Cavolinia tridentata, ForskaL
? Monoculus telemus, Linné, 1767. Systema naturæ, édit. XIT, p. 1059. Anomia tridentata, Forskäl, 1775. Descript. animal. observ. Hauniæ, p. 124. Cavolinia natans, Abildgaard, 1791. Zn Shrivter af naturhist.-Selskab, 1, 11, p. 175, pl. X. Hyalæa cornea, de Lamarck, 1801. Syst. anim. sans vert., p. 140. — papilionacea, Bory de Saint-Vincent, 1803. Voy. mers d'Afrique, I, p. 438, pl. V, fig. 4, a-f.
Hyale teniobranche, Peron et Lesueur, 1810. Zn Ann. Muséum Paris, XV, pl. Il, fig. 43. Hyalæa Forskalii, de Blainville, 14826. Diction. sciences nat., XXII, p. 79. — Peronii, de Blainville, 1826. Loc. cit., p. 80. — affinis, d'Orbigny, 1840. Voy. Amérique mérid., Moll., p, 1, pl. V, fig. 6-10. — Forskalii, d'Orbigny, 14840. Loc. cit., p. 89, pl. V, fig. 1-5. — tridentata, Souleyet, 4845. Voy. Bonite, Il, p. 137, pl. IV, fig. 1-5. — truncata, Krauss, 1848. Südafrikan. Mollusken, p.34, pl. I, fig. 12. Cavolinia tridentata, P. Fischer, 1882. Manuel conch., p. 434.
Ogservarioxs. — C’est à bien juste titre que M. le D' Boas (1) a réuni au AHyalea tridentata de Forskal, les 1. papilionacea, Forskali, Peron, affiris et truncata de divers auteurs. Ce ne sont en somme que de simples variétés d’un même type, variétés qu'il n’est mème pas toujours bien facile de distinguer. Seul, à la rigueur, le /yalæa affinis de d'Orbigny pourrait être maintenu, si l’on ne trouvait pas entre lui et le véritable /yalea tridentata des formes de passage telles qu'il ne nous est plus possible de dire exactement où finit une espèce et où commence l’autre. Comme l’a fait observer M. le D' Boas, les variations chez la coquille du Æyalea où Cavolinia tridentata portent, non seulement sur la taille des sujets, mais encore sur le galbe de la face inférieure. Les exemplaires du Pacifique oriental se distinguent surtout par leur moindre grandeur, et n’atteignent plus que 9 à 13 millimètres. Nous n'avons pas retrouvé cette petite forme, car nos échantillons passent de 1% à 20 millimètres de longueur ; mais le profil de leur région inférieure
(4) D'J.E. V.Boas, 1886. Bidrag til Pteropodernes, p. 115 et 241, pl. 1, fig. 8-9; pl. IF, fig. 19; pl. IV, fig. 66; pl. VI, fig. 100.
PTEROPODA. d
présente presque tous les intermédiaires si bien figurés par M.le D'Boas. Seul le type 4, qu'il a donné pour les échantillons du Pacifique Est, fait défaut. Mais nous trouvons, notamment dans les échantillons du dragage 38 de la campagne de 1881, pris par 1 916 mètres au Nord de l'Espagne, des formes intermédiaires entre ce type et le type du Pacifique. Les types c, d'ete, correspondant aux formes de l'Océan Indien, de la mer de Chine et de l'Atlantique se rencontrent dans tous les dragages. On remarquera, du reste, que l’aplatissement de la coquille correspond à l’augmentation de sa faille. C’est en général le type des mers de Chine qui semble dominer dans nos dragages, et les passages entre ce type et celui de l'Atlantique sont très fréquents. M. Verrill ({) a très bien figuré le C'avolinia tridentata avec son animal.
Avec le D'P. Fischer, nous avons adopté, pour les espèces appartenant à ce genre, le nom de Cavolinia institué par Gioeni dès 1783, de préférence à celui de Æyalæa proposé en 1799 par le chevalier de Lamarck pour ces mêmes animaux.
EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE. — Comme nous venons de le voir, l'extension géographique du Cavolinia tridentata est considérable, puisqu'il passe de nos eaux tempérées aux mers tropicales du Pacifique. C’est un être éminemment cosmopolite. En Europe, on a signalé sa présence dans une grande partie de la Méditerranée, depuis la mer Égée, jusqu’en Corse et en Sardaigne, par le Nord de la Tunisie, Malte, Naples, Civita-Vecchia, et le littoral des côtes de Provence, depuis Nice jusqu'à Cette. Il n’est pas rare d'en rencontrer quelques fragments de coquille à travers le sable des plages. Dans l'Atlantique, le marquis de Folin l'a déjà signalé au cap Breton dans les Landes. Mais s’il s'étend dans ces mers bien plus au Sud et à l'Ouest, il remonte rarement plus au Nord. Nous le retrouvons en Amérique sur les côtes du New-Jersey, de la Virginie, du cap Hatteras, de la Géorgie, de la Floride, des Antilles, et sur la côte occidentale, dans le Pacifique.
On est encore peu fixé sur la répartition bathymétrique des C'avolinia. Ce sont probablement des animaux de surface. Mais leurs coquilles se
(1) A. F. Verrizz, 4882. In Transact. Connecticut Academy, V, p. 554, fig. 6-7.
retrouvent parfois à de grandes profondeurs. Le marquis de Folin l’a dragué dans la fosse du cap Breton, dans le golfe de Gascogne, entre 40 et o7 mètres, et M. Mollerat au large de Saint-Raphaël, dans le Var, par 30 mètres et au delà; le marquis de Monterosato indique cette espèce jusqu’à 300 mètres aux environs de Palerme; sur les côtes du New- England, M. Verrill la signale entre 82 et 3720 mètres de profondeur (1). EXTENSION GÉOLOGIQUE. — On a cité le Cavolinia tridentata à l'état fossile dans les dépôts tertiaires et quaternaires de la Sicile, aux environs de Palerme, Messine et Ischia, au Monte Pellegrino et à Ficarazzi. M. Angelo Conti Pindique au Monte Mario près Rome. Une forme analogue se rencontre dans les dépôts plus anciens du Bordelais. Mais la fragilité de la coquille des Ptéropodes en général favorise bien mal leur conservation.
Stations :
1. Travailleur, 1881. Dragage 1. — Profondeur 555 m. Au large de Marseille. D — 1881. Dragage 18. — Profondeur 2,465 m. A l'Ouest de la Corse. 3. — 1882. Dragage 38. — Profondeur 636 m. Côtes du Maroc.
4, 1882. Dragage 39. — Profondeur 530 m. Côtes du Maroc.
». — 1882. Dragage 40. — Profondeur 1,900 m. Côtes du Maroc.