Pedicularia decurvata, Locarn
PI. IIL, fig. 12-15.
Pedicularia decurvata, Locard, 1896. Nova species (4).
P. Fiscuer, 1884. Man. conch., p. 662.
H. and A. ADaus, 1838. Genera recent Mollusca, X, 273.
LocarD, 1886. Prodrome mulac. franc., p. 88. — 1892. Conch. française, p. 34. Decurvatus, a, um, recourbé.
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Descripriox. — Coquille de petite taille, d’un galbe largement ovalaire, peu allongé, épaissi sur la face opposée au côté apertural. Sommet indiqué par une très légère dépression punctiforme centrale. Ouverture étroitement ovalaire, à bords très sensiblement subparallèles, un peu plus rétrécie en bas qu'en haut. Péristome simple, tranchant, à bords fortement découpés ; bord externe avec deux sinus, l’un supérieur, l'autre inférieur, réunis par une région presque droite; bord columellaire portant également deux sinus, le premier au même niveau que le sinus supérieur du bord externe, le second logé aux deux tiers de la hauteur; bords supérieur et inférieur plus ou moins arrondi et fortement en retraite par rapport aux bords latéraux. Test solide, épais dans la région dorsale, un peu aminci sur les bords de l'ouverture, d’un blanc porcelanisé, subopaque, orné sur toute la face dorsale de stries longitudinales assez fortes, irrégulières, et sur la face aperturale externe de stries décurrentes plus fortes, assez serrées, subégales, s'évanouissant sur la face
dorsale, plus accusées en dessus qu’en dessous.
Dimexsions. — Hauteur totale 8 millimètres.
Diamètre maximum — Ogservarioxs. — M. Dautzenberg a représenté (1) avec un grand luxe
de figures un Pedieularia Sicula de Swainson (2), d'après des échantillons recueillis sur un Polypier des Acores. Cette singulière coquille était jusqu'alors assez mal connue. Pourtant on reconnait que l'espèce donnée par Philippi sous le nom de T’hyrius paradozus (3) est bien la même que celle figurée par Seguenza (4). Ces deux coquilles ont très sensiblement le même galbe et le même mode d’ornementation. La forme que M. Dautzenberg a figurée est un peu différente; son contour apertural est déjà plus simple et la coquille semble ornée de costulations moins fortes, réparties d’une façon un peu différente. Plus tard (5) il à été reconnu que ce Pedicularia Sicula n’était autre que le P. decussata de Gould (6). Nous
(1) DavrzengerG, 1889. Contrib. fuune malac. Acçores, pl. IV, fig. 1 à 8.
(2) Pedicularia Sicula, SwainsoN, 1840. Malac., p. 246. — SeGuenza, 1865. In Journ. Conch., XIII, pl. IV, fig. 2.
(3) Thyrius paradoæus, Picippr, 1844. Enum. moll. Siciliæ, H, pl. XVIIL, fig. 11.
(4) SEGUENZA, 1865. In Journ. Conch., XII, pl. IV, fig. 2.
(5) Daurzex8erG et P. Fiscner, 1896. In Bull: Soc. z0ol. franc., IN, p. #42. (6) Pedicularia decussata, Goucp, 1855. In Proceed. Boston Soc. nat. hist., V, p, 127.
(TALISMAN. — Mollusques lestacés.
possédons un échantillon de Pedicularia Sicula provenant de Nice, et dont le galbe, comme le mode d’ornementation, répondent absolument aux deux figurations de Philippi et de Seguenza; la coquille est ornée sur son dos de costulations assez fortes et continues, atténuées à la périphérie, et qui sont bien plus accusées que dans les figurations de M. Dautzenberg. Malgré ces variations, la forme que nous avons observée dans les dragages du « Talisman » nous paraît toute différente et constitue une espèce bien nouvelle. Ce qui caractérise surtout cette forme, c’est d’abord la présence des deux sinus qui découpent largement les deux bords de l'ouverture, puis la présence de stries fines, régulières, subégales, logées sur les deux bords externes de l’ouverture.
Si nous comparons notre Pedicularia decurvata avec le P.Sicula, nous voyons qu'il s’en sépare : par son galbe plus court, plus renflé; par sa région dorsale plus développée, se confondant avec les bords aperturaux sans qu'il existe la moindre séparation apparente, le moindre callum; par son péristome beaucoup plus découpé, portant notamment quatre sinus bien distincts, deux supérieurs et deux inférieurs sur chaque bord; par son ouverture plus rétrécie dans le bas et plus élargie dans le haut, en même temps plus troncatulée dans sa partie inférieure; enfin par son test orné sur le dos uniquement par les séries d'accroissement et sur les parois externes de l'ouverture par des stries beaucoup plus fines, beaucoup plus régulières, s'évanouissant à leur passage sur la face dorsale. Cette comparaison est faite avee des échantillons tels que Seguenza à compris son Pedicularia Sicula. Mais si maintenant nous rapprochons notre Pedicularia decurvata de la forme figurée par M. Dautzenberg, nous reconnaîtrons qu'il s’en distingue : par sa région dorsale notablement plus haute et plus large; par son ouverture à bords moins parallèles, plus rétrécie en bas, plus élargie et plus bianguleuse dans le haut; par son péristome, non pas simple et continu, mais bien découpé et muni de quatre sinus subsymétriques; par son test d’un beau blanc porcelanisé quoique l'animal soit encore dans sa coquille; enfin par son mode d’ornementation, la coquille ne portant sur le dos que des stries d’accroissement longitudinales, tandis que les petites côtes transversales sont sensibles seulement sur la paroi aperturale externe.
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En résumé, nous estimons qu'il existe trois formes au moins de Pedicularia vivants dans les régions qui nous occupent : la forme sicilienne décrite par Swainson, Philippi et Seguenza; la forme des Açores figurée par M. Dautzenberg et qui n’est probablement qu'une variété sublæviqata du Pedicularia Sicula pe; enfin la forme que nous venons de décrire et qui constitue par l’ensemble de ses caractères une espèce bien distincte.
Stations :
1. Talisman, 1883. Dragage 198. — Profondeur 983 m. De Fayal à San-Miguel (Acores). 2. — 1883. Dragage 129. — Profondeur 2,220 m. Acores.
CYPRÆIDÆ
Dans une savante ettrès consciencieuse étude de la famille des Cypræidaæ, notre ami M. le D’ Jousseaume (1) a établi un certain nombre de coupes qui facilitent singulièrement le classement et l’étude de cette grande et belle famille. Il signale trente-six genres dans la famille des Cypræidæ, telle que nous la comprenons ici. Sans admettre la totalité de ces genres, ce qui compliquerait un peu la nomenclature, il n’en reste pas moins des coupes bien définies. Les échantillons rapportés par le « Travailleur » et le « Talisman » sont assez nombreux, mais ils n’ont pas été recueillis à de bien grandes profondeurs. Ils sont néanmoins intéressants au point de vue de leur extension géographique. Nous n'avons
observé que six espèces réparties dans les genres Cypræa et Trivia.
Species :
. Cypræa lurida, Lin. 4. Cypræa picla, Gray.
— pirum, Gmel. à. — gangrenosa, Soll.
— spurca, Lin. G. Trivia Mollerati, Loc.