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Ocinebra aciculata, DE LAMARCK

Murex aciculatus, de Lamarck, 1822. Anim. sans vert., VII, p. 176.

— (Ocinebra) aciculatus, de Monterosato, 1875. £numer. e sinonim., p. 41. Ocinebra (Ocinebrina) aciculata, Dautzenberg, 1889. Contr. malac. Acores, p. 37. Ocinebrellus aciculatus, Jousseaume, 1894. /n Bull. Soc. géol. France, 3° sér., XXE, p. 395.

Ogservarioxs. — Pendant longtemps la plupart des auteurs ont cru devoir identifier au Muwrex aciculatus de Lamarck, le Murex corallinus de Scacchi (2). Une étude attentive d’un grand nombre d'échantillons de différentes provenances, nous conduit à séparer définivement ces deux formes. Pour nous, le Murex aciculatus est une coquille fusiforme un peu allongée, à spire haute, acuminée, chez laquelle le dernier tour est allongé ; les côtes longitudinales sont peu nombreuses, et les cordons décurrents subégaux ; la coloration est d’un roux plus où moins sombre, avec le péristome violacé. Le Murexr corallinus est au contraire de petite taille, et d’un galbe un peu court; la spire assez haute surmonte un dernier tour un peu ventru ; les côtes longitudinales sont plus nombreuses et les cordons décurrents moins saillants mais très réguliers ; enfin la coloration du test est d’un roux rosé, avec l’ouverture plus pâle. D'autre part, ces deux formes ont, en général, un habitat assez différent; sur nos côtes, le Murex aciculatus vit surtout dans

(1) Murexæ trunculus, Linné, 1766. Systema naturæ, édit. XIT, p. 1215. (2) Murex corallinus, Scaccur, 1836. Cutal. Regni Neapol., p. 2, fig. 15.

l'Océan et dans la Manche, tandis que le Murex corallinus est au contraire méditerranéen. Les échantillons du « Travailleur » sont de grande taille; ils mesurent 20 millimètres; c'est une dimension que n’atteint jamais le Murex corallinus. Leur test est fortement encroûté, mais leur détermination spécifique est incontestable.

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — Nous trouvons cette espèce dans PAtlantique depuis les côtes d'Angleterre jusqu'aux Acores ; elle vit dans la Manche sur les côtes françaises et anglaises ainsi que dans les petites îles avoisinantes. Sur le continent français nous la rencontrons depuis l'embouchure de la Seine jusque dans le golfe de Gascogne; elle n’est point rare sur les côtes d’Espagne et de Portugal; le « Challenger » et l’« Hirondelle » l’ont draguée aux Açores. On l’a également relevée sur les côtes occidentales de l’Afrique et jusqu'en Amérique, aux Antilles et dans le golfe du Mexique. On a trouvé ce petit Murex sur les côtes d'Angleterre par 40 mètres de profondeur; en France nous le voyons dans la zone herbacée et dans presque toute la zone corallienne. Aux Açores il a été dragué jusqu'à 91% mètres de profondeur, et dans le golfe de Gascogne par 7 mètres seulement.

EXTENSION GÉOLOGIQUE. — Par suite de la confusion faite entre les Murex aciculatus et M. corallinus nous est difficile de retracer leur histoire complète. D'après Jeffreys on retrouve le Murex aciculatus dans le Crag d'Angleterre, mais il est probable que les citations données dans les dépôts de l’isthme de Corinthe et de la Sicile, ete., se rapportent vraisemblablement au Wurex corallinus.

Stations :

1. Travailleur, 1882. Dragage 52. — Profondeur 100 m. Au Nord des Canaries. (ohbéte)

2. Talisman, 1883. Dragage 53. — Profondeur 905 m. Parages des Canaries.

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