‹ Mollusques méditeranéens [!]; observés, décrits, figurés, et chromolithographiés d'après le vivantChapitre 23 sur 35 · et 4. paire · texte numérisé non relu

et 4. paire

à : - : ; : é : ; : 0,024 Re me Le 5 ; : : ; e : ‘ , 0,025

tentaculaires . ; ‘ : ; 5 : ‘ 0,055

Couleur. Vivant, ce céphalopode est. d’un blanc-rosé-jaunâtre transparent. On distingue à travers le corps les organes intérieurs. Les yeux seuls sont argentés ; une belle teinte bleue trés vive cercle la partie supérieure des globes; sur cette tache se refléchit un reflet argenté souvent doré. Tout le corps est couvert de points chromophores très fins, teinte neutre et laque, et de gros points rouges-jaunâtres, les uns très clairs, les autres plus vifs, et cerclés de brun-rougeâtre : sur la partie postérieure dorsale de la tête ces points sont noirâtres, Sur la partie antérieure ils sont jaunâtres ; sur les globes des yeux il sont, ainsi que le long des bras, d’un laque très vif: sur la partie inférieure de la tête, où brillent quelques légers reflets argentés, on ne voit que des points très fins teinte neutre; quelques-uns laque se voient le long des bras et sur le bord de l’entonnoir.

Rapports et différences.

Cette espèce se distingue au premier abord du sagittata par la forme très régulière en cœur de sa nageoire, par les bras sessiles qui sont presque égaux, par les bras tentaculaires dont l’extrémité n’est point garnie de cupules, et surtout par la lame cornée terminée par un godet sans expansions.

Habitation et mœurs.

\ À J'ai rencontré quelques individus de cette espèce sur le marché de Nice, pris sur les plages de galets en même temps que le C. Lamarmora, dont il est facile de le distinguer par la teinte générale, par sa forme plus allongée, et par ses bras plus grêles. Ainsi que les jeunes Calmars communs, et les autres petites espèces congénères, il est recherché comme friandise et connu sous le nom de Totaneto où Calamareto.

Histoire.

J'ai publié cette espèce dans les actes de l’académie Royale des sciences de Turin. Les

caractères me parurent assez tranchants pour en créer une espèce: M. De Férussac, à qui j'en avais envoyé plusieurs exemplaires, partageait cet avis. N'ayant jamais rencontré

d'individus, qui servissent de point de transition entre cette espèce et le sagiltata, qui serait l’espèce-type, à laquelle il pourrait appartenir, je la recommande aux observateurs.

N. 10. C. DE PILLA. L. PILLAE, Verany. PI. 56. fig. d. e. f. g.

Corpore carneo, conico-fusiformi, postice acuminato, alis triangularibus , conjunctis alam rhomboïdeam efformantibus, tentaculis pedonculatis, retractilibus, lamina dorsali cornea, lineari, antice dilatata, postice infundibulo conico praedita.

Corps cylindrique, conico-fusiforme, tronqué en avant, donnant à sa partie médiane supérieure un angle saillant, et à l’inférieure un petit sinus concave; partie postérieure conique, acuminée, occupée par deux nageoires triangulaires réunies sur le dos en forme de nageoire rhomboïdale, deux fois plus large que haute.

Tête petite, arrondie, un peu conique, munie de deux yeux largement percés dans la peau et un peu latéro-antérieurs, couronnée de huit bras sessiles conico-subulés, assez grêles. La 1." et la 4.° paires, d’égale longueur; la 2.° et la 5°, plus longue d’un cinquième: cette dernière est en outre pourvue d’une crête natatoire. Tous ces bras sont armés d’une double rangée de 20 cupules alternantes, globuleuses, à ouverture un peu oblique et munie d’un cercle corné, très finement denté sur tout son pourtour, et portées par un pédoncule fin et pyramidal. Bras tentaculaires grêles, le double plus longs que les bras de la 1. paire, développés à leur extrémité en massue linéaire et lancéolée, et garnis sur plus de la moitié de leur longueur de cupules alternantes ; ces cupules sont petites et très espacées sur le premier tiers de la moitié terminale des bras, assez grosses, presque égales et plus rapprochées sur le tiers médian, très petites et très rapprochées sur le dernier tiers ; elles sont, comme celles des bras sessiles, portées par un long pédicule; mais elles sont percées horizontalement. | |

Lame cornée, linéaire, plus large dans le haut, très étroite dans le bas, terminée par une très petite expansion, dont l’extrémité est un petit capuchon aigu.

Proportions.

Longueur totale y compris les bras tentaculaires . : É : : : : 0,137 Longueur totale non compris les bras tentaculaires - : : ; : È 0,105 Longueur du corps . : : : ; : à : j 0,058 Diamètre du corps : ; : : : : : ; : : À ; 0,019 Largeur de la nageoire ‘ : - : : : : : 0,030 Longueur de la nageoire : : : : : : : : 0,016 a Longueur des bras tentaculaires . ; i ë : : : ; : ; 0,053

Couleur. Corps d’un blanc-rosé très peu transparent, sans reflets argentés: globes des yeux, marqués en dessus d’une belle teinte bleue, irisée par un reflet argenté : iris d’un

argent bruni. Tout le corps est couvert de points chromophores très fins rose-laque clair, et de quelques-uns très fins teinte neutre. Le long de la partie médiane du dos, il est clair-semé de gros points rougeätres. Les mêmes points se voient sur la tête, le long des bras, et sur la partie latéro-inférieure du sac; ils manquent entièrement sur la face inférieure de la tête, sur la partie médiane-inférieure du corps et sur les nageoires: sur le bord de l’entonnoir on n’aperçoit que quelques points roses.

Rapports et différences.

Cette espèce a le facies du L. Coindetii, dont il diffère par sa nageoire rhomboïdale, par ses yeux latéro-antérieurs, par son corps un peu plus fusiforme: et surtout par les cupules des bras tentaculaires, qui en occupent toute la moitié terminale ; enfin par la lame cornée, munie d’une petite expansion à son extrémité terminée en godet. Elle a quelques rapports avec le L. vitreus de M. Rang par la forme de la nageoire et la position antérieure des yeux. |

Histoire.

J’ai rencontré deux individus de cette espèce, que je crois nouvelle, sur le marché de Gènes, le 10 mars 1848 : elle était au milieu d'une masse de Brachiochyrhus. Nardo , Atherina nana. Risso. La position de ces yeux, la forme de ces nageoires m’a engagé à la publier pour appeler sur lui l’attention des naturalistes.

Espèces nominales.

LOLIGO LANCEOLATA. L. ODAGADIUM. RAFFINESQUE. Op. cit. LOLIGO FUSUS, L. PARVUS. Ronoezr.

LOLIGO URCEOLATUS, L. ZOZETI, SAGITTATUS MA XIMUS, Risso. Cat. nom.

Dans la collection, qu'a laissée M. Risso, je n’ai rencontré aucune de ces espèces.

DIXIÈME GENRE HISTIOTEUTHE. HISTIOTEUTHIS. D'Onmenv.

Corps court, bursiforme, plus ou moins campanuliforme, portant une paire de nageoires terminales cylindracées, réunies entre elles, échancrées à leur jonction postérieure qui dépasse le corps : appareil constricteur formé d’une crête longitudinale peu relevée, et placée sur la paroi interne du sac, et d’un sillon accompagné d’un bourrelet sur la base du tube : locomoteur. +

Tête grosse, cylindrique, allongée ou déprimée, munie de deux yeux três gros, largement percés dans la peau, sans sinus; elle est couronnée de dix bras sessiles, dont six

réunis entre eux par des membranes interbrachiales très développées, et deux presque libres; et de deux bras tentaculaires rétractiles. Bouche protégée par deux lèvres charnues et par une membrane buccale conique, à ouverture festonnée et rattachée aux bras par six ou sept brides.

Tube locomoteur sans valvule.

Lame dorsale cornée.

N. 1. H. DE BONELLI. Z. BONELLIANA. D'Ormeny. PI. 19.

Chranchia Bonelliana. Féruss., Monogr. Genr. Chranch. PI. 2. Séance de l'Instit. du 17 sept. 1854. Mag. de Zool. 1835. PI. 66.

Verany, Tableau ds cèphal.

Corpore bursiformi, antice truncato, postice ovoideo, alis rotundatis conjunctis, alam bilobatam efformantibus, dimidiam sacci longitudinem occupantibus. Brachiis aequalibus, sex membrana ampla conjunctis, duo liberis, tentacularibus retractilibus : lamina . dorsali cornea ovali lanceolata antice attenuata, postice acuminata.

Corps bursiforme, conique, tronqué en avant , ovoïde en arrière ; portant sur sa partie postérieure latéro-dorsale deux nageoires demi circulaires réunies, qui forment une nageoire bilobée, à bords antérieurs arrondis, et fortement échancrés au point d'attache.

Tête, très grosse, cylindrique et oblongue, munie de deux yeux très gros, à orbites peu proéminents; dont l'iris est marron et la pupille ronde et dépourvue de fausse paupière : elle est couronnée de huit bras sessiles, et de deux tentaculaires rétractiles.

Bras sessiles égaux en longueur; les trois premières paires, réunies par une membrane ombellifère très large, qui en embrasse trois cinquièmes et se continue jusque vers leur extrémité : le bras de la 3.° paire sont bordés sur leur partie latéro-inférieure par une membrane étroite, qui augmente progressivement en s’approchant de leur base; là ces deux membranes se réunissent entr’elles, et sur ce point même se rattachent deux petites membranes triangulaires, ou brides, qui sont fixées sur la base interne des bras de la 4.° paire. En conséquence, l’ombrelle est formée de cinq grandes membranes, et d’une petite, qui va de l’un à l’autre bras de la 3.° paire, et laisse en dehors de lombrelle même la %4.° paire de bras sessiles et les bras tentaculaires. Tous les bras sessiles sont épais, conico-subulés, munis de deux rangées alternantes de petites cupules espacées, au nombre de douze par rangée sur les trois premières paires, mais plus petites et nombreuses sur la 4.°. Les cupules sont convexes en dessus, plates en dessous, percées d’une petite ouverture un peu oblique, pourvue d’un cercle corné à demi denté: elles sont portées par un petit pédoncule pyramidal. Les cupules commencent un peu en dessus de la base des bras et n'arrivent pas jusqu’à leur extrémité; elles vont en décroissant de grosseur dès les premières. Les bras tentaculaires sont cylindriques, deux fois plus longs que les sessiles, plus gros à la base que vers l'extrémité, où ils se développent en massue à fer de lance. Cette massue a la partie inférieure armée de cupules irréguliéres, arrondies, à ouverture large, horizontale et munie d’un cercle corné, entiérement denté, tandisque la partie supérieure est fournie d’une crête natatoire.

Tube Jocomoteur conique et sans valvule.

Lame dorsale, cornée, ovale-lancéolée, largement cannelée au centre, munie sur la partie interne d’une seconde lame plus petite, ovalaire et comme pédonculée.

; Proportions.

Longueur totale y compris les bras tentaculaires . : : , : ; 0,440 Longueur totale non compris les bras tentaculaires . à À Ro h 0,285 Longueur du corps . = ‘ , ; : - ' ; : 0,069 Diamètre du corps ; - : : 3 3 : ; 5 ; : à 0,043 Hauteur des nageoires au point d’attach è ; ; : : : ë j 0,035 Hauteur des nageoires au centre . 3 : : ‘ , - , ' : 0,048 Largeur de chaque nageoire : : : ; É ; : : 0,025 Largeur des nageoires réunies . : : 0,068 Hauteur de la tête . : : : ; - Ë 0,045 Largeur de la tête ; : - : : : : , : 0,043 Ouverture de lœil : | - - : ; : : à 0,021 Longueur des bras sessiles . : : ‘ : - : : 0,165 Longueur des bras tentaculaires . ; . ; ° : : : 0,270 Hauteur de la membrane interbrachiale ° £ : ë 2 . : à 0,095

Couleur pendant la vie. Une teinte générale rose-clair passant au violet, couverte de points chromophores rouge-carmin très vif, les uns plus gros, les autres très petits, le colorent d'un rouge laque très brillant; la membrane ombellifère est d’un très beau cramoisi velouté ; les bras sur la face interne sont de la même couleur, mais leur extrémité est d’un bleu d’outremer. La surface inférieure du corps est régulièrement clair-semée de doubles points réunis, disposés en quinconce, dont les inférieurs sont jaunes-opalin, les supérieurs plus petits et bleus, qu’on dirait être, ceux-ci des saphirs très brillants et ceux-là des topazes enchassés dans la peau. Ces mêmes points cerclent très régulièrement l'ouverture de l'œil, sont régulièrement disséminés sur les parties inférieures et latérales de la tête, et disparaissent sur la partie dorsale du corps et sur la médio-dorsale de la tête: ils sont très régulièrement disposées en trois rangées sur les bras des trois premières paires, et en cinq sur ceux de la quatrième: ceux des rangées latérales sont les plus gros et les plus brillants, et diminuent très progressivement vers l’extrémité des bras. Sur le point d’attache, la nageoire est jaunâtre, le reste en est blanc-rosé livide; elle est marquée de points chromophores très fins, rouge-laque carminée.

Le globe des yeux est blanc, irisé de bleu; la paupière, marron.

Les bras tentaculaires rose päle, couverts de points chromophores rouge-laque : la massue, d’une teinte jaune-verdâtre bordée de rouge carmin. Les cupules des bras sessiles sont toutes d’un bleu outremer très brillant. La membrane buccale, blanche sans points chromophores.

Après la mort, les points brillants perdent Jeur éclat: alors ce mollusque se décolore un peu ; mais il conserve très longtemps sa teinte rouge.

Rapports et différences.

Les caractères génériques de ce céphalopode sont si tranchants qu’il est impossible de ne pas le reconnaitre au premier abord: cette espèce se distingue du Ruppell par l'égalité

116 CÉPHALOPODES de ses bras sessiles, et des membranes interbrachiales ; par son corps et sa tête allongés, par la couleur pourprée et léclat dé ses points, par ses cupules constamment d’un bleu très brillant, et enfin par sa taille toujours de beaucoup plus petite.

Habitation et mœurs.

Les deux espèces connues jusqu’à ce jour, qui constituent ce nouveau genre, sont de la Méditerranée , où je les ai découvertes. |

Aussi souvent que mes occupations me le permettaient, j’assistais aux pêches, qu’on fait à la drague sur les plages de galets, qui s’étendent de la ville de Nice à embouchure du Var. Dans laprès-midi du 7 sept. 1854, j'arrivai sur les bords de la mer, quand déjà une drague avait été retirée; et j'apercus entre les mains d’un enfant ce céphalopode malheureusement très mutilé. Je fus surpris au premier abord de ses formes extraordinaires et du brillant de ses couleurs; j’en fis l’acquisition sur le champ et le montrai aux pêcheurs pour savoir s’ils connaissaient ce mollusque. Sur leur négative je le leur fis observer attentivement, et je promis une bonne prime à celui qui m’en apporterait un semblable, vivant ou en bon état. M’étant porté vers d’autres pêcheurs, qui tirait une autre drague , je réitérai mes promesses. Peu après, je fus rappelé par lun d’eux qui m'en montra un cramponné au filet; je le fis saisir et plonger dans un baquet d’eau. C’est dans ce moment que je jouis du spectacle étonnant des points brillants, qui parent la peau de ce céphalopode déjà si extraordinaire par ses formes; tantot c'était l’éclat du saphir, qui m'éblouissait: tantôt c'était l’opalin des topazes, qui le rendaient plus remarquable ;: d’autres fois ces deux riches couleurs confondaient leurs magnifiques rayons. Pendant la nuit les points opalins projetaient un éclat phosphorescent: ce qui fait de ce mollusque une des plus brillantes productions de la nature. Son existence fut de courte durée, quoiqu'il fut conservé dans un grand baquet d’eau; il doit vivre probablement à de grandes profondeurs. Peut-être nous arrive-t-il de la haute mer ; les larges membranes, qui garnissent ses bras, doivent en faire un puissant nageur. M. Peters de Berlin, pendant le séjour qu’il fit à Nice, en a recueilli deux ; et M. Sasso, Prof. d’hist. nat., en possède un, pris sur les parages de Gènes. J’ignore si on l’a rencontré ailleurs; quant à moi, n'ayant jamais pu ravoir l'individu , que j'avais prété à M. De Férussac, je ne possède que lexemplaire très mutilé , dont j’ai parlé.

Histoire.

Le 16 sept. 1834, ayant reçu une lettre de M. le Baron De Férussac, en reponse à la communication, que je venais de lui faire sur la trouvaille d’un Calmaret parfait, et vu l’empressement, qu’il me témoignait de lui envoyer ce mollusque nouveau, voulant, comme il me l’écrivait, confondre à la première réunion de l'institut, les membres, qui avaient accueilli si défavorablement la présentation de la première livraison de sa monographie des céphalopodes, je joignis, à l'envoi du Calmaret, ce céphalopode et le dessin pris sur le modèle vivant de deux espèces, avec la condition d’en dédier un à feu M. le Profess. Bonelli comme preuve de mon affection. M. De Férussac les présenta à l'institut dans la séance du 27 oct. et donna à cette espèce le nom de Cranchia Bonelliana. M. D’Orbigny rectifia plus

tard l’erreur de M. De Férussac, qui avait rapporté au genre Cranchie ce céphalopode, et créa pour lui le genre Histioteuthe: malheureusement il n’en a pas publié la description,

et j’ai dû la faire sur celle que j'avais adressée à M. De Férussac, n'ayant plus revu ce céphalopode.

N. 2 H. DE RUPPELL. 7. RUPPELLI. Verany. PI. 20. 21.

Verany, Guide de Gènes, tom. 1. Part. 2. pag. 28. fig. 5.

Corpore campanuliformi, antice truncato, postice attenuato; alis semicircularibus, coniunctis alam rotundatam postice bilobatam efformantibus, dimidiam sacei longitudinem occupantibus : brachiis inaequalibus sex membrana ampla conjunctis,. duo liberis, ten tacularibus’ retractilibus. Lamina dorsali cornea, ovali-lanceolata , antice attenuata

postice acuminala.

Corps campanuliforme; extrémité postérieure acuminée ; extrémité antérieure très large ; décrivant en dessus un angle médian peu marqué; portant sur son extrémité postérieure deux nageoires semi-circulaires réunies à leur base et dépassant le corps, formant ensemble une nageoire arrondie et echancrée sur le centre médian postérieur.

Tête grosse, courte, moins large que l’ouverture du corps, un peu déprimée, rattachée au corps par un cou mince ; munie de deux yeux très gros, à globes peu saillants, latéroantérieurs, et couronnée de huit bras sessiles et de deux tentaculaires rétractiles.

Bras sesciles inégaux, gros, conico-subulés : la 1." paire, la plus courte; la 4°, un peu plus longue; la 5e, plus longue que la 1." d’un cinquième ; la 2.°, plus longue que la 3.° et munie sur toute sa longueur d’une petite crête natatoire. Les premières paires, réunies entre elles par une grande membrane ombellifère très élastique; celle qui lie la 1.7 paire, occupe presque la moitié de l’espace interbrachial, et se prolonge jusques vers l'extrémité de ses bras; celle qui lie la 4."° à la 2.°, en occupe les deux tiers, si on la mesure sur les bras de la 1° paire, et un peu moins de la moitié, si on la mesure sur ceux de la 2e. Celle qui lie la 2. paire à la 3.°, est la plus large, et en embrasse deux cinquièmes, si on la mesure sur la 2. paire; une membrane étroite, qui part de l’extrémité des bras de la 3 paire, et va en augmentant progressivement, en borde tout le côté latéro-inférieur ; ces deux membranes se réunissent entre elles à la base des bras: sur ce point même se rattachent aussi deux petites membranes triangulaires, qui sont fixées sur la base interne des bras de la 4.° paire. Ces bras portent deux rangées alternantes et très régulières de petites cupules, qui commencent un peu en dessus de la base des bras et se terminent à cinquante cinq millimètres de leur extrémité: les cupules sont arrondies, légèrement comprimées du côté de leur ouverture, qui est oblique, petite et munie d’un cercle corné, denté seulement sur la moitié supérieure ; elles sont sises sur un fort pédicule pyramidal. Sur les trois premières paires de bras, chaque rangée est composée de 50 cupules environ ; sur la 4.°, les cupules sont généralement plus petites que sur les autres bras, et sur chaque rangée on en compte environ 50. Bras tentaculaires rétractiles, implantés en dehors de la membrane ombellifère, deux fois plus longs que la 1. paire, arrondis, un peu plus épais vers

leur base; fortement développés en fer de lance très aiguë à leur extrémité; cette massue est pourvue d’une large membrane protectrice des cupules; elle est couverte en dessous de plusieurs rangées de cupules irrégulières, et en dessus d’une crête natatoire très prononcée. Les cupules des rangées médianes sont très grosses et irrégulières, les latérales et celles des extrémités sont très petites; une rangée de cupules très petites se voit tout le long de la moitié terminale de ces bras, elles diminuent de grosseur et sont de plus en plus espacées de haut en bas. Ces cupules sont globuleuses, pédonculées largement, couvertes horizontalement, et pourvues d’un cercle corné, finement denté.

Membrane buccale, rattachée aux bras par sept brides, dont une à chacun des 6 bras réunis par la membrane ombellifère; la 7.° est rattachée à la membrane, qui unit entre eux les bras de la 3.° paire.

Tube locomôteur petit, très conique, et sans valvule.

Lame dorsale, cornée, lancéolée, à extrémité aiguë, largement cannelée et munie sur la face interne d’une seconde lame plus petite, ovalaire, et légèrement pédonculée.

Proportions.

Longueur totale y compris les bras tentaculaires . ; : : é ; : 1,060 Longueur totale non compris les bras tentaculaires : ; ; ‘ ë 0,780 Longueur du corps. . ; < : : à 0,140 Largeur de l'ouverture du corps . : ; - : ; ; ; ; ë 0,120 Largueur des nageoires : : : - : ; - - : 0,122 Hauteur des nageoires . ‘ é : : : : : 0,074 Largeur de la tête . : : : = : : 0,116 Hauteur de la tête : : 3 ; . : : ; : : ; : 0,080 Ouverture de l'œil . Ê - ; : à 0,040 f::Æs-pare:; à ; ; as i 0,400

de - 3 —___ : 0,540 ANR | A us : - : : : : 0,430

Longueur des bras tentaculaires . : : : : s : : à 0,806 Longueur de la lame dorsale à : ; = s : : à 0,120 Largeur de la lame dorsale. . : > : 0,040

Couleur. D’un blanchâtre lilas livide, avec reflets bleuâtres; tout couvert de points chromophores rouge-rouille très fins, sauf quelques-urs clair-semés et plus gros : nageoires passant au jaunâtre et couvertes des mêmes points, qui disparaissent vers le bord : membranes ombellifères, tant à lextérieur qu’à l’intérieur, d’un rouge-vineux sale, produit par la teinte bleuâtre générale du fond et des innombrables petits points rouge-rouille. Les bras tentaculaires sont blanchâtres et couverts de petits points chromophores rouge-laque ; la crête natatoire de leur massue est d’un jaune-verdâtre. Toute la surface de ce céphalopode est assez régulièrement espacée de gros points bleuätres brillants; ces points sont surmontés d’un gros point opalin, qui est circonscrit par les points chromophores rouge-rouille très rapprochés : ces points opalins sont moins réguliers et moins constants sur la partie dorsale du corps : ils sont très rapprochés et bordent l'ouverture de l'œil; ils forment trois

séries sur les trois premières paires de bras et cinq sur les bras de la 4.° paire. Ces points sont loin d’avoir le brillant et l'éclat de ceux de lHistioteuthe Bonelli ; et quoique mort, ils étaient encore très phosphorescents. Le globe des yeux est blanchâtre : le cristalin verdâtre chatoyant ; le col et le tube locomoteur blanchâtre : ce dernier couvert de quelques points chromophores rouge-jaunâtre. Les cupules sont toutes blanches. Conservé dans l'alcool, il devient d’un vineux sale obscur: quelques points bleus paraissent encore ; mais les jaupâtres n’ont plus laissé aucune trace de leur présence.

Rapports et différences.

Cette espèce se distingue de prime abord du Ruppellii par l’irrégalarité de la longueur des bras et des membranes ombellifères, par la forme campanulée du corps, par sa couleur terne et ses Cupules blanches, et surtout par sa taille beaucoup plus forte.

Habitation et mœurs.

Ce céphalopode nouveau, qu’à ma connaissance aucun naturaliste n’a encore rencontré, vit dans les profondeurs d'environ 800 mètres; on le prend en mai et sept., quand les pêcheurs de palangre vont faire à cette profondeur la pêche des Sparus centrodontus. Cuv. Les six individus, que j'ai déjà vus, ont toujours été pris à la suite de cette pêche. Probablement l’espèce est voyageuse et suit ces poissons ; car si elle était stationnaire dans cette grande profondeur, on en prendrait plus souvent. Sa peau est très élastique : sa chair est flasque et selon toutes les probabilités aigre et malsaine; les pêcheurs, qui ne l'avaient jamais observé, l’appellent Pignata.

Histoire.

J'ai vu pour la première fois ce céphalopode à mon départ pour l’Amérique, quand de Nice je me rendais à Gènes sur la frégate royale le Charles-Félix. Nous étions à la hauteur des parages de S. Remo, à deux heures de laprès midi le 15 juillet 1836 : des matelots aperçurent cet animal sur l’eau, l’un deux se lança à la mer et le saisit. L’officier de quart eut la complaisance de m'en faire prévenir. Bien que ce céphalopode fut très mutilé, je pris mes notes et je constatai, par l'inégalité de ses bras, la couleur vineuse de son COTpPS, et la teinte blanchâtre de ses. cupules, que c’était une espèce nouvelle: mes observations étant incomplètes par le manque de la nageoire et de massue sur les bras tentaculaires, je ne pus les publier. En sept. 184%, les pêcheurs, auxquels depuis longtemps je recommandais de m'apporter toutes les nouveautés de ce genre, surtout le Poulpe à mailles qu’ils connaissent, m’apportèrent un individu de cette espèce nouvelle, espèce qui reparut en mai 1845 et 46, toujours pendant la pêche du Sparus centrodontus. Cu.

Je citai ce céphalopode au congrès scientifique de Milan (Act. de ce congrès pag. 560), et je l’ai décrit et figuré dans le guide de Gènes, offert par cette ville aux savants, qui se réunirent au huitième congrès scientifique italien (tom. 1. pag. 28. PI. 3)

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