Spirula Peroni, DE LAMARCK
Nautilus spirula, Linné, 1758. Systema naturæ, édit. X, p. 1163. Spirula Peroni, de Lamarck, 1822. Anim. sans vert., VII, p. 601,
Ogservarions. — Le Spirula Peroni, toujours fort rare, n’a été rencontré par le « Travailleur » et le « Talisman » qu’à l’état de coquilles mortes. Nous n’en connaissons que deux échantillons. C’est du reste une forme régulière et constante qui ne semble varier que par la taille. Ces deux échantillons sont absolument conformes aux coquilles que l’on rencontre parfois sur nos côtes.
EXTENSION GÉOGRAPHIQUE ET BATHYMÉTRIQUE (2). — Les Spirula vivent normalement sous les mers tropicales. Le plus ordinairement, c'est dans les parages des mers de Chine et du Japon ou de la Nouvelle-Zélande qu’on peut les rencontrer avec leurs animaux. Pourtant leurs coquilles sont entraînées jusque sur nos côtes. Dans la Méditerranée, le Spèrula Peront a été signalé sur les côtes d'Espagne et d'Algérie ; il est plus répandu dans l'Océan ; on l’a vu parfois sur les côtes océaniques de France, rejeté à la suite des tempêtes, depuis les environs de Brest, jusque dans le
(4) L. BezLaror, 4872. I Molluschi Piemonte e Liguria, I, p. 411, pl. I, fig. 1.
(2) Dans notre Conchyliologie française (Mollusques marins, p. 15), nous avons divisé la série des fonds facilement accessibles sur nos côtes en trois zones : 4° zone littorale, correspondant au niveau plus au moins superficiel du balancement des marées ; 2° zone herbacée, comprenant les vastes prairies sous-marines allant jusqu’à 27 ou 28 mètres de profondeur, où croissent les Laminaires, les Zostères, les Posidonies, etc. ; 3° zone corallienne s'étendant jusqu'à 72 ou 75 mètres, caractérisée par la présence d'algues incrustantes, corallines et nullipores. Au delà viennent les grands fonds, dont nous indiquerons le niveau mesuré en mètres.
golfe de Gascogne. Il vit plus au sud, sur les côtes du Portugal, aux îles Canaries, Madère et Açores, jusqu’au Sénégal, en Guinée, aux Indes, en Australie, en Amérique sur les côtes de la Floride et des Antilles, ete. On manque encore de données précises sur l'extension bathymétrique exacte du Spérula Peroni. Un individu étudié par Willemoes-Sham était contenu dans un poisson pêché entre 550 et 750 mètres de profondeur. Agassiz a dragué un autre sujet complet par 1776 mètres.
Stations :
1. Travailleur, 1882. Dragage 44. — Profondeur 2,200 m. Côtes du Maroc. 2. Talisman, 1883. Ilot Branco (Iles du Cap-Vert).
BAR OIPO DIX
Les Ptéropodes sont particulièrement bien représentés dans les dragages du « Travailleur » et du « Talisman », non seulement au point de vue des espèces variées, mais encore comme nombre de sujets rapportés. Mais tous ont été rencontrés à l’état de coquilles mortes; la plupart des coups de drague ont mis à Jour quelques-unes de ces frèles et délicates demeures. Sur certains points, pour nous servir de l’heureuse expression du M° de Folin, on peut dire que le fond de la mer est entièrement tapissé des squelettes de ces petits animaux. Vivant parfois en colonies extrêmement populeuses à la surface des eaux, la coquille des Ptéropodes, toute légère qu’elle soit, est entraînée jusque dans les grands fonds après leur mort. Les données bathymétriques fournies par les dragages sont donc, pour l’histoire de ces animaux, d’un intérêt relatif, tandis que les données géographiques nous démontrent leur extrême dispersion.
Le nombre des espèces que nous avons eu à examiner s'élève à 18 ; elles sont réparties entre 7 genres déjà connus. Dans le nombre, deux de ces espèces sont nouvelles pour la faune marine.
Species :
1. Cavolinia lridentata, Forsk. 1. Cuvieria columnella, Rang. 2. — gibbosa, Rang. 4. Limacina helicina, Phipps. 3. — globulosa, Rang. 2, — inflata, d'Orb.