Carinaria mediterranea, PÉRoN et LEsuEuRr
Carinaria mediterranea, Péron et Lesueur, 1810. Zn Ann. Mus. Paris, XV, pl. IL, fig. 15. >
Argonauta vitreus, delle Chiaje, 1828. Mem. anim. senza vert., I, p. 38, pl. XLIV, fig. 2. Pterotrachea lophyra, delle Chiaje, 1828. Loc. cit., p. 28, pl. LXIV, fig. 1. Carinaria vitrea, J. Roux, 1862. Stat. Alpes-Maritimes, p. 476.
Onservarioxs. — Le Carinaria mediterranea varie beaucoup de taille; sur nos côtes de Provence, on observe des échantillons dont la coquille passe de 16 à 40 millimètres de longueur maxima ; mais le galbe, l'allure, le mode d’ornementation sont absolument constants. D’après un renseignement que nous tenons de M. Gall, de Nice, renseignement que nous avons pu du reste contrôler sur de nombreux échantillons, certaines colonies ont leur test tellement mince qu’il est fort difficile de les toucher sans les briser, alors que d’autres au contraire sont bien plus résistants, Les échantillons des campagnes du «Travailleur » de 1880 et 1881 sont
tous de petite taille et ne dépassent pas 15 millimètres de longueur; leur galbe rappelle celui du Carinaria fragilis de Bory de Saint-Vincent (1), mais ils sont munis d’une forte carène et ne possèdent point les petites stries ornementales caractérisées chez ce type (2). Leur allure est absolument conforme à celle de nos échantillons de la Méditerranée.
EXTENSION GÉOGRAPHIQUE, — Malgré sa dénomination spécifique, le Carinaria mediterranea Nit aussi bien dans l’Atlantique que dans la Méditerranée. On l’observe de temps en temps sur les côtes de Provence; chassé du large par les vents ou les courants, il se montre parfois en colonies assez populeuses, qui, lors des gros temps sont rejetées sur la plage; mais dans la même station on peut attendre souvent plusieurs années sans avoir de nouveaux apports de cette fragile coquille. On l’a fréquemment observé en Italie, sur les côtes du Piémont, dans le golfe de Gênes el jusqu’en Sardaigne et en Sicile. Ilexiste également dans la mer Égée et sur les côtes d'Algérie. Dans l'Atlantique, plusieurs auteurs l’ont observé dans le golfe de Gascogne; il s'étend à l’ouest jusqu'en Amérique; on l'a signalé sur les côtes du New-Jersey, du cap Hatteras, de la Floride, des Antilles, des Bermudes, jusqu'aux tropiques, tandis qu'au Nord il ne paraît pas remonter au delà du 40° de latitude. Plus au Sud, il est remplacé par le Carinaria fragilis.
EXTENSION GÉOLOGIQUE. — On à observé dans les dépôts du miocène moyen et supérieur du Piémont deux espèces que l’on peut considérer
comme les formes ancestrales du Carinariax mediterranea.
Stations :
1. Zravailleur, 1880. Dragage 6. — Profondeur 1,353 m. Au Nord de l'Espagne. 2, — 1881. Dragage 28. — Profondeur 332-370 m. A l'Est de l'Espagne. 3. — 1881. Dragage 30. — Profondeur 1,205 m. Au Sud du Portugal. 4. <= 1881. Dragage 44. — Profondeur 1,745 m. Au Nord de l'Espagne. 5. ZTalisman, 1883. Dragage 39. — Profondeur 2,200 m. Cap Ghir (Maroc). 6. — 1883. Dragage 41. — Profondeur 2,105 m, Cap Ghir (Maroc).
(1) Carinaire fragile, Boryx De Sainr-VincENT, 1803. Voy. Afrique, I, p. 147, pl. VI, fig. 4. — Carinaria fragilis, DE Lamarck, 1822. Anüm. sans vert., VIX, p. 674. — RERvE, 1865. Iconogr., pl. L, fig. 1.
(2) Comme l'a fait observer M. G. B. Sowerby (1893. Notes on the genus Carinaria, etc., in Proceed. Malacol. Society, I, part. 1), le Carinaria fragilis de Bory de Saint-Vincent, est une forme douteuse, qui, très vraisemblablement, doit être rattachée au C. australis de Quoy et Gaimard.
GASTROPODA. 95
ATLANTIDÆ
Genre ATLANTA, Lesueur.
Atlanta Peroni, LESUEUR.
Atlanta Peronû, Lesueur, 1817. Zn Journ. sc. phys., LXXXV, pl. IL, fig. 1. — Keraudreniü, Quoy et Gaymard, 1830. Voy. « Astrolabe », 1, p.399, pl. XVII, fig. 23. — Bivonæ, Pirajno, 1835. Zn Efemer. sc., n° 78, p. 5, fig. 1.
Ladas Keraudrenii, Requien, 1848. Cog. Corse, p. 88.
Ogservarions. — Nous avons pu étudier un assez grand nombre d'échantillons de cette espèce; ils nous paraissent très constants et ne diffèrent guère que par la taille, ce qui correspond sans doute à une question d'âge; quelques-uns pourtant sont un peu plus renflés; mais en somme ils ne s’écartent pas du type figuré par les auteurs.
EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — On trouve cette espèce dans la Méditerranée et dans l'Atlantique. Dans la Méditerranée on l’a signalée sur les côtes de France aux environs de Nice et de Saint-Raphaël (Var), où M. Mollerat l’a draguée par 40 à 50 mètres de profondeur; elle descend ensuite à Gênes, à Naples et en Sicile où elle devient moins rare; M. le marquis de Monterosato l’a draguée dans les grands fonds des environs de Palerme; nous la connaissons également dans l’Adriatique à Trieste, dans la mer Ionienne à Gallipoli, et jusque sur les côtes de la Tunisie, ainsi que dans la mer Égée. Elle devient plus rare dans l'Atlantique. On l'a rencontrée dans le golfe de Gascogne, près de Fayal aux Acores, et plus à l’ouest sur les côtes du New-England entre 27 et 3132 mètres de profondeur, sur les côtes du cap Hatteras, de la Géorgie, de la Floride, du Texas, des Antilles, des Bermudes, de Cuba, de la Jamaïque, ete., jusqu'aux tropiques; au nord elle ne paraît pas remonter au delà du 42° degré de latitude.
EXTENSION GÉOLOGIQUE. — M. Seguenza a retrouvé un exemplaire de cet Hétéropode, dans les dépôts tertiaires supérieurs de la Calabre.
Stations :
1. Travailleur, 1881. Dragage 3. — Profondeur 3,307 m. A l'Ouest du Portugal.
2. — 1881. Dragage 5. — Profondeur 1,865 m. Golfe de Marseille.
3. — 1881. Dragage 12. — Profondeur 1,525 m. A l'Est de l'Espagne. À. — 1881. Dragage 30. — Profondeur 1,205 m. Au Sud du Portugal. 5. — 1881. Dragage 31. — Profondeur 1,353 m. Au Sud du Portugal. 6. — 1881. Dragage 34. — Profondeur 1,224 m. À l'Ouest du Maroc.
1/2 — 1882. Dragage 40. — Profondeur 1,900 m. À l'Ouest du Maroc. 8. — 1882. Dragage 44. — Profondeur 2,200 m. A l'Ouest du Maroc.
9. Talisman, 1883. Dragage 39. — Profondeur 2,300 m. A l'Ouest du Maroc. 10. — 1883. Dragage 113. — Profondeur 618 m. Acores.
OVULIDÆ
Dans son Manuel (1) le D'P. Fischer a réuni dans une même famille, celle des Cypræidæ, des formes assez différentes comme les Oowla, les Pedicularia et les Cypræa. Les Pedicularia, comme l'ont admis H. et A. Adams (2) pourraient à la rigueur, constituer une famille à part, celle des Pediculariidæ. Pourtant leurs affinités avec les Ooula et les Simnia sont telles que, dans notre Prodrome (3), nous avoir cru devoir les grouper dans une même famille, celle des Oowlidi. De cette façon, nous réunissons dans la famille des Cypræid les véritables Cypræa etles nombreux genres et sous-genres qui en ont été démembrés durant ces dernières années. Nous n’aurons à signaler dans la famille des Ovoulidæ qu’une seule espèce nouvelle. Avec les Ooulid:e commence la longue série des Mollusques prosobranches.
Species :