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SECOND SOUS-ORDRE

DECAPODA. Leach.

Genre Sepia, Linné; Decapoda , Leach, Férus. et d'Orb., Owen; Décacères, Décabrachidées, Blainville.

Corps généralement allongé, oblong ou cylindrique, souvent dépourvu de bride cervicale. Appareil de résistance , toujours cartilagineux. Nageoires très-développées. Tête moins volumineuse que le corps. OEil libre dans son orbite, pouvant tourner en tous sens dans une cavité orbitaire très-vaste, n’étant fixé que par le nerf optique et par des muscles, sur une petite partie de sa circonférence. Membrane buccale très-développée. Ouvertures aquifères céphaliques nulles; des ouvertures buccales et brachiales. Des bras sessiles au nombre de huit, et deux bras tentaculaires ; en tout dix bras. Des crêtes natatoires aux bras. Cupules obliques, pédonculées, pourvues d'un cerele corné. Tube locomoteur presque toujours muni d'une valvule interne. Coquille interne occupant le milieu du corps en dessus.

Rapp. et diff. — On n'avait jusqu à présent, pour caractères distinctifs, que le nombre des bras. J'ai trouvé qu'ils diffèrent encore : par l'allongement du corps, souvent cylindrique; par la non-union de ce corps à la tête dans ses parties extérieures; par l'appareil de résistance toujours cartilagineux; par la tête généralement moins volumineuse que le corps; par les yeux libres dans leurs orbites ; par la présence de membranes buccales très- développées; par la présence d'ouvertures aquifères buccales et brachiales; par la présence de bras tentaculaires , les bras étant toujours au nombre de dix; par la présence de crêtes natatoires aux bras ; par des cupules pédonculées obliques , le plus souvent’ d’un cercle corné; par le tube locomoteur presque toujours muni d’une valvule interne; par la présence d’une coquille interne médiane.

G. ARGONAUTA. 237 PREMIÈRE DIVISION. DECAPODA MYOPSIDÆ, d'Orbigny.

Yeux sans contact immédiat avec l’eau extérieure, libres dans une cavité orbitaire et recouverts, en dehors, par une continuité du derme qui devient toujours transparente sur une surface ovale longitudinale, égale au diamètre de l'iris.

Une paupière inférieure aux yeux.

Aïe famille, SEPIDÆ, d'Orbigny.

Animal raccourci, massif. Corps court, ovale ou arrondi, fortement déprimé. Nageoires presque toujours latérales, quelquefois terminales, séparées l’une de l'autre, en arrière, par une échancrure ou un espace libre. Yeux pourvus d'une paupière inférieure. Membrane buccale sans cupules. Crête auriculaire nulle. Bras tentaculaires rétractiles en entier. Cupules presque toujours sur plus de deux rangs aux bras sessiles. Cercle corné des cupules, convexe uniformément sur son pourtour, et rétréci en dessus et en dessous; sans crêtes extérieures. Tube locomoteur sans bride supérieure , à sa jonction à la tête. Coquille interne, simplement cornée ou remplie, de locules aériennes irrégulières, sans siphon.

Cette famille diffère de celle des Lolhigidæ, par tous les points que je viens d'indiquer comme comparatifs. Elle se distingue des Spirulidæ , par le manque de cloisons régulières aux loges aériennes et de siphons. J'y réunis les genres Cranchia, Sepiola, Sepioloidea , Rossia et Sepia.

1°" GENRE. CRANCHIA, Leach. PI. 8.

Cranchia, Yérussac, Owen; Calmars B, les. Cranchies, Blainville.

Animal raccourci; corps volumineux par rapport à la tête, de consistance flasque membraneuse, bursiforme , arrondi en arrière, très-rétréci et tronqué en avant, uni à la tête par une très-petite bride cervicale médiane, et par deux autres latérales placées aux expansions latérales de la base du tube locomoteur. Nagcoires terminales, attachées sur un prolongement spécial de l'extrémité du corps, ovales et échancrées à leur jonction postérieure. Tête très-pette, fortement rétrécie en avant et en arrière des yeux. Yeux gros, saillants, occupant une grande partie de la masse céphalique. Membrane buccale très-grande, pourvue de huit lobes aigus. Ces lobes correspondant aux attaches des bras. Lèvres au nombre de deux, l'uneinterne plissée, l’autre externe lisse, Bras sessiles conico-subulés courts, inéoaux, les latéraux inférieurs les plus longs, sans crête natatoire, ni membrane protectrice des cupules. Cupules alternes sur deux rangs. Bras tentaculaires gros, pourvus de crêtes natatoires et de cupules, sur quatre lignes alternes. Membrane de l’ombrelle unissant ensemble Les trois paires supérieures du bras. Tube locomoteur très-long, tronqué obliquement à son extrémité, sans bride supérieure ; pourvu d'une valvule interne. Coquille interne cornée aussi longue que le corps, gélatineuse, étroite, acuminée à ses extrémités.

Rapp. et diff. — Par leur corps uni à la tête au moyen d'une bride supérieure fixe, par leurs bras rétractiles, les Cranchies se rapprochent évidemment beaucoup des Seprola ; néanmoins elles s’en distinguent par leur consistance membraneuse flasque, par leur corps fixé à la tête comme chez les poulpes ; par les nageoires terminales réunies à l'extrémité du corps; par la tête très-petite relativement à l'ensemble, par la

G, CRANCHIA, 239

membrane buccale divisée en huit lobes, par la coquille interne occupant toute la longueur du corps.

Si je n'avais pas cru voir les yeux recouverts par une continuité du derme, si M. Owen n'avait pas reconnu la valvule interne du tube locomoteur, j'aurais placé ce genre dans la famille des Loligopsidæ; car il est évident que par sa consistance membraneuse, par la forme et la disposition des nageoires, par les attaches du corps à la tête, par la forme et l'extension de la coquille interne, il a avec ceux-ci les plus grands rapports de conformation; aussi, tout en plaçant ce genre près des Sepiola, en raison des deux caractères indiqués, je ne suis pas convaincu que des observations faites avec soin sur de plus grands individus, ne le fassent transporter près des Loligopsis.

Histoire. M. Leach', en 1817, a divisé les Céphalopodes principalement d’après la forme des nageoires, et a créé, sous le nom de Cranchia, un genre destiné à recevoir les espèces ayant les nageoires terminales. M. de Blainville? à formé des Cranchies sa seconde section des calmars. M. de Férussac?, en 1825, admit comme générique cette division, basée seulement sur la forme des nageoires.

M. Owen, en décrivant parfaitement les caractères de la Cranchia scabra, Leach, restreint les véritables caractères des Cranchia, d’après la jonction du corps à la tête, d’après la forme du tube locomoteur.

Plusieurs auteurs, s'étant attachés seulement aux formes ex-térieures des nageoires, ont décrit dans le genre Cranchia plusieurs espèces que leurs caractères zoologiques classent nettement aux genres Loligo, Onychoteuthis et Histioteuthis.

On ne connaît pas encore de Cranchia fossiles.

Espèces de l'océan Atlantique.

N° 1, CRANCHIA SCABRA, Leach. PI. 8.

Cranchia scabra, Leach, 1817, Tuckey. Exped. to Zaire. Append, n° 4, p. 140,

1 The natural miscellany, t. II, p.137.

2 Dictionnaire d’hist. nat., t. XX VII, p. 435. 8 D’Orbigny,T'ableau des Céphal., p.58.

Cranchia scabra, Leach, 1817, Miscell. zool., t. III, p. 187.

Idem, Leach, Voy. au Zaire, trad, franc. Atlas, p.13, pl. 18, fig. 1.

Idem, Leach, 1818, Journ. de Phys., t. LXXXVI, p. 395, pl. de juin, n° 6. Loligo cranchii, Blainv., 1823, Journ. de Phys., p. 123,

Idem, Blainv., 1823, Dict. des Scienc. nat., t. XXVIT, p. 135.

Idem , Férussac, Dict, class. d'Hist. nat., t. IV, atlas, pl. f. 4. k

Cranchia scabra, d'Orb., 1825, Tabl. méth. de la class. des Céph., p. 58. Idem, Owen , 1836, Trans. zool. soc., vol. IT, pl. 21, f. 1-5.

Idem, d’'Orb. et Fér., 1839 , Céphal. acét., n° 1, Cranchia, pl, 4, fig. 1, Idem, d’Orb., 1839, Moll. des Antilles , t, I, p. 32, n° 7,

C. corpore scabroso ; pinnis terminalibus rotundatis ; brachiis inæqualibus pro longitudine parium brachiorum , Sy Docs

Dim. Longueur totale, 43 mill.

Animal très-raccourci; corps très-volumineux par rapport à la tête, flasque, bursiforme, couvert, surtout en-dessous et sur les côtés, d'un grand nombre de tubercules cornés, divisés en deux, trois ou quatre pointes aiguës. Nageoires arrondies, réunies par leurs côtés, ayant une forte échancrure postérieure. Tête très-petite, courte, aussi large que l'ouverture du corps. Yeux gros, saillants, occupant presque toute la surface céphalique. Bras sessiles, conico-subulés, courts, inégaux. Cupules alternes sur deux lignes, séparées par un large intervalle. Bras tentaculaires contractiles, portant des cupules sur quatre lignes alternes, plus petites que celles des bras sessiles. Couleur : entièrement blanc avec quelques points rougeàtres espacés sur le corps.

Coquille interne cornée aussi longue que le corps, gélatineuse, acuminée à ses extrémités, très-étroite, légèrement rétrécie au milieu de sa longueur.

Hab. L'océan Atlantique, par 42° de latitude sud, et 40° de longitude ouest et dans Les mers des Antilles.

Expl. des fig. PI. 8, fig. 4, animal vu sur le dos, d’après M. Owen; fig. 2 le même vu sur le ventre; fig. 3, partie intérieure du corps, pour montrer les attaches fixes ; fig. 4, les bras épanouis el la bouche: fig. 5,un morceau de peau grossi pour en montrer lesaspérités; fig. 6, une autre figure, d'après M. Leach.

G. CRANCHIA. 241 Espèces incertaines.

N° 2. CRANCHIA MACULATA, Leach.

Cranchia maculata , Leach, 1817, Tuckey, Exp. to Zaire, app. 11, p. 40.

Idem , Leach, 1818, Trad. franc, atl., pl. 13.

Idem, Leach, 1818, Journ. de Phys., t. LXXXVI, p. 395.

Loligo lævis, Blainv., 1823, Journ. de Phys., p. 123 (d’après Leach).

Idem, Blainv., 1823, Dict. des Sc. nat., t. XXVII, p. 135 (d’après Leach). Cranchia maculata, d'Orb., 1825, Tab. méth. de la cl. des Céph., p. 58. Idem, d'Orb. et Fér., 1839, Céphal. acét., p. 224, n° 2.

C. sacco lævi, pulcherrime nigro maculato; maculis ovatis distantibus. Leach.

Hab. Les mers occidentales d'Afrique.

Espèces décrites qui n’appartiennent pas au genre Cranchia.

Bonelliana, Féruss., 1835. V. Histioteuthis, idem, d'Orb. Cardioptera, Féruss., 1823. V. Onychoteuthis, idem, d'Orb. Minima, Féruss., 1834. V. Loligo, idem, d’Orb. Perlucida, Rang, 1837. V. Onmastrephes laticeps, d'Orb. Du travail qui précède, 1l résulte que huit noms spécifiques ont déjà été donnés dans le gentre Cranchia; de ce nombre, quatre n'appartiennent pas au genre. Les quatre autres discutés, m'ont donné une espèce réelle, et une espèce incertaine. Ces deux espèces paraissent, au moins Jusqu'à présent, spéciales à l'océan Atlantique.

Table alphabétique de toutes les espèces réelles ou nominales du genre CRANCHIA.

Pages Bonelliana, Férussac, 1835. V. Histioteuthis Bonelliana. 241

Cardioptera, Féruss., 1823.V.Onychoteuthis cardioptera. 241 Cranchü (Loligo), Blainv., 1823. V. C. scabra, Leach. 240 Lævis (Loligo), Blainv., 1823. V. C. maculata, Leagh: 241 Maculata, Leach., 1817. Oc. Atl........ sRRETÉ 4. «fut Minima, Féruss., 4834. V. Loligo minima, ; d'Orb... 241 Perlucida, Rang, 1837.V. Ommastrephes laticeps, d’ Orb. 241 Seabra.'Eeachus dl Oe::Atlracaque 2 2 ou 1989

° GENRE. SEPIOLOIDEA, d'Orbigny. PI. 9.

Animal déprimé, très-large, cilié à son bord antérieur. Bride cervicale supérieure très-large. Appareil de résistance composé, sur la base du tube locomoteur, d’une fossette cartilagineuse, oblongue, comme divisée en deux cavités, pourvue de bourrelets à san pourtour; et à la paroi interne du corps, sur les côtés, d'un mamelon oblong comme bilobé, entouré d'excavations profondes, situé très-loin du bord supérieur du corps. Membrane de l'ombrelle très-large, unissant tous les bras, moins les inférieurs. Point de coquille interne ?

Rapp. et diff. — Cette division, dont on ne connaît qu'une espèce, se rapproche du genre Sepra, par sa forme générale, par la largeur de la tête, par la longueur des bras, et surtout par son appareil de résistance; néanmoins elle s’en distingue trèsfacilement par sa tête réunie au corps en dessus, par le manque de coquille interne, et par les nageoires plus larges. Plus rapproché des Septola par sa tête unie au corps et par ses nageoires, elle en diffère encore par son appareil de résistance , par le manque d’osselet et par le pourtour de son corps cilié.

N° 1. SEPIOLOIDEA LINEATA, d'Orbigny. PI. 9.

Sepiola lincolata, Quoy et Gaimard, 1832 , Zoologie du Voyage de l’Astrolabe, t. Il, p. 82, Mollusques, pl. 5, fig. 8 à 13. Idem , Gervais et Van Beneden, 1838 , Note sur le genre Sepiola, p. 6, Bulletin de l’Académie de Bruxelles, t, V,p. 7 Sepioloidea lineata, d'Orb. et Féruss., 1839, Céphal. acét., p. 240; Sépioles, pl. 3, fig. 10-18.

S. corpore brevi, rotundato, anticè cirrhalo, lineis cœrulers longitudinalibus ornato ; pinnis elongats, hneatis. Dim. Longueur totale, jusqu’à l'extrémité des grands bras, 66 mill. Par rapport à la longueur : Longueur du corps, 100

largeur du corps, 5%: longueur des bras contractiles, À; » 1 à 22 .

longueur des bras supérieurs (pris en Mers 55 longueur des bras latéraux-supérieurs, À; NE a des bras

inférieurs, % 3; longueur des bras inférieurs, #53; largeur

G. SEPIOLOIDEA. 215 de la tête, 5%; longueur de la nageoire, 7% ; largeur des nageoires, 755-

Animal, très-raccourcei , la tête paraissant ne former qu’un avec le corps, les bras très-courts par rapport à l'ensemble. Corps lisse en dessus, fortement granuleux sur les côtés en dessous , déprimé, aussi large que haut; arrondi en arrière ; orné , sur les côtés, près de la bride, de dix-sept ou dix-huit petites cirrhes allongées, filiformes et flottantes. Nageoires trèsséparées, de forme oblongue, un peu plus larges en avant qu'en arrière. Tête très-large, déprimée, lisse en dessus, couverte en dessous de tubercules dont le centre a un point saillant corné. Yeux volumineux, saillants, mais leur ouverture extérieure est très-petite, latérale-supérieure. Bras sessiles très-courts, quadrangulaires, peu inégaux en longueur, les deux paires supérieures un peu plus grêles, plus courtes que les inférieures, ayant leur moitié inférieure engagée dans la membrane. Cupules demi-sphériques, alternant sur deux lignes bien distinctes et très-régulières , sur la base de chaque bras, presque jusqu'à la hauteur des membranes, puis ensuite plus petites, en quatre rangs, sur le reste de chaque bras. Lorsqu'il n’y a que deux lignes, les cupules sont dans un large sillon protégé, de chaque côté, par une légère saillie latérale des bras. Le cercle corné est très-haut, pourvu d’un bourrelet externe. Bras tentaculaires longs, grèles, élargis et comme lancéolés à leur extrémité. Cupules excessivement petites, très-nombreuses, et rapprochées, placés sur quinze à vingt lignes. Couleur blanche, avec des lignes longitudinales d'un blanc mat.

Hab. Le grand Océan, dans la baie Jervis (Nouvelle-Hollande).

Expl. des fig. PI. 9, fig. 4. Animal vu en dessous, de grandeur naturelle; fig. 2, le même vu en dessus ; fig. 3, ombrelle grossie, vue en dedans, pour montrer les brides buccales; fig. 4, appareil de résistance; a bouton sur la parot interne du corps; b cavité sur La base du tube locomoteur; fig. 5, œil; c œil ; d ouverture lacrymale; foreille externe; fig. 6, bras sessile

grossi, pour montrer la disposition des cupules ; fig. 7, cercle corné des cupules des bras sessiles, vue de profil ; fig. 8, le même, vu de face; fig. 9, tubercules du dessous du corps.

G. SEPIOLA. 245

ILI° GENRE. SEPIOLA, Rondelet. PI]. 10.

Sepiola, Rondelet, 1554, Boussuet, Aldrovande, etc. ; genre Sepia, Linné, Gmelin; G. Loligo, Lamarck, 1799; G. Sepiola, Leach , 1817; Calmars, sect. À, ou Sépioles, Blainville.

Animal raccourci; corps de cossistance charnue, bursiforme, court, arrondi postérieurement, tronqué en avant, uni à la tête par une bride cervicale fixe. Appareil de résistance formé , sur la base du tube locomoteur, par une fossette allonace, et sur la paroi interne correspondante du corps, d'une crête allongée linéaire, commençant au bord même. Nageoires latérodorsales, placées au milieu de la longueur du corps, ovales ou demi-cireulaires, plus longues que larges, séparées du corps par une échancrure en avant, s’unissant presque à angle droit en arrière. Tête courte. Yeux gros, saillants, latéraux -supérieurs, entièrement recouverts à l'extérieur, par une continuité de l’épiderme de la tête. Une seule paupière, formée par un trèsfort repli de la peau, occupant les trois quarts de la circonférence de l'œil, à sa partie inférieure. Membrane buccale assez courte, divisée sur les bords en sept lobes simples. Oreille externe, sans crête auriculaire, marquée, en arrière de l'œil, un peu au-dessous, d'un fort tubereule percé au milieu. Ouvertures peu aquifères : 4° L'une brachiale, de chaque côté, placée entre les troisième et quatrième paires de bras; 2° deux lacrymales très-petites, placées, de chaque côté en avant du globe de l'œil, à la partie inférieure. Point d'ouvertures buccales. Bras sessiles, conico-subulés, toujours inégaux. Point de membrane protectrice des cupules. Cupules sphériques, portées sur un long pédoncule. Cercle corné oblique, à ouverture excentrique, convexe en dehors. Bras tentaculaires rétractiles en entier dans une cavité sous-orbitaire, cylindriques à leur base, élargis à leur extrémité. Crête natatoire assez large, mais point de membrane protectrice des cupules. Massue couverte en dessus d'un très-grand nombre de cupules , tou-

jours portées sur un long pédoncule, beaucoup plus petites et plus nombreuses qu'aux bras sessiles. Elles sont sur plus de huit lignes. Membranes de l'ombrelle nulles, moins l’intervalle compris entre le bras latéral-inférieur et lebras inférieur. Tube locomoteur, s’avançant souvent jusqu'à la base des bras, dépourvu de brides supérieures à sa jonction à la tête. Une valvule dans son intérieur. à

Coquille interne cornée, mince, en glaive, n'occupant jamais plus de la moitié de la longueur du corps, et placée dans la partie charnue du corps et non en dessous, comme dans les autres genres Voisins.

Rapp. et diff. — Ce genre se distingue des seiches et des calmars par la forme de la nageoire latéro-dorsale; il se distingue encore des premiers par sa coquille cornée flexible, par son corps uni à la tête, par son ouverture lacrymale séparée de la paupière. Il diffère des calmars par sa forme raccourcie, par l'unionde son corps à la tête, par son appareil de résistance, par ses demi-paupières, par le manque de cupules à la membrane buccale, et d'ouvertures aquifères buccales, ainsi que par sa coquille interne n'occupant qu'une partie de la longueur du COrps.

Il est évident que les rapports extérieurs de formes le rapprochent des Rossia plus que des autres genres par la conformité des nageoires, la forme générale du corps, celles des bras et des cupules; néanmoins il s’en distingue par des caractères d'une valeur assez réelle pour que j'aie cru devoir l'en séparer ainsi que l’a fait M. Owen. Ilen diffère par son corps uni à la tête, par son appareil de résistance moins compliqué, par sa coquille interne , non située au-dessous de la partie charnue, dans une gaîne, mais bien dans la partie charnue même, et par Ja forme en glaive de cette coquille.

Hab. Les Sépioles paraissent être spécialement côtières. Elles sont de toutes les latitudes, depuis les régions froides jusqu'à la zone équatoriale. Leurs mœurs sont les mêmes que celles des seiches.

G. SEPIOLA. 247

Ilistoire. La Sépiole avait échappé aux observations d’Aristote et de tous les auteurs grecs et latins. Rondelet!, en 4554, en donna les premières notions. Linné *, en 1757, plaça la seule espèce connue dans son genre Sepia, sous le nom de $epia seprola. Lamarck*, en 1779, en divisant le genre Sepia de Linnée, rangea les Sépioles sous la dénomination de Loligo sepiola. En 1817, Leach!, attachant plus d'importance aux nageoires qu à tout autre caractère , en forma un genre sous le nom de Sepiola.

Les espèces peuvent, d’après leurs cupules, se diviser z00logiquement ainsi qu'il suit :

Première section. — Cupules sur deux rangées alternes à tous

les bras sessiles.

S. Japonica, Tilesius. S. Rondeleti, Leach.

Oweniana, d'Orb. |

Deuxième section.—Cupules sur deux rangées alternes à tous les bras sessiles, excepté aux bras supérieurs, où elles sont plus nombreuses.

CR Atlantica, d'Orb.

Troisième section. — Cupules sur quatre rangées aux bras

sessiles.

S. Stenodactyla, Grant.

On ne connaît pas éncore de Seprola fossiles.

Espèces de l'océan Atlantique.

N° 1. SEFICLA ATLANTICA, d'Orbigny. PI. 40, fig. 4-12. Sepia sepiola, Pennant, 1774, Britisch zool., t. IV, p. 54, tab, xx1x, fig, 4. Idem, Barbut, 1788, Gen. verm., p. 76, t. VIII, fig. 5. Idem, Brug., 1789, Encyclopédie méthodique, pl. 77, fig. 3. Loligo Sepiola, Lam., 1799, Mém. de la Soc. d’hist. nat. de Paris, p. 16. Idem, Bouchard, 1835, Catal., des Moll. mar. du Boulonnais, p. 71, Sepiola vulgaris, Gervais ei Van Beneden, 1838, Note sur le genre Sépiole,

Bullet. de l’Acad. de Bruxelles, t, IV, n° 7. (Non Vulgaris, Grant, 1833.)

1 De piscibus marinis, lib. xvir, cap, x, p. 519.

2 Syst. nat., ed. xxx, p. 4095, n° 5.

3 Mémoires de la Société d’hist. nat. de Paris, 1799, p. 16. 4 The natural Miscellany, t. LI, p. 137.

Sepiola atlantica, d'Orb, et Féruss., 1839 , Céphal, acét., p. 235, n° 4; Sépioles, pl. 4, fig. 1-12.

S. Rondeleti, Thomson, 1843, Rep. of the ass, Brit., p. 248.

S. corpore brevi, rotundato; brachiis inæqualibus prolongitudineparium brachiorum 3, 2, 4,1 ; inferioribussubulatis, ad extremam portem acetabulis numerosis munitis.

Dim. Longueur ar k7 mill. Par FPROUR la longueur : qui 5 5 largeur du corps, ££ ; longueur des de Fa tentaculaires, % ; longueur des nn latéraux-inférieurs, =; longueur des bras ee 2: longueur des ER. latéraux-supérieurs, 2%; longueur des bras FAPÉRQUES » 155 largeur de la fe 5; longueur des nageoires, 2%; largeur des nageoires, 2.

Animal raccourci; corps occupant la moitié de l'animal, légèrement oblong, bursiforme , arrondi postérieurement. Nageoires très-séparées, ovales, plus larges en arrière qu'en avant, légèrement pédonculées. Tête courte, déprimée. Bec très-grand, mandibule supérieure très-crochue. Toutes les deux n’ont de noir que le centre, les ailes étant constamment blanches. Bras sessiles assez courts, pourvus de cupules obliques, petites, alternes très-régulièrement sur deux lignes distinctes, excepté aux bras inférieurs ou à une certaine distance de leur extrémité; ils secouvrentde petites cupules pédonculées éparses, très-rapprochées les unes des autres, et paraissant rangées sur sept ou huit lignes. Bras tentaculaires médiocrement longs. Couleurs : blanc-bleuâtre, le corps couvert de taches arrondies, rouge-violacé ou pourpre.

Coquille interne occupant la moitié de la longueur du corps, ayant la forme d’une épée, fortement déprimée, formée de deux bourrelets latéraux, s'élargissant vers l'extrémité supérieure, et se terminant par un élargissement spatuliforme,

Rapp. et diff.—Cette Sépiole présente, en tout, la forme, la taille, de la Sepiola Rondeleti ; mais elle en diffère spécifiquement, par le corps, un peu moins cylindrique, plus arrondi; par un bec, proportion gardée, beaucoup plus grand ; par ses

G. SEPIOLA, 249

bras latéraux, inégaux en longueur ; surtout par l'extrémité de ses bras inférieurs, où l'alternance régulière des deux rangées de cupules est remplacée par une multitude de petites cupules sur huit lignes au moins; enfin, par sa coquille, élargie régulièrement à sa partie antérieure, et formant spatule à sa base.

Hab. Les côtes de l'océan Atlantique, sur les côtes de France et d'Angleterre.

Je ne conserve pas à cette espèce le nom de vulgaris que lui ont donné en 1838 MM. Gervais et Van Beneden, parce quil a été, dès 1833, appliqué par Grant au Sepiola Rondeleti.

Expl. des fig. PI. 10, fig. 4. Animal de grandeur naturelle vu en dessus ; fig. 2, le même vu en dessous; fig. 3, intérieur du corps pour montrer l'appareil de résistance ; a ligne saillante de l'intérieur du corps; b fossette de la base du tube locomoteur; fig. 4, c œil avec ses paupières; d ouverture lacrymale ; f oreille externe; fig. 5, mapdibule inférieure du bec vue de profil; fig. 6, mandibule supérieure vuede profil ; fig. 7, extrémité d'un bras tentaculaire vu en dessus; fig. 8, le même vu en dessous; fig. 9, extrémité du bras sessile inférieur pour montrer la disposition des cupules ; fig. 40, cupule des bras sessiles vue de face; fig. 11, la même vue de profil; fig. 12, coquille interne de grandeur naturelle.

Espèces de la Méditerranée.

N° 2. SEPIOLA RONDELETI, Gesner. PI. 10, fig. 43.

Sepiola, Rondelet ,1554, de Piscibus, lib. xvir, Cap. x, p. 519.

Sepiola Rondeleti, Gesner, 1558, de Aquat., lib. 1V, p. 855.

Sepiola, Boussuet, 1558, de Aquat., p. 204.

Sepiola Rondeleti, Aldrov., 1642, de Moll., lib. v, p. 63.

Sepiola, Jonston, 1650 , Hist. nat. de Piscibus, lib. 1, cap. tr, t. T, p. 8, fig. 8.

Idem, Ruysch , 1718, Theatr. Evang., t. I, fig. 1.

Sepia sepiola, Linn., 1767, Syst. nat., éd. 12, p. 1096, n° 5.

Idem , Scopoli, 1772, Aserv. zool., p. 128.

Idem, Herbst, 1788, Eniseit. zur Kenut. der Gew., p. 80, n° 4.

Idem, Gmel, 1789 , Syst. nat., éd. 13, p. 3151.

Idem, Walfen , 1791, Nova act. phys. med. Acad. nat. cur., t. VIIT, p. 235; Descript. zool. ad Adriatici.

Loligo sepiola , Lamarck, 1799, Mém. de la Soc. d'Hist, de Paris, p. 16.

… Sepiola Rondeletii, Leach, 1817, The natural miscellany, t. III, p. 138.

Loligo sepiola, Lamarck, 1822, Animaux sans vertèbres, t. VIT, p. 664, n° 4,

Loligo septola, Blainv., 1823, Dict. des Sc. nat.,t. XXVII, p. 184. Idem , Carus , 1824, Icon, sepiar, nov, acta Acad. nat, curlos.,t. XII, pre-

mière partie, p. 318, pl. 29, fig. 2, 3.

Sepia sepiola, Martens , 1824 , Reise nach. venedeg., v. IT, p. 456.

Loligo sepiola, Pairaudeau , 1826 , Cat. des Moll. de Corse, p. 173, n° 353.

Sepiola vulgaris , Grant, 1833, Trans, of the zool, Sociéty of London, t, I, p. 77.

Sepiola Grantiana, Férussac, Sépioles, pl. 2, fig. 3, 4, Magasin de zoologie, 1835 ; Bulletin, p. 66.

Loligo sepiola, Philippi, 1836, Enum. Moll., Sic. p. 241, n° 8.

Sepiola Rondeletiï, Rang, 1837, Magasin de zoologie, p. 70, pl. 95,

Idem, Gervais et Van Beneden, 1838, Bulletin de l’Acad, roy. de Bruxelles,

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