SIRE
un son beau ciel, ses monuments vainqueurs des siècles el Les grands hommes qu’elle a enfantés, l'Italie possède des richesses ensevelies dans le sein des flots, qui baignent ses côtes riantes. Un petit nombré de ces trésors, si précieux pour la science, ont été déjà signalés : la plus grande partie avait échappé jusqu'ici aux regards des savants. J’ai voulu sonder, à mon tour, les profondeurs de la Méditerranée, arracher les Mollusques à l’oubli, au quel ils semblaient condamnés et les offrir à l'étude des naturalistes tout en leur faisant part de mes observations.
Pour rendre fructueux ce travail long et pénible, il s'agissait, non d’obtenir une pâle copie typographique des espèces diverses prise sur des corps inanimés, mais de représenter les Mollusques avec une fidélité exacte, tant sous le rapport de la conformation et des organes, que sous celui des nuances, variées à l’infini, qui les distinguent, quand
ils ont le mouvement et la vie. C'était un rude labeur, et la tache me paraissait au
dessus de mes forces: cependant, comme la science et les beaux-arts se tiennent, pour ainsi dire, par la main, et se prétent un mutuel secours, je me suis adressé à la chromolitographie, qui, grâce à mon application et à ma persévérance, à reproduit les Mollusques, que je possédais vivants, avec la souplesse des chairs, la grace des contours, la flexibilité des membranes, le transparent et le coloris que j'ambitionnais avec tant d’ardeur.
Votre Majesté, qui n’est étrangère à aucun genre de connaissance, pourra s'en convaincre, en jetant les yeux sur la série de planches, que j'ai l’honneur de lui soumettre.
Sire, {a reconnaissance des peuples se charge d’éterniser la mémoire d'un bon Roi ; mais les sciences et les arts, qui fleurissent sous l’égide de son sceptre paternel, forment le piédestal du monument, qui doit transmettre sa gloire à la postérité, et chacun de ses sujets s'efforce, par des découvertes plus ou moins importantes, de lui payer un tribut d'amour et de gratitude.
Si mes travaux sont trop faibles pour contribuer en rien à la splendeur de votre régne, ils auront un assez bon partage en prouvant que vos fidèles sujets revendiquent aussi leur part dans le progrès des sciences, et que Votre Majesté encourage leurs efforts, puisqu'elle me permet de lui dédier cel ouvrage.
Je le dépose à vos pieds, Sire; daignez en agréer l’hommage: ce sera le plux doux fruit de mes veilles, comme il deviendra le gage impérissable du respectueux dévouement
et de l’éternelle reconnaissance
Du plus fidèle de vos sujets
VERANY.
V0 si dichiara che S. M. si è degnata di gradire la dedica dell opera. Raconiggi li # luglio 1847.
Il Segretario privato di S. M.
Dr CasTAGneTTo.