‹ Mollusques méditeranéens [!]; observés, décrits, figurés, et chromolithographiés d'après le vivantChapitre 2 sur 35 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Pressé de me livrer à la recherche des êtres marins, pour me rendre aux pressantes sollicitations de feu M. le Prof. Bonelli, qui travaillait à enrichir le musée de Turin des produits de nos mers; ébloui par l'élégance des formes et des couleurs, qui parent cette branche de la création ; persuadé, par les ouvrages que je consultai, qu'il y avait encore beaucoup à faire dans cette partie du règne animal; je me décidai, en 1824, à m'occuper spécialement des mollusques marins; à cet effet, j’entrepris d’en faire la description et de les dessiner, autant que possible, sur le vivant, et j'étudiai leurs mœurs. Entré en 1848, grâce à M. le Doct. Prof. Wagner, en rapport avec M. le Bar. de Férussac ; flatté de l’accueil qu'il fit à mes premières communications, et surtout à mes dessins, je redoublai d’activité, heureux de pouvoir me rendre utile à la science, en secondant de mes faibles talents la publication de la monographie des céphalopodes, qu’il avait commencée, en commun, avec M. À. d'Orbigny.

Mon assiduité sur les marchés, mes pêches fréquentes, ma générosité envers les pécheurs gens insouciants et indiscrets , et surtout une prime d'encouragement, que je donnais à tous ceux qui me portaient quelque nouveauté; tels furent les moyens employés, qui me réussirent à Nice, et plus tard à Gènes, où mes fonctions d’essayeur avaient fixé ma résidence. Les rencontres heureuses, que je fis au début de mes recherches, m'emflammérent du plus vif amour pour cette science; et, sans me laisser séduire par la gloriole de publier moi-même les espèces remarquables, qui me tombaient sous la main et recompensaient mes travaux, je m'empressai de les adresser à M. de Férussac. Ma correspondance avec lui cessa à la mort prématurée de cet auteur. Les matériaux, qui servaient à la compilation de l’ouvrage, furent contestés par M.”° veuve de Férussac, et par M. d’Orbigny, qui fut mis en droit de finir ce travail; désireux, de mon côté, de voir compièter cette monographie, je lui cédai tous les matériaux, que j'avais fournis: quelques-uns furent

publiés, d’autres restèrent inédits, l’ouvrage n’ayant pas été terminé.

Vi PRÉFACE

Possesseur de riches matériaux, nouveaux pour la science ; encouragé par les naturalistes, qui ont examiné mes cartons ; cédant aux invitations des nombreux amateurs, avides d’un ouvrage qui puisse les guider dans leur recherches; aiguillonné enfin par la générosité des savants, qui se sont empressés de me céder toutes leurs découvertes ; je me suis décidé à publier la monographie des céphalopodes de la Méditerranée, que j'ai vus en grande partie vivants, et les autres très bien conservés dans l'alcool.

Je remplis ici une tâche bien agréable en témoignant toute ma reconnaissance à l’infatigable M. E. Ruppell, qui m’a donné ad hoc toutes les espèces de la Méditerranée, dont il s'était contenté de fournir une simpie indication, et à M. le Doct. Krohn, qui m’a cédé toutes les nouveautés, qu’il a recuellies dans le golfe de Messine, pendant qu'il s’occupait de son travail précieux sur les bifores.

Je me plais à témoigner aussi toute ma gratitude à M. le Prof. Delle Chiaje, si connu dans le monde savant par ses travaux zoologiques et anatomiques. Il voulut bien, pendant mon séjour à Naples, m’accorder plusieurs séances, qui m'ont fourni des éclaircissements d’une utilité immense pour mon ouvrage. Le même sentiment de reconnaissance m'oblige également à adresser mes bien sincères remerciments, au savant entomologiste, M. le Marquis Maximilien Spinola, qui, tout en me permettant d’user de sa riche bibliothèque, a facilité mes études par ses conseils et ses vastes connaissances.

Je’ déclare, avant tout, que je possède toutes les espèces-types que je décris, et qu’elles seront déposées dans le cabinet d'histoire naturelle, que j’ai créé et donné à la ville de Nice, ma patrie, et que plusieurs de mes nouveautés sont déjà déposées dans le musée de Francfort et de Turin. |

Pour rendre ce travail aussi complet que possible, j’ai ajouté à la suite de chaque genre la phrase caractéristique originale des espèces, que je n’ai pu voir, et que j'ai recueillies dans les ouvrages ; je les ai accompagnées, quand je l’ai pu, de mes observations : si quelque publication n’y figure pas, c’est que je n'ai pas eu l’avantage de la connaitre.

J'ai été pendant quelque temps arrêté par l’exécution des planches ; car, possesseur de dessins, exécutés par moi-même sur le vivant, dessins où, grâce au tâtonnement et à la patience, j'ai souvent réussi à figurer le moelleux et le trasparent, qui caractérisent ces animaux, je ne pouvais en abandonner l'exécution à la lithographie et au coloriage, encore dans l'enfance dans ce pays. Pour me tirer de cet embarras j'ai mis à profit quelques données, que j'avais sur la gravure en couleur à la roulette. J’ai essayé d’en faire l’application à la lithographie, et quelques essais sont venus confirmer mon attente. Dès lors, quoique n’ayant aucune habitude de la lithographie et même aucune connaissance de la chromolithographie je me suis lancé, avec courage et confiance, dans cette entreprise: les

résultats, que j'ai obtenus, tout en atteignant mon but, m'ont confirmé, dans la pensée

que ce genre, entre les mains d’un artiste habile, pourra arriver à un degré de perfectionnement, qui rivalisera, non seulement avec les plus belles productions étrangères, mais les surpassera peut-être,

Pourtant je ne me fais pas illusion; et quoique satisfait de mes planches par le moilleux, l’impasto des teintes, et le transparent que j'ai obtenus, grâce à de nombreux tirages, et à quelques retouches faites au pinceau, je dois avouer qu’elles me laissent beaucoup à désirer pour le fini et la précision des détails : je n’ai pu vaincre, je le dis à regret, ces difficultés insurmontables, avec une vue bien usée, et à cause de la nécessité de faire les tirages à sec ; je me flatte que M." les artistes me le pardonneront; car, j'en fais l’aveu sincère, ce n’est qu’à la dernière extrémité que je me suis décidé à me mettre moi-même à l’ouvrage.

Je sens le besoin de m’excuser auprès de mes compatriotes d’avoir employé la langue française dans la rédaction de cet ouvrage: j’ai préféré cette langue, connue de tous les naturalistes d'Europe, et familière à tous les Italiens instruits, à la nôtre, afin de rendre ma publication plus utile à la science. Mes compatriotes me sauront gré de m'être suffi à moi-même et d’avoir employé un système économique, qui pourra faciliter à l'avenir la publication d'ouvrages nécessaires, en Italie, pour la propagation des sciences naturelles, et pour l'instruction élémentaire de la jeunesse.

Il ne me reste qu’une prière à adresser à M." les naturalistes, qui auront l’occasion de s’occuper de Mollusques ; c’est de m’honorer de leurs remarques, de leurs observations et de leurs découvertes, pour que je puisse, à la fin de la seconde partie, qui comprendra les Ptéropodes et Gastéropodes nudibranches, rectifier mes erreurs, et y ajouter les nou-

veautés, qu'on jugera de quelque utilité pour le complément de cette monographie.

Grènes, avril 1851.

VERANY.

Bras libres; deux d'entre eux se repliant sur eux-mêmes aux deux tiers de leur longueur, et pourvus dans ce repli d’une membrane très extensible ; ouverture du sac munie d’un appareil constricteur : ouvertures aquifères très petites . .

è k , Nageoires latérales presque circulaires , placées sur le milieu de la longueur au Corps attaché extérieurement à la À corps; osselet interne corné, très petit, n'occupant que la moilié de la longueur

‘4 * Sans aucun autre organe préhenseur on de tact . " , a” Une rangée de cupules sessiles sur chaque bras Et deux rangées de tentacules fins, charnus, disposés par paire ; el sac où corps muni latéralement de deux nageoires . Lu « E Tête sans ouvertures aquifères ; © OCTOPODES Bras libres ou réunis entrel ouverture du sac sans appareil f à / eux par une membrane in-Ÿ constricteur. Poulpe, d'Orbigny. | ee { terbrachiale plus ou moins Tête fournie d'ouvertures aqui- | je | Deux rangées de cupules sessiles ou pédiculées sur Ÿ développée. fères ; ouverture du sac munie d'un — chaque bras, ‘ appareil constricteur charnu, Phia lonexe, d’Orbigny. ) ae) [a (=) —— (en

tête, du sac .

Nageoires terminales, réunies entre elles ‘et échancrées à leur jonction postérieure ; osselct interne corné, occupant toute la longueur du sac , , k . Latérales, presque circulaires , placées sur le milieu ou sur la moitié postérieure du sac; osselet interne corné, petit, n an que la moitié de la longueur du corps . L

; Dépassant l'extrémité du sac, " semi- circulaires, réunies entre elles, ta j Nageoires n'oc- échancrées à leur jonction postérieure , qui dépasse le sac, Six bras A | cupant pas toute sessiles, réunis entre eux par de grandes membranes interbrachiales , = ) la longueur du les deux autres libres. Bras tentaculaires implantés en dehors de |’ om- Qu | DÉCAPODE corps. brelle; osselet interne corné, occupant toute la longueur du corps & re ia par ke à membrane transparente < [,. Bras SarniS| Lercée d'une petite ounv de cupules pé- verture: a ï : ; appareil cons = na tricteur simple; osselet SDS tiérement , peu ha Calmars d'Or ‘Fprimlnales 4 point réTaC" | Oil largement ouvert,

iles : osselet inf &t muni d'un sinus : ap-

j. terne, occupant RE À / Corps ons A pareil constricteur com- Corps détaché charnu. de in ONSUEUT posé : osselet muni d’un extérieurement ; \ godet terminal. Ommas- \ de la tête. tréphes, d'Orbigny .

Des griffes sur Îles re ù bras tentaculaires seu- » . Ne dépassant Bras garnis en! jement. Onychotcuthe. Jamais le corps totalité ou en Des griffes sur tous les |et se prolonge- partie de .CTO-4 bras. Enoploteuthe. ant jusqu’à son chets ou griffes. Des griffes sur les

‘extrémité. bras sessiles seulement,

, Veranie. / Corps gélatineux ; bras et nageoires trés variables ; bras tentaculaires, quelquefois très fins et longs, et munis sur toute leur longueur de cupules sessiles. Osselet corné Presque de la même largeur sur toute leur longueur : osselet crétacé . L ; , , : : k

TETRABRANCHIATA. Owen.

Nageoires occupant toute la longueur

| du corps.

NaurisE et toutes les coquilles 4 Beaucoup plus large à la moitié de leur longueur, ossecloisonnées fossiles. let corné

ELEDoN.

Cirrhoteuthe.

Poure.

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