‹ Mollusques méditeranéens [!]; observés, décrits, figurés, et chromolithographiés d'après le vivantChapitre 4 sur 35 · CARACTÈRES ZOOLOGIQUES DES CÉPHALOPODES DIBRANCHES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES ZOOLOGIQUES DES CÉPHALOPODES DIBRANCHES

Les céphalopodes étant divisés par M. Richard Owen en dibranchiata et tetrabranchiata, d’après le nombre des branchies , et cette secende division ne renfermant que le Nautile, qui est exotique et les coquilles fossiles, qui appartiennent à cet ordre, je m’attache à la première division et la résume.

Le corps des'céphalopodes dibranches se divise en deux parties bien distinctes ; l’antérieur, céte; la postérieure, corps.

Sur la tête proprement dite, on remarque les yeux, les crêtes et ouvertures olfactiques (auditoires de quelques auteurs), et les ouvertures aquifères.

Sur la tête, les bras; les membranes interbrachiales ; l’ombrelle; les membranes longitudinales dorsales des bras (crêtes natatoires); les membranes protectrices des cupules ; les cupules, crochets et tentacules charnus; la bouche composée d’une langue, de deux machoires, de deux lèvres et d’une membrane buccale.

Sur le corps ou manteau, l'ouverture ; la cavité branchiale; les branchies; l'appareil constricteur ; les nageoires latérales; l’entonnoir; les brides, et l’osselet interne.

Sur la peau, la consistance; les granulations; les verrues ; les tubercules; les chromotophores ; les points métalliques, et les reflets métalliques.

Les yeux sont plus ou moins proéminents, toujours enfermés dans une cavité spéciale, à l’exception toutefois du Calmaret-marteau, qui les a implantés sur une espèce de tubercule (PI. 40. fig. c.); ils sont latéraux, latéro-supérieurs, et quelquefois latéro-antérieurs. Les uns sont unis aux téguments opaques, qui les entourent: ces téguments forment deux replis membraneux, dont le supérieur s’avance sur l’inférieur, et peuvent couvrir totalement l’œil; d’autres sont entièrement couverts par les téguments de la peau, qui sont transparents et percés d’un petit trou latéral, lequel trou donne entrée à l’eau ; d’autres enfin sont tout-à-fait à découvert, les téguments étant largement percés : cette ouverture est régulière, ou munie d’un sinus à la partie supérieure.

L’iris est presque toujours argenté ; il est très souvent contractile. Souvent aussi il forme un repli, qui couvre la pupille; ce repli a l’apparence d’une paupière.

La paupière est constamment ronde. La forme ovale, qu’on observe très souvent chez les octopodes, est due à la contraction volontaire de l'iris.

Les crêtes auditloires sont des orifices plus ou moins visibles, placés à l’extrémité d’une légère protubérance, ou au milieu des replis ou crêtes. M. de Siebold les regarde comme des organes olfactiques, qu’il nomme Cul de sac nasal.

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Les ouvertures aquifères sont les orifices symétriques, qu’on remarque ordinairement sur la tête; ces orifices communiquent avec des cavités plus ou moins profondes. D’après leur position on les distingue en céphaliques, quand elles sont sur la partie supérieure de la tête (Trémoctope); en canales, quand elles sont sur la partie inférieure de la tête (Trémoctope); en buccales, quand elles sont aux alentours de la bouche; en brachiales, quand elles sont à la base des bras (P. à maille, P. Carena); et en oculaires, pour celles qu’on voit sur les téguments, qui couvrent l’œil.

Les bras sont de deux sortes : les uns sessiles, toujours au nombre de 8, entourant la bouche ; les autres tentaculaires, au nombre de 2, implantés entre la 3.° et la 4.° paire de bras sessiles: ces derniers appartiennent exclusivement aux décapodes.

Les bras sessiles sont conico-subulés, cylindracés dans le bas, se terminant progressivement en pointe, On désigne comme 1." paire la supérieure ou dorsale; comme 2.° la latéro-dorsaie ; comme 5.° la latéro-inférieure; comme 4. l’inférieure. Ces bras sont en général plus ou moins comprimés, anguleux et souvent carénés, c’est-à-dire fourni, d’une crête longitudinale dorsale : ils sont toujours symétriques et de longueur très variable.

Les bras en voile ‘sort ceux qui se replient sur eux-mêmes et sont pourvus dans ce repli d’une membrane très extensible, qui aide la nage à la surface de l’eau, et embrasse la coquille pendant la marche rétrograde (Argonaute bras de la 1. paire).

Les bras tentaculaires sont presque tous plus ou moins contractiles et très souvent rétractiles, dans une cavité spéciale sous-oculaire ; ils sont cylindracés, et se terminent presque toujours en massue plus ou moins large, obtuse ou lancéolée, pourvue en dedans de cupules ou crochets; et en dehors presque toujours d’une crête natatoire ou carène plus ou moins développée ; quelquefois ils ont sur un de leurs côtés une membrane très large, qui couvre et dépasse les cupules (membrane protectrice des cupules). Ces bras ne portent ordinairement des cupules que sur leur massue; ils en portent très rarement sur toute leur longueur (Calmar todare, Calmaret Verany et marteau ).

Les membranes interbrachiales sont ces membranes minces, élastiques plus ou moins développées, qui réunissent entre eux soit tous les bras, soit quelques-uns seulement, soit la totalité de ces mêmes bras, soit une partie seulement, et se prolongent quelquefois jusqu'à leur extrémité.

L’ombrelle est la réunion de membranes interbrachiales, presque égales, qui réunissent la base de tous les bras.

La crête natatoire ou membrane longitudinale dorsale des bras est plus ou moins développée sur la plus grande partie des décapodes, et ne se présente que peu caractérisée sur quelques octopodes (Argonaute, P. à maille 1." paire de bras).

La membrane protectrice des cupules est cette membrane latérale, qui couvre et dépasse les cupules : ou la rencontre sur plusieurs décapodes, très rarement sur les octopodes (Poulpe à maille ).

La membrane, qui lie entre elles les cupules, est cette membrane, qui rattache entre elles la base pédiculée des cupules de quelques octopodes (Poulpe à maille, Trémoctope et bras hectocotyliforme du P. Carena).

Les cupules, ventouses ou sucoirs (acetabulum), sont sessiles, pédiculées ou pédonculées ; toutes font le vuide même après la mort.

Les cupules sessiles sont des coupes charnues, infondibuliformes, peu profondes, dont le bord est orné d’un bourrelet ; elles sont très peu saillantes sur les bras ; mais elles peuvent, selon la volonté de l’animal, s’allonger beaucoup et diverger.

Les cupules sessiles pédiculées ont leur base excessivement saillante sur les bras. (Argonaute, Trémoctope, Poulpe à maille, et P. Carena ).

Les cupules pédonculées sont globuleuses ou déprimées, toujours portées par un pédoncule très étroit, filiforme ou pyramidal, attaché très souvent à côté de l’axe, implanté toujours sur une saillie conique plus ou moins allongée (tubercule), appartenant au corps même du bras (PI. 22. fig. g); leur ouverture est munie d’un cercle corné édenté, ou partiellement ou entièrement denté.

Les erochets ow griffes ne se rencontrent que sur quelques décapodes ; ils sont cornés, fermes, allongés, aigus et erochus à leur extrémité, élargis à leur base, fendus sur toute leur longueur; ils sont mobiles sur leur axe et enveloppés d’une membrane charnue, flexible, ouverte dans le haut, membrane qui les cache et les laisse plus ou moins à découvert selon le gré de l’animal. Les crochets ne sont qu’une modification des cupules.

Les tentacules charnus sont ces filets charnus, qu’on a observé disposés sur deux ransées à côté des cupules le long des bras du Chiroteuthe.

La membrane buccale est plus ou moins développée et entoure ou couvre entièrement la bouche des décapodes : elle est ordinairement conique, anguleuse, et son ouverture est plus ou moins festonnée ou couronnée de lobes plus ou moins saillants. Ces lobes sont munis, quelquefois à l’intérieur, de cupules pédonculées.

Les lèvres sont toujours au nombre de deux ; l’intérieure, épaisse, charnue et ciliée, pouvant se contracter sur le bec; l’extérieure, mince, courte et à bords entiers.

La machoire ow bec est composée de deux mandibules, qui agissent de haut en bas et ressemblent au bec du perroquet; la supérieure rentre dans linférieure.

La langue est recouverte de plusieurs rangées très rapprochées de crochets cornés et forts.

Les brides sont des membranes, qui rattachent la membrane buccale aux bras, lentonnoir à la tête, et quelquefois aux bras de la 4.° paire (Argonaute).

Le corps, sae ou manteau est très variable dans ses formes : il est bursiforme, rond ou ovale chez les octopodes; il est encore plus varié chez les décapodes, passant du bursiforme au campanuliforme, de l’ovale arrondi au fusiforme extrêmement subulé, de lovale oblong déprimé au cylindracé. Il est, excepté dans le genre Chiroteuthe, toujours sans naseoires et toujours extérieurement uni à la tête chez les octopodes, toujours muni de nageoires et presque toujours séparé extérieurement de la tête chez les décapodes.

La bride cervicale est, selon M. d’Orbigny, la continuité des téguments destinés à unir la tête au corps en dessus; elle est très marquée sur tous les octopodes et ne se rencontre parmi les décapodes que sur le genre Sépiole et Cranchie.

L'ouverture de la cavité branchiale est la grande ouverture inférieure et antérieure du sac ; elle occupe rarement moins de la moitié de la circonférence du sac (O0. tetracirrhus), généralement plus de la moitié, y compris même tout le globe des yeux (Argonaute): elle occupe tonte la circonférence chez presque tous les décapodes. On remarque dans cette cavité une bride médiane longitudinale, qui unit la paroi interne du sac à la masse viscé-

rale: de chaque côté de cette cavité sont fixées les branchies, et l’on voit en outre du côté gauche le pénis des mâles chez les octopodes.

Les branchies sont de forme pyramidale allongée ; elles sont composées d’une grande quantité de petites lames membraneuses, transversales, fixées de deux côtés d’une tige médiane.

L'appareil constricteur , (de résistance de M. d’Orbigny), est l'organe, au moyen du quel Panimal fixe à volonté la paroi inférieure de son corps à la base du tube locomoteur, conséquemment à la tête: par ce moyen il ferme à volonté l'ouverture branchiale, et oblige l’eau aspirée par cette grande ouverture, à sortir par lentonnoir: dont l'ouverture inférieure se trouve par ce mécanisme entièrement dilatée, Cet appareil est plus ou moins composé ; il consiste en sillons, cavités, crêtes, et mamelons ou tubercules, placés sur les côtés de la partie interne du sac et sur les bords latéro-inférieurs de lentonnoir: leur disposition est telle que les mamelons et crêtes correspondent aux sillons et cavités opposées: et leur adhérence est si remarquable que même après la mort, on le désunit difficilement. Ces organes manquent chez presque tous les octopodes; ils sont rudimentaires sur l’argonaute et quelques poulpes du genre Philonexe de M. d’Orbigny ; ils sont plus ou moins compliqués et toujours constants chez les décapodes.

Les nageoires sont toujours musculaires, recouvertes d’une peau plus ou moins épaisse : elles manquent chez tous les octopodes, excepté chez le chiroteuthe; et existent toujours sur les décapodes. Elles sont séparées entr’elles et d’après leur position, latéro-dorsales, ou latérales. Elles n’occupent qu’une partie de la longueur du corps (Sépiole, Rossie ), ou l’occupent toute (Séche, Sépioteuthe); elles sont réunies entre elles et toujours terminales, p’atteignant le plus souvent que l'extrémité du corps (Calmars), ou le dépassant (Histioteuthe). Les nageoires terminales, qui ne dépassent pas le corps, varient beaucoup de forme : elles sont rhomboïdales, ou en flèche plus ou moins aigüe, et quelquefois extrêmement subulées. Les nageoires, qui dépassent le corps, sont ordinairement semi-circulaires et échancrées en arrière à leur point de réunion.

L’entonnoir ou tube locomoteur , tube anal, est toujours placé à la partie inférieure de la masse céphalique, presque toujours saillant, quelquefois enchassé en partie dans une cavité de la tête. L’extrémité antérieure est toujours tronquée , plus ou moins longue et toujours libre; l’extrémité postérieure est très large, à bords minces, supportant lappareil constricteur. Il est quelquefois pourvu à l’intérieur, près de son extrémité antérieure, d’une valvule ou membrane, qui peut en fermer l'ouverture selon la volonté de l’animal. Il tient en général à la tête par la continuité des téguments ; quelquefois il y est attaché par des brides. Dans son intérieur vient aboutir l’extrémité anale: et c’est au degré de force que le céphalopode imprime à l’eau, qu’ii chasse par l’entonnoir, qu’il donne à son corps le mouvement saccadé rétrograde.

L’osselet interne manque chez tous les octopodes et se trouve constamment chez les décapodes : il est enfermé dans une gaine spéciale le long de la ligne médiane du corps, en dedans des muscles ; ordinairement il en occupe toute la longueur, rarement la moitié. Il est ordinairement corné et flexible, rarement crétacé. L’osselet corné varie beaucoup de forme ; il est en plume plus ou moins large, en glaive ou filiforme spatulé; quelquefois son extrémité est terminée par un godet conique plus ou moins aigu.

La consistance des céphalopodes varie beaucoup; ils sont quelquefois très charnus et coriaces; d’autrefois leur chair est mollasse et flasque, généralement opaque chez le octopodes et transparente chez les décapodes; quelquefois elle est très transparente, quasi gélatineuse, et sa structure paraît au premier abord identique à celles des acalèphes.

Les verrues sont de petites taches rondes saillantes, presque régulières, qui couvrent la peau de quelques octopodes: elles sont inhérentes à la peau de quelques-uns ; chez d’autres cependant elles sont soumises à la volonté de l’animal, et n'apparaissent que pendant l’état d’irritation.

La granulation est cette infinité de très petits points rélevés, qui se remarquent pendant ’état d’irritation.

Les tubercules sont des protubérances rondes ou ovales plus ou moins saillantes : ils sont sous-cutanés et relèvent la peau (P. à maille), ou cutanés et ne disparaissent qu’à l’approche de la mort; quelquefois ils apparaissent sur le manteau, la tête et les bras selon la volonté de l’animal (P. ordinaire et E. musqué).

Les chromophores sont les points colorifères subcutanées, qui apparaissent et disparaissent, se contractent et se dilactent, et colorent les téguments pendant la vie et longtemps après la mort. Ils sont plus marqués sur les décapodes, leur peau étant plus transparente. M. Sangiovanni en a donné, dans les annales des sciences naturelles, une déscription très détaillée. |

Les points métalliques sont ces points contractiles et symétriques plus ou moins grands, qu’on observe sur la partie inférieure du corps de quelques sèches, le long des bras du Calmaret Verany, et sur le globe des yeux de l'Onichoteuthe perlé.

Les reflets métalliques sont ordinairement argentés, rarèément cuivrés, et souvent d’un vert métallique très brillant: il recouvrent quelquefois en entier une partie du corps (l’inférieure du Trémoctope violet), et donnent ordinairement des reflets brillants sur différents points du corps, surtout chez les décapodes.

Le test ou coquille ne se rencontre que chez l’argonaute : il ne tient par aucun ligament au corps de l’animal, qui le porte; il est univalve, uniloculaire, d’une consistance presque cornée, fragile, poli, brillant et un peu transparent.

CEPHALOPODES. cu

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