Mollusques éocéniques de la Loire-inférieure
RD. Les échantillons qu’on trouve au Bois-Gouët, diffèrent un peu du type de Grignon, et ces différences, quoique peu importantes, sont constantes, de sorte que l’on pourrait, à la rigueur, en faire une variété de l'espèce parisienne ; d'abord les carènes spirales, dont le nombre n'est jamais supérieur à quatre, sont inégalement distribuées, les deux antérieures, très espacées, occupent les trois cinquièmes de la hauteur de chaque tour, tandis que les deux postérieures se resserrent sur la rampe
inférieure ; ensuite, la base est finement rayonnée, mais l’on n’y distingue qu'avec la plus grande difficulté, la trace des cordonnets concentriques, signalés par M. de Boury ; enfin, la protoconque, visible sur l’un de nos échantillons (coll. Pissarro), est très obliquement déviée, elle forme une crosse saillante et penchée, qui reproduit complètement la disposition typique, tandis que M. de Boury avait signalé, sur l’un de ses échantillons, un « passage entre les espèces à embryon typique presque perpendiculaire, et les espèces à embryon en partie rentré ».
PLésiorype et Loc. PI. XXII (I), fig. 1, coll. Cossmann, Bois-Gouët.
Mathildia turritellata, [Lamk.]) PI. XXII (I), fig. 2. 1888 — Cossmann, Cat. Éoc., INT, p. 313, pl. XIL, fig. 28-30.
RD. Il n’y a aucune hésitation au sujet de l'identité des échantillons du Bois-Gouët, avec les individus typiques du Bassin de Paris, bien qu'ils aient, en général, plus de carènes spirales et que les derniers tours soient souvent détachés ; leur forme étroite, leurs tours régulièrement convexes, leurs cordons égaux et réguliers, bien plus saillants que les plis axiaux, ont un aspect caractéristique. La protoconque est rarement conservée ; sur les nombreux individus que j'ai examinés, je n’en ai pas
Nantes. — Bull. Soc. sc. nat. Ouest. T. 9, fasc. IV, 31 décembre 1899.
vu plus de deux chez qui elle soit intacte, très petite d’ailleurs, à peine
déviée, et répondant bien aux indications données par M. de Boury, dans le Journal de Conchyliologie (p. 146 — 38 du tirage à part). C'est pourquoi, malgré qu’il y ait invariablement six ou sept cordons spiraux, je ne sépare pas la forme armoricaine de l’espèce de Lamarck. Certaines individus ont les tours presque totalement disjoints. .
PLÉSIOTYPE et Loc. PI. XXII (1), fig. 2, coll. Cossmann, Bois-Gouëêt. — Coislin, forme typique à quatre carènes, coll. Dumas; Arthon, variété armoricaine, coll. Dumas.
Tenagodes striatus, [Defr.]| PI. XXII (1), fig. 4-6. :
1881 — Vasseur, loc. cit., pl. X, fig. 59-62. 1888 — Cossmann, Cat. Eoc., p. 320.
Ogserv. Sous-Genre Agathirses. Cette espèce, la plus répandue des Tenagodes dans le Bassin de Paris, est aussi la seule dont M. Vasseur ait constaté l'existence dans l’Éocène de la Loire-Inférieure. Elle est caractérisée par ses dix-huit costules longitudinales ( — spirales), plus ou moins régulières, chargées de rugosités produites par les accroissements ; la fente continue, qui est située à la partie inférieure des tours déroulés, ne porte pas de lèvres saillantes, mais elle est seulement festonnée, sur les bords, par les perforations successives et ovales dont elle est formée. Il arrive parfois que certaines costules intermédiaires s’effacent, et dans ce cas, la coquille, qui ne possède plus que huit ou neuf côtes, prend un aspect tout à fait différent; c’est une variété, qui se rattache graduellement au type, et à laquelle je propose de donner le nom T. Pissarroi.
PLésiorype et Loc. PI. XXII (1), fig. 4-5, coll. Pissarro, Bois-Gouëêt. — Campbon, Musée de Nantes ; Coislin, coll. Dumas.
Var. Pissarroi. Type: PI. XXII (1), fig. 6, coll. Cossmann, Bois-Gouët. — Coislin, Arthon, la Close, coll. Dumas.
Tenagodes multistriatus, |[Defr] PI. XXII (1), fig. 7-8. 1888 — Cossmann, Cat. Éoc., p.821.
OBserv. Sous-Genre Pyxipoma. Les deux échantillons, recueillis à Campbon par Cailliaud, et conservés dans sa collection, au Musée de Nantes, ressemblent, en tous points, à ceux d’Auvers, dans l'Éocène supérieur des environs de Paris. On sait qu'il est extrêmement difficile de distinguer cette espèce de T. mitis, quand sa surface est un peu
usée ; car il est rare que les costules soient assez fraîchement conservées
pour présenter l'aspect hérissé d’écailles, que leur attribue la fig. 2 de la PI. X du second ouvrage de Deshayes. Les individus de Campbon,
[3] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 309
dont les costules sont alternées, sontornés de renflements obtus qui sont
probablement la trace, après l’usure, de ces écailles épineuses dont je n'ai guère constaté l'existence que dans le gisement du Guépelle ; entre les costules, on aperçoit des plis d’accroissement très serrés, qu’indique d’ailleurs la figure grossie de l’ouvrage de Deshayes.
PLésiotyPe et Loc. PI. XXII (I), fig. 7-8, Campbon, coll. du Musée de Nantes.
Vermetus planorbularis, nov. sp. PI. XXII (1), fig. 11-12.
Taille moyenne ; forme enroulée d’un Planorbe, généralement repliée autour d’un diamètre, à embouchure à peine détachée ; protoconque lisse, complètement déviée, turbinée, à nucléus caché. Ornementation composée de sept ou huit côtes principales, saillantes, avec une costule intercalaire un peu plus petite ; toutes sont traversées par des lamelles crépues, plus ou moins serrées, avec de petites écailles à l'intersection.
Dim. Grand diamètre, 16 mill. ; épaisseur, 4 mill.
R. D. Bien que je n’aie pu constater l’existence de cloisons internes, cette coquille a un embryon de Vermetidæ, et ne peut, en conséquence être éliminée de notre Catalogue, à l'instar des Serpules. D'autre part, quoique les espèces du genre Vermetus soient, en général, très irrégulières, leur enroulement affecte cependant une allure constante pour chaque espèce, de sorte qu’il n’est pas extrêmement difficile de les distinguer. Or, aucune des formes du Bassin de Paris ne présente ce galbe de Planorbis replié comme une selle, par suite de l’adhérence de la coquille sur un corps cylindrique, L’ornementation de notre espèce ressemble un peu à celle de V. cristatus, dont la forme générale est bien différente.
Tyreet Loc. PI. XXIL(P), fig. 11-12, Bois-Gouët, coll. Dumas. — Arthon, coll. Dumas.
Vermetus clathratus | Desh.| PI. XXII (1), fig. 3. 1888 — Cossmann, Cat. Éoc., p. 318.
- OBsERv. Caractérisée par les déviations brusques de ses tours disjoints, cette espèce a une ornementation à mailles rectangulaires et oblongues, les plis d'accroissement étant presque aussi saillants que les costules longitudinales qu'ils croisent. Je n’ai pu étudier la protoconque de cette coquille, mais j'aperçois des traces de cloisons internes sur l’un des deux individus que j'ai étudiés (ma coll.). En tous cas, ces deux échantillons sont identiques à la figure 9 de la pl. IX du second ouvrage
de Deshayes ; il me paraît donc établi que l'espèce parisienne a vécu dans l’Eocène de la Loire-Inférieure.
PLésioryrE et Loc. PI. XXII (1), fig. 3, Bois-Gouët, coll. Pissarro.
Vermetus armoricensis, 00. sp. PI. XXII (1), fig. 9.
Taille petite ; forme déroulée, presque droite à la partie antérieure, à peine pelotonnée au sommet ; protoconque lisse, brillante, planorbulaire, à nucléus un peu turbiné ; le reste de la surface est faiblement ridé, absolament dénué de costules.
Dim. Hauteur, 11 mill. ; diamètre, Lit |
R. D. J'avais d’abord rapporté cette petite coquille à V. corrugatus Cossm., du Calcaire grossier de Grignon ; mais sa surface, absolument dénudée, à peine ridée par des accroissements irréguliers, ne ressemble aucunement à celle de la variété parisienne de V. po/ygonus. Elle ressemble plutôt, par sa forme, à V. serpuloides Desh.: mais ce dernier a toujours de fines costules longitudinales. Quant à V. semipedalis, c’est une grosse espèce dont la surface n’est lisse que parce qu’elle est usée, et dont les premiers tours sont costulés. |
Type et Loc. PI. XXII (1), fig. 9, Coislin, unique, coll. Dumas. — Bois- Gouët, trois individus, coll. Pissarro.
Vermetus polygonus, | Desh.] PI. XXII(I), fig. 10. 1888 — Cossmann, Cat. Éoc., p. 319. |
OgBserv. Il y a, au sujet de ces tubes, plus ou moins courbés, toujours en fragments et dépourvus de leur sommet, non adhérents, et cependant sans traces de cloisons, la même incertitude en ce qui concerne les échantillons de la Loire-Inférieure que pour les individus du Bassin de Paris ; leur ornementation se compose aussi de huit costules noueuses, équidistantes, dont les rugosités sont souvent reliées transversalement par des plis d’accroissemenl assez saillants. Il est peu probable que ce soient des Serpules, mais il n’est pas absolument sûr que ce soient des Vermetus ; on n’en aura la certitude que si l’on peut étudier l'embryon.
PLésiotrype et Loc. PI. XXII (I), fig. 10, Bois-Gouët, coll. Dumas.
Vermetus cf. serpuloides, [Desh.| PI. XXII (1), fig. 13. 1888 — Cossmann, Cat. Éoc., p. 319.
Ogserv. Fragment très court, qui me semble avoir l’ornementation fine et régulière de l’espèce parisienne ; les costules longitudinales sont peu saillantes et très serrées ; les plis d’accroissements sont obsolètes et
2 rm dre ANNONCÉ RENE A Ne RAIN, À + el ni VE y; L 10 | «
[o]. M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 911
irréguliers. M. Vasseur a cité cette espèce à Campbon, mais il est possible
: qu’il ait voulu désigner l'individu de Coislin que j'ai décrit ci-dessus, ‘sous le nom armoricensis.
PLésiorype et Loc. PI. XXII (I), fig. 13, Bois-Gouët, rare, coll. Pissarro.
Vermetus conicus, [Lamk.] PI. XXII (1), fig. 14. 1888 — Cossmann, Cat. Éoc., p. 320.
R. D. Sous-Genre Vermicularia. Les échantillons de la Loire-Inférieure ne sont pas absolument identiques à ceux du Calcaire grossier parisien ; mais, comme ils sont eux-mêmes variables, et qu’ils se rattachent au type par de nombreux intermédiaires, je ne crois pas qu’on puisse les en séparer ; ceux qui, par leur galbe, se rapproche le plus de la forme parisienne, sont les individus de Campbon, de Coislin et de la Close; mais ils en diffèrent par leurs carènes encore plus saillantes, et par les costules spirales plus apparentes sur la rampe postérieure de chaque tour, entre les deux carènes du dernier tour, et enfin sur la base, autour de la cavité ombilicale, qui est plus ou moins détachée. La protoconque est lisse, paucispirée, peu saillante, à nucléus en goutte de suif.
A côté de cette forme, extrêmement répandue dans le Bassin de Campbon, on trouve, au Bois-Gouët (Bassin de Saffré), une forme moins conique plus élargie à la base, à ombilic toujours plus largement ouvert, ornée de deux cordons très saillants sur la base. Je ne puis me résoudre à
* séparer cette forme de l’autre, et je crois qu’il est pins prudent, à cause
de leurs variations, de les rapporter toutes deux à l'espèce de Lamarck, dont on distingue déjà difficilement V. biangulatus Desh., dans l’Eocène
- supérieur des environs de Paris.
PLésioryre et Loc. PI. XXII (1), fig. 14, La Close, coll. Cossmann. —
* Campbon, Coislin, coll. Dumas, Musée de Nantes ; Arthon, coll. Dumas.
Variété déprimée : Bois-Gouët, toutes les collections.
Vermetus solariiformis, O0. sp. LP AXTE (1); fig 20:22: Sous-Genre Vermicularia. Taille petite ; forme aplatie ; spire presque sans saillie ; quatre tours un peu convexes, paraissant lisses, le dernier muni. de quatre carènes spirales, dont les intervalles sont plans et dénués de carènes ; base un peu excavée, à ombilic largement ouvert, circonscrit par une carène finement dentée ; ouverture pentagonale, reposant sur la base simplement
par un angle.
Dim. Diamètre, 4 mill. ; hauteur, 1 1/2 mill.
R. D. Il ne m'est pas possible de confondre cette coquille plate avec V. conicus ou avec V. biangulatus ; aussi, quoique je n’en connusse,
quand je l'ai d’abord décrite, qu’un échantillon usé, je l’ai signalée comme nouvelle ; depuis cette époque, j'en ai vu d’autres individus qui m'ont confirmé dans mon idée première. Son ouverture, à peu près détachée, à péristome non sinueux, ne permet pas de la rapporter au Genre Homalaxis, dont l’ombilic est aussi armé de dentelures.
Type et Loc. PI. XXII (1), fig. 22, Bois-Gouët, unique, ma collection ; sept individus mieux conservés, ultérieurement communiqués, PI. XXII (1), fig. 20-21, coll. Dumas.
Vermetus conoidalis, [Vasseur] PI. XXII (I), fig. 18-19. 1881 — Casimiria conoidalis, Vass., loc. cit., PI. X, fig. 12-18.
Section Casimiria du sous-genre Vermicularia. Taille assez petite ; forme régulière, turriculée, à galbe extraconique, à sommet pointu, évasée à la base, très largement ombiliquée; protoconque obtuse, subglobuleuse, à nucléus en goutte de suif; quatorze tours non détachés, superposés, d’abord anguleux et striés, puis plans et lisses. dont la hauteur, d’abord égale ou supérieure à la moitié de la largeur, finit par se réduire au-dessous du quart de cette largeur ; sutures linéaires, bordées en-dessous par un étroit bourrelet saiïllant.
Dernier tour peu développé, toujours adhérent, égal ou à peine supérieur à 0,3 de la hauteur totale, caréné à l4 périphérie par un bourrelet, dont la saillie est encore augmentée par une légère dépression de la partie antérieure du dernier tour; base complètement plane, étroite, ornée de stries obsolètes, séparée par un angle saïllant de la cavité ombilicale, à l’intérieur de laquelle . S’étage la succession des tours. Ouverture presque carrée, à péristome continu, reposant simplement sur la base ; labre incliné en avant, à gauche de l’axe ; bord columellaire à peine évasé.
Dim. Longueur, 91/2 mill.; diamètre, 6 1/2 mill. Individu étroit :
longueur, 10 mill. ; diamètre, 5 mill. Individu (rapu : longueur, 8 mill.; diamètre, 6 mill.
Ogserv.M. Vasseur a désigné cette singulière coquille, dans son Atlas, sous le nom générique Casimiria ; aucune description n'ayant encore été donnée de ce genre, on pourrait à la rigueur le tenir pour non valable; d’ailleurs, en le comparant attentivement aux Vermetus réguliers, on s'aperçoit immédiatement qu'il n’en diffère que par des nuances tout à fait secondaires, et particulièrement par son dernier tour non détaché. Dans ses conditions, tout en conservant la dénomination Casimiria, je
ra M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 315
ne puis lui attribuer que la valeur d’une simple Section du Sous-Genre Vermicularia. auquel elle se rattache par la plupart de ses caractères. L'espèce est, d’ailleurs, assez variable dans sesproportions, comme on peut s’en rendre compte ci-dessus ; il y a des individus dont la spire, tout à fait styliforme, ne s’évase rapidement qu’au troisième tour avant le dernier ; les filets spiraux des premiers tours persistent quelquefois jusqu’à l’avant-dernier.
Néorype et Loc. PI. XXIL'(I), fig 17-19, Bois-Gouët, coll. Dumas. — Arthon, unique, coll. Dumas.
Mesalia vermetina, nov. sp. PI. XXII (I), fig. 15-16.
Taille petite ; forme turriculée, conique ; spire régulière, médiocrement allongée; protoconque paucispirée, obtuse, à nucléus en goutte de suif ; huit tours plans, dont la hauteur égale à peu près la moitié de la largeur, séparés par des sutures très profondément canaliculées, presque disjointes ; leur surface arrondie en avant, au-dessous de la rainure suturale, carénée au-dessus de cette rainure, est lisse en apparence, mais finement ornée de sept ou huit stries délicatement burinées dans le test. Dernier tour inférieur à la moitié de la hauteur totale de la coquille, arrondi à la base, qui est ornée comme la spire et absolument imperforée ; ouverture circulaire, évasée et versante sur son contour supérieur ; labre mince, sinueux, incliné en avant à droite de l'axe, excavé en arrière, très antécurrent dans la rainure suturale ; columelle excavée, lisse ; bord columellaire un peu calleux, recouvrant hermétiquement la région ombilicale, limité par une carène qui s'enfonce en spirale dans l’ouverture, et distinct de la callosité pariétale qui se relie au bord opposé.
Dim. Longueur, 9 1/2 mill. ; diamètre, 3 1/4 mill.
R. D. J'avais d’abord rapporté cette singulière coquille à une espèce parisienne, qui a exactement les mêmes rainures suturales : Vermetus suessoniensis de Laub., des sables de Liancourt (Oise); mais, en étudiant -atlentivement mes échantillons, ainsi que ceux des collections Bourdot et Dumas, j'ai observé que le dernier tour ne se détache jamais, et surtout que l’ouverture, ainsi que la protoconque, sontabsolument identiques à celles de Aesalia ; si l’on ajoute que la surface est burinée par des stries, au lieu que les Vermetidæ portent invariablement des côtes Qu des cordons longitudinaux, que le labre a une inclinaison sinueuse qu'on ne constate pas chez V. conicus par exemple, que l’ombilic est
absolument clos par la callosité du bord columellaire, qui est disjoint, on en conclut que, malgré la rainure suturale, c’est bien un Mesalia.
Tyre et Loc. PI. XXII (1), fig. 15-16, Bois-Gouët, assez rare, ma coll. | — Coislin, Musée de Nantes.
Mesalia Cailliaudi, 200. sp. PI. XXII (1), fig. 23-24.
1881 — Turritellu abbreviata, Vasseur, loc. cit., listes, et in coll.
Taille assez petite ; forme courte, conique ; spire régulière, turriculée ; protoconque lisse, obtuse, paucispirée, à nucléus en goutte de suif; onze tours presque plans, subimbriqués en avant, dont la hauteur, d’abord égale à la moitié, finit par égaler | les deux cinquièmes de la largeur ; ornementation formée de quatre ou cinq cordons spiraux, assez écartés et presque équidistants, entre lesquels s’intercalent généralement un ou deux cordonnets seconäaires, sur les derniers tours, sauf sur la rampe antérieure qui reste lisse et assez large ; de fines stries d’accroissement curvilignes sont visibles dans les intervalles de ces cordons.
Dernier tour égal aux cinq douzièmes de la hauteur totale, arrondi à la base, qui est un peu convexe, et qui porte des cordonnets alternés ; ouverture presque circulaire, versante en avant, subanguleuse dans l’angle inférieur ; labre mince, très proéminent en avant, sinueux et largement échancré en arrière ; columelle excavée, lisse ; bôrd columellaire étroit, évasé à la base, limité par une petite carène qui s'enfonce à l’intérieur de l'ouverture. |
Dim. Longueur, 12 mill. ; diamètre; 5 à 6 mill., selon les individus.
R. D. Cette espèce est celle que Cailliaud, — et après lui, Vasseur, — ont confondue avec M. brachyteles Bayan (olim abbreviata Desh.); mais elle s’en distingue par sa forme moins trapue, et surtout par ses tours moins convexes, moins finement ormées, imbriqués en avant par une rampe qui n'existe jamais chez l'espèce parisienne. Je rapprocherais plutôt l'espèce bretonne de #. solida Desh., de l'Éocène supérieur des environs de Paris, qui a presque le même galbe et la même ornementation, mais dont les cordonnets sont cependant plus serrés, plus nombreux, plus réguliers, avec une zone lisse au-dessus de la suture, une rampe moins imbriquée en avant. En résumé, c’est une forme locale, que … je ne puis confondre avec aucune de ses congénères du Bassin de Paris. ;
Tvpe et Loc, PI. XXII (1), fig. 23-24, Coislin, coll. Dumas. — La Close, coll. Dumas ; Bois-Gouët, coll. Bourdot, Cossmann, Bonnet.
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9] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 319
Mesalia Bourdoti, nov. sp. PI. XXII (1), fig. 25.
Taille petite ; forme assez trapue; spire turriculée, pointue, à galbe conique; neuf ou dix tours convexes, ornés de quatre carènes saillantes, régulièrement écartées, et d’un cinquième cordonnet inférieur, coincidant presque avec la suture qui est linéaire ; on n’aperçoit aucune trace de filets intercalaires entre ces carènes. Dernier tour égal à la moitié de la longueur totale, très arrondi à la base qui, à partir d’une cinquième carène périphérique, porte des cordons concentriques moins saillants, avec des cordonnets intercalaires. Ouverture circulaire, versante en avant, un peu anguleuse en arrière ; labre obliquement incliné, peu sinueux, à peine proéminent au côté antérieur, non antécurrent à la suture ; columelle excavée, lisse ; bord columellaire étroit, recouvrant imparfaitement une fente accidentelle à la place de l’ombilic.
Dim. Longueur, 12 mill. ; diamètre, 5 1/2 mill.
R. D. Cette petite espèce ne m'est connue que par un échantillon en bon état, et par un autre individu très usé de ma collection ; néanmoins, elle présente des caractèees absolument distincts de 47. chaussyensis Cossm., qui se trouve aussi dans le Cotentin : ses lours sont bien plus convexes et sa forme est moins trapue, en outre elle n’a pas de filets intercalaires entre ses carènes. Si on la compare aux nombreuses variétés de H. fasciata, et notamment à celle qui a les tours convexes avec quatre carènes, on remarque qu’elle est beaucoup moins trapue, que ses tours ne sont pas imbriqués comme ceux de l’espèce parisienne, enfin et surtout, que son labre est plus oblique et beaucoup moins proéminent en avant, et moins antécurrent en arrière, que celui de l'espèce de Lamarck. A ce point de vue même, Je me suis demandé si cet échantillon ne devait pas être rapproché des Littorinidæ; mais les caractères de l'ouverture et de l’ornementation ne sont pas les mêmes, principalement ceux de la columelle ; c’est bien un Mesa'ia, à labre peu sinugeux, et à bord columellaire dépourvu de carène spirale, parce-qué l’animal qui l’habitait a dû réparer un accident survenu à la coquille, vers la base. ,
Type et Loc. PL. XXII (1), fig. 25, Bois-Gouët, coll. Bourdot.
Turritella Vasseuri, n00. sp. PI. XXII (1), fig. 28, et PI. XXII (I), fig. 40. |
1881 — T. carinifera var., Vass., PI. X, fig. 48-51 (non Desh.). . Taille grande ; forme étroite, turriculée ; tours nombreux, dont la hauteur égale les trois quarts de la largeur, séparés par
‘des sutures linéaires et comprises entre deux rampes déclives, à galbe un peu excavé en avant et légèrement renflé en arrière ; ornementation formée de six cordons spiraux, de- grosseur décroissante, l’antérieur à peine plus saïllant que les autres, entre lesquels on distingue de très fins filets, décussés par des plis d’accroissement nombreux, mais moins serrés que ces filets. Dernier tour égal à une fois et demie le diamètre de la base, arrondi à la périphérie, à base convexe et ornée de cordons alternés; ouverture circulaire ; labre sinueux, excavé au milieu, antécurrent en arrière ; columelle lisse, concave, peu calleuse.
Dim. Longueur probable, 125 mill. ; diamètre, 21 mill.
R. D. Je ne suis pas surpris que M. Vasseur ait confondu cette espèce, dont il ne possédait que de jeunes fragments, avec T. carinifera Desh., du Calcaire grossier des environs de Paris : en effet, elle a le même angle spiral, et presque la même ornementation ; mais elle en diffère par un caractère essentiel, c’est-à-dire par le galbe ou le profil des tours de spire qui, — au lieu d’être plans, subimbriqués dans le jeune âge, avec une carène de plus en plus saillante, à mesure que la coquille devient adulte, — sont concavo-convexes, presque rainurés aux sutures sur les premiers tours, dénués de carène antérieure et ornés de cordons sensiblement décroissants à l’âge adulte; il en résulte que l’aspect de la spire est tout à fait différent, et qu’il suflit de rapprocher des échantillons ou même des fragments de même taille, pour reconnaître qu’il est impossible de confondre les deux espèces. En outre, les cordons de là base paraissent beaucoup plus saillants chez l'espèce armoricaine, quoiqu'il soit assez diflicile d'étudier ce caractère, à cause de l’état d'usure des fragments du dernier tour qu’on rencontre dans la couche blanche supérieure, au gisement de Bois-Gouët. Je crois inutile de comparer notre espèce à T. imbricataria, adulterata, elegans, dont elle s’écarte par les mêmes caractères que T. carini fera. |
Types et Loc. PI. XXII (1), fig. 28 et PI. XXIIT (I) fig. 10, Bois-Gouët: spire, coll. Cossmann ; dernier tour, Musée deNantes. — Coislin, la Close,
Turritella cf terebellata, Lamk. PI. XXII (D), fig. 26-27. 1888 — Cossm. Cat. Éoc., III, p. 299.
OgsEerv. Je ne connais que cinq échantillons, plus ou moins usés, de la pointe de cette coquille ; aussi je les rapporte provisoirement à l'espèce du Calcaire grossier, quoiqu'ils s’en distinguent par leurs filets spiraux moins fins, alternés, et par la convexité plus médiane du profil des
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[11! M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 317
tours de spire. Il est probable que, quand on aura de meilleurs matériaux, on pourra séparer cette espèce.
PLésroryre et Loc. PI. XXII (I), fig. 26-27, Bois-Gouët, ma coll. ; coll. Pissarro. |
Turritella Velaini, Vasseur. PI. XXIII (IL), fig. 1-3.
1881 — Vasseur, loc. cit., pl. X, fig. 42-44. — Var., fig. 45-47.
Taille petite ; forme étroite, turriculée, quelquefois styliforme ; spire pointue, à galbe un peu extraconique ; protoconque lisse, paucispirée, subglobeuse, à nucléus un peu dévié, presque sans saillie ; environ 15 tours, dont la hauteur ne dépasse guère la moitié de la largeur, à l’âge adulte, excavés, carénés en avant, séparés par des sutures très profondes, ornés de quatre filets spiraux au-dessous de la carène, avec un filet plus fin intercalé dans chaque intervalle, et de deux ou trois filets fins sur la rampe située au-dessus de la carène; sur les échantillons les plus frais, toute cette ornementation spirale porte des granulations, produites par l'intersection de stries d’accroissement flexueuses.
Dernier tour égal au tiers de la longueur totale, subanguleux à la périphérie de la base, qui est convexe et seulement ornée de filets très obsolètes ; ouverture subquadrangulaire, à angles très arrondis ; labre mince, sinueux ; columelle excavée, peu calleuse.
Dim. Longueur, 16 mill. ; diamètre, 4 mill. ; individus styliformes : 10 mill. sur 2 mill.
VARIÉTÉ. Tours plus plans, moins imbriqués ; galbe plus régulièrement conique, un peu plus trapu (14 mill. sur 4 mill.)
Ogserv. Cette espèce est très variable, même quand on la limite aux deux formes signalées par M. Vasseur et ci-dessus décrites. Elle ne ressemble à aucune des espèces parisiennes, à cause de son ornementation
tout à fait spéciale. Elle est, d'ailleurs, extrêmement abondante dans le gisement de Bois-Gouët. -
Néorypes et Loc. PI. XXII (IT), fig. 2-3, Bois-Gouët, coll. Dumas ; variété (fig. 1), coll. Dumas. — La Close, coll. Cossmann ; Coislin, coll. Dumas ; Campbon, variété, Muséum de Nantes.
Turritella Dumasi, n00. sp. PI. XXIII (IL), fig. 4-5. Taille petite ; forme turriculée, assez étroite ; spire pointue, à galbe conique ; protoconque lisse, obtuse ; environ douze tours,
dont la hauteur reste constamment égale aux trois cinquièmes de la largeur, séparés par des sutures profondes, légèrement convexes ou à peine imbriqués en avant, dépourvus de carène, ornés de sept ou huit filets spiraux, très fins et réguliers, non granuleux à l'intersection des stries d’accroissement qui sont, d’ailleurs, à peine visibles.
Dernier tour à peine supérieur au tiers de la longueur totale, arrondi à la périphérie de la base qui est peu convexe et qui ne porte que des filets très obsolètes ; ouverture presque circulaire, labre mince, très sinueux, proéminent en avant, excavé en arrière ; columelle excavée, lisse ; bord columellaire un peu calleux, limité par une carène AU
Dim. Longueur, 10 mill. ; diamètre, 3 mill.
R. D. Il est évident que cette espèce se rattache, parquelques intermédiaires, à T. Velaini, ou du moins à la variété imbriquée de cette dernière coquille ; cependant, comme il est généralement facile de distinguer la nuance des individus, appartenant à chacune de ces deux formes extrêmes, je me suis décidé à lui attribuer un nom spécifique distinct. Au premier abord, les différences paraissent capitales : tours convexes finement striés, non granuleux, ne ressemblant aucunement aux tours excavés ou plans, carénés ou imbriqués, grossièrement cerclés et perlés, de l'espèce de M. Vasseur ; de même, la forme générale de la coquille est plus trapue, le dernier tour est un peu plus haut; en résumé, c'est une forme qui se rapproche bien plus de T. mitis du Calcaire grossier parisien, quoiqu'avec des filets moins saillants, et une taille beaucoup plus petite. Quant aux individus douteux, qui prouvent l'existence d’une transition entre T. Dumasi et T. Velaini , les uns sont à classer avec la première de ces espèces, les autres avec la seconde, en se guidant principalement par les proportions de la spire.
Tyre et Loc. PI. XXII (I), fig. 4-5, Bois-Gouët, coll. Dumas. — Coislin, coll. Dumas ; Arthon, coll. Dumas.
Cæcun lituus, Desh. His 1888 — Cossmann, Cat. Éoc., p. 297.
R. D.— Section Sérebloceras. L'unique individu de Bois-Gouët, récneillie
par M. Bourdot, ressemble complètement à ceux que je possède de Septeuil, dans le Calcaire grossier parisien ; peut-être est-il moins évasé du côté de l’ouverture, en outre, la protoconque est décollée à la dernière cloison qui forme un diaphragme un peu convexe; toute la coquille est régulièrement
arquée dans un même plan.
PLésrorvre et Loc. (Fig. 1) Bois-Gouët, unique, coll. Bourdot. lis1:er41$l.
FAR TES AO PRO APT ER SUR À CORRE : 1 # f
[13] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 319 Bayania lactea, [Lamk.] PI. XXIII (IL), fig. 8-9.
1881 — Melania lactea, Vasseur, loc. cit., pl. X, fig. 35-37. 1888 — Bayania lactea, Cossm., Cat. Éoc., III, p. 291.
Ogserv. De même que dans le Bassin de Paris, cette espèce est extré- : mement variable, soit par ses proportions, soit par son ornementation, dans tous les gisements situés sur la rive droite de la Loire-Inférieure ; sur la rive gauche, à Arthon, elle n’est représentée que par de petits individus. C’est une coquille généralement trapue, pupoiïdale, à tours subulés, à peine convexes, à protoconque obtuse, paucispirée, lisse et brillante, tandis que les premiers tours portent trois ou quatre sillons spiraux, souvent crénelés par de petites costules axiales qui disparaissent — avant d'atteindre Pavant-dernier tour, ainsi que les sillons dont il reste rarement des traces sur le dernier tour ; celui-ci est égal à près de la moitié de la longueur totale, ovale à la base, sur laquelle reparaissent parfois des stries concentriques, comme dans la variété dolosa du Bassin de Paris.
A côté de cette forme typique, il y a des individus beaucoup plus étroits, presque totalement ornés, et dont les stries basales ne sont que la continuation de celles du dernier tour. D’autres, au contraire, sont beaucoup plus trapus que le type, parfaitement coniques, et entièrement couverts de sillons et de plis crénelés, plus visibles à l'arrière de chaque tour qu’en avant.
L'ouverture est invariablement ovale et versante en avant, étroitement canaliculée dans l’angle inférieur, où Le bord columellaire porte un renflement calleux qui rétrécit la gouttière.
PLésiorypre et Loc. PI. XXIII (II), fig. 8-9, Bois- Gouët, coll. Dumas. — Campbon, Muséum de Nantes ; Coislin, coll. Dumas ; la Close, col: Dumas, Muséum de Nantes ; Arthon, colf. Dumas.
Bayania Bezançoni, [Vasseur] PI. XXIII (ID), fig. 41-42. 1881 — Melania Bezançoni, Vasseur, loc. cit., PI. X, fig. 89-40.
Taille assez petite ; forme étroite, allongée, à galbe conoïdal ; protoconque lisse, petite, paucispirée, à nucléus obtus et dépri- mé; dix tours un peu convexes, dont la hauteur atteint les deux tiers de la largeur, séparés par des sutures imbriquées et crénelées ; ornementation composée de cinq sillons spiraux, régulièrement écartés, croisés par de nombreux plis droits, très serrés à cause de la faible largeur des stries axiales qui les séparent ; sur les derniers tours, ces plis s’atténuent du côté antérieur, mais ils persistent généralement vers la suture postérieure.
Dernier tour à peine supérieur aux deux cinquièmes de la
longueur totale, entièrement strié comme la spire, et quelquefois crénelé en arrière par les plis axiaux, ovale à la base qui est aussi sillonnée ; ouverture petite, versante et presque échancrée sur son contour supérieur, avec une gouttière canaliculée dans l’angle inférieur ; labre à peu près vertical, curviligne et convexe ; columelle à peine incurvée ; bord columellaire calleux, un peu étalé sur la base, rétréci en avant par une sinuosité, qui découvre un sillon basal aboutissant à l’échancrure du contour supérieur. |
Dim. Longueur, 12 mill. ; diamètre, 3 mill.
R. D. C’estavec raison que M.Vasseur a séparé cette espèce de B. lactea; d’abord, elle est beaucoup plus étroite que les variétés les plus allongées de cette derniere, elle a le dernier tour plus court, l’ouverture plus petite, et l’ornementation bien plus persistante, avec des plis axiaux bien plus serrés, tandis que chez B. lactea, les intervalles de ces plis sont presque aussi larges qu'eux. Dans le Bassin de Paris, je ne vois guère que B. fibula auquel on puisse la comparer, à cause de sa forme étroite et allongée ; mais elle s’en distingue par son ouverture plus. ovale, par son ornementation axiale, par ses tours plus élevés, et par ses sillons plus écartés ; on ne peut la confondre avec B. sulpiciensis Desh. qui a les tours plus convexes et presque lisses, la base plus arrondie.
C’est une coquille beaucoup plus abondante, dans :a Loire-Inférieure, que B. lactea, dont elle n’atteint jamais la taille.
NéorType et Loc. PI. XXIII (II), fig. 11-12, Bois-Gouët, coll. Dumas. — Coislin, coll. Dumas ; la Close, coll. Cossmann ; Campbon, Muséum de Nantes ; Arthon, coll. Dumas.
Bayania gouetensis, 200. sp. PI. XXIII (IT), fig. 6-7.
Taille petite ; forme conique, peu ventrue, turriculée ; spire médiocrement allongée ; protoconque petite, paucispirée, à nucléus obtus ; sept tours peu convexes, dont la hauteur atteint les deux tiers de la largeur, séparés par des sutures profondes, à surface brillante, absolument dépourvus de stries ; dernier tour égal ou à peine supérieur aux deux cinquièmes de la longueur totale, arrondi à la base, qui est lisse et imperforée. Ouverture semilunaire, peu versante en avant, anguleuse en arrière ; labre mince, presque vertical, à peine sinueux ; columelle presque rectiligne, oblique, lisse ; bord columellaire très mince,
étroit, un peu plus, calleux à sa jonction avec le contour supérieur. |
[15] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 391
Var. Dumasi, nob. Forme plus étroite et plus allongée que le type ; spire composée de dix tours un peu plus convexes ; les autres caractères sont identiques.
- Dim. Longueur, 4 1/2 mill: ; diamètre, 1 1/2 mill. ; variété : 1 à 1 1/4 mill., pour la même longueur.
R. D. Beaucoup plus petite que B. delibata Desh., du Bassin de Paris, cette espèce s’en distingue par ses tours plus convexes, par son dernier tour plus allongé, par sa surface plus brillante ; on ne peut la confondre
avec la variété frumentum de l'espèce parisienne, à cause de sa forme plus svelte, et de ses tours plus nombreux et plus étroits. Elle constitue done une forme spéciale au gisement de Bois-Gouët, où elle est assez abondante, tandis qu'elle est introuvable dans les autres gisements de la Loire-Inférieure, où l’on rencontre seulement l’espèce suivante.
Type et Loc. PI. XXIIT (TT), fig. 6-7, Bois-Gouët, coll. Dumas.
Bayania hordacea, [Lamk.] PI.-XXIIT (ID), fig. 13.
1888 — Cossmann, Cat. Éoc., III, p.294.
R. D. Les rares individus qu’on trouve de cette espèce, si commune dans les environs de Paris, ressemblent plus à la figure de B. substriata, dans le second ouvrage de Deshayes, qu’à la forme typique de B. hordacea. Mais j'ai déjà eu l’occasion de faire remarquer que cette figureest inexacte, et d’ailleurs, les échantillons de la Loire-Inférieure sont toujours beaucoup plus ventrus que B. substriata ; leurs sillons s’effacent parfois, et le dernier tour n’est pas toujours subanguleux comme chez le plésiotype que j'ai fait figurer.
PLésioryre et Loc. PI.XXIII (II), fig. 43, Bois-Gouët, coll. Dumas. — Coislin, coll. Dumas.
Bayania inæquilirata, nov. sp. PI. XXIII (IT), fig. 44.
Taille petite ; forme turbinée, ventrue ; spire courte, à galbe un peu conoïdal ; six tours presque plans, subulés, dont la hauteur égale à peu près la moitié de la largeur, séparés par des sutures rainurées, ornés de six ou sept cordonnets Spiraux, inégaux, peu saillants, entremêlés de filets très fins, au nombre
de deux ou trois dans chaque intervalle. Dernier tour un peu supérieur à la moitié de la longueur totale, orné comme la spire, ovale, arrondi à la base qui est obliquement atténuée en avant, et sur laquelle les cordonnets sont plus régulièrement espacés. Ouverture égale aux deux cinquièmes de la longueur totale, semi- .
lunaire, largement versante sur son contour supérieur, avec une | 21
étroite gouttière dans l’angle inférieur ; labre épaissi et lisse à l’intérieur, presque vertical ; columelle à peine incurvée, bord columellaire assez large et calleux.
Dim. Longueur, 3 1/2 mill.; diamètre 1 3/4 mill.
R. D. Malgré la variabilité de B. lactea et de B. hordacea, il m'est impossible de rapporter cette coquille à aucune de ces deux espèces ; le caractère particulier de son ornementation ne permet pas de la confondre avec elles ; en outre, elle n’a pas l’angle basal de B. hordacea, son labre est plus vertical que celui de B. lactea, et son bord columellaire ne porte pas le renflement calleux qu’on constate chez l'espèce de Lamarck. Aussi, quoique je n’aie pu en étudier qu’un seul échantillon, je n'hésite pas à le décrire comme espèce nouvelle.
Type et Loc. PI. XXIIT (II), fig. 14, Bois-Gouët, unique, coll. Dumas.
Pasitheola macera, n00. sp. PI. XXIIT (IL), fig. 16-17.
Taille microscopique ; forme subcylindrique, assez étroite ; spire courte, à galbe un peu conoïdal ; protoconque tout à fait obtuse, à nucléus en goutte de suif; quatre tours subulés, à peine convexes, croissant rapidement, dont la hauteur finit par égaler presque la largeur, lisses, brillants, séparés par des
sutures peu visibles ; dernier tour un peu ovale, peu atténué à (
la base, supérieur aux deux tiers de la longueur totale. Ouverture relativement courte, un peu dilatée, arrondie en avant, anguleuse en arrière ;-labre légèrement épaissi, non réfléchi en dehors, presque vertical ; columelle excavée ; bord columellaire assez étroit, un peu calleux, limité par un fin sillon.
Drm. Longueur, 2 1/4 mill. ; diamètre, 1 mill.
RD. Cette petite coquille est bien distincte des trois espèces parisiennes que j'ai rapportées au genre Balanocochlis, et qui doivent être classées dans le genre Pasitheola Cossm., 1896 (— Pasithea Lea, non Lamk), ainsi que je l’ai indiqué dans le second appendice de mon Catalogue de l'Éocène des environs de Paris (p. 26). En effet, si on la compare à P. lucida, du Calcaire grossier, on trouve qu’elle est beaucoup plus maigre (de là son nom), et qu'elle a l'ouverture plus dilatée; elle a presque le galbe de P. berellensis de Laub., mais elle s’en distingue par son ouverture plus arrondie à la base ; enfin elle est beaucoup moins conique que P. eulimoides de l'Éocène supérieur, et ses tours croissent rapidement.
TyPE et Loc. PI. XXIII {IT), fig. 16-17, Bois-Gouëêt, très rare, Loue Pissarro ; Coll. Bourdot.
[17] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 328 Bouryia polygyrata, Cossm. PI. XXII (IL), fig. 45.
1888 — Cossmann, Cat. Éoc., IIT, p. 290, pl. XII, fig. 44-45.
OgBserv. Je conserve toujours des doutes sur la légitimité de ce Genre et, par conséquent, de cette espèce ; pas plus dans la Loire-Inférieure que dans le Calcaire grossier des environs de Paris, je n’ai trouvé d’individu assez notoirement adulte, avec une ouverture complètement formée, qui prouve, d’une manière irréfutable, que ce n’est pas le jeune ôge de Dissostoma mumia, ou d’une autre coquille connue et polymorphe. Quoi qu'il en soit, les échantillons du Bois-Gouët paraissant identiques à ceux de Neauphlette, je les rapporte provisoirement à B. polygyrala.
PLésiorype et Loc. PI. XXIIT /IT), fig. 15, Bois-Gouët, coll. Cossmann.
Lacuna naticella, Vasseur PI. XXIII (II), fig. 18-19. 1881 — Vasseur, loc. cit., pl. VIIL, fig. 36. Taille petite ; forme globuleuse, naticoïde ; spire courte, éta-
gée; protoconque obtuse, à nucléus déprimé; quatre tours étroits,
anguleux en arrière, à peine convexes et à profil oblique au-dessus de l’angle inférieur, séparés par des sutures linéaires, non bordées, presque invisibles, avec une rampe déclive et aplatie au-dessous de l’angle ; surface entièrement lisse. Dernier tour supérieur aux trois quarts de la hauteur de la coquille, faiblement arrondis au-dessus de l’angle postérieur, orné de deux linéoles spirales d’une coloration plus foncée que le reste de la surface, et très écartées ; base convexe, largement perforée par un ombilic, dont l’entonnoir évasé est limité par un cordon très saillant, aboutissant au contour supérieur ; sur la paroi interne de l'ombilie, existe généralement un second angle spiral, qui se termine contre le bord columellaire. Ouverture circulaire, à péristome presque continu, ne reposant que par une courte étendue sur la base de l’avant-dernier tour ; labre mince, un peu convexe, très obliquement incliné à gauche de l’axe, du côté antérieur ; columelle excavée ; bord columellaire étroit, peu calleux, réfléchi sur l’ombilic, faisant un angle à peine marqué à Sa jonction avec le contour supérieur, au point où aboutit le funicule circa-ombilical.
. Dim. Hauteur, 5 1/2 mill. ; diamètre, 5 mill.
R. D. Assez abondante au Bois-Gouët, cette jolie coquille se distingue très aisément des Lacuna proprement dits du Bassin de Paris, par son
angle inférieur et par son large ombilic bianguleux ; d’ailleurs, son ouverture régulièrement arrondie ne porte pas d’échancrure antérieure, comme celle qui caractérise la plupart des espèces parisiennes, que j'ai classées dans le premier groupe de ce Genre ; cependant, elle appartient évidemment à ce groupe, non seulement à cause de sa forme, mais encore à cause de son ombilic largement ouvert et circonscrit par un fort bourrelet ; d’ailleurs, sa surface est lisse, comme celle de L. macromphalus et craspedomphalus, de l'Éocène supérieur.
Néorvype et Loc. PI. XXII (IT), fig. 18-19, Bois-Gouët, coll. Dumas. Lacuna Geslini, Vasseur PI.XXIII (I), fig. 20-21. 4881 — Vasseur, loc. cit. listes, p. 253.
Section Cirsope. Taille petite ; forme ovoiïdo-conique, peu ventrue ; spire courte, à galbe tout à fait conoïdal ; protoconque obtuse, à nucléus très déprimé ; cinq tours convexes, dont la
hauteur dépasse un peu la moitié de la largeur, séparés par des
sutures profondes, non bordées ; surface brillante, ornée de Stries excessivement fines, invisibles sur la plupart des échantillons, même avec un fort grossissement. Dernier tour égal aux trois cinquièmes de la longueur totale, ovale-arrondi, atténué à la base qui porte, en avant, des stries un peu plus profondes et plus visibles que celles de l4 spire, jusque sur le gros bourrelet saillant qui circonscrit la région ombilicale et qui aboutit au contour supérieur ; région ombilicale iarge, imperforée, lisse ou simplement plissée par les accroissements. Ouverture ovale, à peine anguleuse en arrière et en avant, au point de jonction du bourrelet basal ; péristome continu, ne reposant sur la base de l’avant-dernier tour que par une faible étendue, marginé sur tout son pourtour, surtout épais sur le labre qui est un peu incliné à gauche de l’axe, du côté antérieur ; labre rectiligne en profil ; columelle courte, excavée, lisse ; bord columellaire large, calleux, réfléchi sur la région ombilicale, fermant complètement l’ombilic.
Dim. Longueur, 4 1/2 mill. : diamètre 2 3/4 mill.
R. D. Cette petite coquille appartient à la même section que L. margi=
nata Desh., du Bassin de Paris ; mais on l’en distingue par sa forme un peu plus ventrue, par son ouverture moins dilatée, par son dernier
tour plus court, par son bourrelet basal beaucoup plus écarté du bord
[19] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 320
columellaire, par sa surface moins visiblement striée. Si on la compare
à L. Bouryi Cossm., de l’Éocène supérieur, on remarque à peu près les mêmes caractères différentiels, eten outre, elle s’en écarte par son ouverture bien moins anguleuse en arrière, par son péristome beaucoup plus épaissi, non sinueux du côté antérieur.
Par exception, j'ai conservé, pour cette espèce, le nom que lui a donné M. Vasseur, dans les listes accompagnant ses recherches stratigraphiques sur l’Éocène de la Bretagne, bien qu’elle n'ait été ni décrite, ni figurée par lui, mais j'estime qu’il ne peut y avoir d’hésitation sur Pattribution de cette dénomination au fossile que je viens de décrire ; il n’y a en effet, au Bois-Gouët, que deux espèces : la précédente, qui a été figurée par M. Vasseur, et celle-ci.
Néorypz et Loc. PI.XXIIT (I), fig. 20-21, Bois-Gouët, assez rare, coll. Dumas.
Risella minuta |Desh.] PI. XXIII (I), fig. 24. 1888 — Cossmann, Cat. Éoc., III, p. 261. .
R. D. L’unique petit échantillon du Bois-Gouêt, qui m'a été communiqué, ne diffère pas sensiblement des individus de même âge, provenant de l’Eocène supérieur du Fayel, dans les environs de Paris : il est assez largement ombiliqué en entonnoir, et sa base porte les traces des trois cordons concentriques qui caractérisent l'espèce de Deshayes ; toutefois, comme il est très roulé, sa surface usée semble lisse, et l’on n’y distingue pas les ornements plissés qui doivent exister sur le dernier tour des individus frais.
PLésroryre et Loc. Pl. XXIII (Il), fig. 24, Bois-Gouët, unique, coll. Pissarro.
, ce , Littorina armoricensis, Vasseur em. PI. XXITI (IL), fig. 22-23.
1881 — L. armorica, Vass.. loc. cit., pl. X, fig. 52-56.
Taille moyenne; forme étroite, turriculée ; spire allongée, à galbe conique ; protoconque lisse, polygyrée, à nucléus obtus . et à tours convexes; huit tours imbriqués en avant, dont la hauteur égale environ les deux tiers de la largeur, séparés par des sutures peu profondes, ornés de trois cordons spiraux principaux, dont l’antérieur forme un angle saïllant, séparé de la suture par une petite rampe déclive ; entre ces cordons, on distingue, dans chaque intervalle, trois cordonnets plus fins, croisés par des stries d’aceroissement irrégulières et sinueuses.
Dernier tour presque égal à la moitié de la longueur totale,
portant deux cordonnets anguleux et rapprochés à la périphérie
de la base, qui est un peu convexe, ornée de cordonnets plus .
fins, sauf aux abords de la perforation ombilicale, où il existe généralement deux funicules plus saillants. Ouverture circulaire, arrondie en avant, un peu anguleuse en arrière ; labre légèrement sinueux, un peu obliquement incliné à gauche de l’axe, du côté antérieur ; columelle lisse, excavée ; bord columellaire étroit, calleux, recouvrant presque complètement la fente de l’ombilic.
Dim. Longueur, 18 mill. ; diamètre, 8 mill.
OBsEerv. Par sa forme allongée, cette coquille ne ressemble à aucune des espèces parisiennes ; on pourrait même la prendre, au premier abord, pour un Mesalia, mais la disposition de'la columelle et l’inclinaison du labre sont bien celles du genre Lattorina. L'ornementation est un peu variable : il y a des échantillons dont les cordonnets, au-dessous de l'angle antérieur’ s’égalisent complètement ; chez d’autres, l’angle devient médian; mais ces différences ne justifient même pas la D de variétés.
NéorTyre et Loc. PI. XXIITI (IT), fig. 22-23, Bois-Gouët, commune, coll. Cossmann.— Coislin, coll. Dumas; CAMpAUR Muséum de Nantes ; la Close, coll. Cossmann.
Littorina goniata, n0v. sp. PI. XXIV (II), fig. 1-2.
Taille au-dessous de la moyenne ; forme turbinée, conique ; spire un peu allongée, étagée ; protoconque lisse, paucispirée, à nucléus obtus ; cinq ou six tours anguleux, dont la hauteur égale environ les deux cinquièmes de la largeur, séparés par des sutures linéaires ; angle médian marqué par un ou deux cordons spiraux, subcarénés, le reste de la surface orné de filets beaucoup plus fins, sur la partie plane antérieure du gradin, et sur la rampe déclive postérieure ; stries d’accroissement presque droites, fines et peu régulières.
Dernier tour égal à la moitié de la hauteur totale, portant, un
second (ou un troisième, suivant le cas) angle caréné à la péri-.
phérie de la base déclive et peu convexe, qui est ornée de fins filets concentriques, jusqu’à la région ombilicale imperforée, où deux cordonnets, un peu plus saillants, limitent cette région. Ouverture circulaire, à peine anguleuse en arrière, légèrement versante du côté antérieur ; labre assez mince, peu oblique, non
RS SR Sn
[21] M. COSSMANN. —- MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 327
sinueux ; columelle excavée, lisse ; bord columellaire peu calleux, assez étroit, recouvrant complètement l'emplacement de la fente ombilicale.
Drm. Longueur, 10 mill. ; diamètre, 6 1/2 mill. :
R. D. Outre que cette espèce est beaucoup plus courte et plus trapue que la précédente, elle s’écarte même des individus à angle médian par son ornementation plus fine, par sa fente ombilicale complètement bouchée, par le plan moins oblique de son ouverture, par ses tours étages au lieu d’être imbriqués en avant, par sa protoconque plus petite et moins polygyrée. Je ne la compare pas à Vermetus conicus, avec lequel on la trouve souvent confondue dans les collections ; car ce dernier est largement ombiliqué, plus fortement cerclé, et sa columelle n’a aucune ressemblance avec celle d’un Littorina. Dans le Bassin de Paris, L. tricostalis a trois carènes spirales bien nettes, L. densestriata et subangulala ont une forme moins étagée et une ornementation différente. Comme il y a encore d’autres Littorines dans la Loire-Inférieure et que celle-ci n’est pas rare au Bois-Gouët, il m’estimpossible de lui attribuer la dénomination isacensis Vasseur, qui n’est indiquée que dans les listes du texte de l’ouvrage de M. Vasseur, avec la mention T.R.
Type et Loc. PI. XXIV (I), fig. 1-2, Bois-Gouët, coll. Cossmann. — Coislin, coll. Dumas.
Littorina peridesmia, nov. sp. PI. XXII (IT), fig. 25.
Taille petite ; forme turbinée, trapue ; spire assez courte, à galbe conique; protoconque lisse, petite, formée d’un tour convexe et d’un nucléus déprimé ; quatre tours convexes, dont la hauteur égale la moitié de la largeur, séparés par des sutures profondes et subcanaliculées, ornés de six carènes spirales, équidistantes, à peu près égales ; entre la carène antérieure et le canal de la suture, on distingue encore deux petits filets spiraux, beaucoup plus fins; stries d’accroissement obliques, à peine perceptibles dans les interstices des carènes, qui sont lisses et brillantes. |
Dernier tour égal aux trois cinquièmes de la longueur totale, cerclé par sept ou huit carènes inégales, jusqu’à la périphérie de la base, qui est à peine convexe, assez largement perforée au centre, et ornée de huit cordons réguliers, dont les derniers, auprès du funicule ombilical, sont plus saillants et plus espacés. Ouverture circulaire, ne reposant sur la base de l’avant-dernier tour, que par une faible étendue de son péristome : columelle
328 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — Ts 9. [22]
excavée, lisse ; bord columellaire étroit, calleux, un peu réfléchi sur la fente ombilicale.
R.D. Cette petite coquille a un peu d’analogie avec L. densestriata Desh. de l'Éocène inférieur des environs de Paris; toutefois, elle s’en distingue par sa forme plus trapue, par ses tours moins nombreux, ornés de carènes plus saillautes et moins nombreuses. Elle doit être extrêmement rare au Bois-Gouët, car je n’en ai jamais trouvé qu’un seul individu, dont le labre est un peu mutilé ; malgré ce petit accident, la détermi- nation générique de cet échantillon n’est pas douteuse ; aussi n’ai-je pas hésité à le décrire.
Type et Loc. PI, XXIII (IL), fig. 25, Bois-Gouëêt, unique coll. Cosmann.
Littorina Dumasi, nov. sp. PI. XXIV (I), fig. 4-5.
Taille au-dessous de la moyenne ; forme turbinée, évasée à la base, pointue au sommet ; spire assez courte, à galbe d’abord extra-conique, puis conoïdal ; protoconque proboscidiforme, lisse, composée de trois tours peu convexes et d’un nucléus très obtus ; quatre tours un peu convexes, dont la hauteur est inférieure à la moitié de la largeur, séparés par des sutures linéaires et peu profondes, ornés de trois ou quatre sillons plus ou moins profonds, qui séparent des rubans aplatis ou un peu saillants, selon la profondeur et la largeur des sillons spiraux ; fines stries d’accroissement très obliques, un peu courbées.
Dernier tour presque égal aux deux tiers de la hauteur totale arrondi à la périphérie de la base, qui est un peu convexe, à peu près lisse, et complètement imperforée. Ouverture circulaire, avec une gouttière anguleuse du côté postérieur ; labre très obliquement incliné à gauche de l’axe, du côté antérieur, à Contour légèrement sinueux, épaissi à l’intérieur ; columelle très exca-
” vée, lisse ; bord columellaire calleux, vernissé, assez largement
étalé sur la région ombilicale, qu’il recouvre hermétiquement.
Dim. Longueur, 10 mill. ; diamètre, 7 1/2 mill.
R. D. Cetteespèce est un peu variabledans son ornementation; le type, faiblement sillonné, ressemble à L. levata Desh., de l’Éocène supérieur des environs de Paris, qui n’est pas lisse, ainsi qu’on le sait ; mais L. Dumasi est plus trapu, plus subulé, et caractérisé par son*galbe extraconique au début, à cause de la forme styloïde de la protoconque. La variété profondément sillonnée, marquée de côtes au lieu de rubans,
[23] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 929
ressemblerait plutôt à l'espèce précédente ; mais, outre qu’elle est plus évasée, et que ces côtes spirales sont différentes des carènes de L. peridesmia, le galbe, qui est bien identique à celui de la forme type, s’écarte complètement de celui de l’autre espèce.
Type et Loc. PI. XXIV (III), fig. 4, Bois-Gouût, coll. Dumas. Variété à . côtes spirales, PI. XXIV (II), fig. 5, coll. Dumas.
Littorina gymna, nov. sp. PI. XXIV (Ii), fig. 3.
Taille très petite ; forme ovoido-conique ; spire courte, subulée, à galbe conique; protoconque lisse, déprimée, paucispirée, à nucléus sans saillie; quatre tours à peine convexes, dont la hauteur dépasse un peu la moitié de la largeur, séparés par des sutures linéaires, profondes, faiblement bordées à l’avant-dernier tour ; surface brillante, paraissant absolument lisse, portant cependant la trace de quelques stries spirales excessivement fines, qu’on éreoi très confusément avec un fort grossissement.
Dernier tour à peu près égal aux trois quarts de la hauteur totale, anguleux à la périphérie de la base, qui est convexe, totalement imperforée, ornée de stries spirales, très fines et très régulières. Ouverture ovale, anguleuse en arrière, versante en avant ; labre mince, peu oblique; columelle peu excavée, ou même rectiligne en avant, lécèrement bombée en arrière, au-dessus de sa jonction avec la base de l’avant-dernier tour ; bord columellaire calleux, assez étroit, recouvrant hermétiquement la fente ombilicale.
Dim. Longueur, 3 millim. ; diamètre, 2 1/4 mill.
R. D. Cette coquille, minuscule et très rare, ressemble à la figure de L. incompleta Desh., du Calcaire grossier parisien ; elle est cependant plus étroite, sa base striée est beaucoup plus convexe, et l'ouverture est arrondie, au lieu d’être quadrangulaire, comme celle de sa congénère. Si on la compare à notre L. Deshayesi, on trouve qu'elle s’en distingue par sa forme moins conique et moins anguleuse, De toutes les espèces parisiennes, c’est à L. Bernayi qu’elle ressemble Le plus ; mais elle a le dernier tour encore plus grand, et sa base n’est pas. lisse comme celle . de cette dernière espèce.
Type et Loc. PI. XXIV (III), fig. 3, Bois-Gouët, un seul individu, coll. Dumas ; autre échantillon, coll. Cossmann.
Littorina mumiola, nov. sp. PI. XXIV (I), fig. 8 et 23.
Taille moyenne; forme pupoiïde, allongée ; spire subulée, à galbe très conoïdal ; cinq ou six tours à peine convexes, dont la hauteur égale les trois cinquièmes de la largeur, un peu imbriqués en avant, séparés par des sutures linéaires,assez profondes, parfois en retrait sur le tour précédent ; surface finement ornée de stries spirales, très serrées, régulières, croisées ou même ponctuées par des stries d’accroissement très obliques. Dernier tour un peu supérieur à la moitié de la longueur totale, ovoide à la base, dont la périphérie n’est indiquée que par un angle peu distinct, et qui porte la même ornementation que la spire, jusqu’à la limite du bord columellaire. Ouverture ovale, tronquée et anguleuse en arrière, légèrement versante et arrondie en avant ; labre mince, rectiligne, très obliquement incliné à gauche de l’axe, du côté antérieur ; columelle excavée, lisse ; bord columellaire calleux, peu êtalé, formant un bourrelet arrondi qui s'applique hermétiquement sur la base, sans laisser aucune fente ombilicale, un peu bombé sur la région pariétale.
Dim. Longueur probable, 11 mill. ; diamètre, 5 mill.
Ogserv. Je ne connais aucune forme tertiaire qui puisse être comparée à cette singulière coquille, dont le classement m'a d’abord embarassé, à cause de sa forme et de son ornementation. Toutefois, en étudiant les caractères de l’ouverture, qui est bien complète sur l’un de mes deux échantillons, j'ai constaté qu’ils sont identiques à ceux du genre Zittorina : l’inclinaison du labre, la forme un peu versante du contour supérieur, l'épaisseur du bord columellaire, ne laissent aucun doute au sujet de cette assimilation. D'autre part, l’ornementation de la surface, très fraichement conservée sur l’un de ces deux individus, exclut l’hypothèse d’après laquelle ce seraient des échantillons roulés d’une espèce déjà connue.
Type et Loc. PI. XXIV (IL), fig. 8 et 23. Bois-Gouët, coll. Cossmann.
Homalaxis bifrons, | Lamk] , PI. XXII (IL), fig. 28-29. 1881 — Vasseur, loc. cit., PI. X, fig. 10-11. 1888 — Cossmann, Cat. Éoc., p. 256. | |
R. D. Les individus du Bois-Gouët sont généralement en mauvais état, et ils ont raremeut la face de la spire aussi creuse que celle des échantillons du Bassin de Paris ; mais tous les autres caractères sont identiques, notamment les barbelures de la suture.
[25] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 391
PLésiorype et Loc. PI. XXIII (IE), fig. 28-29, Bois-Gouët, coll. Dumas. — Goislin, la Close, coll. Dumas ; Campbon, Muséum de Nantes.
Homalaxis marginata, Lamk.] PI. XXIV (ID), fig. 12. 1888 — Cossmann, Cat. Éoc., p. 237.
R. D. Je ne connais cette espèce, dans la Loire-Inférieure, que par un
seul individu, dont la spire carénée et les tours non disjoints ont tout à fait l'aspect de l'espèce de Lamarck.
PcésioryrE et Loc. PI. XXIV (ID), fig. 12, Coislin, unique, coll. Dumas . — Arthon, assez commune, coll. Dumas.
Homalaxis disjuncta, [Lamk.] PI. XXIV (ID), fig. 6-7.
1888 — Cossmann, Cat. Éoc., p. 258. |
Ogserv. Ainsi que je l’ai fait précédemment remarquer (loc. cit.), seule la disjonction des derniers tours distingue cette espèce de la précédente,
à laquelle je ne l’ai pas réunie, surtout pour ne pas supprimer une dénomination lamarckienne.
PLÉésioryPe et Loc. PI. XXIV (III), fig. 6-7, Bois-Gouët, assez commune, coll. Dumas.
Discohelix Dixoni, [Vasseur! PI. XXIV (IL), fig. 26-27. 1881 — Orbis Dixoni, Vass., loc. cit., PL. X, fig. 1-7. 1888 — Discohelix Dixoni, Cossm., Cat. Eoc., ET, p. 254, pl. XI, fig. 1-3. Taille grande ; forme discoïdale, à face inférieure un peu bombée, à base très largement ombiliquée ; spire sans saillie, un peu rétuse vers le sommet; protoconque hétérostrophe, lisse, à nucléus empâté ; sept tours légèrement convexes, séparés par des sutures linéaires, bordées en dessous par un double cordon un peu saillant et finement crénelé contre la suture ; ornementation formée de quinze filets spiraux, réguliers et serrés. Dernier tour taillé carrément, orné, entre l’angle postérieur et la carène périphérique, de dix à douze filets obsolètes, finement crèpés par les accroissements ; périphérie de la base marquée par un bourrelet saillant et fileté ; base et ombilic évasés, presque aussi grands que le diamètre total ; ouverture quadrangulaire, à angles externes aigus, arrondie du côté où elle s'attache à l'avant-dernier tour, à péristome non sinueux, situé dans un plan vertical.