‹ Mollusques méditeranéens [!]; observés, décrits, figurés, et chromolithographiés d'après le vivantChapitre 22 sur 35 · OT · texte numérisé non relu

OT

Longueur des bras — ; ; 0,017 tentaculaires . , ; : : É + - 0,030

Couleur. Vivant, ce céphalopode est d’un bianc-hyalin peu transparent. Les globes des yeux portent sur la partie supérieure une belle tache bleue, irisée au centre par un reflet doré. Il est entièrement couvert de gros points chromophores réguliers, rapprochés, d’une teinte neutre, très obscurs sur la partie médiane supérieure du corps et de la tête, rouge-laque sur les côtés du corps et le long des bras, jaune-clair sur la partie médiane inférieure du corps. Ces gros points manquent sur l’entonnoir et la nageoire.

On remarque des points rouge-laque, très fins sur la nageoire, sur l’entonnoir, sur les côtés du corps et le long des bras, surtout vers les extrémités de ceux-ci où ils sont très rapprochés. D’autres points égaux, d’un jaune très vif, couvrent la partie médiane dorsale du corps, de la tête et l’entonnoir. | |

Tous les individus de cette espèce, que j'ai eu vivants, ont offert les mêmes résultats à mes observations ; et pendant tout le temps qu’à duré le jeu des points chromophores, je les ai vus constamment comme je viens de les décrire.

Dans l'alcool les points chromophores se conservent assez bien ; les jaunes seuls disparaissent.

Rapports et différences.

Cette espèce, que M. D’Orbigny croit être les jeunes individus du C. commun, me parait en différer par l’extrémité de son corps arrondie, par ses nageoires rhomboïdales à angles très arrondis, et n’occupant que la moitié du corps, et enfin par ses points chromophores. Les jeunes C. communs , que j’ai cru devoir observer, ont le corps conique, à extrémité un peu arrondie, mais légèrement acuminée ; les deux nageoires, de forme semi-lunaire et réunis à leur base; ils ne sont colorés que par quelques points chromophores épars, d’un rouge-laque .clair. |

Habitation et mœurs.

J'ai rencontré assez rarement ce petit Calmar au milieu des poissons, qu’on prend de

sept. à nov.; et il est très facile de le distinguer au premier abord des vrais C. communs jeunes, et de mon C. Lamarmora, qui se trouvent plus fréquemment à cette époque.

DÉCAPODES 95 Histoire.

Je décrivis cet espèce dans mon mémoire présenté à l’Ac. Roy. des scienc. de Turin, qui fait partie du Vol. 1., 2.° série de l’année 1836. M. D'Orbigny, dans une de ses lettres, me déclara que ce céphalopode n’était qu’un jeune âge du C. commun, et dans la monographie, genre Galmar PI. 22. fig. b. c., il le représente sous ce nom. Je regrette vivement de n’avoir point le texte de cet ouvrage, car il m'aurait aidé à rectifier mon erreur. Je dois ajouter cependant que depuis cet avis j’ai eu encore plusieurs exemplaires de ce céphalopode ; que les ayant ouverts , j'ai trouvé dans des individus, qui dépassaient à peine 5. décimètres de longueur, leur ovaire rempli de grappes d’œufs très visibles, et presque de la grosseur de ceux qu’on observe dans le C. Lamarmora. Je n’ai point obtenu de semblables résultats dans mes recherches sur les jeunes C. communs que j’ai pourtant observés d’une taille plus forte.

N. 5. C. LAMARMORA. L. MARMORAE., Nerany. PL. 37.

Verany, Mém. de l’Ac. Roy. des sc. de Turin.

L. Subulata? Lamark. Cuvier, Delle Chiaje, Cantraine, Philippi. Oper. cit. Sepia media? Linn, Rondelet. Oper. cit. Encyclop. méthod. PI. 76. fig. g.

Corpore carneo pellucido, cylindrico, elonyato, apice subulato, alis cordato-subulatis vel cordato-acuminatis, lamina dorsali, ovali-lanceclata, apice plus minusve stiliformi, antice atlenuata.

Corps charnu, cylindrique, allongé, tronqué en avant, formant à la partie médiane supérieure un angle saillant arrondi, et sur la partie médiane inférieure une petite échancrure légèrement concave ; extrémité postérieure fusiforme , plus ou moins subulée, portant deux nageoires réunies de manicre à donner la configuration d’un cœur plus ou moins aigu et subulé, et occupant au maximum les deux tiers du corps et au minimum moins de la moitié.

Tête petite, arrondie, un peu déprimée; munie de deux yeux mèdiocres, à orbites peu saillants et à crête auriculaire postéro-inférieure assez marquée; couronnée de huit bras sessiles coniques, inégaux entre eux soit en grosseur, soit en longueur.

Bras de la 1. paire, les plus courts et les plus minces ; ceux de la 2e, plus longs d’un tiers que les précédents ; ceux de la 4.°, plus longs que ceux de la 2.°; ceux de la 3.°, plus longs que ceux de la 4, et doublant la longueur de ceux de la 1%. La 2. et la 4€ paires, munis d’une légère crête natatoire; la 5.° paire pourvue d’une crête natatoire très développée. Tous ces bras sont armés d’une double rangée de cupules pédonculées alternantes, dont l’ouverture est oblique, petite et munie d’un cercle corné et trés finement denté sur la moitié de son contour (PI. 57. fig. 2). Bras tentaculaires rétractiles, donnant deux fois la longueur des bras sessiles les plus longs , développés à leur extrémité en massue lancéolée, garnie de quatre rangées de cupules. Les deux rangées internes décroissent du centre aux extrémités, celles du centre étant très grosses, celles des extrémités très petites.

Les cupules des rangées latérales sont presque toutes de la même grosseur; leur ouverture est horizontale et armée d’un cercle corné ; les dents en sont trés fines et coniques. (PI. 57. fig. g).

Membrane buccale sans cupules.

Tube locomoteur sans valvules. Encre d’un noir parfait.

Lame dorsale cornée, flexible, ovale, lancéolée, plus ou moins stiliforme, à partie antérieure attenuée. (PI. 37. fig. e. f).

Proportions.

. Longueur totale y compris les bras tentaculaires . 0,320 0.200 0,185 0,124 Longueur totale non compris les bras tentaculaires. 0,200 0,145 0,130 0,095 Longueur du corps : : . : : : 0,120 0,096 0,078 0,066 Diamètre du corps. : ; ; : : : 0,025 0,018 | 0,018 0,015 Longueur de la nageoire ; : : : : 0,072 0,065 0,046 0,030 Largeur de la nageoire . 0,042 0,031 0,031 0,021 Largeur de la tête. ee 0000 606 0 0

d. paire: -. : 0,040-:.:0,094 = 0.891 0.016

| de, 0,050 0,032 ‘0,032 0.022

He | de 2 A à O0 CG + : ; . 0,052 0,038 0,038 0,024

Longueur ües bras tentaculaires . ‘ - ; 0,180 0,090 0,090 0,055

Couleur. Vivant et dans l’état de tranquillité, ce céphalopode est d’un blanc-hyalin transparent; les globes des yeux sont colorés d’un bleu brillant et irisés d’un reflet doré. Tout le corps est clair-semé de points chromophores très fins et d’une teinte neutre; en se dilatant, ces points passent au rouge-vineux, les uns extrèmement fins, les autres assez gros : ils sont très visibles sur la tête et le long des bras supérieurs : quelques-uns le sont aussi sur la partie dorsale du corps. (PI. 57. fig. c). Au moindre mouvement, il se couvre en dessus d’une teinte jaunâtre, produite par des points chromophores à peine perceptibles à la loupe, et d’autres points chromophores ovales assez rapprochés, les uns d’un rouge vif, les autres rougeätres, d’autres encore roses. Sur les globes des yeux, ces points sont plus petits, d’un brun très obscur et disparaissent sur les nageoires. Hors de l’eau, ce céphalopode est d’un blanc-rosé opaque: toute la partie supérieure, la partie latérale, la partie latérale inférieure du sac, la partie supérieure de la tête, tous les bras, la massue-des bras tentaculaires et Pextrémité de l’entonnoir sont couverts de points chromophores ovales, clair-semés, rose-laque assez vif; qnelques points de la même couleur, très fins et disséminés avec les autres, couvrent toute la face médiane inférieure du corps, où ils sont très clairs. Les points manquent sur le bord de la nageoire, le long des bras tentaculaires, et sur la partie inférieure de la tête. (PI. 57. fig. a. b). Ce céphalopode se décolore assez vite et devient d’un blanc-jaunâtre opaque: conservé dans l'alcool, si toutefois il y a été plongé encore très frais, les points se conservent assez bien.

Rapports el différences.

Cette espèce, que je me décidai à publier comme nouvelle, vu que M. De Blainville lui donne pour caractère. « Corps terminé en arrière par une assez longue pointe caudale, que

. » n’accompagnent pas les nageoires ». Ce qui n’est pas dans celle-ci, diffère en outre du subulata de M. Delle Chiaje par la pointe médiane dorsale antérieure du sac, qui est arrondie et que M. Delle Chiaje décrit et figure aiguë, et par le cercle corné des cupules denté ou semi-denté, que M. Delle Chiaje décrit sans dents. Elle diffère aussi du subulata , figuré par M. De Férussac (PI. 17) d’après le dessin de M. D'Orbigny, qui a les bras sessiles égaux entre eux, et le corps très subulé, ne les ayant jamais vérifiés ainsi dans mon espèce. Mes études postérieures m'ont mis à même de me persuader que mon C. Lamarmora n’est que le C. subulé: de M. Delle Chiaje; je F'ai figuré pourtant sous ce nom parceque d’après la nouvelle planche (genre Calmar PI. 25) donnée par M. D'Orbigny dans la continuation du travail de M. De Férussac, le subulé de POcéan a son corps fortement subulé ; les nageoires à la partie supérieure, quasi rhomboïdales, à angles latéraux bien marqués ; puis les bras tentaculaires très courts et tous les bras proportionellement plus courts que dans celui de la Méditerranée. M. De Férussac dans sa correspondance m'avait déjà participé quelques doutes sur l’identité de l'espèce de l'Océan avec celle de la Méditerranée.

Habitation et mœurs.

Ce céphalopode vit dans toute la Méditerranée et se rencontre toute l’année à peu de profondeur ; on le prend abondamment au printemps et en automne, époque où, au moyen des dragues, l’on fait la pêche aux jeunes sardines et anchoix, qu’il suit dans leurs migrations et dont il parait se nourrir. Sa chair est très tendre, légère et délicate, aussi estil recherché comme friandise. Les pêcheurs le distinguent fort bien ; ils l’appellent à Génes Totaneto, et ne le confondent jamais avec le jeune C. sagittata, qu’ils nomment Calamareto, diminutif de Calamario: en Sardaigne, il porte le nom de Calamareddu; dans le reste de

l'Italie, celui de Calamareto.

Histoire.

Ce céphalopode est du nombre de ceux qu’Aristote connaissait. Rondelet, Aldrovande, Gesner etc. l'ont décrit et figuré sous le nom de ZL. parva, et Linné le classa sous celui de Sepia media. M. Lamark, dans son mémoire, lui donna celui de L. subulata, généralement adopté par tous les naturalistes, qui l’ont suivi. M. Delle Chiaje la décrit et figuré en émettant le doute que ce püt être une variété du C. commun. M. Cantraine, dans sa malacologie, n’approuve pas ce doute; puis il ajoute « que ses nageoires ne s’étendent pas » jusqu’à l’extrémité du sac, qui est libre et terminé en pointe subulée ». Ce que je n’ai jamais vérifié. M. Philippi, dans son Enumeratio molluscorum Siciliae, le cite aussi; mais il dit dans sa phrase, alis angustis caudae subulatue adnatis et distinctis. I reste donc à confronter cette espèce avec celle de l'Océan; si leur différence est constatée comme il y a toute apparence, d’après la belle planche donnée par M. D’Orbigny, le nom, que j'ai imposé à celui-ci, pourra se conserver ; car celui de subulata appartient à l'espèce de l'Océan, sur laquelle M. Lamark a fait sa description : en cas contraire, ils devront se réunir tous les deux sous le nom primitifs de Lamark.

N. 4. C. MENEGHINI. L. MENEGHINII, Verany. PI. 55. fig. c. d.

Verany, Congrès scienlif. de Gênes. séance du 26 sept. Actes du congrès de Gênes, pag. 513.

Corpore carneo , conico, apice acuminato, alis rotundalis non dimidiam saccr longitudinem occupantibus, lamina dorsali cornea . . . . .

Corps charnu, conique, tronqué en avant; ouverture grande et décrivant sur la partie médiane supérieure un angle trés peu saillant et à la partie médiane inférieure un très petit sinus concave; extrémité postérieure acuminée, portant deux nageoires semi-circulaires, réunies sur la partie supérieure, et formant une nageoire presque bilobée et échancrée sur l'extrémité du corps, dont elle occupe un peu moins de la moitié.

Tête légèrement comprimée, grande, munie de deux yeux médiocres, dont les orbites sont assez saillants, et la crête auriculaire peu marquée; couronnée de huit bras sessiles très irréguliers, et proportionellement très longs ; ceux de la 1." et de la 2.° paires, de même longueur: ceux de la 5. et de la 4°, plus longs que les précédents de plus d’un tiers, plus longs aussi que le corps, et égaux entre eux. On ne remarque sur aucun d’eux de membrane natatoire. Tous ces bras sont armés d’une double rangée de très petites cupules alternantes, portées sur un pédoncule très court. Bras tentaculaires une fois et demi plus longs que le corps, à extrémité très peu développée en massue: cette massue est armée de deux rangées de cupules microscopiques.

Tube locomoteur assez gros, pourvu d’une petite valvule et soutenu par deux brides.

Lame cornée... inobservée.

Proportions.

Cette espèce ne dépasse pas deux décimètres de longueur.

Couleur. Dans lalcool, ce céphalopode est d'un blanc-rougeñtre opaque. Toute la partie dorsale du corps, la tête et les bras sont couverts de points chromophores rouge-laque , les uns contractés et très petits, les autres dilatés et gros: ces mêmes points, gros, se montrent aussi sur la partie inférieure du corps et de la tête, où les petits points ont presque entièérement disparu. Ils sont très nombreux sur l'extrémité de tous les bras. La ligne médiane

orsale est marquée de bleuâtre; et le globe des yeux est aussi fortement coloré de cette même teinte.

Rapports et différences.

Cette espèce, qui a beaucoup de rapport par la proportion de ces bras avec le C. Alessandrini, se distingue par son corps très conique à large ouverture, et ses bras tenta-

culaires , dont l’extrémité n’est pas développée en large massue et qui ne porte que deux rangées de très petites cupules.

DÉCAPODES 99 Habitation et mœurs.

C’est encore une des espèces recueillies à Messine par M. Krohn, qui se trouvait parmi les nouveautés, qu’il avait remarquées, et qu’il me céda afin d'en enrichir ma monographie.

Histoire.\

C’est à la séance du 26 sept. du congrès scientifique de Gênes, que je publiai cette nouvelle espèce : j’en distribuai le même jour la figure au trait; et ma communication est insérée dans les actes de ce congrès, page 515.

N. 5. C. ALESSANDRINI. Z. ALESSANDRINII. Verany. PI. 55. fig. f-h.

Verany, Congrès de Gëênes, et actes du congrès. Loc. citat.

Corpore carneo, cilindrico, elongato, leviter conico, apice rotundato, alis rotundatis, ter quintam sacci longitudinem occupantibus, non sacci extremilalem superantibus.

Corps charnu, cylindrique, allongé, légèrement conique, tronqué en avant; décrivant sur la partie médiane supérieure un angle très saillant, et sur la partie médiane inférieure un petit sinus concave ; extrémité postérieure arrondie, portant deux nageoires circulaires, réunies supérieurement en forme de nageoire bilobée, un peu dépassée par l'extrémité du corps, dont elle en occupe les trois cinquièmes.

Tête assez large, un peu déprimée : munie de deux yeux, dont les orbites sont saillants, et la crête postéro-inférieure très peu visible; couronnée de huit bras sessiles longs, minces et très inégaux entre eux. Ceux de la 1. et de la 2.° paires, égaux, et de la longueur des deux tiers du corps; ceux de la 5.° et de la 4°, égaux, et plus longs d’un tiers que les précédents. On ne distingue sur ces bras aucune trace de crête natatoire. Ils sont tous armés de deux rangées de très petites cupules alternantes, portées par un pédoncule conique assez long. Bras tentaculaires rétractiles, deux fois plus longs que les bras de la 1." paire, développés sur leur extrémité en large massue ovale, garnie de quatre rangées de cupules décroissantes en grosseur du centre aux extrémités ; les rangées externes sont les plus grosses; et les internes, très petites et toutes presque égales en grosseur.

Tube locomoteur médiocre, soutenu par deux petites brides et pourvu d’une petite valvule.

Lame cornée... inobservée.

Proportions.

Cette petite espèce a environ deux décimètres de longueur.

Couleur. Dans l'alcool, ce céphalopode est d’un blanc-jaunâtre opaque. On voit tout le corps nuagé de gros points chromophores, dilatés, rouge-laque; ces mêmes points se remarquent sur la tête et le long des bras. La ligne médiane dorsale est marquée par une teinte bleuâtre, ainsi que le globe des yeux.

100 CÉPHALOPODES Rapports et différences.

Cette espèce est bien caractérisée par son sac long, légèrement conique , à extrémité arrondie, qui dépasse la nageoire, et le distingue au premier abord du C. Meneghini, avec lequel il a beaucoup de rapport. La distinction en est encore plus nette et plus précise par

le caractère de la massue des bras, armés de grosses cupules dans celui-ci, et à cupules à peine visibles sur l’autre.

Habitations et mœurs.

Cette espèce à été trouvée par M. le Doct. Krohn, dans le port de Messine: elle faisait partie des objects remarquables, qu’il avait recueillis pour moi.

Histoire.

C’est au congrès de Gènes que je fis connaitre cette espèce par une phrase caracteristique publiée dans les actes de ce congrès (pag. 513).

N. 6. GC. BIANCONT. L. BIANCONI. Verany. PI. 35. fig. 2-L. Verany, Congrès de Gènes, séance du 26 sept. Actes du congrès , pag 513.

Corpore carneo, cylindrico, conico elongato, apice acuminato, alis cordato depressis: dimidiam corporis longitudinem occupantibus, lamina dorsali, cornea flexibili, lineari-lanceolata, infundibulo terminali praedita.

Corps charnu, cylindrique, conico-allongé, tronqué en avant; et décrivant à la partie médiane supérieure un angle peu saillant, et à la partie médiane inférieure un petit sinus concave ; extrémité postérieure très conique et légèrement subulée , portant deux nageoires réunies supérieurement en forme de cœur évasé un peu en fléche, et occupant la moitié du corps.

Tête médiocre, munie de deux yeux petits, couverts par les téguments de la peau, percée d’une très petite ouverture ; les orbites en sont peu saillants. Elle est couronnée de huit bras sessiles courts et presque d'égale longueur entre eux ; ceux de la 1." paire et de la 4, longs comme les trois cinquièmes du corps; ceux de la 2°, un peu plus longs, et ceux de la 5.° encore un peu plus longs et dépassant de peu la moitié du corps : ceux de cette dernière , sont pourvus d’une crête natatoire. Tous ces bras sont armés d’une double rangée, assez distante l’une de l’autre, de cupules alternantes, globuleuses, portées par un pédoncule si court qu’elles paraissent sessiles. Bras tentaculaires rétractiles, longs des deux tiers du corps, à extrémité développée en massue lancéolée; les rangées du centre, un peu plus grosses que les latérales. Comme dans les cupules des bras sessiles, le pédoneule est imperceptible. L’extrémité dorsale de la massue porte une crête natatoire.

Tube locomoteur pourvu d’une très petite valvule, et soutenu par deux petites brides.

Lame dorsale cornée, flexible, linéaire, lancéolée, à base très étroite et terminée par un petit godet conique, très aigu.

DÉCAPODES | 101 Proportions.

Pas un des nombreux individus, que je possède de cette espèce, ne dépasse deux décimètres de longueur.

Couleur. Dans l'alcool, il est d’un blanc-rosé opaque. On remarque sur le globe des yeux des taches bleues, et le long de la ligne dorsale, qui est rougeâtre, quelques séries de points chromophores rougeâtres, et assez gros, qui disparaissent sur les côtés du corps et manquent sur la nageoire et sur la partie inférieure. On voit les mêmes points, mais plus petits, sur la tête et le long des bras.

Rapports et différences.

Cette petite espèce a le facies des Calmars flèches et s’en distingue au premier abord par les yeux entièrement recouverts par la peau, par l'appareil constricteur simple et la lame cornée lancéolée, qui est cependant terminée par un petit godet très conique.

Habitation et mœurs.

C’est encore une espèce , que M. Krohn a recueillie abondamment à Messine. Histoire.

Comme toutes les nouveautés, que me donna M. Krohn, j'ai publié cette espèce au congrès de Gènes ; et sa description fut insérée dans les actes dn congrès de cette ville.

B. Appareil constricteur composé; yeux largement percés dans la peau. N. 7. C. TODARE. Z. TODARUS. Dee Cnase. Pl. 33.

Delle Chiaje, Anim. invert. Raffinesque, Philippi. Oper. cit. L. Var. Todariptera. Delle Chiaje , Mémoires. Tab. XCV. L. Maxima. Seba, Musc. IT. t. IV. fig. 1-2.

Bruguière, ÆEnc. méth. PI. LXXVIL fig. 1.

C. härpagon. Denis de Montf., Buffon, Moll. IT. 65. t. XIV. L. Sagittata. Lamark, Cuvier, Carus, Cantraine (adulte), Férussac. Oper. cit.

Corpore carneo, cilindrico elongato, postice acuminato, alis triangularibus conjunetis, alam rhomboïdeam plus minus-ve sagittatam eformantibus, et dimidiam sacci longitudinem occupantibus : tentaculis non retractilibus ; lamina dorsali cornea, lineari, antice dilatata, postice ovali concava in infundibulum conicum desinenti.

Corps charnu, cylindrique, tronqué en avant, décrivant à la partie médiane supérieure un angle peu saillant, et à la partie médiane inférieure une fossette concave:; extrémité

postérieure acuminée, portant deux nageoires triangulaires réunies sur le dos en forme de nageoire rhomboïdale, en fer de lance plus ou moins aiguë, et occupant la moitié du Corps. |

Tête grosse, arrondie, légèrement déprimée, portant deux yeux mobiles, gros et percés largement dans la peau, qui n’est pas transparente : cette ouverture présente un sinus médian supérieur, les orbites en sont peu proéminents: cette tête est munie à sa partie postérieure de 6 brides ou crêtes, qui la rattachent avec le cou; sa surface inférieure est creusée en espèce de niche, où se loge le tube locomoteur; elle est en outre couronnée de huit bras sessiles et de deux tentaculaires non rétractiles. |

Bras de la 1." paire, conico-subulés, les plus gréles de tous ; ceux de la 4°, un peu plus forts et légèrement comprimés latéralement; ceux de la 2.° et 5°, plus forts que les autres, très comprimés latéralement, tous, à l'exception de ceux de la 1." paire, pourvus d’une crêle natatoire, très prononcée surtout sur la 5°. Ils sont à peu près de la même grosseur et ne dépassent point la moitié du corps: ils portent deux rangées de cupules alternantes, globuleuses, dont louverture, latérale est large et munie d’un cercle corné oblique, garni de 7 grosses dents coniques et crochues (PI 55. fig. 2); ces cupules sont placées sur un pédoneule pyramidal (PI. 53. fig. 1). Bras tentaculaires arrondis, lègèrement carénés sur le dos, longs un peu moins du double des bras sessiles, peu élargis en massue sur leur moitié postérieure, très comprimés latéralement vers leur extrémité et munis d’une crête natatoire terminale. Ils sont armés sur toute leur longueur de quatre rangées de cupules; celles des rangées externes, portées sur de très- longs pédoncules, sont presque égales et petites, sauf vers l’extrémité des bras, où elles sont microscopiques; les deux rangées internes vont en augmentant de grosseur d’une manière assez progressive jusqu'au troisième quart, où elles sont très grosses, puis diminuent tout-à-coup sur le dernier quart, et deviennent sur cet espace microscopiques comme les latérales. Le cercle corné des grandes cupules est horizontal, et leur contour est armé de petites dents coniques et cerochues, alternantes avec d’autres presque carrées (PI. 53. fig. 4); quelquefois ces dernières dents manquent sur la moitié inférieure du cercle (PI. 35. fig. 5). Le cercle corné des petites cupules latérales est globuleux, percé de deux ouvertures; celle de la base est horizontale et plus petite, celle de l’ouverture, latérale et dentée en scie.

La membrane buccale conique est couronnée de 7 lobes pyramidaux, qui ne portent aucune cupule.

Tube locomoteur logé dans un nine de la tête, soutenu par deux petites brides médianes, et deux grosses latérales, et pourvu d’une valvule.

Osselet interne corné, flexible, linéaire, plus large dans sa partie supérieure, diminuant progressivement, très étroit dans sa partie inférieure , et terminé par une plaque ovalelancéolée, légèrement concave, dont l’extrémité est creusée en godet conique et aigu.

Proportions.

Longueur totale y compris les bras tentaculaires . : : : 0,315 ; 0,315 Longueur totale non compris les bras tentaculaires : : ‘ 0,245 : 0,250 Longueur du corps . 0,145 : 0,145

Diamètre du corps : : 1 : : 0,031 ë 0,034

Largeur de la tête : ; à $ ; : 0,032 0,035 Largeur de la nageoire : - ; : : 0,080 ; 0,100 Longueur de la nageoire : : s À 5 0,073 ; 0,080

4. et 4. paires . rer ; 0,073 ; 0,080 + perds bras ER (el vu Longueur des bras tentaculaires . , 0,140 0,140

Couleur. Dans l’état de vie, ce céphalopode est d’un blanc-livide peu transparent, se nuançant de bleu, de verdâtre et de rose irisé par des reflets argentés, qui brillent sur le corps, sur la tête et sur les bras supérieurs ; il est aussi nuagé par de grandes taches, qui passent du jaune-indien brillant à la terre de Sienne brülée, au rouge-vineux et au violet plus ou moins obscur : cette dernière teinte ne colore ordinairement que la partie médiane dorsale du corps et de la tête. Il est presque entièrement couvert de points chromophores, les uns ovales et clair-semés, les autres entièrement fins et très rapprochés: ces points d’un rouge-ferrugineux, plus ou moins obscur, se changent en rouge-rouille et en teinte neutre. Le bord de l’ouverture de la peau, qui laisse lœil à nu, est couvert quelquefois de points de cette même teinte, si rapprochés qu’elle parait bordée de noirâtre; ce qui ajoute beaucoup d'éclat à l'iris, qui est d’un argent bruni très brillant. Hors de l’eau, il est en général d’une teinte vineuse uniforme plus obscure sur la partie médiane dorsale, un peu plus claire sur toute la partie inférieure. Il est alors entièrement couvert de points chromophores, tous d’une couleur neutre très obscure, disposés comme dans l’état de vie ; mais souvent on observe les points ovales cerclés d’un espace blanchâtre ‘sans points. La face interne des bras et la membrane buccale n’en portent aucuns. Hors de l’eau, le jeu des points chromophores se conserve pendant quelque heures.

Quand il a perdu toute vitalité, et que le jeu des points chromophores a cessé, sa couleur est rouge-brique uniforme; les points sont très visibles et plus obscurs : mais peu à peu il se décolore, et toute la peau de ce céphalopode devient d’un rouge-jaunâtre sale.

Rapports et différences.

Cette espèce se distingue au premier abord du L. sagittata par ses formes moins élégantes ; par son Corps plus acuminé; par ses nageoires à lobes latéraux plus aigus; surtout par ses bras tentaculaires plus gros non rétractiles, garnis de cupules sur toute leur longueur, un peu dilatés, mais non terminés en massue: enfin par son corps qui n’est jamais transparent. :

Habitation et mœurs.

Le C. todare se pêche accidentellement toute l’année dans la Méditerranée : on le prend quelquefois à l’hamecon à de médiocres profondeurs ; mais plus souvent encore il est ramené à fleur d’eau attaché aux poissons pris à la ligne, qu’il dévore; on le saisit alors avec un petit filet emmanché. Souvent aussi il échoue sur la plage. Je ne l’ai jamais rencontré d’une taille inférieure à deux décimètres, et j’en ai mesuré un de 1,655 décimètres y compris les bras tentaculaires ; il pesait 12 kilogr. On en a pris à Nice de 15 kilogr. : et les pêcheurs m'ont assuré en avoir vu d’échoués dépassant ce poids. Sa chair est dure, coriace, aigre et malsaine ; aussi le porte-t-on peu sur le marché. Les individus de

moyenne grandeur se vendent au gens du peuple, qui le connaissent peu; sur le marché de Nice la vente en est prohibée. Cette espèce ne paraît par voyager par bandes ; car jamais, que je sache, on n’en a pêché une certaine quantité en même temps, ce qui arrive très souvent du sagütata et du vulgaris. Il porte à Gènes le nom de Caamà; à Nice celui de Taute sperlevat ; en Sardaigne celui de Calamari ou Todari; en Sicile celui de Todaru et à Messine celui de Totanu.

Histoire.

M. Delle Chiaje est le premier qui ait séparé très à propos le todarus du sagittata, espèce bien distincte par le facies et par le caractère des bras tentaculaires. M. Raffinesque (pag. 29 de son précis des découvertes sémiologiques), cite un Z. todarus sans aucune description. M. Lamark avait déjà indiqué deux variétés du sagittata, qu’il avait eu l'idée de séparer spécifiquement : il est cependant très difficile d'établir, si parmi ces deux variétés doit s'inscrire le todarus; car dans aucune des deux il ne parle des cupules, qui garnissent toute la longueur des bras, caractére trop tranchant pour être échappé à ce profond observateur : c’est pour cette raison , je crois, que M. Delle Chiaje n’a rappelé dans sa synonimie aucune des variétés de Lamark. Toutefois la syronimie de cet auteur n’est pas plus claire, puisque pour la variété à il cite la fig. 1, et 2, de la PI. 4. de Seba. La figure première est un mauvais dessin du éodarus fait sur un individu contracté par Palcool ; aussi ne voit-on plus la crête natatoire des bras, et la nageoire est trés raccourcie. La fig. 2. puis, est sans aucun doute un sagittata. Pour la variété b, il cite le fig. 5 et 6 de la PI. 5. du même auteur et les fig. 3-5. PI. 4. Les figures 5 et 6. PI. 5. ont beaucoup de rapport avec le sagittata jeune, la fig. 5. PI. 4. représente passablement un todarus, et les fig. 4 et 5 se rapprochent beaucoup de la même espèce; mais elle est plus petite.

M. Cantraine dans sa malacologie n’admet pas les deux espèces ; il commet un erreur en regardant comme aduite le {odarus, et comme jeune le sagittata. Ayant observé et bien examiné une quantité de fodarus depuis la taille de deux décimètres jusques à celle de plus d’un mêtre et demi, ainsi qu’un grand nombre de sagittata, dont la taille variait de 2 à 5 décimètres, je n’ai jamais révoqué en doute la différence spécifique de ces deux céphalopodes , et j’ai pu me convaincre que ce n’est point une différence d'âge, comme le pense M. Cantraine. De même que M. Lamark, ce savant regarde comme identiques les fig. 1 et 2. PI. 4 de Seba, figures qui, à mon avis, représentent les deux espèces; puis pour le sagiltata jeune âge, il cite les figures 1 et 2. PI. 77 de l'Encyclopédie méthodique, figures dont les bras tentaculaires courts et garnis de ventouses sur toute leur longueur, bien indiquées sur cette mauvaise planche, ne laissent planer aucun doute sur son identité avec le todarus. Cependant il rapporte très à propos au sagittata la figure de Blainville (Malac. PL 1:06. 3),

M. Cantraine n’a point cru admettre, comme caractères spécifiques valables, ni la grosseur des bras sessiles proportionellement plus forts sur le {odarus que sur le sagittata, ni la différence des bras tentaculaires grêles, cylindriques, comme pédonculés et largement développés en massue terminale sur le sagittata; tandisqu’ils sont beaucoup plus courts, très développés en massue, garnis de cupules sur toute leur longueur et ne sont pas rétractiles sur le {odarus. Enfin si M. Cantraine, dans son court voyage, n’avait pas été

absorbé par des observations plus importantes pour le progrès de la science, il aurait constaté que les bras tentaculaires de presque tous les décapodes sont contractiles, et se cachent entièrement dans la cavité de leur tête. M. Philippi reconnait les deux espèces, basant leur différence sur les bras tentaculaires. M. le Prof. Carus, loco cit., a, sous le nom de sagiltata, passablement figuré un {odarus (PI. XXX); il ajoute dans sa phrase: fentaculis duobus reliquis octo longitudine superantibus. M. Risso décrit aussi sous ce nom le {odarus, puisqu'il dit: pinna triangulum acutangulum efformantibus, pour la quatrième paire (tenculaires) « un peu moins longue que le corps, presque toute couverte de cupules ».

N. 8. C. À PIEDS ÉGAUX. L. AEQUIPODA. Rurreus. PI. 53. fig. a. b.

Ruppell, Lettre à M. le Prof. Cocco. Giornale di gabinetio di Messina.

Corpore carneo cilindrico, elongato, apice conico, ala cordato-rhomboïdea leviter compressa, quartam sacci longitudinem occupanti, tentaculis brevibus non rectractilibus.

Corps charnu, cylindrique, très allongé, un peu conique, tronqué en avant; dessinant sur la partie médiane supérieure un angle peu saillant, et sur la partie médiane inférieure une échancrure concave médiane ; extrémité postérieure, conique et portant deux nageoires réunies sur la partie supérieure en forme de rhomboïde cordiforme, un peu plus large que haut, et dont les angles latéraux sont arrondis, cette nageoire occupe un peu plus d’un quart de la longueur du corps.

Tête petite, fermant parfaitement l’ouverture du corps, un peu déprimée, munie de deux yeux médiocres, largement percés dans la peau, son ouverture décrit un sinus supérieur; elle est couronnée de huit bras sessiles courts et presque égaux. La 4.° paire en est la plus courte; la 1."*, de très peu plus longue que la précédente; la 2, un peu plus longue que la 4°; et la 5.°, encore un peu plus longue et égale aux deux cinquièmes du corps. La 1."° paire est conique, comprimée latéralement, quasi quadrilatère, à face interne, portant les cupules, très étroite. La 3.° est très comprimée et possède une forte crête natatoire, très large sur la moitié de sa longueur. Enfin la 4.° paire est quasi triangulaire à angle interne, portant les cupules, légèrement aplati. Tous ces bras sont armés d’une double rangée très rapprochée de cupules orbiculaires, à ouverture oblique, implantée sur un tubercule conique , et placées sur un petit pédoncule filiforme. Bras tentaculaires non rétractiles, dépassant de fort peu la 3.° paire, un peu comprimés latéralement, presque triangulaires; l’angle latéro-dorsal est muni d’une petite crête natatoire, et l’angle interne porte sur les cinq sixièmes de sa longueur quatre rangées de petites cupules, dont les rangées internes sont plus grosses que celles des rangées latérales, tandisque celles du centre sont bien plus grosses que celles des extrémités. Toutes ces cupules se trouvent sises sur des pédicules si courts qu'on les croirait sessiles.

Tube locomoteur enchässé dans une échancrure ovale de la tête, soutenu par deux pétites brides médianes, et deux fortes brides latérales.

Lame cornée... Je n’ai pu me décider à sacrifier l’unique individu, que je possède de cette espéce.

106 | CÉPHALOPODES Proportions.

M. Ruppell, qui a recueilli trois individus de cette nouvelle espèce, nous dit qu’elle arrive à la longueur de trois pouces; l’exemplaire, que m’a donné M. le Doct. Krohn, a 0,055.

Couleur. Vivant, ce céphalopode est, d’après le rapport de M. Krohn, d’une teinte blanchâtre, tout couvert de petits points chromophores rouge-obseur ; le globe des yeux brille d’un bleu très foncé avec des reflets dorés. Moribond, les points chromophores se dilatent et sont d’une teinte rougeûtre très vif, qui colore tout le corps.

Dans l'alcool, le bleu des globes des yeux est encore visible : la ligne médiane dorsale du corps est marquée par la réunion de points bleuâtres très fins; tout le corps est couvert de points chromophores dilatés et rougeâtres, et d’une infinité de plus petits de même teinte. Ces mêmes points couvrent toute la partie inférieure du corps et tous les bras; ils ne manquent que sur le bord supérieur des nageoires et sur toute leur surface inférieure. L’iris est argenté. | |

Rapports et différences.

Cette espèce a beaucoup de rapports avec le L. cylindracea de M. D’Orbigny, figuré dans la monographie (genr. Calmar PI. 21. fig. 5). D’après cette figure, Pespèce de M. Ruppell diffère de celle de M. D'Orbigny par son corps un peu conique et ses bras tentaculaires non développés en massue et pourvus sur presque toute leur longueur de quatre rangées de cupules; plus encore par les angles latéraux des nageoires arrondis sur l’aequipoda, tandis qu’ils sont anguleux sur le cylindracea.

Habitation et mœurs.

Cette espèce n’a été jusque’à présent rencontrée qu’accidentellement dans le détroit de Messine, où elle paraît être entrainée par les grands courants, qui y règnent.

Histoire.

Nous devons la connaissance de cette nouvelle espèce à M. Ruppell, qui en recueillit trois exemplaires à Messine, et prit date de cette découverte par sa lettre à M. le Prof. Cocco. M. Krohn en ayant eu un exemplaire pendant son second séjour dans cette même ville,

l’unit aux nombreuses nouveautés, qu’il me céda à son retour: c’est sur cet individu conservé dans l'alcool, que j'ai fait ma description.

N. 9. C. SAGITTÉ. L. SAGITTATA. Lamank. PI. 31 et 32.

Lamark, Cuvier, Blainville, Payraudeau, Cantraine ( jeune), Philippi, Delle Chiaje, Seba. Oper. cilat.

Sepia sagitlata. Bosch, hist. nat. des vers 46. L. Bartramii? Féruss. et D'Orbigny , Monogr. Genr. Calm. PI. 2.

Corpore carneo, pellueido, cilindrico, plus minusve elongato, postice acuminato, alis conjunctis, alam cordato-rhomboïdeam, vel sagittato-rhomboïdeam efformantibus, dimidiam vel bis quintam sacci partem occupantibus : tentaculis pedonculatis retractilibus ; lamina dorsali cornea, lineari antice, dilatata postice, in infundibulum. conicum desinenti.

Corps cylindrique, plus ou moins allongé, selon les sexes, tronqué en avant, donnant sur sa partie médiane supérieure un angle très peu.saillant, et sur la partie médiane inférieure une échancrure concave: partie postérieure, acuminée et portant deux nageoires semi-rhomboïdales réunies sur le dos en forme de nageoire rhomboïde légèrement cordiforme, à angles latéraux anguleux, qui occupe au maximum la moitié, et au minimum les deux cinquièmes du corps.

Tête arrondie, presque aussi grosse que le corps; munie de deux yeux largement ouverts dans la peau, qui est très transparente; l’ouverture décrit un sinus supérieur: les globes des yeux sont gros , aplatis et peu proéminents. Elle porte à sa partie latérale postérieure trois brides, qui la rattachent au cou, et à sa partie inférieure un enfoncement conique, où se loge le tube locomoteur: elle est couronnée de huit bras sessiles inégaux et de deux tentaculaires longs et rétractiles. |

Bras de la 1."° paire, grêles, conico-subulés et légèrement comprimés; ceux de la 4, un peu plus longs d'environ un cinquième, légèrement triangulaires, et un peu plus gros que les précédents; ceux de la 2.° et de la 3.°, égaux entre eux et plus longs d’un quart que ceux de la {.* paire. La 2° paire est en outre comprimée latéralement et fournie d’une crête natatoire, dont la plus grande largeur ést marquée plus bas que la moitié des bras. La 2.° paire, fortement déprimée sur les côtés, est carénée par une crête natatoire. Tous ces bras sont garnis d’une double rangée de cupules alternantes, qui commencent à une sixième de la base: sur la 1." paire, elles augmentent de grosseur jusqu’à la cinquième, qui est la plus grosse, diminuent insensiblement jusqu’à la onzième, puis décroissent tout-à-coup, la douzième étant de beaucoup plus petite que la précédente. Elles se rapetissent ensuite peu à peu jusques sur l’extrémité des bras, où elles deviennent microscopiques. Sur la 2° et la 5.° paire, la décroissance des cupules est la même; mais elles augmentent jusqu’à la onzième, puis diminuent insensiblement jusqu’à la quinzième, et la seizième est la moitié de la précédente. Sur la 4.° paire, elles augmentent jusqu’à la huitième, décroissent progressivement jusqu’à la douzième. Les cupules sont globuleuses, percées obliquement et portées par un pédoncule pyramidal élastique ; leur ouverture est garnie d’un cercle corné et denté ; les dents sont plus grosses sur la partie supérieure et diminuent vers l’inférieure; elles sont arrondies, excepté celle du centre supérieur et dans quelques individus celles des centres latéraux, qui sont coniques et aiguës. Les cupules des bras de la 2° et de la 3.° paire doublent en grosseur celles des autres bras; on peut en compter environ 40 par bras. |

Bras tentaculaires, rétractiles, cylindriques, comme pédonculés, grêles, deux fois plus longs que les bras de la 2.° et de la 5.° paire, et développés sur leur extrémité en massue ovale-lancéolée et munie sur la moitié terminale d’une crête natatoire dorsale. Sur l’inférieure elle est garnie de quatre rangées de cupules, qui commencent à la moitié des bras, sont très irrégulières en grosseur et alternantes. Celles des rangées médianes sont très petites

et augmentent peu-à-peu de grosseur sur le premier tiers ; elles sont grosses et décroissent du centre aux extrémités sur le tiers médian. Celles des rangées latérales sont petites, augmentent peu de grosseur sur le tiers médian: sur le tiers terminal toutes les cupules sont égales et très petites, et cette partie en est couverte. Ces cupules sont, comme celles des bras sessiles, globuleuses et portées par un pédoncule pyramidal: l’ouverture des grandes cupules médianes est bordée d’un cercle corné non denté : l'ouverture des petites cupules des séries latérales est oblique et munie de dents en scie.

Membrane buccale sans cupules.

Tube locomoteur, petit, pourvu d’une valvule, logé dans le creux de la tête, rattaché à elle par deux petites brides médianes, et deux plus fortes latérales.

Lame cornée, flexible, linéaire, large dans le haut, étroite dans le bas, terminée par un capuchon ovale très concave, dont l'extrémité est creusée en godet conique terminal.

Proportions.

Longueur totale y compris les bras tentaculaires . 2e mâle 0,320 femelle 0,322 Longueur totale non compris les bras tentaculaires : : k 0,210 : 0,228 Longueur du corps : ; , , : : L : : 0,090 - 0,136 Diamètre du corps ; : : : = : : : 0,031 : 0,028 Largeur de la tête : ; : : < : , : - 0,030 È 0,027 Hauteur de la nageoire S ; : L ; 0,045 - 0,053 Largeur de la nageoire : : 5 : : : ; : 0,070 ‘ 0,068 4. paire . : : : à : 0,072... 0,056

Logis. def a. | D ; : : - ‘ : 0,098 ; 0,080 a à : : ; : : 0,100 : 0,081

| Re : : : : : 0,080 0,070

Longueur des bras tentaculaires . 3 : : - à 0,210 : 0,134

Couleur. Dans l’état de vie, le corps est charnu, d’un blanc-hyalin très transparent, irisé de bleu, de rose, de jaune, de verdâtre, avec des reflets argentés très brillants sur le dos, sur la tête, le long des bras et principalement sur l'iris, qui est très grand et couvert en partie par la peau transparente. On voit aussi briller à travers le corps l'argent mât, qui couvre la vessie de l’encre. Le cercle des globes des yeux est marqué d’une teinte bleue, très brillante, qui passe au laque et se confond avec la teinte générale. Le mâle est ordinairement nuagé d’une teinte jaune-orangé brillant, produite par les points chromophores, les uns très fins, les autres plus gros: ces points sont très rares sur la nageoire et forment des taches le long des bras et sur la tête. La ligne médiane du corps est constamment nuagée de points les uns très fins, les autres plus gros, d’un beau rouge-laque carminé; on les remarque ,aussi sur les bras et sur la tête. Sur la partie dorsale des globes des yeux, on aperçoit une tache en demi-lune formée par des points d’un bleu très foncé, qui passent au laque très vif: la peau transparente, qui voile une partie de l'œil, est aussi couverte de points chromophores, très fins laque et bleu. Les bords de la nageoire sont de même nuagés de taches produites par la réunion de points très fins, rouges laque, orangés ou jaunes. La partie postérieure de la tête, les brides et le cou sont pointillés de la même couleur : il en est de même de la massue et de la ligne dorsale des bras tentaculaires. Sur

les parties inférieures du corps , les points sont tous d’un rouge-orangé, plus ou moins vif: sur la partie inférieure de la tête, sur le bord de l’entonnoir, sur la face inférieure des bras, ils sont très fins, laque et jaune-orangé; ils manquent entièrement sur la fossette, où se loge l’entonnoir, sur la base de celui-ci et sur la face inférieure de la nageoire, où transparaissent ceux de la partie supérieure.

La femelle, qui se reconnait à la longueur de son corps, et dont les bras sont moins longs, brille, comme le mâle, de reflets argentés: mais elle est nuagée d’une teinte jaune-rougeñtre et couverte de points clair-semés, plus gros, rouge-rouille ; lesquels points, sur la ligne médiane du corps, passent au violet obscur. L’œil est fortement irisé ; les bras se nuagent de taches jaunâtres comme le corps, et sur les nageoires on voit des taches produites par les points chromophores très fins, laque très vif.

Quand il a perdu sa première fraicheur, et avant même que le jeu des points chromophores cesse, les reflets argentés, qui brillent sur les parties latérales du corps et le long des bras, disparaissent ; la peau perd sa transparence; el ce mollusque devient d’une teinte jaune-orangé générale. Les points chromophores laque du mâle pâlissent entièrement; les orangés, de brillants qu'ils étaient, passent au jaunètre; la ligne médiane dorsale du sac de la femelle devient d’un violet sale général; les points violets obscurs restent ouverts et décolorés. Dans quelque état qu'il soit, jamais ce céphalopode ne se couvre de la teinte vineuse du {odarus.

Rapports et différences.

Comme je l’ai déjà observé pour le todarus, cette espèce, qui n'arrive point à 5 décimètres, y compris les bras tentaculaires, et n’atteint jamais le poids de 4 hectogrammes, se distingue au premier abord par sa chair moins coriace, par sa transparence, et ses bras tentaculaires grêles, peu rétractiles, comme pédonculés, développés en large massue, et munis de cupules sur une seule partie de leur longueur.

Habitation et mœurs.

Ce céphalopode vit dans l'Océan Atlantique et la Méditerranée, on le rencontre dans toutes les saisons à peu de profondeur, sur les terrains vaseux et en compagnie des Eledons. Les dragues en ramènent assez souvent; mais cependant toujours isolés. Il parait que cette espèce est sujette à des migrations; car il arrive quelquefois qu'on en prend des quantités : les marchands de poissons le distinguent fort bien et le nomment Calamaio: ils le tiennent à l'écart; car sa chair, quoique tendre, est aigrelette et de mauvais goût; et ils ne le vendent qu'aux gens du peuple, qui ne le connaissent pas.

Histoire.

Cette espèce a toujours été confondue avec le fodarus. M. Delle Chiaje l’en a séparé le premier, et il suffit d’avoir eu sous les yeux quelques individus des deux espèces, pour être convaincu de la justesse des observations du savänt anatomiste Napolitain. Son histoire se confond avec celle du éodarus; il est donc inutile de la répéter.

ae

M. D'Orbigny, dans son tableau comparatif de la répartition géographique des céphalopodes, assigne à la Méditerranée une troisième espèce le Bartramii de Lesueur, que M. Cantraine avec quelques doutes rapporte comme synonime de l’adulte. D’après la figure (Monogr. des céph. Genr. Calm. PI. 2), il est facile de reconnaître que cette espèce a beaucoup de rapports avec le {odarus; mais qu’elle s’en éloigne par la longueur de son corps, par l’ampleur des membranes protectrices des cupules, que portent tous les bras, par le manque de cupules sur toule la longueur des bras tentaculaires et par la différence de dentilion des cercles cornés des cupules. L'autorité de M. Lesueur est trop respectable pour mettre en doute l’exactitude de son observation ; il faut croire conséquemment que cette espèce n’a été revue d'aucun autre naturaliste, et que peut-être, avec l’aide de figares un peu plus exactes, et leur description plus répandue, l’étude de ces animaux pourra faire de nouveaux progrès : et peut-être encore retrouvera-t-on cette espèce et bien d’autres jusqu’à présent inconGues.

N. 9. C. DE COINDET. L. COINDETII. Veray. PI. 56. fig. a. b. c. Verany, Mém. de l'Ac. Roy. des sc. de Turin. Loc. cital.

Corpore carneo, pellucido, cilindrico, leviter fusiformi, postice acuminato, als coniunctis alam cordiformem, depressam efformantibus, tentaculis pedonculatis retractilibus: lamina .cornea lineari, antice dilatata, postice infundibulo conico praedita.

Corps cylindrique, légèrement fusiforme, tronqué en avant, donnant à sa partie médiane supérieure un angle saillant et à l’inférieure un sinus concave assez large : partie postérieure acuminée, portant deux nageoires réunies sur le dos en forme de nageoire en cœur évasé et aigu , nageoire qui occupe un quart de la longueur du corps. 3

Tête plus petite que l’ouverture du corps, munie de deux yeux légèrement latéro-supérieurs, à orbites peu saillants et aplatis; et couronnée de huit bras sessiles conico-subulés, presque égaux entre eux. La 1." et la 4° paires, d’égale longueur; la 2°, un peu plus longue; la 5.°, de très peu plus longue et munie d’une petite crête natatoire. Tous ces bras sont armés d’une double rangée de cupules globuleuses, percées un peu obliquement et portées par un pédoncule pyramidal: leur ouverture est bordée d’un cercle corné, très finement denté sur la partie supérieure. Bras tentaculaires grêles, rétractiles, doublant en longueur les sessiles les plus longs, et développés sur un gros tiers de leur longueur en massue linéaire, lancéolée , garnie de quatre rangées de cupules pédonculées comme celles des bras sessiles. Les cupules des rangées internes sont toutes très petites et presque égales en grosseur; les rangées internes en ont une douzaine d’assez grosses, qui décroissent du centre aux extrémités. Elles n'arrivent pas jusqu’à l'extrémité des bras, une espace d'environ un sixième de la longueur terminale en étant dépourvue.

Tube locomoteur, petit, logé dans la cavité de la tête, soutenu par deux petites brides médianes, et deux fortes brides latérales.

Lame dorsale cornée, linéaire, plus large dans le haut que dans le bas, et terminée par un petit godet conique.

Proportions.

Longueur totale y compris les bras tentaculaires . ; ‘ 5 ‘ ; À 0,127 Longueur totale non compris les bras tentaculaires . ; < ; : 0,100 Longueur du corps . . : . : : : 5 : : É 0,063 Diamètre du corps . : : : : é : ; ; ; 0,017 Largeur de la nageoire : : ; : ‘ : : : - 0,026 Hauteur de la nageoire : . ‘ ï ; : : - : 0,020

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