SEPTIÈME GENRE
SÉPIOTEUTHE. SEPIOTEUTHIS. Bianvite.
Animal au corps ovalaire, déprimé, pourvu d’une paire de nageoires latérales aussi longues que les corps ; appareil constricteur formé par une crête allongée et saillante, placée sur la face interne du corps, et d’une fossette bordée d’un bourrelet très saiilant à la base du tube locomoteur : tête médiocre portant huit bras sessiles et deux tentaculaires rétractiles, tous armés de ventouses ; osselet interne corné, flexible, ovale, lancéolé, attenué antérieurement, convexe en dessus et médiocrement concave en dessous.
N. 1. S. DE SICILE. S. SICULA. Rurreu. PI. 27.
Corpore ovali oblungo, postice rotundaio, antice truncato, super subacuto, subtus leviter concavo : alis lateralibus in medio corporis latioribus : corpore cum alis leviter ovaio. Lamina dorsali cartilaginea.
Corps conique, allongé, légèrement déprimé: extrémité postérieure, arrondie; extrémité antérieure, tronquée, légèrement échancrée en dessous et formant en dessus une pointe très-
peu saillante. Nageoires latérales, occupant presque toute la longueur du corps; mais commencant un peu en arrière de l'ouverture et se terminant près de l’extrémité du corps, qu’elles ne dépassent jamais ; elles sont plus larges vers le centre et forment avec le Corps, quand elles sont étendues, un rond un peu ovale en avant et échancré en arrière : le milieu de cette échancrure est occupée par l’extrémité arrondie du corps.
Tête aussi large que le corps, arrondie, un peu déprimée en dessus, portant en dessous un profond sillon médian , occupé par le tube locomoteur: elle est munie de deux yeux assez gros, mais à orbites peu saillants ; ils sont couverts d’une membrane transparente, percée d’un petit trou latéral: sur la partie inférieure: et interne des globes des yeux, jai aperçu sur l’unique individu, que je possède conservé dans l’alcool, un tubercule conique assez long, qui peut-être est un reste déchiré de la crête, que M. D’Orbigny appelle auriculaire, chez les Calmars.
Bras sessiles, longs environ de la moitié du corps, conico-subulés; les inférieurs munis dans toute leur longueur d’une large membrane natatoire: la 1." paire est la plus courte, la 2. est un peu plus longue, la 3.° de très peu plus longue que la 2, et la 4° plus longue que la précédente d’un sixième. Elles sont toutes armées de cupules pédonculées si petites qu’il est très difficile de les distinguer avec une forte loupe. Bras tentaculaires linéaires, arrondis, un peu dilatés en fer de lance à leur extrémité, garnis de cupules excessivement petites : ils sont aussi longs que le corps.
Membrane ombellifère, nulle.
Bouche protégée par deux lèvres, dont l’interne ciliée et par une membrane buccale, qui est couronnée de sept lobes et rattachée aux bras par sept brides.
Tube locomoteur, conique court et assez gros.
Lame dorsale, cornée et flexible comme celle des Calmars. Je n’ai osé l’extraire sur l’unique individu, que je possède.
Proportions.
Le peu d'individus de cette espèce, qui ont été pris, n’ont jamais dépassé trois décimètres de longueur, non compris les bras tentaculaires.
Couleur. D’après M. Krohn, à qui je dois l'individu que je posséde , tout le corps, dans l’état de vie, est transparent et d’une teinte rosée générale, couvert sur le dos de grands points chromophores, rouge-laque assez vifs, et de points de la même couleur très fins, mais plus obscurs. Tous ces points disparaissent sur les nageoires. Il sont plus petits et plus clairs sur la partie inférieure du corps et de la tête, et manquent sur les bras et l’entonnoir. Après la mort, le corps de ce céphalopode prend une teinte blanchâtre par l’action de l’alcool, les fibres musculaires horizontales des nageoires deviennent opaques et les nageoires semblent comme rayées horizontalement de blanc. |
Rapports et différences.
Les Sépioteuthes, ont un facies qui les fait distinguer au premier abord des Calmars et des Sèches, espèces dont ils sont les plus rapprochés : la forme et la position des nageoires dispensent d’avoir recours à la lame dorsale, qui est le caractère générique le plus tranchant.
DÉCAPODES 17 Habitation et mœurs.
Ce céphalopode n’a encore été pêché que dans le détroit de Messine, où probablement il est entrainé par les grands courants, qui y régnent: l’espèce y parait très rare, puisqu’elle n’a été rencontrée que très accidentellement.
Histoire.
Nous devons la découverte de ce genre nouveau pour la Méditerranée à l'infatigable et clairvoyant M. Ruppell, qui, l’ayant trouvé le premier à Messine, me montra à son retour ce céphalopode intéressant, et m'en donna un dessin au trait avec le nom, que je lui ai conservé. M. Krohn, pendant son second séjour dans la même ville, s’étant occupé de recueillir des céphalopodes pour moi, l’y rencontra de nouveau et me céda l'unique individu qu'il eut.
GENRE HUITIÈME ONYCHOTEUTHE. ONFYCHOTEUT HIS. : LaicuTEnsTEN.
Carus, Férussac et D’Orbigny, Onychia. Lessueur. Calmars à griffes, sec. c. Blainville. Loligo, Leach. .
Corps charnu, cylindrique, plus ou moins acuminé, tronqué en avant; muni en arrière de nageoires triangulaires, réunies snr le dos, plus ou moins rhomboïdales. Appareil constricteur formé d’une fossette oblongue, peu profonde et entourée d’un large bourrelet sur la base du tube locomoteur et d’une crète linéaire très longue, placée sur la paroi interne du corps. |
Tête munie d’yeux, dont la paroi extérieure de la capsule oculaire est couverte d’une membrane transparente largement percée ; cette ouverture est quelquefois découpée supérieurement en un sinus profond (improprement sinus lacrimal de M. D’Orbigny): huit bras sessiles, dont quelques-uns garnis d’une crête natatoire, et deux tentaculaires rétractiles couronnent la tête; tous les bras, soit de l’une , soit de l’autre espèce seulement, sont armés de griffes ou crochets.
Bouche entourée de deux lèvres, dont l’interne ciliée, et d’une membrane buccale festonnée Sur son ouverture, et rattachée aux bras par huit brides.
Membrane ombellifère nulle, excepté entre les bras de la 3.° et de la 4° paire.
Tube locomoteur fourni d’une valvule, et soutenu par deux brides.
Lame dorsale cornée, flexible, et terminée par un godet plus ou moins allongé.
Les Onychoteuthes sont de vrais Calmars, dont le caractère générique est marqué par des griffes ou crochets sur leur bras: la présence de ces griffes sur tous les bras, ou sur l’une ou sur l’autre espèce de bras seulement, a servi à la formation des genres suivants.
A. Des griffes sur les bras tentaculaires seulement. Onychoteuthe.
B. Des griffes sur tous les bras. Enoploteuthe.