‹ Mollusques testacésChapitre 54 sur 407 · Actæon exilis, JEFFREYS · texte numérisé non relu

Actæon exilis, JEFFREYS

PAT fe 1-3:

(4) DE Monterosaro, 1890. Conch. profond. di Pulermo, p. 28. In Naturalista Siciliano. (2) Voluta tornatilis, LINNÉ, 1766. Systema naturæ, édit. XIL, p. 4187. — Actæon tornatilis, H. et A. Apaus, 1858. Gen. rec. Mollusca, IL, p. 4, pl. LVI, fig. 1.

(3) Actæon, Denys De Monrrorr, 4810. Conch. system., I, p. 315.

(4) Actæonia, De QuarreraGes, 484%. Comptes rendus Acad. se., XVIII, p. 13.

Actæon exilis, Jeffreys, 1870. /n Ann. mag. nat. Hist., 4° sér., VI, p. 85. — Dautzenberg, 1889. Contr. faune malac. Acores, p. 20, pl. I, fig. 1. Lissactæon exilis, de Monterosato, 1890. Cog. prof. Palermo, p. 28. 7n Naturalista Siciliano.

OgsenvarTions. — L’Actæeon exilis a été décrit pour la première fois par Jeffreys en 1870. Plus tard, en 1889, M. Dautzenberg en a donné de bonnes figurations, d’après des échantillons dragués par le prince de Monaco aux îles Açores, et que M. le marquis de Monterosato avait pu comparer avec les types de Jeffreys. Nous avons retrouvé cette même lorme dans divers dragages du «Travailleur », et nous la prendrons, telle qu’elle est figurée, pour type de lPespèce. Mais en même temps, nous signalerons plusieurs formes nouvelles que l’on peut envisager comme de simples variétés, malgré les différences que quelques-unes présentent par rapport au {Ype: — major, coquille de taille notablement plus grande que le type, mesurant de 7 à 10 millimètres de hauteur, alors que le type ne dépasse pas 5 millimètres, de même galbe, mais avec une spire beaucoup plus acuminée, composée de six tours au lieu de quatre à cinq, avec le sommet également oblus ; notre savant ami M. le marquis de Monterosato, qui a vu ces échantillons dans notre cabinet, n'hésite pas à les considérer comme étant le seul et véritable Ac/zon eæulis ; nous nous bornerons pourtant à en faire une simple variété, estimant qu'il convient toujours de prendre pour type, non pas la forme la plus belle ou la plus complète, mais bien celle qui est la plus anciennement connue ; notre plus grand échantillon, celui, du reste, que nous avons fait figurer, provient du dragage 40 de la campagne de 1881; d'autres sujets un peu moins grands ont été dragués à diverses reprises durant la campagne de 1880; — yinor, coquille de même taille que le type figuré par M. Dautzenberg, mais ne dépassant pas de 3 et demi à 4 millimètres de hauteur, quoique nous paraissant bien adulte; ces échanlillons ont un demi-tour de spire en moins, et sont terminés par un sommet encore plus obus; nous avons rencontré cette variété dans le dragage 28 de la campagne de 1881.

D'après ce qui précède, nous nous croyons autorisé à conclure que l'Acteon exilis est très variable et comme taille et comme galbe; son

galbe varie nécessairement avec sa taille, puisque, suivant que sa spire

GASTROPODA. sl

possède un nombre plus ou moins grand de tours, elle est plus ou moins aiguë et acuminée. Ces variations jusqu'alors inconnues, nous paraissent répondre à de simples influences locales, puisqu'elles se rapportent toutes à des milieux très différents.

C'est bien à tort que M. H. Pilsbry (1) a confondu dans une même synonymie les Ac/æon exilis de Jeffreys et À. mitidus de Verrill (2). Ces deux formes, comme a pu du reste s’en assurer M. le marquis de Monterosato, sont voisines, sans doute, mais incontestablement différentes. Il est à remarquer qu’elles peuvent vivre dans les mêmes régions, puisque le « Caudan » a dragué dans le golfe de Gascogne deux échantillons de l'Actæon nitidus (3), alors que le « Travailleur », dans ce même golfe, n’a rencontré que l’Actæon eæilis. L'Actæon exilis comparé à PA. rifidus s’en sépare: par son galbe plus grèle, plus élancé; par son dernier tour notablement plus haut, par rapport à la hauteur totale, par ses tours supérieurs moins développés en hauteur, ce qui correspond à un accroissement spiral plus lent; par son ouverture plus haute, plus étroitement allongée ; par son bord columellaire moins arqué; par son bord basal plus étroitement arrondi, etc. ;

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — On a signalé l’Actæon exilis dans un assez grand nombre de stations, mais presque toujours à l’état d'individus isolés ou peu nombreux. C'est en somme une forme rare et propre aux grands fonds. Dans la Méditerranée on l’a observé aux environs de Palerme, à l'ile de Malte et dans la mer Égée. Jeffreys l'indique dans le golfe de Gascogne. Le « Challenger » et l « Hirondelle » Font tour à tour dragué aux Açores. M. Dall l’a relevé sur les côtes de PAmérique du Nord, sur les côtes du New-Jersey, de la Floride et des Antilles jusqu’à Campèche. Cette espèce commence à apparaître à la fin de la zone corallienne. Aux environs de Palerme, M. le marquis de Monterosato l'indique dans les grands fonds ; le Rév. Boog Watson lui assigne comme limites dans la Méditerranée de 169 à 2653 mètres de profondeur. Jeffreys dans le golfe de Gascogne l'a rencontrée entre 368 el

(4) H. PisBry, 1893. Manual Conchology, p. 156, pl. XIX, fig. 5-6. (2) Actæon nitidus, Verniz, 1882. In Trans. Connecticut Acad., V, p. 540, pl. LVIIL, fig. 21. (3) Locarp, 1896. Camp. du « Caudan », p. 136.

(TALISMAN. — Mollusques Llestacés.) 11

1610 mètres. Aux Acores, elle descend entre 820 et 1 828 mètres de profondeur. En Amérique, elle se rencontre entre 275 el 891 mètres ; le « Valorous » l’a récoltée dans le détroit de Davis par 2644 mètres de profondeur.

EXTENSION GÉOLOGIQUE. — D'après M. Seguenza, cette espèce aurait déjà

vécu à l’époque des formations pliocéniques de la Calabre.

Stations :

1. Travailleur, 1880. Dragage 2. — Profondeur 1,019 m. Golfe de Gascogne.

3. — 1880. Dragage 6. — Profondeur 1,353 m. Au Nord de l'Espagne.

4. — 1880. Dragage 7. — Profondeur 1,107 m. Au Nord de l'Espagne. 5, — 1880. Dragage 9. — Profondeur 1,190 m. Au Nord de l'Espagne.

6. — 1880. Dragage 10, — Profondeur 1,960 m. Au large de Santander.

de — 1880. Dragage 14. — Profondeur 677 m. Golfe de (iascogne.

8. - 1880. Dragage 15. — Profondeur 813 m. Golfe de Gascogne.

9. — ISS1. Dragage 3. — Profondeur 3,307 m. A l'Ouest du Portugal. 10. ISS1. Dragage 28. — Profondeur 322 m. A l'Est de l'Espagne. UE — ISS1. Dragage 40. — Profondeur 392 m. Au Nord de l'Espagne. 12. — 1881. Dragage 41. — Profondeur 1,094 m. Au Nord de l'Espagne.

13. Zalisman, 1883. Dragage 84. — Profondeur 860 m. Tropiques.

. Actæon pusillus, Forbes, PI. III, fig. 4-7.

Tornatella pusillus, Forbes, 1843. Report Æqean invert., p. 191. Actæon pusillus, de Monterosato, 1875. Nuova revista, p. 46. — Slurany, 1896. Hollus. gesamm. « Pola », p. 14, pl. I, fig. 43.

Hisronique. — C’est par une simple et bien courte diagnose que cette espèce a été longtemps connue. Tout récemment M. le prof. R. Sturany de Vienne en a donné la première figuration. Nous en avons retrouvé un très bon type dans les dragages du « Talisman », type que nous avons pu contrôler sur un bel échantillon que notre ami M. le marquis de Monterosalo a bien voulu nous communiquer.

Descripriox. — Coquille de petite taille, d’un galbe ovoïde presque régulier, un peu plus allongé, un peu plus acuminé au-dessus qu’en dessous. Spire obtuse, peu haute, composée de 6 à 7 tours légèrement convexes, à croissance lente, régulière, progressive, assez nettement

étagés les uns au-dessus des autres; dernier tour très grand, égal, à sa

GASTROPODA. 83

naissance, aux quatre cinquièmes de la hauteur totale, bien bombéarrondi dans cette région, à profil latéral du côté opposé au labre plus largement arqué, lentement et faiblement atténué dans le bas, droit et très court à l'extrémité. Suture linéaire, bien accusée par le profil des tours. Sommet petit, obtus, lisse et brillant. Ouverture étroitement piriforme, bien rétrécie et comme canaliculée dans le haut, arrondie mais peu large dans le bas, notablement plus grande que la demi-hauteur totale, bien échancrée dans la région supérieure par l’avant-dernier tour, inscrite dans un plan légèrement oblique par rapport au grand axe de la coquille. Péristome simple, non continu, étroitement arqué dans le haut, droit sur le côté, arrondi dans le bas, d’abord mince et tranchant, devenant plus épais et un peu renversé au bord columellaire : bord columellaire muni dans sa partie médiane d’un pli sensible et assez profond, avec une direction nettement oblique. Test un peu épais, subopaque, d’un blanc grisätre un peu terne après la mort de l'animal, orné de stries décurrentes très rapprochées, constituées par des vacuoles arrondies presque jointives, donnant à ces stries un faciès guilloché.

DiMENSIONS. — Hauteur totale 9 millimètres,

Diamètre maximum 5 —

OBSERVATIONS. — Par l'allure de son ouverture, celte espèce a quelques rapports avec l'Ac{æon incisus de M. Dall (1); mais cette dernière coquille, par son galbe, se rapproche davantage de l'Acfæon azoricus dont nous parlerons plus loin; en outre, son bord collumellaire est plus simple, même chez les sujets bien adultes que celui de l'Ackeon pusillus.

EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — L’Ackæeon pusillus n'a été signalé que dans un petit nombre de stations, et presque toujours à l'état d'échantillons isolés. C’est une forme rare des grands fonds. M. le marquis de Monterosato l’a retrouvé sous les zones profondes des mers de Palerme; d’après Jeffreys, l'exploration italienne l’a rencontré par 397 mètres de profondeur. M. Sturany l'indique à Corfou par 615 mètres et au nord de Stampoglia par 597 mètres. Forbes le donne dans la mer Égée entre 0 et 183 mètres. Enfin le Rév. Boog Watson le signale dans l’Atlantique à Madère, entre 360 et 915 mètres de profondeur, el

(4) Actæon incisus, Dall 1889. In Bull. mus. comp. Zool., Cambridge, XNIII, pl XVII, fig. 1.

M. Dall à la Havane par 823 mètres, ainsi que sur les côtes de la Floride et des Antilles.

EXTENSION GÉOLOGIQUE. — Seguenza indique cette même forme dans les terrains pliocènes de la Calabre, et M. le marquis de Monterosato l’a

retrouvée à Monte Pellegrino et à Ficarazzi.

Stations :

1. Zravailleur, 1880. Dragage 10. — Profondeur 1,960 m. Au large de Santander. 2, — 1881.? Dragage 30. — Profondeur 1,205 m. Au Sud du Portugal.

3. T'alisman, 1883. Dragage 107. — Profondeur 60 m. Saint-Vincent (Cap-Vert).

Page 1