Neptunia Berniciensis, Kixc
PL. XVII, fig. 20.
Fusus Berniciensis, King, 1846. /n Ann. mag. nat. Hist., XVII, p. 246. Boreofusus Berniciensis, G. O. Sars, 1878. Moll. reg. arct. Norvegiæ, p. 278. Troschelia Berniciensis, Friele, 1882. Norske Nord. Exped., 1, p. 26. Neptunia Berniciensis, Locard, 1886, Prodr. conch. franç., p. 176.
Onservarioxs. — Il existe de nombreuses descriptions et figurations de l'espèce qui nous occupe; mais convient-il, comme l'ont fait quelques auteurs, de l’inscrire dans un genre particulier différent des véritables Neptunia? Môrch avait déjà institué en 1876 le genre 7roschelia pour de telles formes, et ce genre avait été adopté notamment par Friele et par Kobelt pour l'espèce qui nous occupe. Mais deux ans plus tard,
G. O. Sars créa encore un nom générique nouveau et fit le Poreofusus (Tarisman. — Mollusques testacés.) 45
Berniciencis. est bien certain que les 7roschelia ou les Boreofusus présentent des caractères assez particuliers qui permettent de les séparer des autres Veplunia, mais ces caractères n’ont pas en somme une importance suffisante pour constituer autre chose qu’une simple coupe dans le genre Veptunia.
Si nous comparons les diverses figurations données par les iconographes pour le Veptunia Berniciencis, nous constaterons entre elles des différences notables. Il est bien certain, par exemple, qu'entre les figurations de Forbes et Hanley (pl. CV, fig. 1) (1) et celle de G. O. Sars (pl. XIV, fig. 2) (2), ou entre les deux figures données par M. Kobelt (pl. IX, fig. 1 et 2) (3), il y a de notables écarts. On peut établir pour cette espèce des var. major, minor, elongata, ventricosa, ete., qui se définissent d’elles-mêmes. Mais il est incontestable qu'entre ces différentes formes il n'y a pas lieu de distinguer une espèce réellement nouvelle, aussi différente du type que l’est, par exemple, le Veptunia gracilis du N. Islandica. Toutes ces variétés ont entre elles beaucoup trop de points communs pour qu'on puisse les distinguer spécifiquement. Les échantillons dragués par le « Talisman » sont, en général, des formes au galbe un peu grêle, étroitement allongé ; elles répondent donc à une var. elongata. Un bel échantillon des Tropiques mesure 95 millimètres de hauteur pour 36 millimètres de diamètre seulement. Au Maroc nous retrouvons une var. nunor, qui, quoique bien adulte, ne dépasse pas 62 millimètres de hauteur pour 26 de diamètre. Citons également une var. carinala, chez laquelle les cordons carénaux sont particulièrement accusés, les tours bien moins arrondis que dans le type et dont M. Filhol a donné une exacte figuration de grandeur naturelle (4); cette variété, quoique bien adulte, conserve les caractères propres aux jeunes échantillons.
Les jeunes individus sont particulièrement intéressants à observer; on peut les confondre avec toute autre espèce; cependant ils ont déjà
quelques caractères communs avec la forme adulte, caractères qui ten-
(1) Forges and Hanzey, 1853, Hist, British Moll., p. #21, pl. CV, fig. 1-2; pl. CVI, fig. 1. (2) G. 0. Sars, 1858. Moll, reg, arct. Norvegiæ, p. 278, pl. XIV, fig. 2.
(3) Kogecr, 1883. Iconogr. Meeres, p. 59, pl. IX, fig. 1-2. |
(4) H, Finuoz, La vie au fond des mers, p. 147, fig. 53.
GASTROPODA. 355
dront du reste à s’accuser de plus en plus avec l’âge. Chez les jeunes, les tours sont, dans le haut, à profil recto-déclive sur près des deux tiers de la hauteur totale, puis droits dans le bas; dans le haut on distingue quelques traces de stries décurrentes, tandis que dans le bas il existe ? ou 3 gros cordons décurrents, le supérieur formant une véritable
carène; avec l’âge le profil anguleux va s’adoucir, les 2 gros cordons iront en s’atténuant de plus en plus, de facon à se perdre dans l’ensemble de l’ornementation ; cependant on les retrouve presque toujours dans le haut des sujets bien adultes. Nous avons fait figurer un échantillon chez lequel ces caractères décoratifs sont très nettement accusés.
EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — La dispersion géographique jusqu’à ce jour connue pour le Veptunia Berniciensis, est sensiblement la même que celle des deux formes précédentes : on l’a observé depuis les régions septentrionales de la Norvège, les îles Shetland et la Russie septentrionale, jusque dans le golfe de Gascogne; nous allons voir qu’il descend encore beaucoup plus au Sud. Sur les côtes d'Angleterre on le rencontre notamment dans le Yorkshire, le Northumberland et l’Aberdeenshire ; sur les côtes de France il devient beaucoup plus rare, quoiqu’on l'ait signalé dans les régions armoricaines el aquitaniques. Sur les côtes de Norvège on a dragué cette espèce par 256 mètres de profondeur; mais aux Hébrides et aux Féroë elle descend entre 1 043 et 1 263 mètres. Le « Valorous » l’a signalée dans le détroit de Davis par 1 263 mètres. Sur les côtes d'Angleterre on la pêchée entre 91 et 183 mètres. C’est à peu près dans ces mèmes conditions que nous la trouvons sur les côtes océaniques de France.
Stations :
1.Travailleur, 1880. Dragage 7. — Profondeur 1,107 m. Au Nord de l'Espagne.
d, 1881. Dragage 40. — Profondeur 392 m. Au Nord de l'Espagne.
3. — 1882. Dragage 2. — Profondeur 608 m. Au Nord de l'Espagne.
4. — 1882. Dragage 3. — Profondeur 517 m. Au Nord de l'Espagne.
5. — 1882. Dragage 16. — Profondeur 427 m. A l'Ouest du Portugal.
6. — 1882. Dragage 18. — Profondeur 520 m. A l'Ouest du Portugal.
1. Talisman, 1883. Dragage 13. — Profondeur 1,216 m. A l'Ouest du Maroc.
8. — 1883. Dragage 22, — Profondeur 1,635 m. A l'Ouest du Maroc.
C7 — 1883. Dragage 31. — Profondeur 1,103 m. À l'Ouest du Maroc.
10. = 1883. Dragage 49. — Profondeur 865 m. Entre les Canaries et le Maroc. A1 - 1883. Dragage 61. — Profondeur 1,918m.AuSud de Fuerta-Ventura (Can.).
12. Talisman, 1883. Dragage 71. — Profondeur 640 m. A l'Ouest du Soudan.
13. — 1883. Dragage 72. — Profondeur 842 m. A l'Ouest du Soudan, 14. — 1883. Dragage 81. — Profondeur 1,139 m. Les Açores. 45. — 1889. Dragage 109. — Profondeur 105 m. Cap-Vert,