partie de la commission des dragages. Elle appartient au même groupe
que le Pleurotoma Milne-Edwardsi et en est assez voisine ; mais elle s’en sépare : par sa taille plus petite; par son galbe moins fusiforme, plus ramassé, plus trapu: par sa spire moins haute et moins acuminée ; par ses tours à profil moins anguleux; par son dernier tour plus rapidementatténué dans le bas; par son ouverture à peine plus étroite mais plus haute: par ses côtes longitudinales plus nombreuses, plus étroites, plus allonsces, moins saillantes, plus ondulées, ne portant pas de nodosité à leur intersection avec le cordon carénal; etc. Nous avons pu examiner quatre échantillons de provenances différentes et tous ont bien ie même galbe, la mème allure. Toutefois les échantillons du Maroc, dragués à de moindres profondeurs que les autres, ont des costulations longitudinales un peu plus accusées, un peu plus saillantes. Nous les distinguerons sous le
nom de var, costulala.
Slalions :
T'alisman, \883. Dragage 30. — Profondeur 1,435 m. À l'Ouest du Maroc. 2. — 1883. Dragage 32. — Profondeur 1,540 m. A l'Ouest du Maroc. 3. — 1883. Dragage 42. — Profondeur 1,104 m. Cap Ghir (Maroc). 4. — 1883. Dragage 97. — Profondeur 2,324 m. Cap Merik (Sahara).
Ce
. Pleurotoma Talismani, LocaRp.
PI. V, fig. 20-27.
Pleurotoma Sigsheei, Dautzenberg et H. Fischer, 1896, in Mém. Soc. zool. France, IX, p.408, pl. XVI fig. 1 (non Leucosyrinx Sigsbeei, Dall). T'alismani, Locard, 1896. Nova sp.
Descripriox. — Coquille de taille moyenne, d'un galbe fusiforme allongé, mais beaucoup plus développé en dessus qu'en dessous. Spire haute, acuminée, composée de 10 à 11 tours, à croissance un peu rapide, régulière, progressive, à profil d'abord légèrement excavé en dessous de la suture, ensuite presque plans et couverts d’une série de nodosités saillantes qui descendent jusqu'à la base des tours; dernier tour égal à une fois et demie le reste de la hauteur totale, avec le mème
Fe) ) profil rapidement el un peu brusquement atténué dans le bas, terminé par un canal ouvert et un peu allongé, presque droit. Suture linéaire accusée, Sommet petit, mamelonné. Ouverture exactement égale à la moi-
lié de la hauteur totale, étroite, allongée, subpiriforme. Péristome simple,
GASTROPODA. 161
à bords vaguement continus; bord externe fortement arqué en avant, muni dans le haut d’une encoche pleurotomoïdale assez étroite et très profonde, profil latéral tranchant, arrondi dans le haut, puis rectodéelive jusqu'à la base du canal; bord columellaire accompagné d’un callum peu développé, un peu arqué dans le haut, ensuite droit, mais ne descendant pas jusqu'à la base du canal. Test solide, assez épaissi, subopaque, orné de côtes longitudinales, de stries décurrentes et de stries d’accroissement : côtes longitudinales fortes, un peu courtes, légèrement obliques, au nombre de 13 à 1% sur l’avant-dernier tour, toutes très régulières et subégales, à profil arrondi et un peu mamelonné dans le haut, laissant entre elles des espaces intercostaux de mème valeur, s'étendant sur tous les tours, sauf sur le dernier, seulement sur la partie verticale du tour; au dernier tour, à peine plus longues que sur l’avant-dernier, puis rapidement obsolètes ; stries décurrentes très fines, très régulières, très rapprochées, recouvrant tout le test, conservant la même valeur jusqu’à la base du canal; stries d’accroissement très fines, un peu irrégulières, ondulées-flexueuses, donnant par leur passage sur les stries décurrentes un faciès finement chagriné à tout le test. Coloration d’un blanc grisätre, très légèrement jaunacé, peu brillant, avec traces d’épiderme jaunacé-roux très clair.
DimEexsioxs. — Hauteur totale 28 à 36 millimètres.
Hauteur maximum 10 à 12 ——
Osservarioxs. — Nous signalerons chez cette espèce plusieurs particularités qui servent encore à la caractériser. En premier lieu on remarquera la grande régularité de son mode d’ornementation. Les cordons sont tous très réguliers et se manifestent sur toute l’étendue de la coquille; le haut des tours est nettement profilé et un peu exeavé ; il porte le double réseau de stries décurrentes et de stries d’accroissement, tandis que l’autre moitié des tours est au contraire occupée par des côtes fortes, très régulières, s'étendant jusqu’à la su- Lure, et qui, au dernier tour, ont proportionnellement la même importance qu'à l’avant-dernier. D'autre part nous remarquerons le profil du dernier tour qui est bien saillant dans la région portant les côtes,
tandis qu'il s’atténue ensuite brusquement pour constituer le canal
TALISMAN. — Mollusques lestacés. 21
basal. Enfin nous connaissons peu de P/eurotomide, parmi ceux dragués parle € Travailleur » et le « Talisman », qui aientune encoche pleurotomoïdale aussi fortement accusée.
Sous le nom de Pleurotoma Sigsheei MM. Dautzenberg et H. Fischer ont figuré une coquille qui se rapproche beaucoup de notre espèce, mais qui est bien différente du Leucosyrinr Sigsbeer de M. Dall (1); notre Pleurotoma Talisinant se distingue du Leucosyrinx Sigsbeer : par sa taille beaucoup plus forte; par son mode d’enroulement tout différent, puisque le dernier tour est égal à la demi-hauteur et non pas beaucoup plus petit: par ses cordons décurrents bien plus accusés: par ses côtes longitudinales plus fortes: moins nombreuses, plus arrondies, mamelonnées dans le haut, descendant dans le bas jusqu'à la suture ; par sa fente pleurotomoïdale beaucoup plus accusée, ete.
Nous rapprocherons le Pleurotoma Talismani du PI. syngenes du Rev. Boog Walson (2) qui a quelque analogie avec certaines variétés de notre Pl. Talismani. Mais cette dernière espèce s’en sépare : par son galbe moins étroitement fusiforme avec une spire moins grêle et surtout un canal plus court; par ses fours à profil plus profondément excavé dans le haut el sur une moins grande hauteur ; par ses costulations longitudinales plus fortes, plus noduleuses, plus allongées, occupant une plus grande place sur chaque tour; par son encoche pleurotomoïdale bien plus profonde: par son bord externe plus arqué en avant, etc.
Ce Pleurotoma n'est point rare ; nous avons pu en examiner un grand nombre d'échantillons. Nous avons déjà vu, par les dimensions que nous avons données, combien sa taille était variable. Nous indiquerons en outre les variétés suivantes : — 4tfenuala, de toutes lailles, avec les nodosités de fout le dernier tour, depuis sa naissance Jusqu'à son extrémité, beaucoup plus courtes, plus nombreuses, plus rapprochées, devenant même obsolètes à Pextrémité du tour: — @uta, de taille un peu faible, d’un galbe plus court, plus ramassé, plus trapu, tout en
conservant le même mode d'ornementation:; — e/ongata, de grande
(A) Pleurotoma (Pleurotonella?) Sigsbeei, Dazr, 1881. In Bull. mus. comp. z00l., Cambridge, IX, p. 57. — 1889. Loc. cit., XVII, p. 74, pl. XL, fig. 10. 2) Pleurotoma (Sureula) syngenes, Boo Warsox, 1887. In Journ. Linn. soc. London, XV, p. 396. —
1884. Voy. Challenger, XV, p 293, pl. XX, p. 2.
GASTROPODA. 163
taille, d'un galbe grèle et élancé, avec la même ornementation.
On trouve au Cap de Bonne-Espérance une forme voisine du //ewrotorna T'alismani ; elle a été décrite par Hinds sous le nom de P/, stolida (1). Mais notre espèce s'en distingue : par sa taille un peu plus petite; par sa spire moins grèle, moins haute, moins élancée; par son dernier tour proportionnellement plus haut, avec un profil plus rapidement et plus brusquement atténué dans le bas, par son canal moins droit; par son
bord externe moins arqué en avant; enfin par sa coloration.
Stations :
1. l'alisman, 1883. Dragage 91. — Profondeur 1,103 m. A l'Ouest du Maroc.
2. — 1883. Dragage 32. — Profondeur 1,590 m. À l'Ouest du Maroc.
3. — 1883. Dragage 34. — Profondeur 1,123 m. Cap Cantin (Maroc).
4. — 1883. Dragage 76. — Profondeur 2,638 m. Cap Garnett (Soudan).
5. — 1883. Dragage 87. — Profondeur 1,013-1,113 m. À l'Ouest du Sahara. 6. 1883. Dragage 93. — Profondeur 1,495 m. Cap Blanc (Sahara).
le — 1883. Dragage 113. — Profondeur 1,495-1,983. Au Nord du Cap Vert. 8. —- 1883. Dragage 121. — Profondeur 1,442 m. Au Sud des Acores.
9 — 1883. Dragage 122. — Profondeur 1,440 m. Au Sud des Açores. 10. — 1883. Dragage 126. — Profondeur 1,258 m. Entre Pico etSt-Georges(Açores). ae — 1883. Dragage 127. — Profondeur 1,257 m. Région des Açores. 12. — 1883. Dragage 136. — Profondeur 4,255 m. Au Nord des Açores.
%, Pleurotoma erraneum, LocaRp.
Pl ANT fe. 125:
Pleurotoma erraneum, Locard, 1896. Nova sp. (2).
Descriprion. — Coquille de taille moyenne, d’un galbe fusiforme ventru, un peu plus développé en dessus qu’en dessous. Spire haute, bien acuminée, composée de 9 à 10 tours, à croissance rapide en hauteur et en diamètre, progressive et régulière, à profil recto-oblique sur les deux premiers tiers au moins de leur hauteur, puis rectodéelive en sens inverse sur le reste de la hauteur, avec une ligne carénale fortement accusée au changement de direction des tours ; dernier tour à profil latéral, du côté opposé au labre, d’abord pareil à celui des tours précédents, puis rapidement atténué en dessous de la carène el terminé dans le bas par un canal court mais extrèmement large, forte-
(1) Pleurotoma stolida, Hixps, 1843. In Proceed. zoo. soc. London, p. 37. (2) Erraneus, a, um, voyageur, vagabond.
ment ouvert et un peu retroussé latéralement. Suture linéaire bien accusée, un peu ondulée. Sommet obtus, arrondi-mamelonné, lisse, brillant. Ouverture un peu plus petite que la demi-hauteur totale, étroilement subrectangulaire, mais à peu près autant rétrécie en haut qu’en bas du canal, inscrite dans un plan légèrement oblique. Péristome à bords sensiblement continus: bord externe mince et tranchant, très fortement arqué en avant, muni dans le haut d’une encoche pleurotomoidale assez profonde et très large, profil latéral bien arqué dans le haut, ensuite arqué-oblique, puis recto-déclive sur une faible longueur le long du canal; bord columellaire très fortement sinué en S, muni dans le haut d'un callum peu large, peu épais, néanmoins bien sensible, se poursuivant dans le bas en s'épaisissant un peu jusqu'à la base du canal. Test assez épaissi, solide, subopaque, orné de côtes longitudinales, de cordons décurrents et de stries d'accroissement : côtes longitudinales au nombre de 15 à 16 sur l’avant-dernier tour, obsolètes sur la partie supérieure des tours, arrondies-mamelonnées sur la carène, très rapidement atténuées-arrondies en dessus, se prolongeant vaguement jusqu'à la suture, laissant entre elles des espaces intercosaux un peu plus étroits que leur épaisseur; cordons décurrents assez gros, réguliers, subaigus, accusés surtout dans la partie inférieure des tours où ils passent par-dessus les côtes, obsolètes dans la partie supérieure el surtout dans la partie moyenne, ainsi que sur la totalité du dernier tour; stries longitudinales d'accroissement, fines, assez irrégulières, bien ondulées-flexueuses, sensibles sur tous les tours, surtout dans leur partie supérieure. Coloration d’un roux un peu jaunacé, très clair.
DIMENSIONS. — Hauteur totale 39 millimètres.
Diamètre maximum 12 —
Opsenvarioxs, — Celle espèce ne peut être rapprochée que du //eurotomna Sigsheer de Dall (D), mais elle s'en sépare : par sa taille; par son galbe plus ventru dans le bas: par sa spire moins étroitement acuminée : par son dernier tour beaucoup moins haut et à profil plus longuement convexe; par le profil de ses tours supérieurs plus déclives dans la partie
(1) Pleurotoma (Plewrotomella?) Sigsbeei, Daz, 1881. 1n Bull. mus.comp. 2001., Cambridge, IX, p. 57. — Leucosyrinx Sigsbeei, DALz, 1889. Loc, cit., XVII, p. 76, pl. XI, fig. 40.
GASTROPODA. 165 supérieure; par sa carène plus inférieure el plus accusée; par son canal plus large, plus ouvert, plus tordu latéralement; par son bord externe plus projeté en avant; enfin par son mode d'ornementation avec des costulations plus fortes, plus onduleuses, recoupées par des cordons à la facon des 2/ewrotomella que nous aurons à examiner plus loin. On remarquera en effet que le profil des tours, chez cette espèce, est tout à fait analogue à celui de certains P/ewrotomella, tandis que le galbe de la coquille nous conduit à la classer parmi les véritables P/ewrotomu. C'est ce qui avait conduit M. Dall a instituer pour de telles formes son genre, ou plutôt sa coupe des Leucosyrinx.
Station :
1. Travailleur, 1882. Dragage 40. — Profondeur 1,900 m. A l'Ouest du Maroc.
». Pleurotoma scitulinum, Locarp.
PI. VI, fig. 6-10.
Pleurotoma scitulinum, Locard, 1896. Nova sp. (1).
Descripriox. — Coquille de taille assez forte, d’un galbe étroitement fusiforme-allongé, lancéolé, notablement plus développé en dessus qu'en dessous. Spire élancée, acuminée, composée de 10 à 11 tours à croissance lente en diamètre, rapide en hauteur, à profil variable : tours embryonnaires arrondis ; les deux tours suivants avec une carène médiane obtuse, plans obliques, mais en sens inverse en dessus et en dessous; les tours suivants, d’abord plans sur une petite hauteur de façon à former comme un bourrelet bien accusé, ensuite plans-obliques ou très légèrement concaves jusqu’à une carène sensiblement médiane, et à peine obliques-rentrants dans le bas; dernier tour sensiblement égal aux deux tiers de la hauteur totale, avec le même profil dans le haut, puis, du côté opposé au labre, bien arrondi, ensuite rapidement atténué dans le bas, terminé par un canal très court, très large et très ouvert, légèrement retroussé en arrière. Suture linéaire bien accusée.
Sommet très obtus, arrondi-mamelonné. Ouverture plus petite que la
(1) Scitulus, a, um, joli, mignon.
demi-hauteur, un peu étroite, subrectangulaire, un peu rétrécie dans le haut, faiblement arquée latéralement, inscrite dans un plan légèrement oblique. Péristome à bords subcontinus: bord externe arqué en avant, muni dans le haut d'une encoche pleurotomoïdale assez large et peu profonde, profil latéral faiblement arrondi à la partie supérieure, puis un peu rétréci tout à fait dans le bas, le long du canal: bord columellaire assez fortement arqué en $S, épaissi dans le bas et descendant jusqu'à la base du canal, accompagné dans le haut d’un callum un peu épais et très sensible mais peu large. Test assez solide, un peu épaissi, subopaque, orné de costulations longitudinales, de cordons décurrents et de stries d’accroissement : costulations longitudinales au nombre de 13 sur lavant-dernier tour, mamelonnées-tuberculeuses, nulles audessus de la carène, bien atténuées dans le bas des tours, devenant obsolètes dès la naissance du dernier tour pour disparaître ensuite complètement, laissant entre elles des espaces intercostaux à peine plus petits que leur épaisseur ; cordons décurrents assez forts, mais peu accusés, assez réguliers, visibles seulement au bas des tours au-dessous de fa carène, mème au dernier tour: stries d’accroissement très ondulées-flexueuses, sensibles, visibles sur tous les tours, surtout à leur partie supérieure. Coloration d'un blane corné un peu jaunacé, peu brillant. Dimexsioxs. — Hauteur totale 21 millimètres.
Diamètre maximum —
Opservarioxs. — Notre coquille a quelques rapports comme galbe el comme mode d'ornementation avec le Hrillia vittata de Reeve (1), des Philippines : elle appartient incontestablement au mème groupe: mais elle s’en sépare : par sa taille beaucoup plus petite ; par son dernier tour plus haut, à profil latéral plus étroitement arrondi: par son ouverture plus étroite, plus subrectangulaire ; par ses costulations longitudinales plus atténuées surtout sur le dernier tour ; par son bourrelet infra: sutural plus accusé, etc. En dehors du type, nous signalerons une var. major, sensiblement de même galbe, mais qui atteint 25 millimètres
de hauteur: chezcette variété les cordons décurrents sont plus accusés:
1) Drillia vittata, RE&BvE, 1845. In Proceed. Zool. Soc. London, p. 112.
GASTROPODA. 167
en mème temps les costulations longitudinales ne deviennent obsolètes que sur la deuxième moitié du dernier tour, mais elles conservent la
même allure sur les tours supérieurs.
Stalions :
1. J'alisman, 1883. Dragage 1923. — Profondeur 1,440 m. En vue de Fayal (Acores). 2, —— 1883. Dragage 126. — Profondeur 1,258 m. Pico (Acores).