‹ Mollusques testacésChapitre 221 sur 407 · Neptunia Aquitanica, Locarp · texte numérisé non relu

Neptunia Aquitanica, Locarp

PI, XVII, fig. 18-19.

Neptunia Aquitanica, Locard, 1896. Nova species.

Descriprion. — Coquille de grande taille, d’un galbe très étroitement fusiforme, très allongé, bien turriculé. Spire très haute, composée de 9 à 10 tours à croissance très rapide en hauteur et très lente en diamètre, à profil extrèmement convexe; dernier tour un peu plus grand que les 3/5 de la hauteur totale, à profil latéral, du côté opposé au labre, très arrondi, très rapidement atténué dans le bas, terminé par un canal assez allongé, très ouvert, large, presque droit. Suture linéaire très profonde par suite de la convexité des tours. Sommet gros, obtus, mamelonné, un peu recourbé à sa naissance. Ouverture, canal compris, notablement plus petite que la demi-hauteur totale, très arrondie, un peu anguleuse dans le haut, s’atténuant rapidement vers le bas, à l’entrée du canal, le tout inscrit dans un plan non oblique. Péristome simple à bords subcontinus; bord externe bien tranchant, assez fortement projeté en avant dans sa partie moyenne, portant à lintérieur des traces en creux ou en relief de l’'ornementation externe, à profil latéral bien arrondi, brusquement atténué vers le canal et terminé par une région droite et courte; bord columellaire en forme de S très allongé, ne descendant pas jusqu’à la base du canal, accompagné d’un callum mince, peu développé. Test peu épais, assez solide, orné de cordons décurrents et de stries d’accroissement : cordons décurrents étroits, saillants surtout dans le bas des tours, subégaux, bien distants et très régulièrement répartis, au nombre de 8 sur l’avant-dernier tour, les 5 plus inférieurs bien accusés, bien réguliers, avec d’autres intermédiaires plus petits, et # ou 5 de même taille dans le haut, au voisinage de la suture ; stries d’accroissement fines, flexueuses, ondulées,

bien accusées, irrégulièrement rapprochées, formant avec ces cordons

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un treillissage à mailles rectangulaires très serrées. Coloration d’un blane gris un peu roséolé, avec un épiderme très facilement caduc.

Dimexsioxs. — Hauteur totale 84 millimètres.

Diamètre maximum 50 —

OBsERvATIONS. — Par la forme du canal, par son mode d’ornementation, cette coquille appartient au même groupe que le Veptunia Berniciensis ; mais elle en diffère tellement par son galbe et par l'allure de sa spire que nous n'avons pas hésité à l’ériger au rang d'espèce. Nous ne connaissons aucune variété du Vepfunia Berniciensis qui puisse être confondue avec elle. En effet, prise à taille égale, notre coquille se distinguera de cette dernière espèce : à son galbe beaucoup plus grêle ; à sa spire beaucoup plus haute, bien plus tordue; à ses tours beaucoup plus convexes, croissant plus rapidement en hauteur et bien moins vite en diamètre; à sa suture bien plus profonde ; à son dernier tour moins haut et bien moins ventru, à profil latéral plus étroitement arqué; à son ouverture beaucoup plus petite, plus arrondie; à son canal moins long, moins ouvert; à son ornementation composée de cordons décurrents plus saillants, moins nombreux et plus régulièrement distincts, ete.

Station :

1, Travailleur, 1880. Dragage 9. — Profondeur 1,190 m. Au Nord de l'Espagne.

>. Neptunia sinistrorsa, DESHAYES.

Fusus sinistrorsus, Deshayes, 1830. Æneycl. meth., Vers, Il, p. 160, n° 36. — contrarius, Kiener, 1836. Coq. viv., Fusus, pl. XX, fig. 1. Neptunia contraria, Locard, 4886. Prodr. conch. franc., p. 177. Neptunia (Volutopsis) contraria, Trayon, 1881. Man. conch., p. 122, pl. L, fig. 291-292. Onservarioxs. — Sous le nom de Fusus où Veptumia contraria on a bien souvent confondu deux formes absolument distinctes. En effet, si nous remontons au texte même de Linné, le créateur du Wwrex contrarius (1), nous voyons qu'il définit ainsi son espèce : {esta simillima Murici antiquo sed perversa ». Les iconographies auxquelles il renvoie pour son espèce, celle de Lister, Favannes, Chemnitz, représentent bien

(4) LiNNÉ, 1774. Mantissa, n° 551,

en effet un véritable Wurex où mieux Veplunia antiquata, forme courte, ramassée, bien costulée, mais dont le mode d’enroulement est sénestre. Le WMurex, Fusus où Neplunia contraria n'est donc en réalité qu’une anomalie d’une forme normale bien connue. Depuis lors, on en à donné de nombreuses figurations plus complètes, sinon meilleures. Kiener, sous ce même nom de Fusus contrarius (1), a figuré une forme absolument différente, au galbe allongé, aux tours arrondis, croissant progressivement, au test très régulièrement décoré; Deshayes (2) reconnaît dans cette forme son lusus sinstrorsus décrit antérieurement. C’est cette seconde forme que nous trouvons dans les dragages. Elle est, comme on le voit, bien différente de la première etne peut nullement être confondue avec le Veplunia antiqua. W en existe encore d’autres bonnes figurations ; citons notamment celle de M. Hildalgo (3) et celle de Trayon qui donne sur la même planche les deux formes. Nous adopterons done pour cette coquille le nom spécifique proposé par Deshayes et nous l’inscrirons sous le nom de Veptunia sinistrorsa.

Le Neplunia sinistrorsa conslitue-t-il une espèce, ou bien n'est-ce qu'une anomalie sénestre d’une forme normalement dextre ? Nous ferons d’abord remarquer que dans nos dragages nous n'avons rencontré aucune forme dextre qui atteigne pareille taille et qui puisse être considérée comme la forme normale du Vephuia suustrorsa. C'est déjà là un fait très caractéristique, car on ne saurait admettre qu'une anomalie se développe aussi régulièrement et dans de pareilles conditions, alors que la forme normale reste plus grêle. Mais quelle est la forme normale, dont la taille, la convexité des tours, la régularité de l’ornementation puissent ètre rapportées au Veplunia sinistrorsa? Le Neptunia Islandica seul, parmi les formes de même taille, possède un mode d’ornementation similaire ; mais ses tours sont moins convexes, son dernier tour bien moins arrondi, son canal plus droit, plus étroit, moins tordu, ses tours embryonnaires

moins tuméfiés, ete. Nous conclurons done en reconnaissant que le

(4) On remarquera que dans le texte cette forme est inscrite sous le nom de Fusus contrarius, tandis que sur les planches elle est dénommée Fusus perversus; mais de part et d'autre, Kiener l'indique sous le nom français de Fuseau pervers.

(2) Desnayes, 1843. In De Lamarck, Anim. sans vert., IX, p. #62 (en note).

(3) Hipazco, 1870. Moll. Marin. España, pl. LIV, fig. 1.

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Neptunia sinistrorsa est une coquille normale tout comme le Sistralia Maroccana, et qu'il convient de l’admettre au rang d’espèce.

ExTENsION GÉOGRAPHIQUE. — Nous connaissons cette même forme dans l'Atlantique le long des côtes de France et de Portugal, et dans le golfe de Gascogne. Elle vit dans la zone corallienne et au delà. On en trouve parfois des échantillons plus ou moins roulés sur nos plages. Quelques auteurs l’ont également indiquée dans la Méditerranée, mais pareille assertion demande confirmation, surtout au point de vue de l'identité spécifique. L’ « Hirondelle » l’a draguée dans le golfe de Gascogne entre

134 et 160 mètres de profondeur.

Stalions :

1. Z'alisman, 1883. Dragage 11. — Profondeur 1,084 m. A l'Ouest du Maroc. 2! —- 1883. Dragage 18. — Profondeur 550 m. A l'Ouest du Maroc.

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