles découvertes.
Ce qu'il faut constater c’est que les espèces assez grandes, particulièrement les nombreux Puwlimulus trouvés aux Iles Galapagos, ne paraissent pas exister à l’Isla del Coco, car mes recherches ne n’ont pas permis de constater la présence même de simples débris, L'introduction de la Zepfinaria Biolleyi v. Mart. de la terre ferme, probablement par les plants des diverses cultures tentées dans l'ile (café?, bananes) me semble aussi un fait évident. Quant à la provenance polynésienne de l'Opeas junceum Gould, qui aurait été apportée par des courants, elle peut parfaitement s’admettre puisqu’un cas semblable se présente pour une espèce marine, comme je le répéterai encore avec plus de détails en traitant le groupe C de cette étude.
GuPPYA PACIFICA Pfr.
Mide Ancey, op. cit. 4, pg. 1017.
Guppya Hopkinsi Dall. Proceedings of the Acad. of Nat. Sciences of Philadelphia, 1900, pg. 97; PI. VIII, fig. 5, 6. Anatomy by H. A. Pilsbry. Ibidem, pg. 105.
Cette espèce, très abondante dans l’île, a été trouvée par tous ceux qui se sont occupés d'y récolter des mollusques terrestres. Le premier en date est le naturaliste anglais H. Cuming et le nom spécifique de Pfeiffer est celui qui doit être adopté définitivement. Suivant Mr. C. F. Ancey, les auteurs postérieurs ont cru voir dans l’Æe/ix pacifica un Microcystis provenant d’un autre point et c’est ce qui a conduit Mr. le Dr. Dall à la redécrire, un demi-siècle après, sous le nom de Gppra Æophinsi”.
—La description et les figures de l’auteur américain s'appliquent parfaitement à une cinquantaine d'exemplaires que j'ai récoltés, sous les feuilles des fougères ou à peu de profondeur dans l'humus, dans les parties non défrichées de l'ile.
Guprya FuLron: Gude Proceedings of the Malacological Society of London. April, 1903. Vol. 5, N° 4, pg. 265; PI. VII, figs. 18-20.
Une forme un peu différente de l’antérieure avait, dès les récoltes de Mr. H. Pittier en 1898, attiré l'attention de Mr. le Dr. E. von Martens qui l'avait signalée, sans la décrire, comme un Corus sp.
Dans les échantillons de mes récoltes que j'ai soumis à ce conchyliologiste en 1902, J'avais fait deux lots, un de 10 exemplaires, qui ont été identifiés avec la Guppya Hophinsi Dall (G. pacifica Pfr.), et un autre de 16 spécimens que le Dr. von Martens signale comme appartenant à une forme un peu plus élevée et fortement carénée, méritant d’être désignée sous le nom «le var. coumlus.
Mr. le Dr. Dall a émis la même opinion: “7 #ink 100, after careful study of your specimens that the kceled and smooth forms of GUPPYA are only varietaly different, as he (Dr. v. M.) states”.
Mais, après un envoi fait un peu plus tard par moi à MMrs. Sowerby et Fulton, à Londres, Mr. Gude a repris la question et a cru devoir la trancher en créant une nouvelle espèce qu'il a nommée Gzppra Fultoni. Celle-ci diffère à première vue de la G. pacifica par sa taille plus élevée et sa forme plus conique. Un examen attentif démontre qu'elle a un tour de spire en plus et qu’elle possède surtout une carène très accentuée.
Ces caractères se sont rencontrés dans beaucoup d’exemplaires, la plupart adultes, et il ne peut être question ici de différences entre deux formes dues à divers degrés de croissance, d'autant plus que, dans les jeunes spécimens de la G. Æwltoni, la carène est plus nette encore que dans les coquilles adultes. J'ai fait une observation analogue au sujet de la lame pariétale de la 7oratellina Pittieri Mart., et, en parlant de la carène, je pourrais citer la Gwppya Angasi Tryon, de Costa Rica, où celle-ci est d'autant plus saillante que la coquille appartient à un individu plus jeune.
Il n’y a pas de doute que la G. Æwltoni de Gude ne soit bien la var. couwlus de von Martens. Le premier a pu émettre quelques doutes, mais il n’y en a aucun pour celui qui a eu entre les mains au moins 150 exemplaires des deux espèces de Gppra de l’Isla del Coco et qui les à parfaitement «listinguées au premier coup d'oeil.
—Environ 80 exemplaires. Dans les mêmes localités que l’espèce antérieure avec laquelle elie vit côte à côte. Suivant la proportion des exemplaires rapportés, G. 74 ont serait plus abondante que G. pacifica; mais il faut tenir compte du fait qu’en faisant mes recherches, je me suis appliqué surtout à récolter les beaux échantillons, sans savoir qu'il y avait à établir une distinction entre deux espèces, et que la G. Æwtoni, plus conique et de contours plus nets, à cause de sa carène, a dû être choisie plus souvent que G. facifica de facies plus effacé.
ToRNATELLINA PiTrTiErt v. Mart
Sitz.-Ber. d. Gesells. naturf. Fr. zu Berlin.—Jahrgang 1898, N° 0, pg. 157.
Testa plerumque sinistrosa de la diagnose primitive n'est pas vrai puisque, comme Mr. le Dr. Ed. vor Martens le fait remarquer lui-même, d’après les indications que je lui ai fournies, sur 111 spécimens, 64 se sont trouvés dextres et 47 sénestres.
M. W. H. Dall range cette coquille dans le genre Zeplinaria ( Neosubulina), en se basant sur la dentition, d’après l’opinion du Dr. H. A. Pilsbry. (1) Il fait aussi une espèce de la forme dextre, qu'il ne décrit d’ailleurs que d’après un seul exemplaire, non adulte, et lui donne le nom de Zepéinaria ( Neosubulina) Martensi; mais le Dr. Ed. von Martens, qui a pu examiner un beaucoup plus grand nombre d'exemplaires, se refuse, dans sa communication de 1902, à admettre que les deux formes constituent deux espèces différentes. Une lettre particulière de Mr. W. H. Dall me permet d’ailleurs d’ajouter que le savant Curator de la Division des Mollusques du Musée National des Etats Unis a reconnu plus tard le bien fondé du jugement du Dr. von Martens: “#....4s reg- Sards the Specimens ZT think von Martens is right in uniting the dextral and sinistral “Zeptinarias, etc...” (Lettre du 24 Mai 1902).
(1) Mr. C. F. Ancey dit que cette forme, pour lui Ochroderma Martensi Dall, “ne lui “semble pas appartenir aux Zepfinaria et encore moins au sous-genre Veosubu- “/ina qui ne comprend qu'une espèce de l’île Bonaire (Buen Ayre) dans les An- “tilles et dont la coiumelle n'est pas tronquée”.
Mr. C. F. Ancey possède deux exemplaires, l’un dextre, l’autre sénestre, d’une coquille acquise, il y a de nombreuses années, de Mr. G. B. Sowerby, la 7ornatellina Cumingiana Pfr., qu'il range pour son compte dans le genre Ochroderma ( O. Cumingiana Pfr.), coupe établie par lui-même dans les Zornatellina. C'est une espèce trouvée par H. Cuming qui porte comme localité Realejo, port de la république de Nicaragua; mais il est probable que cette localité est erronée et qu'il s’agit d’une coquille de l'Isla del Coco que le voyageur anglais a visitée ou, selon le Dr. von Martens, d’une espèce de la Polynésie où Cuming a fait des récoltes. (1) Mr. Ancey, qui a aussi dans sa collection des 7: Piffieri dextres, serait plutôt d'avis que les deux formes 7: Cwmingiana et 7! Pittieri ne doivent pas se séparer spécifiquement. Toutefois il dit qu’il conserve encore des doutes au sujet de l’identité parfaite des deux coquilles.
—L'espèce abonde dans toutes les parties de l’île explorées par moï; j'en ai rapporté r11 exemplaires recueillis vivants. Humus, troncs pourris, fougeraies.
ToRNATELLINA BIOLLEVI v. Mart.
Sitz.—Ber. d. Gesells. naturf. Fr. zu Berlin—Jahrgang 1902, N° 3, pg. 6o.
Cette espèce, un peu plus grande que la précédente, s’en distingue immédiatement par l’absence de lame pariétale. Comme, dans la 7! Piffieri, celle-ci ne se prolonge pas au delà d’un demi-tour dans l’intérieur, Mr. le Dr. Ed. von Martens a tout d’abord été d’avis que les trois exemplaires que je lui avais envoyés n'étaient que des individus non encore adultes d’une race plus grande. On peut lui objecter que, même chez les très jeunes individus de 7: Pi#feri, la lame pariétale est toujours visible, comme j'ai eu l’ocasion de le dire plus haut. (2)
—Cette espèce vit, comme l’antérieure, sur le sol, au milieu des débris végétaux en train de se convertir en lhumus. Elle n’est pas abondante car je n’en ai trouvé qu’une dizaine d'exemplaires, présentant d’ailleurs un facies qui m’a permis de les reconnaître à première vue au milieu des autres 7brnatellina avec lesquelles ils se trouvaient tout d’abord mélangés. Peut-être mes échantillons proviennent-ils d’une station spéciale, non notée au moment de la récolte et impossible à contrôler quand j'ai fait le triage des espèces à mon retour d'expédition. ë
LEPriINARIA B1oLLEYI v. Mart.
Biol. Centr. Am. Moll, pg. 319; pl. XVIII, fig. 14.
Espèce trouvée par moi sur divers points de la partie centrale de Costa Rica et par mon compatriote, Mr. H. Pittier, dans la Talamanca, région orientale du pays.
(1) Le professeur allemand et le conchyliologiste français sont d’accord pour rapporter l’espèce qui nous occupe au groupe polynésien des 7oruatellina ( Ochroderma sec. Ancey) et non aux Zeprinaria américains suivant l'opinion émise par MMrs. Pilsbry et Dall. La question a son importance pour l’origine de la faune de l’île, les Zeptinaria étant essentiellement américains, comme nous venons de le dire, tandis que les 7ornatellina ont pour type le 7 gigas v. Mart. des Carolines (Vide Ancey, op. cit., 4, pg. 100).
(2) A la page 45 du “Zoological Record” de 1902 (Vol. XXXIX) Mr. Sykes, auteur de la partie malacologique de ce Recueil, mentionne une 7oruatellina Hopkinsi v. Mart., de l’île de Coco, comme décrite par le Prof. E. von Martens dans un travail intitulé Æinige Snecken der Cocosinsel” et contenu dans les “Sitzungs- Berichte der Ges. Naturf.” Berlin 1902, pp. 45 et 46 (erreur pour page 60). Il s'agit là d’une erreur de nom commise par Mr. Sykes; l'espèce nommée 7! Æ0pkinsi n'a jamais été décrite par Mr. E. von Martens et ce que l’auteur anglais a eu en vue est la 7: Piolleyr, espèce effectivement nouvelle, (Note communiquée par Mr. C. F. Ancey, lettre du 18 Déc. 1905).
Mr. le Dr. Ed. von Martens fait remarquer que le fait de ne s’être trouvée à l’Isla del Coco qu’en petite quantité et dans le voisinage des habitations au bord de la Baie de Wafer, est une preuve presque convaincante de son introduction dans l’île avec les plantes dont on a tenté la culture.
—Sur le sol, débris végétaux; 8 exemplaires.
OPEAS JUNCEUM À. Gould Proceedings Bost. Soc. Nat. Hist., 1846, p. 1or.
Le genre Ofeas est distribué dans toute la zone tropicale et l'espèce trouvée à l’Isla del Coco très répandue dans la Polynésie. Cependant Mr. Ancey fait la remarque que l'O. junceum ressemble tellement à l'O. szbula Pfr., trouvé à Costa Rica, et à une autre espèce ({ O. gracile Hutton) qu'il est bien difficile de distinguer les trois formes sans l'indication du pays d’origine.
—La coquille de l’Isla del Coco a été trouvée par moi en assez grande quantité (36 ex.) contre les stipes des'cocotiers, à l’aisselle des feuilles sèches, et sous les feuilles des bananiers, près des habitations, à la Baie de Wafer.
VERTIGO cocosENsis (1) Dail
Proceedings of the Acad. of Nat. Sciences of Philadelphia, 1900. pg. 98. PI. VIII, fig. 13.
Cette petite espèce, rapprochée par Mr. Dall du F. mariolosa Gould, de la Floride, et par Mr. Ancey du /°. 7ugosula Sterki, de la Louisiane, abonde à la Baie de Chatham sous les feuilles mortes et contre les tiges des plantes herbacées.
Suivant Mr. Ancey (op. cit., 4, pg. 98) H. Cuming aurait découvert cette espèce, il y a environ 75 ans, probablement au même endroit, mais la première description publiée en a été faite par Mr. Dall.
—J'ai récolté plus de deux cents exemplaires de cette coquille sur un espace de quelques mètres carrés à la Baie de Chatham, maïs ne l'ai pas retrouvée dans d’autres localités de l’île, malgré des recherches minutieuses.
SUCCINEA GLOBISPIRA v. Mart.
Sitzb. Ges. Naturf. Freunde zu Berlin. Jahrg. 1898. N° 9, pg. 158. Biologia centrali-americana. Mollusca, pg. 641; Tab. XLIV, fig. r2.
Cette petite coquille de couleur jaunâtre est surtout caractérisée par ses stries nombreuses et sa spire globuleuse (knopffürmig). Mr.le Dr. von Martens la rapproché de deux espèces f.S. crocata À. Gould et S. wodesta A. Gould) des îles Tonga et Samoa. Avec les Gzppya, les Tornatellina et le Vertigo, elle peut être considérée comme spéciale à l’Isla del Coco, à moins de constatations futures de sa présence dans d’autres endroits.
Mr. Dall, qui fait erreur en disant que la S. globispira paraît être peu abondante, signale le fait que la coquille est généralment couverte des excréments de l’animal (op. cit., pg. 99).
—Je l’ai trouvée en grande quantité, ainsi que les naturalistes qui m'ont précédé, appliquée contre les feuilles des arbustes, sur les fougères et sur le sol humide. Malgré la fragilité de la coquille, j'en ai rapporté plus de 50 exemplaires adultes en bon état.
(1) L'’orthographe adoptée par Mr. le Dr. von Martens, V. cocoënsis serait évidemment plus conforme au nom moderne de l’île: Isla del Coco, mais je conserve la forme de l’auteur américain qui a raison de son côté.
8e SUCCINEA Sp.
Dans le lot de S. gobispira envoyé par moi à Mr. W. H. Dall s’est trouvé un exemplaire qui présente des caractères différents de ceux de l'espèce sus-nommée et sur lequel le savant conchyliologiste américain a appelé mon attention «le la manière suivante:
FOR Also it would be well to look carefully over your SucciNEA. 7here was “one among those you sent which has a more depressed spire, much lighter color, smaller “coil, proportionately wider aperture, and the surface quite regularly minutely ribbed. “The S. GLOBISPIRA ?s of a darker greenish or yellow color and has only minor irregula- “yities of surface. I think the two are distinct, though I do not profess Lo be an expert in “his dificult genus”. (Lettre du 24 Mai 1902).
Je n’ai pas la prétention de trancher la question que M. W. H. Dall laisse pour le moment en suspens; mais je dirai que parmi les exemplaires de Szccinea que j'ai conservés, j'ai trouvé un second spécimen à qui s'appliquent parfaitement les remarques ci-dessus: coloration presque blanche, spire très aplatie et non obtuse, ouverture plus large et côtes parallèles très serrées sur la surface.
Si de nouvelles découvertes viennent confirmer l'existence d’une seconde espèce de Swrcinea à l'Isla del Coco et si celle-ci est nouvelle pour la science, je propose à l’auteur de la future diagnose de la nommer Swecinea Dali.
—Mèême genre de vie que la précédente; jusqu'ici deux exemplaires connus.
B. Æspèces d'eau douce où d'eau sauméätre
J'ai été le premier à rapporter de l’Isla del Coco les deux coquilles d'eau douce ou d’eau saumâtre qui figurent ici: Veritina latissima Brod. var. globosa Brod. et Awricula (?) stagnalis Orb. Ilest très probable que MMrs. Heller et Snodgrass de l’expédition Hopkins Stanford ont surtout poursuivi leurs recherches dans les parages de la Baie de Chatham, et que n'ayant pas constaté la présence d'espèces fluviales dans les ruisselets qui se jettent dans la mer à cet endroit, ils n'auront pas pris soin d'examiner le lit de l’Arroyo del Gerio, à la Baie de Wafer, seul endroit où j'ai rencontré des coquilles.
Mr. le Dr. Ed. von Martens (op. cit. 3, pg. 62) s'étonne à bon droit de la présence de ces deux coquilles de terre ferme, communes sur toute la côte du Pacifique de l'Amérique centrale, à environ 500 km. du continent, surtout si l’on pense que ce sont des espèces peu susceptibles d'être transportées avec les objets de trafic ordinaire. Pour l'Auricula, qui adhère volontiers au bois mort, les troncs d’arbres flottants sont un moyen dé transport admissible. Quant à la Verifina, qui vit contre les pierres dans les eaux courantes, il est plus difficile de s'expliquer son arrivée dans l’île. Mr. P. Matschie à émis l'opinion ingénieuse que c'était aux oiseaux aquatiques à vol puissant qu'il fallait attribuer le transfert à de grandes distances d'espèces comme celle qui nous occupe. Si la patte de l’oiseau arrive à se mettre en contact avec le mollusque, celui-ci referme brusauement son opercule et reste adhérent au doigt pincé pour un temps assez long. Le fait a été souvent constaté pour les bivalves, même pour de grandes espèces comme les Anodontes. Il peut évidemment se produire également pour des espèces operculées comme les MVerifina où les Ampullaria. Comme, dans le premier de ces genres, les oeufs sont fréquemment déposés contre la coquille d’un autre individu, la formation de toute une colonie s'expliquerait facilement par le déplacement d’un seul spécimen de l'espèce porteur occasionnel d'oothèques.
NERITINA LATiIssiIMA Brod.
Var GLoBosa Brod.
Vide Biologia centrali-americana, pars cit., pg. 469.
Cette espèce est très répandue dans les eaux courantes de la côte du Pacifique, à partir du Nicaragua jusqu'à Panama. Une autre variété (var. //ermedia Sow.) des-
= Lo) —
cend même jusqu’au Pérou. J'ai trouvé la M. Zatissima var. globosa plusieurs fois à l'embouchure des rivières et jusqu’à 3 ou 4 lieues dans l’intérieur des terres sur la côte S. W. de Costa Rica.
A l'Isla del Coco elle vit, comme sur le continent, dans un milieu qui est alternativement d’eau douce et d’eau salée, suivant les marées. Les plus grands échantillons mesuraient jusqu'à 27 mm. de hauteur et 30 mm. de longueur. Mr. le Dr. von Martens m'écrivait en mai r902 que mes échantillons insulaires se faisaient remarquer à première vue par une coquille très convexe et par la couleur rouge assez foncée du plan columellaire comparativement aux échantillons du continent, mais qu'il avait néanmoins trouvé, en comparant un grand nombre d'individus, des exemplaires de la terre ferme qui se rapprochaient beaucoup de ceux de l’île.
—En assez grand nombre contre les pierres immergées, dans le lit de l’Arroyo del Genio, à son embouchure dans la Baie de Wafer.
AURICULA (?) sTAGNALIS Orb.
Vide Biologia centrali-americana, pars cit., pg. 556
Espèce signalée comme particulière aux eaux saumâtres de la côte du Pacifique, du Salvador à Guayaquil, dans l'Equateur. Elle est citée de Costa Rica avec la localité Puntarenas / Col. Srebel); je l'ai trouvée moi-même au même endroit et, un peu plus bas, dans la région à maugliers de l'embouchure de la rivière Jesus Maria.
On n’a pas encore constaté si les tentacules de l’animal vivant dans cette coquille se terminent par une espèce de massue lisse, un peu renflée / Awricula proprement dite) ou s’ils finissent tout simplement en pointe { Awriculastra) et s'il y a des yeux bien visibles à la base de ces mêmes tentacules, de là le doute au sujet du véritable genre.
Mes exemplaires de l’Isla del Coco mesurent jusqu’à 31 mm. et sontidentiques à ceux que j'ai trouvés sur le continent. Dans les deux localités ils adhéraïent à des souches à moitié pourries, mais dans l’île celles-ci ne plongeaient pas dans l’eau stagnante, sinon dans un courant assez rapide. Cette eau était aussi parfaitement buvable, même au moment de la marée montante, car j'ai trouvé les Awricula passablement plus en amont que les /7e/icina dans le même ruisseau.
A signaler le peu de persistance de l’épiderme dans cette coquille; les exemplaires bien adultes sont toujours décolorés au point qu’on les croirait morts et roulés depuis longtemps.
—En colonies nombreuses contre les troncs d'arbres morts à demi submergés dans le lit de l’Arroyo del Genio, à peu de distance de son embouchure dans la Baïe de Wafer.