‹ Mollusques vivants et fossilesChapitre 32 sur 46 · AAA · texte numérisé non relu

AAA

« Table alphabétique de toutes les espèces réelles ou nominales

Pages

iv GENRE. OMMASTREPHES : d’Orb. PI. 29-30.

Sepia lotigo, Linné, 1767; genre Loligo, Lamarck, 1779; Calmars, Sect. D, ou Calmars flèches, Blainville. 1823, Ommastrèphes, d'Orbigny, 1835.

Animal formé d'un corps long et d’une tête courte; corps très-allongé, cylindrique, très-acuminé postérieurement, tronqué carrément en avant. Appareil de résistance composé 1°, à à la base du tube locomoteur, de chaque côté, d’une partie cartilagineuse représentant, dans son ensemble, un triangle à ex-: trémité supérieure prolongée, obtuse, divisée en deux cavités, l'une supérieure longitudinale, l’autre inférieure transverse, se communiquant entre elles par un canal étroit, dont les côtés sont formés de protubérances obtuses très - cartilagineuses ; 2° sur les côtés de la paroi interne inférieure du corps, par des saillies correspondant aux cavités, formées en dessus d’un bouton oblong, longitudinal, élargi et épais en bas, qui se joint à une crête transverse inférieure; 3° sur la partie postérieure cervicale de la tête, d'un sillon médian et de deux bourrelets longitudinaux sur une plaque demi-cartilagineuse ; 4° à l'intérieur du corps en dessus, sous losselet, d’une crête, et de deux sil-. lons latéraux destinés à s'appliquer sur la plaque cervicale. Nageoires postérieures terminales, très-larges, n'oceupant Jamais la moitié de la largeur du corps, qu'elles embrassent toujours en arrière ; leur ensemble forme un rhomboïde, dontle grand diamètre est transversal. Tête assez grosse, peu déprimée, rétrécie tout à coup enarrièredes yeux, à la partie cervicale, et pourvue sur cette partie, de chaque côté, de trois crêtes longitudinales très-saillantes; la dernière recevant l’orifice externe de l'oreille. Yeux très-grands, latéraux, pourvus à l'extérieur d’une ouverture ovale, munie d’un sinus lacrymal très-prononcé. Mem-+

1 De fuua, œil, et de srpépw, tourner (qui tourne les yeux).

G. OMMASTREPHES. 413

| | Ë brane buccale, très-extensible, plus large en bas qu’en haut,

» pourvue de sept lobes allongés, lisses, sans cupules. Bec gros, | flexible , excepté à la partie rostrale; mandibule inférieure, î composée d’une aile latérale peu longue, étroite, et d’une ex- « pansion postérieure lisse, très-courte, carénée en dessus, fortement échancrée en arrière, ainsi que l'expansion postérieure ; celle-ci non échancrée, très-prolongée. Ouvertures aquifères au nombre de deux brachiales, situées entre la troisième et quatrième paire de bras sessiles, et en dehors des bras tentaculaires, donnant dans une cavité courte, antérieure seulement aux yeux; de quatre buccales, deux, une de chaque côté à la base des bras de la première paire; deux, une de chaque côté entre les bras de la troisième et de la quatrième paire, donnant dans une cavité qui entoure la masse buccale; de deux ouvertures anales, placées une de chaque côté du tube locomoteur, en dehors de sa bride externe, donnant chacune dans une cavité simple.

Bras sessiles, conico-subulés, les supérieurs et inférieurs quadrangulaires, les autres triangulaires ou comprimés, souvent carénés en dehors; tous inégaux entre eux, dans l’ordre suivant : la troisième paire la plus longue, la plus forte ; puis la seconde, la première et la quatrième les plus courtes. une crête natatoire externe aux bras de la troisième paire. Membrane protectrice des cupules, souvent très-développée. Cupules très-obliques , charnues, placées sur un petit pied au sommet d'une saillie conique des bras, et alternant sur deux lignes presque toujours bien distinctes, et pourvues de cercle corné oblique, armé de dents à son bord supérieur ; convexe et arrondi en dehors, sans bourrelet externe ni rétrécissement inférieur. Bras tentaculaires, non rétractiles, peu longs, gros, forts, pourvus en dehors d'une légère crête longitudinale, non élargis en massue à leur extrémité, simplement acuminée ou un peu lancéolée, toujours munis d’une crête natatoire, et d’une membrane protectrice des cupules. Les cupules sont obliques, charnues, sur quatre lignes alternes ; deux médianes très-grandes,

deux latérales toujours petites, dont le cercle corné est semblable, pour la forme, à celui des bras sessiles. Membrane de l'ombrelle nulle, excepté entre la troisième et la quatrième paire de bras, où elle est très-marquée. Tube locomoteur souvent logé dans une cavité inférieure de la tête, court, large, retenu par quatre brides ; deux très-larges, internes, étroites ; celles-ci laissant entre elles une cavité profonde, dans laquelle vient aboutir un canal. La cavité interne est pourvue d'une valvule supérieure.

Coquille interne, cornée, flexible, occupant toute la longueur du corps, ayant toujours la forme conique, allongée, trèsdéprimée, un peu élargie en avant, et de là diminuant graduellement jusqu’à l'extrémité, terminée par des expansions courtes, qui se réunissent pour former un godet creux, sans loges aériennes. Un bourrelet épais se remarque de chaque côté de la coquille, et un autre médian étroit, linéaire.

Rapp. et diff. — Ce genre, que j'ai séparé des Calmars , avec lesquels tous les auteurs l'avaient confondu, et que je place même dans une famille tout à fait différente, se distingue des Loligidées parce qu'il a les yeux ouverts à l'extérieur, tandis que les Calmars ont ceux-ci recouverts par une membrane.

Les Ommastrèphes diffèrent encore des Calmars, par l’appareil de résistance très-compliqué ; par leurs nageoires, tou- | jours plus terminales, plus anguleuses, et rhomboïdales dans leur ensemble; par la tête plus ferme, plus large, toujours pourvue de trois crêtes longitudinales ; par leur sinus lacrymal ; par l'iris arrondi; par le manque de cupules aux lobes de la membrane buccale ; par le bec dont la mandibule inférieure est beaucoup plus échancrée en arrière; parda forme de l’oreille externe; par les ouvertures aquifères brachiales trèspeu profondes; par quatre ouvertures buccales au lieu de six ; par la présence d'ouvertures latérales au tube locomoteur ; par la forme des cercles cornés des bras, toujours convexe et sans bourrelets extérieurs; par des bras tentaculaires non rétraciles ; par le tube locomoteur logé dans une cavité de la tête, et

G. OMMASTREPHES. 415

pourvu de quatre brides au lieu de deux; par la présence du canal supérieur au tube locomoteur ; enfin, par une coquille

toujours en flèche , sans expansion latérale et pourvue d'un go- .det terminal.

Chaque espèce est, pour ainsi dire, cantonnée dans une vaste région des mers, dont elle ne sort pas, et y forme des troupes voyageuses, composées de myriades d'individus qui viennent

encombrer les côtes des régions méridionales et septentrionales

de l’Amérique. Ces animaux servent presque exclusivement à nourrir, dans les régions polaires, ces myriades d'oiseaux pélagiens (albatros , pétrels, etc.) qui couvrent l'immensité des mers, ainsi que les nombreux cétacés à dents, cachalots, dauphins et marsouins. Toutes les espèces sont pélagiennes et nocturnes.

On connaît des espèces fossiles et des espèces vivantes de ce genre.

ESPÈCES FOSSILES

Espèces de l'étage oxfordien supérieur.

N° 1. OMMASTREPHES ANGUSTUS, d'Orb. 1845, PI. 30,

fig. 9,44,

« Onychoteuthis angusta, Munster 1830, Jahrb., p. 404, 458; idem, 1836,

- Onychoteuthis Lichtensteinii, Munster , 1837, manusc.

O, sagittata, Munster , 1837, Jahrb.. p. 252. (Non Sagittata, Lam. 1799,)

O. angusta, Munster, 1837, Jahrb., p. 252.

Ommastrephes angustus , d'Orb., 1845, Paléont. univ., pl. 23, f. 9-11; Pal. étrang., pl. 20, f, 9-11,

O. testà elongatä, depressé , longitudinaliter tricostatd ; anticé posticèque dilatatà.

Dim. Longueur, 218 mill. Par rapport à la longueur : largeur supérieure, 73 largeur de l'expansion inférieure, + ; angle d'ouverture , 7 degrés.

Coquille allongée, déprimée, ornée de trois côtes longitudi-

. nales, dont la plus forte est médiane; partie antérieure arron-

die; partie inférieure représentant un large fer de lance. Rapp. et diff. — Cette espèce, voisine de l'O. sagittatus,

s'en distingue par son angle plus ouvert, etpar sa côte médiane : bien plus forte. Elle ne laisse aucun doute sur le genre auquel elle appartient. | Loc. Dans les couches coralliennes, ou de l'étage oxfordien | supérieur de Solenhoffen (Bavière. 1 Hist. Cette espèce, qui ma été communiquée par M. le comte Munster, portait dans ses divers états les noms d’'Onychoteuthis angusta, Lichtensteinii, et sagittata. Je lui ai con- | servé le plus ancien, quoique sous ce nom l’auteur ait également | confondu des espèces d’Acanthoteuthis. | Expl. des fig. PI. 30, fig. 9, coquille interne ; fig. 10, extrémité inférieure vue de profil, montrant le godet; fig. 44, partie médiane. |

N° 2. OMMASTREPHES INTERMEDIUS, d'Orb. 1845.

Onychoteuthis intermedia, Munster, 1837, Jahrb., p. 252.

Ommastrephes intermedius, d'Orb., 1841, Céph. acét., Introd., p. xL.

Ommastrephes intermedius, d’'Orb., 1845, Paléont. univ., pl. 24, f. 1; Pal. étrang., 61 21,1, 1.

O. testà elongatd, conicd, suprà convexd, unicostatà; pos- | ticè angustato-lanceolatà. |

Dim. Longueur de la coquille, 462 mill. Par rapport à la longueur : longueur de l'expansion inférieure, 5; sa lar- } geur, 3; angle d'ouverture, 6 à. |

Coquille allongée, conique, convexe en dessus et pourvue | d'une côte médiane et de quelques lignes latérales; sa partie postérieure est pourvue de très-étroites expansions dont l'ensem- | ble représente un fer de lance très-étroit et très-aigu.

Rapp. et diff.—Voisine, par son angle d'ouverture, de l'O. angustus cette coquille a la côte médiane bien plus large, et l'extrémite inférieure bien plus étroite et de forme différente. | Décrite par M. de Munster comme une Onychoteuthis, je crois | devoir la placer, au contraire, parmi les Ommastrèphes dont | elle a les caractères.

Loc. Dansles calcaires lithographiquesde l'étage corallien ou | oxfordien supérieur de Solenhoffen (Bavière). Comte Munster. |

G. OMMASTREPHES. 417

N° 3. OMMASTREPHES COCHLEARIS, d'Orbigny.

Onychoteuthis cochlearis, Munster, 1837, Jabrb., p. 252.

» Ommastrephes cochlearis, d'Orb., 1841, Géph. acét., Introd., p. xL.

- Ommastrephes cochlearis, d'Orb., 1845, Paléont. univ., pl. 24, f. 2; Paléont. étrang., pl. 21, f. 2.

O. testä, longitudinaliter unicostaté , anticè posticeque dilatatà ; posticè lanceolato-dilataté.

Dim. Longueur, 160 mill. ; angle apicial, 9 degrés.

Coquille assez large, convexe en dessus et pourvue sur la ligne médiane d'une côte très-prononcée. Sa tige est large; son expansion inférieure large, forme dans son ensemble un rhomboïde allongé.

Rapp. et diff. — Par sa tige et pas son extrémité inférieure très-large, cette coquille se distingue facilement des espèces vivantes; elle l’est pourtant moinsque l'O. Munsterii. Ce n’est point , comme l'avait pensé M. le comte Munster, une espèce d'Onychoteuthis, mäis un Omimastrèphe à large coquille, opérant le passage au genre Geoteuthis.

Loc. Dans les calcaires lithographiques de l'étage corallien ou oxfordien supérieur de Solenoffen (Bavière). M. le comte Munster.

N° 4. OMMASTREPHES MUNSTERII, d'Orbigny. 4845. Ommastrephes Munsterii, d’Orb., 1845, Paléont. univ., pl. 24, f. 3; Paléont. étrang., pl. 21, f. 3.

O. testà dilatatà , brevi, cochleart, anticè dilatatä, longitudinaliter radiatä, posticè dilatato-obtusd.

Dim. Longueur de la partie connue, 80 mill.

Coquille très-large, très-courte, convexe en dessus; large et marquée de lignes rayonnantes au milieu et en avant ; pourvue en arrière d'énormes expansions qui paraissent avoir été réunies en dessous comme celles de ce genre, ce qui m’a porté à classer celte coquille parmi les Ommastrephes , plutôt que parmi les Geoteuthis, qui n'ont point ces lames réunies.

Rapp. et diff.—Cette espècese distingue facilement de toutes les autres par la grande largeur de ses parties. Elle offre évidemment un passage entre les Ommastrephes et les Geoteuthis.

Loc. Dans le calcaire lithographique de l'étage oxfordien supérieur de Solenhoffen (Bavière). Communiqué sans noms par M. le comte Munster.

ESPÈCES VIVANTES. à Espèces de l'Océan atlantique, N° 5. OMMASTREPHES SAGITTATUS, d'Orbigny. PI. 29, f. 12, 16. î

Sepia minor, Seba, 1758, Thesaur., t. III, pl. 3, f. 5, 6.

Loligo, Seba, 1758, t. IL, pl. 4, f. 3, 4, 5.

Sepia loligo, Linné., 1767, Syst. nat., ed. XII, p. 1095, n° 4.

Sepia media, Barbut , 1788, Gener. verm., p. 75,t. VIII, f. 3. (Copie de la f. 6, pl. 3 de Seba.)

Sepia loligo, Gmel., 1789, Syst. nat., p. 3150. (Confondu.)

Sepia loligo, Brug. , 1789, Encycl., pl. 77, f. 12. (Copie de la f. 3 et 4 de la pl. 4.)

Loligo sagiltata, Var. B. Lam., 1799, Mém. de la Soc. d’Hist. nat. de Paris, p. 15.

Calmar harpon, Montfort, 1805, Buff. de Sonini, Moll., t. IT, p. 65, pl. 14.

Loligo illecebrosa, Lesueur, 1821, Journ. of the Acad. of nat. Sc. of Philad., NUL, D: 0

Loligo sagittata, Var. B. Lamarck, 1822, Anim. sans vert., t, VII, p. 665.

Loligo harpago, Féruss., 1823, Dict. class., t. III, p. 67, n° 3. (D’après Montfort. )

Loligo Brongniartit, Blainv., 1823, Dict. des Sc. nat.,t. XXVII, p, 442°

Idem , Blainv., 1823, Journ. de Phys., mars, p. 130.

Lotigo illecebrosa, Blainv., 4823, Dict. des Sc. nat. 4 MAVIL, D 112910 Journ, de Phys., p. 130.

Loligo piscatorum, La Pylaie, 1825, Ann. des Sc. nat., t. IV, p. 819.

Loligo Brongniartii, Féruss., 1825, d’Orb., Tabl. des Céph., p. 63, n° 4.

Loligo illecebrosa, Féruss., 1825, d’Orb., idem, idem, p. 63, n° 5.

Loligo piscatorum , Féruss., 1825 , d’Orb., idem , idem, p. 63, n° 6.

Loligo sagittata, Blainv., Faun. franc., p. 15.

Idem, Payrodeau, 1826, Cat. des Moll. de Corse, p. 173, n° 353.

1dem , Risso , 1826, Hist. nat.,t. IV, p. 6, n° 8.

Idem , Guérin, Icon. du Règne anim. de Cuvier, pl. 1, fig. 5.

Idem , Philippi, 1836, Enum. Mall. sic., p. 241, n° 2.

Loligo Coindelii, Verany, 1837, Mém. de l’Acad. des Sc. de Tur., t. I, pl. 4, (Individu très-jeune. )

Loligo sagittata , Cantraine , 1841, Nouv. mém. de l’Acad. de Brax., t. XIIT, p. 49, n° 1,

Ommastrephes sagittatus, d'Orb. et Fér., 1839, Céphal, acét., Calmars, pl. 4, pl. 5; Ommastrèphes, pl. 4, f. 1-10,

Idem , d'Orb., 1845, Paléont. univ., pl. 22, f. 12-16: Paléont. étrang., pl. 19 f, 12-16,

G. OMMASTREPHES. 419

O. corpore elongato, cylindrico ; pinnis latis, rhomboïda-

| libus; brachiis tentacularibus ,elongatis, apice acetabulis nu- merosis munifis; testà elongatà , posticé lanceolatä.

Dim. Longueur totale, 440 mill.; longueur du corps, 165 mill. ie rapport à la longueur qu DE : longueur des

. nageoires, + ; largeur des nageoires, © ; longueur de la co-

quille, 165 mill. Par PRE à la longueur : longueur des x pansions terminales, À; largeur des expansionsterminales, Et: angle apical, 4 degrés.

Animal ayant le corps allongé, légèrement renflé au milieu de sa longueur. Tête volumineuse. Bras sessiles, gros, longs, munis de cupules dont les cercles cornés sont variables suivant la partie du bras où ils se trouvent. Bras tentaculaires, comprimés partout , couverts de cupules seulement à leur extrémité non élargie et munie de cupules commençant sur deux rangs, ensuite sur quatre: deux de très-grandes peu obliques, et deux latérales de très-petites , très-obliques ; puis à l'extrémité, ces nombres sont remplacés par une multitude de très-pelites cupules au moins sur huit de front. Cercle corné des grosses cupules, lorsqu elles sont sur quatre rangs, peu oblique, lisse en dedans, ou seulement fendu peu visiblement, de distance en distance sur leur côté le plus large. Couleurs : teinte géné-

rale rosée, formée de très-petites taches violacées sur toutes

les parties supérieures.

Coquille allongée, étroite, pourvue de trois côtes longitudi-

nales, dont les plus grosses sont latérales; les expansions de

l'extrémité inférieure sont larges.

Rapp. et diff. — Cette espèce a la forme générale de l'O. todarus, mais elle s'en distingue par sa nageoire, n'occupant que le tiers du corps; par les cupules de ses bras tentaculaires placées seulement à l'extrémité, au lieu d'être sur toute la longueur , ainsi que par tous les détails des cercles cornés des cupules et des ouvertures aquifères. Son caractère le plustranché est d’avoir un très-grand nombre de eupules (plus de huit

de front) à l'extrémité des bras tentaculaires, caractère qui ne se rencontre chez aucune autre espèce. D

Hab. L'Océan atlantique, dans les régions boréales, sur les côtes de l'Amérique septentrionale, à Terre-Neuve, où des bancs innombrables s’échouent , et servent annuellement à la pêche de la morue; la Méditerranée.

Hist. Confondue avec l'O. todarus par Lamarck, cette espèce a recu successivement, comme on peut le voir à la synonymie, les noms de Sagittata, d'Illecebrosa, d'Harpago, de Brongniartii, de Piscatorum et de Coindetir. Une comparaison minutieuse des types eux-mêmes, déposés dans les collections du Muséum, m'a permis de reconnaître qu'ils appartenalent tous à une même espèce.

Expl. des fig. PI. 29, fig. 12, l'extrémité d'un bras tentaculaire ; fig. 43, cercle corné des cupules des bras sessiles vu de profil; fig. 1%, le même vu de face; fig. 15, cercle corné des cupules médianes des bras tentaculaires vu de face; fig. 16, le même vu de profil.

N° 6. OMMASTREPHES BARTRAMII, d'Orb. PI. 29, f. 4-2, PI. 30, f. 7-8.

Cornet, Pernetti, 1770, Hist. d’un Voy. aux îles Malouines, t. II, p. 76 pl. 11,1, 6.

Loligo Bartramii, Lesueur, 1621, Journ. of the Acad. nat. Soc. of Philad., v. II, p. 90, pl. 7.

Idem , Féruss.,, 1823, Dict. class., t. III, p. 67, n° 12.

Idem, Blainv., 1823, Dict. des Sc. nat.,t. XXVII, p. 141. (D’après Lesueur.)

Idem, Blainv., 1823 Journ. de Phys., mars, p. 129.

Loligo sagittata, Blainv., 1823, Dict des Sc. nat., t, XXVII, p. 140.

Idem, Blainv., 1823, Journ. de Phys., mars, p. 128.

Loligo Bartramii, Féruss., 1825, d’Orb., Tabl. des Céph., p. 63. |

Ommastrephes Bartramii , d'Orb., 1835, Voy. dans l’Amér. mér., Moll., p. 55.

Ommastrephes cylindricus, d'Orb., 1835, Voy. dans l’Amér. mér., Moll., p. 54, pl. 3,f. 3,4.

Loligo vitreus , Rang, 1837, Mag. de Zoolog., pl. 36, p. 71.

Ommastrephes Bartramii , d’Orb., 1838, Moll. des Antilles, t, 1, p. 59, n° 15.

Ommastrephes Bartramii, d'Orb., 1839 , Céph. acét., Calmars, pl. 2; Ommastrèphes, pl. 2, f, 11-20.

Idem, d'Orb., 1845, Paléont. univ., pl, 22, f. 1-2, pl. 23, f. 7, 8 ; Paléont. étrang., pl. 19, f, 1-2, pl. 20, f. 7-8.

G. OMMASTREPHES. 421

O. corpore elongato , cylindraceo, posticè acuminato, anticè truncato , supra zonâ violaced longitudinaliter ornato. Pinnis dilatatis rhomboïdalibus , acutè angulatis ; capte brevi ; testà tenu elongatd.

Dim. Longueur totale, 240 mill.; longueur du corps, 450 mill. Par rapport à la longueur du corps : longueur des nageoires, +; largeur des nageoires, $T ; longueur de la coquille, 450 mill. Par rapport à la longueur : longueur de l'expansion terminale , --; largeur de l’expansion terminale, +.

Animal très-allongé. Corps cylindrique et arrondi, muni de nageoires très-échancrées en avant, enveloppant le corps en arrière, et formant là, une pointe peu aiguë; leur ensemble est rhomboïdal et transverse. Bras sessiles courts, bicarénés ou tricarénés en dehors, pourvus extérieurement d’une nageoire longitudinale assez large ; aux supérieurs, la membrane protectrice des cupules est large au côté externe, courte en dedans; cette membrane est beaucoup plus large que le bras à la 3° paire, toujours marquée de sillons transversaux éleyés, qui correspondent au sillon sur lequel la cupule est fixée. Cupules alternes dont le cercle corné est armé tour à tour de dents plus longues sur le côté large. Bras tentaculaires, courts, gros, comprimés, carénés en dehors, bicarénés en dedans; l’une des carènes formant membrane et s'étendant jusqu'à l'extrémité du bras, de chaque côté des cupules, qui sont sur quatre rangs, deux de grandes au milieu, dont le cercle corné est armé de deux dents aiguës, alternant une grande et une petite. Le cercle corné des cupules latérales est armé tout autour. Couleurs : sur la partie médiane du corps, une large bande violette, accompagnée de chaque côté d'une bande rouge-jaune.

Coquille très-étroite dans toutes ses parties, avec l'extrémité élargie, plus petite à proportion et plus fortement striée que dans les autres.

Rapp. et diff.— Cette espèce est, par sa forme cylindrique, voisine de l'O. Oualaniensis ; mais elle s'en distingue par ses

cupules sur deux lignes, aux bras sessiles et par son appareil de résistance non soudé.

Hab. Tout l'Océan atlantique, et la Méditerranée, où elle vit isolée.

Expl. des fig. PI 29, fig. 4, animal entier; fig. 2, tube locomoteur, pour montrer & la cavité dans laquelle il est logé ; b les ouvertures aquifères. PI. 30, fig. 7, coquille vue en dessous ; fig. 8, la même vue de profil.

N° 7. OMMASTREPHES PELAGICUS, d'Orbigny.

Sepia pelagica; Bosc, 1802, Buff. de Dét., Hist. nat., Vers, t. I, p. 46, pl. 1, f. 1,2. Calmar pélagien, Montfort, 1805, Buff. de Sonnini, Moll., t. II, p. 86, pl. 19, Loligo pelagicus, Féruss., 1823, Dict. class., t. IIT, p. 67, n° 7. ( Citation. }) Idem , Féruss., 1825, d’Orb., Tabl. des Céph., p. 63, n° 7.

Ommastrephes pelagicus, d’'Orb., 1839, Céphal. acét., Calmars ; pl, 48, f, 1, 2;

Ommastrèphes, pl. 1, f. 17, 18.

O. corpore elongato, supra lœvigato, subtuüs tuberculis sparsis, regulariter dispositis.

Dim. Longueur totale, 65 mill. ; longueur da corps, 37 mill. Fi rapport à la longueur du corps : longueur des nageoires, + 3; largeur des nageoires, 5.

Animal allongé, dont le corps subeylindrique, lisse en dessus , est marqué en dessous de petits tubercules blancs à peine saillants, placés sur huit lignes transversales. Nageoires occu pantun peu plus du quart de la longueur du corps, très-minces, échancrées en avant, accompagnant le corps jusqu à son extrémité, offrant dans leur ensemble un rhomboïde transverse, à angles arrondis. Bras sessiles, triangulaires, peu inégaux, munis de cupules, sur deux lignes alternes et portées sur un long pédoncule. Bras tentaculaires, très-grêles, comprimés, non élargis à leur extrémité, pourvus de quatre rangs dé cupules pédonculées. Couleurs : il paraît avoir été blanc diaphane, marqué de taches rouges en déssus, sur la ligne médiane, et en dessous de dix-neuf points blanc-mat, sur huit lignes.

Coquille ordinaire, très-mince, très-grêle, sans aucune fermeté, avec un très-petit capuchon terminal.

ta Le nr à

G. OMMASTREPHRS. 4923

Rapp. et diff. — Cette espèce se distingue facilement de toutes les autres, par les points saillants qu'on remarque sur l& partie inférieure de son corps, ainsi que par la brièveté de ses

nageoires.

Hab. L'Océan atlantique, en pleine mer.

Espèces de la Méditerranée.

OMMASTREPHES SAGITTATUS, d'Orb. Voy. p. 418, n° 5.

OMMASTREPHES BARTRAMII, l'Orb. Voy. p. 420, n° 6.

N° 8. OMMASTREPHES TODARUS, d'Orb. PI. 29, fig. 3:44. PI. 30, fig. 5-6.

Loligo, Seba, 1758, Thesaur., t. IT, pl. 4, f. 1, 2 Sepia loligo, Linné, 1767, Syst. nat., éd. XII, p. 1095, n° 4. Idem, Gmel., 1789, Syst. nat., éd. XIII, p. 3150, n° 4. Loligo sagittata, Var. À. Lamarck, 1799, Mém. de la Soc; d'Hist, nat: de Paris, p. 13.

Sepia loligo, Shaw., Natur. Miscell., t. CCCLXIIT. Calmar flèche , Montfort, 1805, Buff. de Sonnini, Moll., t. IT, p. 56. Calmar du Brésil, Montfort., 1805 , Buff. de Sonnini, Moll., t. II, p. 56. Loligo Todarus, Raffinesque , 1814, Précis des découv. somiol. Loligo sagittata , Var. À Lamarck, 1822, An. sans vert., t. VII, p. 663. Idem, Féruss., 1823, Dict. class., t. IIT, p. cg A . (D’après Linné.) Loligo brasiliensis , Féruss,, 1823. Loc. cit., Li ilanrés Montf. ). Loligo maxima , Blainv., 1823 , Dict. des Sc. ne t. XXVII, p.140, et Journ. de Phys., Mars, 1823, p. 129.

Loligo sagittata, Carus, 1824, Icon: sep., pl. 80, p. 318; Nov. act: Phys. méd. Acad. Leop. Carol. nat. cur., t. XII.

Idem, Payraudeau, 1826, Catal. descrip. et méth. des Moll. de Corse, n° 352. Ommastrephes todarus , d'Orb., 1839, Céphal. acét., Calmars, pl. 1; Ommastrèphes, pl. 2, f. 4-10.

Idem , d'Orb., 1845, Paléont. univ., pl. 22, f. 3, 11, pl. 23, f, 5-6; Paléont: étrang., pl. 19, f. 3-11, pl. 20, f. 5, 6. | O. corpore incrassato, rubro maculato; pinnis latis, rhom-

boïdalibus ; brachiis tentacularibus robustis, apice acetabulis duplici serie minulis.

Dim. Long. totale, 820 mill. ; longueur du corps, 340 mill. Par rapport à a ho e corps : longueur des nageoires, Èt; largeur des nageoires, -T-; longueur de la coquille, 340 mill.

Par rapport à la longueur de la coquille : longueur de

l'expansion terminale, “%; largeur de l'expansion terminale, +.

Animal court, robuste, dont le corps est presque cylindrique jusqu à la naissance des nageoires; celles-ci occupant plus de la moitié de la longueur du corps, offrant dans leur ensemble un rhomboïde irrégulier, à angles aigus dont le grand diamètre est transversal. Bras sessiles, inégaux, sans membrane extérieure, pourvus de cupules dont le cercle corné est armé de sept dents espacées, tranchantes et obliques sur le côté Le plus large ; l'autre, lisse. Bras tentaculaires très-forts, non élargis en massue, couverts, à la base, de cupules sur deux lignes ; plus en avant, de cupules sur quatre rangs, dont deux de très-grosses; leur cercle corné est armé tout autour de vingt dents très-aiguës. Couleurs : tout le corps, le dessus de latête et des bras, est rougeâtre, tacheté de cette teinte plus intense.

Coquille très-déprimée, un peu élargie en avant, terminée par un capuchon, formé de la réunion postérieure des lames; concave en dedans, convexe en dehors.

Rapp. et diff. — Cette espèce se distingue de toutes les autres, par ses bras tentaculaires, couverts de cupules sur toute leur longueur.

Hab. La TA , près de Naples; l'île de Corse; Toulon.

Expl. des fig. PI. 29, fig. 3, tête vue de profil, montrant a le sinus lacrymal ; b le tube locomoteur; € la crête auriculaire ; d l'appareil de résistance; e l'ouverture aquifère anale; fig. #, appareil de résistance de la base du col ; fig. 5, contre-partie de l'intérieur du corps; fig. 6, cercle corné des cupules latérales des bras tentaculaires; fig. 7, le même vu de face ; fig. 8, cercle corné des grosses cupules; fig. 9, profil du même; fig. 40, cercle corné des cupules des bras sessiles; fig. 11, le même vu de profil. PI. 30, fig. 5, coquille vue du dessous; fig. 6, profil de l’extrémité.

Espèces du grand Océan.

» N° 9. OMMASTREPHES GIGANTEUS, d'Orbigny. PI. 30,

* Pernetti, 1770, Hist. d’un Voy. aux Malouines, t. II, p. 76?

Sepia tunicata , Molina, 1789, Hist, nat. du Chili, p. 173?

Idem , Gmelin, 1789, Syst. nat., ed XIII, p. 3151, sp. 8?

Sepia nigra, Bosc., 1802, Hist. nat. des Vers, t. I, p. 47?

Calmar réticulé, Montf., Buff. de Sonnini, Moll., t. II, p. 96, pl. 217?

Idem, Shaw, Nat. Misc., vol. XIV, pl.

Ommastrephes gigas , d'Orb., 1835, Voy. dans l’Amér, mér., Moll., pl. 4, p. 50. Ommastrephes giganteus, d’Orb., 1839, Céphal. acét., pl. 20.

Idem , d'Orb., 1845 , Paléont. univ., pl. 23, f, 1-4; Pal. étrang., pl. 20 , f. 1-4.

O. corporeelongato, cylindraceo supernè, violaceo ; pinnis latis, rhomboïdalibus, acutis; testà elongatissimd angustatà.

Dim. Longueur totale, 4 mètre 410 mill.; longueur du corps, 440 mill. Fe rapport à la longueur is : SOTRS : longueur des nageoires, >; largeur des nageoires, 2”; longueur de la coquille, 440 mill. Par rapport à la ApREREUr de la coquille # longueur de l'expansion terminal, + 106 ; sa largeur, +.

0 pourvu de grandes nageoires, occupant la moitié de la longueur du corps, échancrées en avant, ayant dans leur ensemble la forme d'un rhomboïde transverse. Bras sessiles longs, inégaux, munis d une membrane protectrice des cupules, marquée de côtes transversales aux bras latéraux inférieurs; cette partie étant remplacée sur les autres bras, à la base externe des cupules, par un appendice long, aigu, charnu, conique, manquant néanmoins au côté inférieur de la deuxième paire de bras, Tous ont des cupules pourvues d'un cercle corné, armé de dents très-aiguës , parmi lesquelles une médiane supérieure et deux latérales sur le côté sont plus longues. Bras tentaculaires carénés en dessous, sur toute leur longueur, marqués en dessus d'un méplat, avec de petites côtes transversales, sans membrane protectrice des cupules. Cupules sur quatre rangs alternes, deux médians plus grands. Leur cercle corné est armé de dents, dont quatre plus grandes que les autres. Les cupules latérales sont placées chacune sur

une côte élevée, tortueuse, qui passe entre les grosses cupules.

Couleurs : très-foncée , d’un violet sale, légèrement mélangé dé bistre.

Coquille très-longue, très-grêle, à godet beaucoup plus court

que dans les autres espèces. Ses deux côtes latérales épaisses, la

ligne médiane à peine saillante.

Rapp. et diff. Cette espèce est, par sa forme, intermédiaire | entre l'O. Bartramit et le Sagittata; mais elle se distingue du |

premier par sa forme moins allongée; par ses nageoires plus arandes ; par la longueur respéctive de ses bras; par le manque

de larges membranes protectrices des cupules; par les appen- : dices latéraux qui la remplacent; par les côtes transversales de |

ses bras tentaculaires. Elle se distingue du second par les mêmes caractères; par le manque des petites cupuüles de l'ex-

trémité des bras téntaculaires; par sa coquillé dont le capu- |

chon est plus court; enfin, elle se distingue de toutes les autres espèces par les appendices charnus de la bâsé de ses cupules.

Hab. Le grand Océan. Elle paraît, pendant une partie de l'année, vivre du 40° au 60° dégré de latitüde sud, à l’ouest des côtes de l'Amérique méridionale. J'en ai vu, au mois de maïs, un grand nombre jetés encore vivants, Sur la côte du Chili, de la Bolivia et du Pérou.

Malgré les grandes dissemblances dé formé, et tout en ne lui Consérvant pas le nom de Tüunicata, que lui rend tout à

. fait impropre lé manque de l'organe qui pourrait le justifier, je ne doüte pas que ce ne soit le Sepia tunicata de Molina; car c’est, au dire des pêcheurs du Chili, la seule grande espèce de

ces mers.

Expl. dés fig. PI. 30, fig. 1, coquille interne, vué en des-

sous ; fig. 2, la même vue de profil; fig. 3, mandibule supérieure du bec vue de profil; fig. 4, mandibule infériéure.

G,. OMMASTREPHES. 497

N° 10. OMMASTREPHES OUALANIENSIS, (l'Orbigny.

… Loligo oualaniensis , Lesson, 1830, Zoologie de la Coquille, p. 240, pl. 1, f, 2.

… Loligo vanicoriensis, Quoy et Gaimard , 1832 , Zoologie de l’Astrolabe, Moll.,

TC pe 70, DL 0,1, 1, 2.

. Loligo brévitentaculata, Quoy et Gaimard, 1832 , loc. cit., p. 81. Ommastrephes oceanicus, d'Orb., 1839, Céph. acét., Calmars, pl. 3, pl. 21;

Ommastrèphes, pl. 1, f. 14, 15.

O. corpore elongato, cylindrico ; pinnis terminalibus, latis, transversis ; brachiis brevibus, inæqualibus, acetabulis und serie munihs; testà elongatä, angustatd.

Dim. Longueur de la tête, 135 mill. ; longueur du corps, 85 mill.. Par rapport à la longueur du A longueur de la nageoire, 3 largeur de la nageoire, -©..

Animal dont le corps ést solide ; cylindrique ou légèrement renflé vers la moitié de sa longueur. Apparëil de résistance; comme dans le genre, avec cette différence notable que la partie inférieure est toujours soudée de manière à ne pouvoir se détacher sans déchirement. Nageoires fermes, minces sur leurs bords, formant dans leur ensemble un rhomboïde irrégulier, transverse. Bras sessiles, courts, très-inégaux, pourvus d'une large crête natatoire en dehors, et d'une membrane protecirice des cupules, nulle en dedans des bras supérieurs. Leurs cupules, aux deux paires latérales, sont confondues sur une seule ligne, dont le cercle corné est garni de dix à douze dents aiguës. Bras tentaculaircs, courts, très-comprimés, pourvus d'une membrane protectrice des cupules, d'un côté et de l’auire, d'un grand élargissement latéral de la crête supérieure. Le cercle corné est orné de dents très-aiguës, longues, dont une plus grande au milieu du bord. Couleurs : sur le milieu du dos et de la tête, une large bande longitudinale, violet, brun foncé, . composée de taches trés-rapprochées.

Coguille , comme celle de l'O. todarus, mais avec l’extrémité en capuchon beaucoup plus court.

Rapp. et diff. — Cette espèce ressemble, extérieurement, à l'O. Bartramit par sa forme et par ses détails; mais néanmoins elle s'en distingue par son appareil de résistance, tou-

jours soudé et non susceptible de se détacher sans déchirement; par ses nageoires, occupant moins de longueur, et dont l'angle postérieur est plus court que l'antérieur, et enfin par ses cupules sur un seul rang au lieu de deux aux bras latéraux. | |

Hab. Le grand Océan, dans toute son étendue.

Hist. En 1830 , M. Lesson le nomma Loligo Oualaniensis. Deux ans plus tard, MM. Quoy et Gaimard appelèrentunindividu bien conservé Loligo vanikoriensis. Un autre, en partie altéré par son séjour dans l'estomac d’un poisson, fut nommé par eux Loligo brevitentaculata. J'ai constaté cette identité sur les types mêmes de ces trois espèces. J'avais pensé à lenommer Oceanicus, mais je reviens au nom le plus anciennement donné, celui de Oualaniensis.

Espèces incertaines,

N° 11. OMMASTREPHES LATICEPS, d'Orbigeny.

Loligo laticeps, Owen , 1836, Trans. zool, Soc. of London, pl. 21, f. 6-10. Cranchia perlucida, Rang., 1837, Mag. de Zool., p. 67, pl. 94.

Dim. Longueur totale, 20 mill. ; longueur du corps, 7 mill.

Animal subgélatineux, de forme ovale, allongée, terminée en pointe aiguë. Bras sessiles égaux; bras tentaculaires, munis de petites cupules répandues sans ordre. Nageoïires minces, arrondies , terminales, réunies dans une partie de leur base, audelà de l'extrémité du corps. Couleurs : une grande quantité de taches rousses et brunâtres, sur un fond blanc-bleuâtre.

Tab. L'Océan atlantique équatorial, dans la haute mer, en decà du 25° degré nord.

Par la taille, par la grande largeur de la tête, ces individus sont évidemment les jeunes, peut-être d’une espèce qui nous est encore Inconnue à l'état adulte.

N° 12. OMMASTREPHES ARABICUS, d'Orbigny.

Pieroteuthis arabica, Ehremberg, , 1831, Symbolæ physicæ.

O. corpore terete in caudam obtusam, terelem attenuato, alä rhomboïdali, corpus dimidium cum caudä includente.

G. OMMASTREPHES. 429

Animal. Corps effilé, les ailes rhomboïdales commençant vers la queue et embrassant la moitié du corps, Lame dorsale cartilagineuse, étroite. Deux séries égales de cupules sur les bras sessiles. Sur la partie terminale dilatée des bras tentaculaires, il y a cinq rangées de cupules ; les trois médianes plus larges, une plus étroite, marginale de chaque côté ; les cercles cornés sont dentés.

Hab. L'île volcanique Ketumbal , dans la mer Rouge, entre Gumpuda et Poheca.

La forme seule de la coquille n’a fait placer cette espèce dans le genre Ommastrèphe ; mais les renseignements zoologiques qui précèdent, donnés par M. Ehremberg sont trop incomplets pour que le genre même de cette espèce soit certain.

Résumé sur les Ommastrèphes.

On a donné, jusqu à présent, 31 noms aux espèces que je rapporte dans le genre Ommastrèphes. La discussion des caractères et de la synonymie me les a fait réduire à :

Espèces posiiiyes. 4. 42. 4 ta mie ce gs 0e, : 10 Espèces incertaines...,..,,,.,.... AL Tri. à

EMA un à nn 0 ES

De ces espèces positives, quatre sont fossiles, et six sont vivantes. Les quatre espèces fossiles sont spéciales, dans le terrain Jurassique, à l'étage oxfordien supérieur, et deux d'entre elles se distinguent a espèces vivantes par une largeur LMI eRE plus grande.

Les six espèces vivantes, divisées suivant les mers auxquelles elles appartiennent, me donneni :

À l'Océan atlantique, trois espèces, les O. sagittatus, Bartram et Pelagicus , dont le premier paraît cantonné dans les régions septentrionales, tandis que les autres sont des régions chaudes et tempérées. -

À la Méditerranée , trois espèces dont une spéciale, l'O. todarus ,et deux communes à l'Océan atlantique, les O. Bartramar et Sagittatus.

Au grand Océan, deux espèces , l'O. giganteus , cantonné dans les régions méridionales, et l'O. Oualamensis, qui en habite toutes les parties chaudes.

Il résulte du dépouillement des espèces d'Ommastrèphes connues: 4° que quatre se trouvent fossiles dans l'étage oxfordien supérieur, sans qu on en rencontre de traces dans les étages inférieurs ousupérieurs des autres terrains ; 2° que les espèces vivantes sont réparties à peu près également dans toutes les mers, et cantonnées sur des régions plus ou moins étendues. Les espèces qui existent dans deux mers à la fois se rencontrent seulement dans la Méditerranée et dans l'Océan atlantique, sur Les points voisins de la Jonction de ces deux mers.

Table alphabétique de toutes les espèces réelles ou nominales du genre OMMASTREPHES.

Pages Angusta (Onychoteuthis), Munster, 1830. Voy. O. angustuss Orchis de: ral: ce RER CES AE Angustus , d'Orb., 1845. Foss. de l'étage oxf. sup... ... 415 Arabica (Pteroteuthis) , Ehremb., 1831. V. O. arabicus, Pb nel ce QE 4 0 NS ES 128 Arabicus, d’Orb., 1845. Mer Rouge..............:. 128 Bartramii (Loligo), Lesueur, 1821. V. ©. Bartramn, W'Osbius DLuIDHN, CHPMAOQUE, carPiatze du 0 #6 4 «+: 420 Bartrami, d'Orb., 4835. Gr. Oc. et Méditerr. ARRET Brasiliensis, Fér., 1823. V. O. todarus..........0. 193 Brevitentaculata (Loligo), QuoyetGaim.,1832. V. O. Oualaniensis, d'Orb. ......1.10%0q0, 981 RARE UE : à: Brongniartii (Loligo), Blainville, 1823. V. 0: te | Lipab écaatnes loss audarie St Lnah , SIDE ... AB Cochlearis (Onychoteuthis), Munster , 1837. NV. ©. cochlearis , d 'Orb.....::........ tm 417 Cochlearis, d'Orb., 4841. Foss., étage oxf. sup....... 417

Coindetii (Loligo), Verany, 1837. V, O. sagittatus.... 18 Cylindraceus, d'Orb., 1835. V. O. Bartramar, d'Orb... 420

G. OMMASTREPHES. 431

: Pages Flèche (Calmar), Montfort, 4805, V. O. iodarus, d'Orb.. 423 “Giganteus, d'Orb., 1835. Gr. Oc................... 425

: Harpago (Loligo), Féruss., 1823. V. O.sagitiatus, d'Orb. 418 : Harpon(Calmar), Montfort, 1805. V. O. sagittatus,d'Orb. 418 Hlecebrosa (Loligo), Lesueur , 4821. V. O. sagittatus,

CT bel died tft et Pie A | pret te - ptet Bas 418 Intermedia (Onychoteuthis), Munster , 1837, V. O. an-

ODA PT ANNE D MÉOMEORMNRL SC 416 Intermedius, d Orb., 1841, Foss., étage oxf. sup...... 416 Laticeps, Owen, 1836. V. O. Laticeps, d'Orb......... 128 Laticeps, d'Orb., 1845. Oc. atlant.............,... 428 Lichtensteinii (Onychoteuthis), Munster, 1837. V. O. an-

D FU Gine. de Les parties Ga netes A US re 415

Maxima (Loligo), Blainv., 4823. V. O. todarus........ 423

Media (Sepia), Barbut, 1788. V. O. sagittatus, d'Orb.. 420 Munsterü, d'Orb., 4845. Foss., étage oxf. sup......... L18 Nigra (Sepia), Bosc, 1802. V. O. giganteus, d'Orb..... 425 Oceanicus , d'Orb., 1839. V. O. Oualaniensis, d'Orb.. 427 Oualaniensis (Loligo), Lesson, 1830. V. O. Oualanien-

ONE NUE MES POUR RONEE. AU RNA RCE 497 Oualaniensis, d'Orb., 1845. Grand Océan......,...,... 497 Pelagica (Sepia), Bosc, 1802. V. O. pelagicus, d'Orb... 422 mous: d'Orb:, 1839: Ocr At 22. LOUIS ET RE Perlucida (Cranchia), Rang., 4837. V. O. laticeps,

On. GOUL + NORME RAR FE. UE 428

Piscatorum, La Pylaie, 4825. V. O. sagittatus, d'Orb.. 418 Réticulé (Calmar), Montfort, 4805. V. O. giganteus.... 425 Sagittata, var. À (Loligo), Lamarck, 1799. V.O. todarus,

DURS nosénatte OfL. ONE GUERRE Li DECO 123 Sagittata, var. B (Loligo), Lamarck, 1799. V. 0. sagitta- PC: MOrbmasons. been. dé FGERAMANS, ÉMETMITS 118

Sagittata (Loligo),Blainv.,1823.V. O. Bartramri,d Orb. 420 \Sagittata (Onychoteuthis) , Munster, 1837. V. O. angus- M Or ces rules. 2 oeil De SPORE, 445

G. OMMASTREPHES. 133

Saglttatus, d'Orb., 14835. oc. Alt. et Méd........... 420 Todarus (Loligo), Raffinesque, 48414.V.0. todarus, d'Orb. 493 . Todarus, d'Orb., 1839. Méditerranée. .............. 123 Tunicata (Sepia), Molina. V. O. giganteus, d'Orb..... 425 Vanicoriensis (Loligo), Quoy et Gaim., 1832. V. O. Oua- HDUEDSIS AL OTD le. -ÉART 'ébeRa EL ATEN 197

Vitreus (Loligo), Rang, 1837. V. O. Bartramii, d'Orb.. 420

G, BELEMNOSEPIA. 433

v° GENRE. BELEMNOSEPIA, Acassiz.

Belemnosepia, Agassiz , 1835 ; Belopeltis, Voltz, 1840; Loligosepia, Quenstedt, 1843 ; Geoteuthis , Munster , 1848.

Animal inconnu. Coquille interne cornée, mince, large ou allongée , tronquée en avant , accompagnée en arrière d’expansions terminée par une partie convexe, acuminée ou lancéolée. Elle se compose de deux parties distinctes : d’une région médiane, et d'expansions latérales. La région médiane plane, conique, s’élargissant des parties postérieures aux antérieures se forme de trois parties distinctes, d’une première au milieu , plus large que les deux autres, marquée de lignes d’accroissement transversales droites et souvent de lignes longitudinales et sur la ligne du milieu d’une côte prononcée. De chaque côté de celles-ci sont des parties souvent séparées de la première par des sillons, sur lesquels se prolongent des lignes d'accroissement paraboliques dont la convexité de l'arc en avant. Les expansions latérales commencent, suivant les espèces, à une plus ou moins grande distance de l'extrémité de la région médiane; elles sont formées de stries d'accroissement qui les divisent en deux parties faciles à distinguer ; l’une qui s'insère à la région médiane, consiste en stries d'accroissement sinueuses, arquées ou paraboliques dont la convexité est en bas; l’autre partie qui nest que la continuité de la première, est extérieure et se compose de lignes d'accroissement verticales, obliques ou très-légèrement arquées, dont la convexité de l’arc est externe. La partie postérieure est convexe en dessus et très-concave , en cuiller en dessous, disposition qui, dans l’acte de la fossilisation, a occasionné beaucoup de formations déterminées par la pression des couches.

Rapp. et diff. —Par sa ligne médiane conique et par ses expansions latérales terminales, la coquille a beaucoup de rapports

avecles Ommastrephes et les Belemnites; néanmoinsles Belemnosepiase distinguent de tous les deux, par des expansions qui ne se réunissent pas en dessous pour former un cône creux, et des premiers par le manque de loges aériennes et de rostre protecteur. C’est un type générique bien nettement caractérisé.

Hhst. M. le comte Munster parla le premier de ces corps en 4830, et les nomma alors Onychoteuthis prisca. Jahrb., 4830, p. 443. À peu près à la même époque, Schubler, dans ZLieten , en figura sous les noms de Lolhigo bollensis et Aalensis. Buckland les à cités et figurés sous les mêmes noms, dans sa Minéralogie, tab. 28, f. 6. 7; t. 29, f. 4-35; t, 30.

MM. Agassiz et Buckland les ayant trouvés près des Bélemnites, ont pensé quils pourraient appartenir au même animal, et alors M. Agassiz (Jahrb., 1835, p. 168), et M. Buckland (Jabrb,, 1836, p.36), leur ont donné le nom de Belemnosepia. Tout en croyant qu'ils dépendaient des Bélemnites, il parait néanmoins, d'après le nouveau nom imposé, que ces savants ne les identifiaient pas positivement avec les Bélemnites, car le nom de Belemnites existant, 1l était inutile d'en créer un nouveau pour des parties d’un même animal. Quoiqu il en soit, ces osselets internes reçurent, en 1835, le nom de Belemnosepia.M. Voltz, en parlant de l Onychoteuthis prisca (Jahrb., 1836, p. 223), se rangea à l'opinion de MM. Agassiz et Buckland.

M, le comte Munster, la même année(Jahrb.,1836, p.583), déclare que, n'ayant jamais trouvé , dans aucune, colleetion d'Allemagne, des rostres de Bélemnites avec .ces osselets internes, il les regarde comme des corps distincts, M, Quens: tedt (Jahrb., 1829, p. 456), fut aussi de cette opinion et il l’appuya de la description comparative de ces osselets avee les traces de la coquilles cornée, restées sur l’alvéole intérieure des rostres de Bélemnites, ce qui le porta judicieusement, à croire qu'ils ne pouvaient appartenir au même animal,

Néanmoins, M. Voltz, en 1840, persista à rapprocher les osselets en question des Bélemnites (Bull. de la Sac. géolog.;

G. BELEMNOSEPIA. 135

t: 11, p, 40, et Mém. de la Soc. de Strasbourg, t. 3, 1843), mais les figures qu'il donne pour prouver le rapprochement, démontrent une différence très-marquée. Sans répondre aux objections présentées par M. Quenstedt, il croit que ce sont des osselets internes de Bélemnites, et pourtant il ne conserve pas le nom de Belemnosepia , et impose la nouvelle dénomination de Belopeltis.

En 1842, (Paléontologie française , terrains jurassiques), je cherchai à reconstruire la coquille des Bélemnites d'après l'empreinte de l’alvéole; mais n'ayant pas alors de matériaux, je m'abstins de parler des coquilles de Céphalopodes d'Ohmden.

M. Quenstetd en 1843 , Flolzgeberge, Wurtemb., p. 252, dit qu'on devrait les séparer des Bélemnites, et propose de les nommer Loligosepia. M. le comte Munster, la même année (Beitrag. VI, p. 65), reprend la question ; il fait l’historique de ces osselets , et sans nier que les Bélemnites puissent en avoir un particulier, il n a jamais trouvé d’analogie entre ceux d'Ohmden et de Solenhoffen, et les empreintes des alvéoles de Bélémnites, et finit par conclure que ces corps n'étant pas des parties de Bélemnites, ôn doit en former un genre à part, comme l'a dit M. Quenstedt; mais alors, au lieu de prendre le nom de Belemnosepia , imposé par M. Agassiz en 1835, celui de Belopeltis donné en 1840 par M. Voltz, ou celui de Loligo sepia appliqué en 1843, par M. Quenstedt, il propose une quatrième dénomination, celle de Geoteuthis. D'après l'examen des faits je crois devoir prendre une détermination différente. Un nom différent de celui de Bélewunites ayant été créé pour ces . corps dès 1835 (abStraction faite des rapprochements), je crois devoir le conserver au genre comme le plus ancien, et je prends celui de Belemnosepria , qui indique un animal intermédiaire entre la Bélemnite et la Seiche.

Par suite de l'étude minutieuse de belles pièces en nature, je me range à l'opinion de MM. Quenstedt et Munster, et je considère ces corps problématiques comme devant former une coupe

générique nouvelle, appartenant à la famille des Teuthidæ, et venant se ranger près des Ommastrèphes.

Ce genre ne s'est montré jusqu'à présent que dans les couches de lias supérieur; il est presque toujours accompagné de quelques parties de l'animal, et surtout du sac à encre.

N° 1. BELEMNOSEPIA LATA, d'Orbigny, pl. 34, fig. 1;

Geoteuthis lata, Munster, 1843, Beitr. zur Petref., VI, pl. 7, fig. 1,

Belopeltis emarginata, Voltz, manusc. Coll. de l'Ecole des mines.

Belemnosepia lata, d’'Orb., 1846, Paléont. univ., pl. 25, fig. 4, pl. 26, fig. 1; Paléont. étrang., pl. 22, f. 4; pl. 23, f. 1.

Idem, d’Orb., 1846, Moll. viv. et foss., pl. 31, f, 4.

B. testé dilatatä, compressé, anticè latd, truncatà, postice lateribus alis latis integris ornatä.

Dim. Longueur, 200 mill.; angle d'ouverture de la partie médiane. 25°!.

Coquille très-large, courte, mince; région médiane tronquée carrément, assez prolongée en avant des expansions latérales. On n'y remarque, à la partie moyenne, aucune côte médiane ; mais seulement des stries ou des rides transverses d’accroissement très-prononcées, et des stries longitudinales, la partie latérale a des stries d’accroissement très-prononcées. A la jonction de cette partie aux expansions latérales, 1l y a un sillon très-marqué. Les expansions latérales très-sinueuses à leur jonction, sont larges, minces et striées longitudinalement en dehors. La poche à l'encre occupe le milieu de la coquille.

Rapp. et diff. — Cette espèce se distingue facilement des autres par sa grande largeur et par l’angle de sa partie médiane très-ouvert. Elle paraît différer du B. Orbignyana par le manque de renflement inférieur aux expansions latérales.

Loc. Dans le lias supérieur d'Ohmden et de Mezingen (Wurtemberg), collect. de l'École des Mines de Paris.

Expl. des fig. PI. 31, fig. 4. Coquille entière restaurée par moi sur un échantillon de l’École des Mines.

1 C’est la mèsure exacte donnée par l’hélicomètre. La figure du G. lata que donne M Munsier ne paraît avoir que 18° à son angle médian,

G. BELEMNOSEPIA. 437

N° 2. BELEMNOSEPIA FLEXUOSA, ('Orb., pl. 31, fig, 2.

Geoteuthis flexuosa , Munster , 1843 , Beitr. zur Petref., VI, pl. 9, f. 2. Belemnosepia flexuosa, d'Orb., 1846 , Paléont. univ., pl. 25, f. 2, pl. 26, f, 2; Idem, Paléont. étrang., pl. 22, f. 2, pl. 23, f. 2.

. Idem, d’Orb., 1846. Moll. viv. et foss., pl. 31, £. 2.

B. testà oblongo-elongatà; productà, truncat&, posticè anqustè lanceolatà , lateribus alis angustatis elongatrs ornatd. = Dim. Longueur, 440 mill. ; largeur, 40 mill.; angle d’ouverture de la partie médiane, 45°.

Coquille oblongue; partie médiane de 15° de largeur, assez prolongée en avant, marquée d’une côte médiane étroite, et de quelques indices de sillons longitudinaux. Les expansions latérales occupent presque toute la longueur de la coquille ; elles sont lancéolées à leur extrémité, fortement sinueuses à leur jonction antérieure, marquées de rides d’accroissement avec lesquelles viennent se croiser quelques lignes rayonnantes longitudinales. L’extrémité en cuiller est souvent tronquée ou fendue par suite de la pression.

Rapp. et diff. — Cette espèce, par ses lames, a du rapport avec le B. Lata, mais elle est beaucoup moins large, ses expansions sont autrement disposées et bien plus sinueuses.

Loc. Dans le lias supérieur d’Ohmden (Wurtemberg) et de Franconie.

Expl. des fig. PI. 31, fig. 2. Coquille entière restaurée par moi sur un échantillon de l’École des Mines.

N° 3. BELEMNOSEPIA AGASSIZIT, ('Orb., pl. 31, fig. 3.

Teudopsis Agassijit, Deslongchamps, 1835, Mém. de la Soc. Linn. de Normandie, © .V..p. 72 pl 2. 15.

Belemnosepia Agassisii, d'Orb., 1846, Paléont, univ., pl. 25, f. 3; Paléont. étrang., pl. 22, f. 8.

Idem, d'Orb., 1846. Moll. viv, et foss., pl. 31, f, 3.

B. testà elongatä, conicd, anticè dilatatà, posticè attenuatä; alis latis, elongatis lateribus ornatd.

Dim. Longueur, 240 mill.; largeur, 70 mill.; angle d’ouverture de la partie médiane, 10°.

Coquille allongée, étroite, tronquée et comme trilobée en

aÿanñt. Région médiane largé de 40°, peu prolongée au delà des expansions, marquée au milieu de trois sillons longitudinaux, et d'un autre sillon externe de chaque côté. Les expansions sont presque aussi larges que la partie médiane; elles forment un sinus profond à leur jonction, qui a lieu près de l'extrémité antérieure , s élargissant un peu, et se continuant ensuite sur toute la longueur.

Rapp. et diff. — Cette espèce se tn nettement de toutes les autres par sa forme conique, par son angle médian étroit, et par la longueur extraordinaire des expansions.

Loc. Dans le lias de Trois-Monts à trois lieues de Caën, et à Curcy (Calvados), M. Deslongchamps.

Expl. des fig. PI. 31, fig. 3, coquille entière, dessinée par M. Deslongchamps.

N° 4. BELEMNOSEPIA ORBIGNYANA.

Geoteuthis Orbignyana ; Munster, 1843 , Beitr, zur Petref., VI, pl. 7, f: 2, Belemnosepia Orbignyana, d'Orb., 1846, Paléont. univ., pl 26, f. 3; Paléont. étrang., pl. 23, f. 3.

BP. testé dilatat&, compressd, anticè latä, posticè lateribus alis latis, sinuosis ornatd.

Dim. Longueur, 160 mill. Angle d'ouverture de la parte médiane, 20°.

Coquille très-large, mince; région médiane tronquée carrément, prolongée en avant, sans côte médiane. Expansions latérales assez larges, longues, pourvues d’une profonde échancrure latérale à la moitié de leur longueur, par suite d’un second renflement terminal.

Rapp. et diff. — Cette espèce, figurée par M. le comte Munster, ressemble beaucoup à B. lata, dont elle ne paraît différer que par les échancrurés latérales de ses éxpansions. Peut-être est-ce la même espèce.

Loc. Dans le lias supérieur d'Ohmden (Wurtemberg).

N° 5. BELEMNOSEPIA SAGITTATA, d'Orbigny, 1846.

Geoteuthis sagittata, Munster, 1843, Beitr, zur Petref,, VI, tab, vu, f, 8, tab, vit, f, 4, et tab, x1v, f, 4,

G. BELEMNOSEPIA . 439 Bélemnosepia sagittata, d'Orb.; 1846 ; Paléont, univ., pl, 27; Paléont, étran-

gère, pl 24

B, testä elongatà , anticè dilatat4, posticè lanceolatà, lateribus alis brevibus ornatd. |

Dim. Longueur , 140 mill. Angle d'ouverture de la partie médiane, 45 à 17°.

Coquille allongée, assez étroite ; région médiane de 1 5° de largeur, très-prolongée en avant des expansions latérales , et tronquée, pourvue au milieu d'une côte médiane assez saillante et de sillons latéraux. Les expansions latérales ne paraissent occuper que le quärt postérieur de la coquille, et représentent un élargissement lancéolé. Elles sont striées en long. |

Rapp. et diff. -— Cette espèce se distingue facilement du B. laia, par sa forme plus étroite et par son prolongement médian infiniment plus long. La ligne d'insertion des expansions né paraît pas avoir eu de sinus antérieur.

Loc. Dans le lias supérieur d’Ohmden et d'Holzmaden (Wutténberg). J'ai pu examiner de beaux échantillons montrant très-bien les parties antérieures.

N° 6. BELEMNOSEPIA HASTATA, d'Orb., 1846.

Geoteuthis hastata, Munster, 1843, Beitr. zur Petref,, VI, tab. viir, f. 8. Belemnosepia hastata, d'Orb,, 1846, Pal, uriv., pl. 28, f 13 Pal. étrang.; pt-29r, bel,

B. testé angustatà, elongatä; anticè angustà, posticè lanceolatä, obtusd, lateribus alis angustatis ornatd.

Dim. Longueur, 490 mill.; largeur, 30 mill. Angle d'ou= verture de la région médiane, environ 4 0°.

Coqualle très-allongée, étroite. Région médiane de 40° de largeur, très-prolongée en avant des expansions latérales, pourvue d’une forte côte au milieu. Les expansions latérales occupent le tiers inférieur de la longueur de la coquille. Elles sont étroites, et forment, dans leur ensemble, un fer de lance étroit

et très-obtus.

1 Jaimesuré 15°; là figure donnée par M. le comte Munster en donne 17.

Rapp. et diff. — Plus étroite encore que Le B. sagittata , cette espèce paraît s’en distinguer, de plus, par la forme étroite et obtuse de l’ensemble de ses expansions terminales. La figure donnée par M. le comte Munster laisse du reste ter da désirer pour les détails.

Loc. Dans le lias supérieur d'Holzmaden (Wurtemberg).

N° 7. BELEMNOSEPIA SPECIOSA, d'Orb., 1846.

Geoteuthis speciosa, Munster , 1813, Beïtr. zur Petref., VI, tab. vit, f. 2.

Belemnosepia speciosa, d'Orb., 1846. Paléont. univ., pl, 28, f, 2; Paléont, étrang., pl. 25, f. 2. |

Dim. Longueur, 280 mill. ; largeur, 70 mill.

En donnant cette espèce, d'après M. le comte Munster, je le fais avec quelques doutes, n'ayant pas pu reconnaître, dans le vague du dessin, si elle devait réellement constituer une espèce, ou n'être qu'un état différent de fossilisation du B. bollensis. Elle paraît avoir des stries en contre-sens qui se contrarient tellement, qu'il est impossible de ne pas croire qu’il y a eu con-

fusion des stries propres à la coquille , et des stries que laisse

souvent l'empreinte de l'animal. Elle paraît néanmoins plus étroite et plus conique que le B. bollensis.

Loc. Près de Boll (Wartemberg), dans le lias supérieur.

N° 8. BELEMNOSEPIA BOLLENSIS, d'Orb., 1846.

Loligo Aalensis, Schubler, 1830, Zieten Wurtemberg, p. 34, pl. 25, fig. 4.

Loligo Bollensis, Schubler, 1830, Zieten Wurtemberg, p. 34, pl 25,f. 5-7

Loligo Aalensis, Buckland, 1838, Min., pl. 28, f. 6, 7, pl. 29,f. 1, 2; pl. 30.

Belopeltis sinuatus, Voltz, 1840,

Geoteuthis Bollensis, Munster, 1843, Beitr. zur Petref., VI, tab. xrv, f. 3, taD. VUT, L À

pHiéälibrenth Bollensis, d'Orb., 1846, Paléont. univ., pl. 29, f. 1-3 ; Paléont. étrang., pl. 26, f. 1-3.

B. testé dilatatä, oblongä, anticè dilatatd, truncat4, lateribus alis subangustatis sinuosis ornatd.

Dim. Longueur , 400 mill. ; largeur, 40 mill. Angle d’ouverture de la région moyenne, 20°. II a jusqu'à 240 mill. de longueur.

Coquille oblongue , large, tronquée en avant, arrondie en

G. BELEMNOSEPIA. 441

arrière ; région médiane large de 20°, peu prolongée en avant, marquée d'une légère côte médiane et de deux sillons latéraux. Les expansions latérales occupent une grande longueur de la

coquille; elles sont fortement sinueuses à leur jonction , et for-

ment un ensemble arrondi à l'extrémité postérieure.

Rapp. et diff. —Intermédiaire entre les B. lata et flexuosa, cette espèce est moins large que la première, ayant de plus une côte médiane. Elle se distingue de la seconde par son angle médian, plus large de 5 degrés , et par la forme de ses expansions.

Loc. Dans le lias supérieur de Boll, d'Ohmden, d’Aalen en Wurtemberg, de Lyme-Regis (Angleterre).

N° 9. BELEMNOSEPIA OBCONICA, d'Orb., 1846.

Geoteuthis obconica, Munster, 1843, Beitr. zur Petrif., VI, t. 1x, f. 1. Belemnosepia obconica , Œ'Orb., 1846, Paléont, univ., pl, 29, f. 4, 5; Paléont.

étrang., pl. 26, f. 4, 5.

B. testä conica, oblongä, anticè dilatatà, truncatd, lateribus alis angustatis ornatd.

Dim. Longueur, 100 mill.; angle d'ouverture de la région médiane, 46 à 18°. ;

Coquille mince, oblongue, très-conique, tronquée en avant, arrondie , un peu anguleuse en arrière ; région médiane de 46 à 48° d'ouverture, prolongée en avant, marquée d'une légère côte médiane et de côtes latérales. Les expansions latérales étroites.

Rapp. et diff. — Bien que cette espèce ait les plus grands rapports avec le B. Bollensis, elle paraît en différer par son angle médian moins ouvert, et par sa forme plus conique.

Loc. Dans le lias supérieur de Banz , le Schwarzach et de Mistelgau, en Franconie.

Résumé sur les Belemnosepia.

On a donné jusqu'à présent, dans le genre Belemnosepia, douze noms d'espèces que la discussion des caractères et de la Synonymie m a fait réduire à neuf.

Toutes ces espèces se trouvent à l’état fossile, et sont propres | seulement aux couches du lias supérieur. Il est très-curieux , : lorsque ce genre ne s’est pas montré dans les formations plus anciennes, de le voir apparaître en nombre, seulement avec la | faune du lias supérieur, où il reste enséveli pour toujours; car, au moins jusqu à présent, on ne le connaît pas dans les autres étages jurassiques n1 dans les terrains crétacés et tertiaires, pas plus qu’au sein des mers actuelles. C'est un des faits les plus remarquables de la distribution géologique des genres dans les | couches de l'écorce terrestre.

Table alphabétique de toutes les espèces réelles ou nominales du genre BELEMNOSEPIA. |

Pages

Aalensis (Loligo), Schubler, 1836. V.B. bollensis,d'Orb. 440 Agassizü (Teudopsis), Deslongch., 1835. V, B. Agassizut,

d'Orbicuateiale, de AE. Rue Lait AORNUIQEE .. 437 Agassizi, d'Orb., 1845. Foss., étage du lias sup... ... 437 Bollensis (Loligo), Schubler, 1836. V. B:bollensis,d Orb. 440 Bollensis, d'Orb., 1845. Foss., étage du lias sup... . .. 40

Emarginata (Belopeltis), Voltz, 1843. V. B. lata, d'Orb. 436 | Flexuosa (Geoteuthis), Munster, 4843. V. B. flexuosa, DÉS Ne a dos eee Ne 00e OS PC 437 Flexuosa, d'Orb., 1845. Foss., lias sup. d'Ohmden. 437 Hastata (Geoteuthis), Munster, 1843. V: B. hastala,

d'Orbs; 0 sn ot unes dé tree sb dite Re honte 21439 Hastata, d'Orb., 1845. Foss., lias sup... ..4...,,..:.. :39 Lata (Geoteuthis), Munster, 1843. V. B. lata, d'Orb... 436 Lata, d'Orb., 1845. Foss., lias sup. d'Ohmden........ k36 Obconica, d’ Orb. Lias sup. it. à. ant, EN NA NSIP, 41 Orbignyana (Geoteuthis), Munster, 1843, v. B. Orbi-

gnyJanaiilos ss. 0, Salsa BE OL FITUIES PAU, 438

Orbignyana, 1843. Foss., lias sup. d'Ohmden. :.,,,... 438

G, CONOTEUTHIS. k43

Pages paie (Geoteuthis), Munsie, 1843. V. B. sagittata,

Ed OF. Ta ho het a Sr pr 439 Sagittata, d'Orb., 1845. Foss., lias sup. d LIT ER . 438 Sinuatus (Belopeltis), Voltz, 1840. V. B. bollensis. .... 440 Bpociosa | (Geoteuthis), Munster, 1843; V. B. speciosa,

LaROF D} d1308 Ov Jus palin SUR Je LR 0440 Speciosa, d'Orb:, 1848. Foss., is up d'Ohmden..... 440

6° famille. BELEMNITIDÆ , d'Orbigny.

. Animal allongé pourvu d’une coquille interne, cornée et testacée, munie, à la partie postérieure, de loges aériennes, empilées sur une ligne presque droite, représentant un cône percé, à sa partie inférieure, d'un siphon marginal.

Rapp. et diff. — Cette famille, voisine des Teuthidæ par sa coquille cornée, s'en distingue par une série, de loges aériennes, empilée à son extrémité postérieure, et formant une partie conique percée d'un siphon, analogue à la coquille complète des Orthoceratites ; maïs s'en distinguant par sa position interne comme le reste de la coquille cornée de laquelle-elle dépend, au lieu d être externe.

La famille des Belemnitidæ ne renferme, jusqu'à présent, que les genres Conoteuthis, Belemnitella et Belemnaites.

1” GENRE. CONOTEUTHIS, d'Orbigny, PI. 39.

Animal inconnu.

Coquille interne, cornée, très-allongée, terminée postérieurement, par un cône alvéolaire contenant une séric de cloisons: transverses aériennes, percées d'unsiphon à la partieinférieure. | Les lignes d’accroissement dénotent une forte carène mé-A

diane supérieure longitudinale, et un cône qui se réunit obliquement à la carène. |

Rapp. et diff. — Par la forme allongée de la coquille, par la présence du cône postérieur, ce genre a la plus grande ana | logie avec les Ommastrephes. Par son alvéole, pourvue de cloi-. | sons aériennes, représentant un cône, il a de grands rapports: | avec la Bélemnite. I diffère néanmoins des premiers par son! |

cône alvéolaire, cloisonné, tandis qu'il est simple chez les Om mastrephes. Il se distingue des seconds par sa coquille étroite: en avant, au lieu d'être spatuliforme, par le manque de rostre’ testacé autour de l’alvéole.

Le genre Conoteuthis , par ses caractères intermédiaires enz 4 tre les Ommastrephes et les Belemnites, doit évidemment! prendre place près de ces deux genres. |

On n'a rencontré, jusqu'à présent, qu'une seule espèce fossile, dans l’étage aptien, du centre de la France. |

N° 1. CONOTEUTHIS DUPINIANUS, d'Orbigny, PI. 32. Conoteuthis Dupinianus, d’Orbigny, 1842, Ann, des Sc. nat. ; Zool.,t, XVIT,, pl. 12, fig. 1-5.

Idem, d'Orbigny, 1846, Paléont. univ., pl. 30. Idem, d'Orb., 1846, Paléont. franc., terr. crét., suppl., pl. 1. Idem, 4'Orb., 1846, Moll. viv. et foss., pl. 32. C. testä conicd, oblique striatà, subarcuatd , seplis reclis.. Dim. La partie connue à 42 mill. de longueur, son angle” d'ouverture à 30° !{, Coquille interne très-allongée, pourvue, postérieurement, d'un cône corné oblique, lisse, ou seulement marqué de très=

G. CONOTHEUTIS. 445

Jégères lignes d'accroissement. Cloisons transversales, lisses. Crête longitudinale saillante et presque tranchante.

Loc. Dans l'étage aptien ou argile à plicatules, du bassin parisien ; entre Ervy et Marolles, près de Seignelay (Yonne), |MM. Dupin, Ricordeau et Cotteau ; Saint-Dizier (Haute-Marne), IM. Tombeck.

+ Expl. des fig. PI. 32, fig. 4, cône alvéolaire de grandeur |maturelle, vu de profil; a la tige: la partie ombrée est ce qu’on connaît en nature, le reste est supposé ; fig. 2, le même, vu de l'en dessus; fig. 3, godet terminal, supposé d’après les lignes d’accroissement; fig. 4, coquille entière, supposée d’après les | lignes d’accroissement marquées sur le cône alvéolaire; fig. 5, | la figure 2 grossie, la partie non ombrée supposée; fig. 6, la Ja figure 4, grossie; à, partie supposée; b, partie positive ; fig. 7, cône alvéolaire, vu en dessus, avec son siphon ventral,

de ma collection.

1° GENRE. BELEMNITELLA ; d'Orbigny.

Actinocamax (pars); Belemnites (pars).

Animal. Coquille interne, probablement cornée, terminée « en arrière , par un godet conique, contenant une série trans i verse de loges aériennes traversées par un siphon continu , sur la région inférieure, le tout protégé extérieurement par un encroûtement postérieur ou rostre. Rostre allongé, subeylindri=" que ou lancéolé, pourvu , en avant, à la région ventrale \ d'une fente profonde, communiquant avec la paroi externe de | l'alvéole. A la région dorsale antérieure se voit, en avant, unes côte médiane, et de chaque côté une impression longitudinale | latéro-dorsale d’abord, large en avant, puis rétrécie vers |'extré-n mité, où elle se divise en rameaux plus ou moins partagés, di- à rigés vers la région ventrale. L'alvéole est, comme l'extrémité supérieure du rostre, pourvue d’une forte côte dorsale longi-* tudinale, qui règne sur toute la longueur. «|

Observ. La côte longitudinale médiane du rostre pourraitw faire croire que la coquille cornée interne avait une tige étroite, comme celle des Conoteuthis , tandis que la présence de la fis-\ sure inférieure, et les impressions latéro-dorsales du rostre dé notent une organisation particulière. La singulière forme carrée du godet de l’alvéole du B. quadrata annoncerait peut-être unew enveloppe cornée plus épaisse à cette partie qu'elle ne L'estw dans les Bélemnites ordinaires.

Rapp. et diff. — Les Belemnitella, offrent, comme les Conoteuthis, une côte longitudinale dorsale, élevée, sur lan partie supérieure de l'alvéole ; mais elles s'en distinguent” par la présence d’un rostre postérieur. Les Belemnitella ont, par leur rostre, les plus grands rapports avec les Belemnates, néanmoins, elles s’en distinguent toujours de la manière la plus tranchée par la côte supérieure dorsale de l'alvéole, par les im"

G. BÉLEMNITELLA. 447

pressions latéro-dorsaies du rostre , et par la fissure inférieure

de celui-ci, communiquant avec la paroi externe de l’alvéole,

‘trois caractères zoologiques constants, qui manquent toujours

chez les Belemnites , et dénotent un animal pourvu d'organes différents.

Toutes les espèces de Belemnaitella sont fossiles, et par une rare exception, semblent du moins, jusqu'à présent, n'être propres qu'aux couches supérieures de la craie, auxquelles elles ne paraissent pas avoir survécu.

ÆEspèces de l’étage turonien, ou de la craie chloritée.

N° À. BELEMNITELLA VERA, d'Orbigny, 4846.

“Breynius, 1732, Dissertatio phys,, p. 411, t. VIT, fig. 15.

Beudant , 1810, Ann. du Mus., t. XVI, pl. 3, fig. 8, 9. “Parkinson , 1811, Organ. rem., vol. II, pl. 4, fig. 19.

Belemnites fusiformis, Young, 1822, Geol. of York, XIV, pl. 14, fig. 27? “Actinocamazx verus, Miller, 1823, Trans. of the geol. Soc., IT , p. 64, pl. 9, fig. 17.

Belemnites plenus, Blainv., 1827, Mém. sur les Bél., p. 59, n° 1.

Idem , Dict. des Sc. nat., fig. 3.

B. mucronatus , Sow., 1829, Min. conch., VI, p. 205 (pars ), pl. 600, fig. 6, 7, B. lanceolatus , Sow., 1829 , Min. conch., VI, p« 208, pl. 600, fig. 8,9. (Non

Schloth., 1815.)

Actinocamax Blaïnviliei, Voltz, 1830, Bélemn., p. 35. WB. plenus, Desh., 1830 , Encycl. méth., t. IT, p. 124, n° 1. | B, lanceolatus, Pusch , 1837, Polens paléont., p. 162, n° 2.

B. plenus, Bronn, 1837, Lethæa géol., t. XXXIIL, fig. 14.

B.'plenus, Potiez et Mich., 1838, Galerie, I, p. 22, n° 9.

B. plenus, Roemer, 1841, Kreid., p. 84, n° 7.

Belemnitella Gallienneï, d'Orb., 1842, Bull, de Ja Soc. géol.

B. lanceolalus, Morris, 1843, Brit. foss., p. 177. he vera, d'Orb., 1846, Pal. univ., pl. 32, fig. 1-6.

Idem , d'Orb., 1846, Terr. crét,, suppl., pl. 2, fig. 1-6.

Idem, d’'Orb., 1846, Moll., viv. et foss., I, Bélem., n° 1,

L B.testé elongatd, lanceolaté, lævigatä, anticè subtrigond, postce dilatatd, depressd, acuminato-mucronatd ; lateribus sulcis impressis latis, posticè evanescentibus; alveolo ? antice truncato,radialim costato, subtàs scissurato.

Dim. Longueur, 90 mill. Grand: diamètre postérieur, | A4 mill.; grand diamètre antérieur, 10 mill.

US CT PPT ar OR ES |

Rostre très-allongé, fusiforme , rétréei en avant, renflé au tiers postérieur, et fortement acuminé en pointe en arrière. La coupe antérieure est comprimée, triangulaire ; à la partie la plus large; elle est déprimée ovale. Dessous se remarque une. légère dépression antérieure. Impressions latéro-dorsales larges | en avant, sans ramifications, rétrécies à la partie la plus di-. latée, et alors marquées seulement de deux nervures. Je ne. connais cette espèce qu à l'étatd Actinocamax, c'est-à-dire sans alvéole ; néanmoins, sur un des échantillons que je possède, on voit le commencement de l’alvéole, et de la scissure inférieure qui y conduit. La troncature paraît être identique sur tous les individus; elle est oblique, la région ventrale plus saillante; on y remarque, en dessus, trois côtes divergentes, en dessous une dépression médiane, et sur chacun des côtés, vis-à-vis des impressions latéro-dorsales, une forte côte rayonnante. IL y a, en outre, d'autres petites côtes moins prononcées. Gette es-. pèce varie beaucoup pour son allongement.

Rapp. et diff. — Elle se distingue facilement des autres par sa forme lancéolée, par sa surface lisse, sans ramifications latérales, et enfin par la singularité de sa troncature.

Loc. Elle est propreà l'étage turonien supérieur. En France, elle à été recueillie à Sainte-Cerotte (Sarthe), par M. Gallienne ; en Belgique, à Tournay, à Lathinne et à Tirlemont, par M. de Konincket par moi; en Angleterre, à Hamsey, à Steyning. |

Hist.Considérée, en 1811, par M. Beudant, commeune pointé d'oursin, cette espèce fut le type du genre Achinocamax, € de l'A. verus, par Miller. Trois ans après , M. de Blainville, e la plaçant dans le genre Belemnites, changea son nom spécié fique en celui de Plenus; M. Sowerby l’appela Lanceolatus, e M. Voltz, Blainville. Je l'avais d’abord indiquée, en 1842 sous le nom de Belemnitella Galliennei, mais aujourd hui } crois devoir revenir au nom le plus anciennement donné, celui de Vera, malgré sa défectuosité.

G. BELEMNITELLA. 449

Espèces de l'étage sénonien ou de la craie blanche.

N° 2. BELEMNITELLA MUCÉONATA, d'Orbigny, PI. 33, fig. 4-6.

Belemnites, Breynius, 1732, Dissertatio phys., p. 41,t. VIT, fig. 1-14. Klein, 1773, Desc. tubul., p. 30, tab. vurr, fig. 3, 4, 5. B. Faujas, 1799, Hist. de la mont. Saint-Pierre, p. 127, pl. 32, fig. 3. Belemnites paxillosa, Lamarck, 1801, Syst. des an. sans vert., p. 104. Belemnites Paxillosus , Montfort , 1808, Conch. syst., p. 383. (Non Schloth., 1813).

Parkinson , 1811, Org. rem., IIT, p. 9, fig. 4. . paxillosus, Schloth., 1813, Min. Tasch., v. VIT, p. 51, 70, 100 , 111 (pars). . mucronatus, Schloth., 1813, Min. Tasch, v. VII, p. 3. . mucronatus, Schloth., 1820, Petrefacten, p. 47, n° 4. L cylindricus , Wahlemb., 1821, . mucronatus, Mantell, 1822, The Foss. of the south Dow., etc., pl. 16, f. 1. . mucronatus, Brong. et Cuvier, 1822, Géogn. par., pl. 3, fig. 1, ab. . Subconicus, Lam., 1822, An. sans vert., VII, p. 592, n° 1. ( Plusieurs espèces confondues ) 1, B. fusoides, Lam., 1822. An. sans vert.

B. electrinus , Miller, 1823 , Observ. on Belemnites, p. 61, n° 9, pl. 8, f. 2. B. mucronatus , Nilsson, 1825, Act. reg. acad. Holm., 339. B. mucronatus , Blainv., 1827 , Mém. sur les Bélemnites, n° 7, pl. 1, f. 12. Id., Diction. des Sc. nat., f. 5.

B. Osterfieldi, Blainv., 1827, idem, p. 62, n° 3, pl.1,f. 8. Dict., pl. f. 1. | B. mucronatus , Nilsson, 1827, Petrif. suec., p. 9, n° 1, tab. 11, f. 1à 4, L. | B. mucronatus , Ure, 1829, À new syst., pl. 2 et pl. 5. | |

B. Idem, Sowerby, 1829, Mineral. conch., t. 600, f. 1, 2 et 4.

B. Idem, Deshayes, 1830 , Encycl. méth., p. 125, n° 5. Règne animal, pl. 11, fig. 3.

Idem, Hartmann, 1830, Wurt., p. 17.

Idem, Zieten, 1830 , Wurt., p. 30, tab. xxIn, f. 2.

Belemnites americanus , Morton, 1830 , Amer. journ., XVII, p. 281; XVIII, pl. 1, fig. 1-8,

B. mucronatus,, Desh., 1831, Coq. caract., p. 212, pl. 6, f. 3.

B. americanus, Keferst, 1834, p. 424, n° 12.

B. electrinus , Keferst, 1834, p. 425,n° 37.

B. mucronatus, Pusch, 1837, Polens paléont., p. 162, n° 1.

Idem, Hisinger, 1837, Leth. suec., p. 30, t. X, f. 6.

1 Cette espèce de Lamarck, comme son B. fusoïdes, à en juger par les figures de Breynius, auxquelles il la renvoie, est bien le Belemnitella mucronata, tandis que la localité indiquée ferait présumer qu’il est ques- | tion d’une autre espèce. D’un autre côté, la figure de l'Encyclopédie re- | présente une orthocère.

.Idem , Bronn, 1837. Leth. géogn., p. 716, tab. xxxu1, f. 10.

Idem, Galeotti, 1837; Braban, p. 165, n° 4.

Idem , Potiez et Mich, 1838, Gal. de Douai, I, p. 22, n° 7.

Belemnitella mucronata, d'Orb., 1840, Paléont. franc., T. Crétacés, pl. 7.

Belemnites mucronatus, Geinitz, 1840, Charak. Kreid., p. 42.

Belemnites mucronatus, Fkœmer, 1841, Kreid., p. 84, n° 4, -

Idem, Morris, 1843, Brit. foss., p. 177.

Belemnitella mucronata, d'Orb., 1845, Murch, Vern. et Key., Russia, p. 489, pl. 43,f. 1-4.

Idem, d’Orb., 1846, Paléont. univ., pl. 81, f. 1-6, pl 33.

Idem. d'Orb, 1846, Paléont. étrang., pl. 27, f. 1-6.

Idem, d’Orb, 1846, Moll. viv. et foss., pl. 33, f. 1-6, n° 2,

B. testà elongatä, subconicd, rugosd, anticè cylindrica, fissuratà , lateribus sulcis complanatis ramulosis, posticè ! multis ramosis ; posticè acuminaté, mucronatd, aperturd ro= | tundä ; alveolo, angulo 19 vel 20°.

Dim. d'un grand individu : longueur, 126 mill. Par rapport à la longueur, £-.

Rostre allongé, quelquefois un peu comprimé en avant, cylindrique sur sa moitié antérieure ; de là, acuminé et déprimé jusqu à l'extrémité très-obtuse, au milieu de laquelle est une pointe souvent assez allongée ; les deux impressions latérodorsales sont très-marquées, larges, et il en part de petits sillons ramifiés et réticulés qui viennent joindre la partie inférieure. Scissure longue, occupant la moitié de la cavité. Cavité ronde, conique, très-longue, occupant les deux cinquièmes de la longueur, pourvue en dessus d’un sillon creux longitudinal ; alvéole avec des cloisons séparées, dont les traces se montrent encore dans la cavité. L’alvéole que je possède est légèrement comprimé, pourvu d’une côte en dessous, et d'une bien plus forte en dessus; celle-ci accompagnée d’un sillon latéral. Jeune, sa forme est plus conique et légèrement com « primée chez quelques individus, cylindrique chez d'autres.

Rapp. et diff. — Analogue, pour la forme, au Belemnatella quadrata, le mucronata s'en distingué par son ouverture ronde et non anguleuse, par sa surface plus ramifiée.

Loc. Étage sénonien ou craie blanche la plus supérieure. M Meudon, près de Paris; Épernay, Césane (Marne), MM. Du-

G. BELEMNITELLA. 451

temple, de Wegmann et moi; Sens (Yonne) ; Orglande (Manche), MM. de Gerville et Desnoyers ; Norfolk, dans le Sussex ; le Yorkshire, Askton-Moor, Norwich, dans le Kent, dans le Sussex, à Norfolk (Angleterre); Maëstricht, en Belgique; Balsberg, Kjugestrand, Kopinge, Oldembourg, Pétersberg (Suède); Aix (Prusse); Peine (Hanôvre), M. Rœmer; pays du Donetz et dans le gouvernement de Sembirsk (Russie), M. de Verneuil ; New-Jersey (États-Unis), M. Morton.

C'est à tort que M. Sowerby a rapporté à cette espèce les B. quadratus, Scaniæ et verus; ce sont des espèces bien distinctes. Le nom le plus ancien est, sans contredit, celui de paæillosus; mais, comme Lamarck, Montfort et Schlotheim ont confondu, sous ce nom, presque toutes les Belemnites connues, je crois devoir conserver celui de mucronatus, qui ne laisse aucun doute et qui est le plus connu.

Expl. des fig. PI. 33, fig. 4. Variété de l Ariteliaté septentrionale, vue de côté; fig. 2, la même, vue en dessous; a la nervure inférieure de l’alvéole; fig. 3, ouverture vue en dessus; fig. 4, alvéole vu en dessus ; a la côte dorsale ; fig. 8, le même, vu de profil; a côté dorsal ; fig. 6, le même, vu en dessus; a côte dorsale.

N° 3. BELEMNITELLA QUADRATA, d'Orb., 1840.

Belemnites quadratus, Defrance ( dans sa collection).

Idem , Blainv., 1827, Bélemn., p. 62, n° 4, pl, 1, f. 9 (individu entier, usé }:

B. granulatus, Blainv., 1827 , Bélemn., p. 63, n° 5, pl. 4, f. 10 (individu non usé , à ouverture cassée). Dict, des Sc. nat., fig. 2. (Non granulatus, Zieten, 1830).

B. striatus, Blainv., 1827, Bélemn.. pl. 64, n° 6, pl. 1,f, 11 (individu tronqué à ses deux extrémités ). ( Non striatus, Hartm., 1830 ).

B. granulatus , Sowerby, 1829. Mineral conc., VI, p. 207, tab. 600, fig. 3, 5

B. granulatus , Deshayes, 1830 , Encycl. méth., p. 135, n° 3,

B. striatus, Deshayes, 1830, Encycl. méth., p. 125, n° 4.

B. granulatus , Potiez et Mich., 1838, Galerie de Douai I, p. 22, n° 6.

Belemnitella quadrata, 4 Orb., 1840, Ter. crét., I, p. 60, n° 10, pl. 6, f. 5-10,

Belemnites granulatus, Rœmer, 1841, Kreid., p. 84, n° 5.

Idem , Morris , 1843, Brit. foss., p. 177.

Belemnitella quadrata, d'Orb., 1846, Paléont. univ., pl 34, f. 5-10.

Idem, d'Orb., 1846, Moll. viv, et foss., I, Belemnitella, n° 3,

B. tesià elongatä, subcylindricä, anticè compressdä, fissuratà, posticè acuminatà, mucronatä; sulcrs lateralibus las, postice trifurcatis, ramulosis ; apertur@ subquadratà.

Dim. Longueur, 68 mill.; diamètre, 12 mill.

Rostre allongé subeylindrique, un peu comprimé en avant, acuminé d’abord, puis s'atténuant tout à coup pour se terminer par une pointe aiguë, grêle; sa surface couverte de granulations assez régulières, formant souvent des espèces de stries vers l'extrémité, interrompues seulement par les sillons supérieurs, ceux-ci profonds et doublement impressionnés, ramifiés sur les côtés. Scissure peu prolongée. Cavité quadrangulaire, courte, occupant un peu plus du quart de la longueur ; stries en long en dessous, stries en travers au dessus ; les bords supérieurs sont obliques, festonnés en quatre lobes, dont les supérieurs un peu onduleux. Jeune, il est plus allongé, l'extrémité plus acuminée. Je ne puis expliquer la forme carrée de l'ouverture, qu'en supposant que l’alvéole était enveloppé de parties cornées détruites par la fossilisation.

Rapp. et diff. — Cette espèce diffère du Belemnaitella mucronata par sa surface granuleuse, par sa cavité plus courte et quadrangulaire. Ce dernier caractère, surtout, la fait reconnaître au premier aperçu.

Loc. Étage sénonien ou craie blanche. Hardivilliers, près de Beauvais (Oise), M. Graves ; Reims (Marne), M. Dutemple; Sens (Yonne), M. Baudouin de Solène et moi; à Lewes, dans le Yorkshire (Angleterre); à Osterhofen, près d'Eisen, M. Hœninghauss. Elle ne se trouve point à Meudon.

Hist. Elle montre combien les erreurs se perpétuent dans la science. Trop souvent on se contente de copier ses devanciers, et se fiant aux figures , sans recourir aux originaux, on augmente la confusion qu'une critique plus sévère aurait dû faire cesser. M. de Blainville, d'après la belle collection de M. Defrance, décrit trois espèces de Bélemnites de la craie blanche, son B. quadratus, son B. granulatus et son B. stria- tus, que Je crois devoir réunir en une seule espèce. Ce savant

G. BELEMNITELLA, 453

décrit la première comme lisse et à cavité quadrangulaire; la seconde, comme granulée, à cavité subtriquètre; la troisième , comme striée, à ouverture triquètre, et ces caractères sont exprimés dans les figures. M. Deshayes a décrit, deux ans après, le Belemnites granulatus, sans parler de sa cavité, et le Belemnites striatus, avec une cavité peu profonde , trigone , à bords tranchants et sans fissure. Dans le manuel de Labèche, on trouve encore les trois espèces indiquées, et dès lors bien établies.

Ayant promis, dans cet ouvrage, dene me fier qu'aux échantillons même, j'ai voulu remonter aux sources, et voir chez M. Defrance les pièces qui ont servià ces descriptions. Voici ce que J'ai trouvé : le Belemnites quadratus de M. de Blainville est un sujet à cavité bien entière, mais dont la superficie est un peu usée, paraît lisse au premier aperçu; cependant on y reconnaît facilement les granulations de l'espèce. Le Belemnites granulatus est en tout semblable de forme, granulé ou légèrement strié à son extrémité, et bien évidemment de la même espèce. Les échantillons de M. Defrance sont cassés en avant, cequia pu autoriser l'erreur de l'ouverture, rendue positive par une figure creuse imaginaire ; mais un échantillon montre encore un des pans de sa forme quadrangulaire, fait qui lève tous les doutes sur la nécessité de les réunir.

Pour le B. striatus, de M. de Blainville, je me suis aperçu que ce n'était qu un tronçon de la même espèce, sans ouverture ni extrémité, où les granulations, comme on Île trouve dans quelques autres échantillons du B. quadratus, forment des stries irrégulières vers l'extrémité". De plus, jai pu reconnaître que le peintre n’avait, en aucune manière, rendu sa forme, en le faisant trop conique, trop tronqué à'son extrémité, et surtout en donnant à l'ouverture une figure creuse purement de son invention ; car l'échantillon type est tronqué vers

1 On trouve aussi sur l’extrémité de certains exemplaires du Belemnitella mucronata, des stries semblables à celles qui existent sur ce tronçon.

le tiers de sa longueur, bien avant la cavité. C'est probablement de cette figure factice qu'aura été emprunté le caractère de la cavité indiquée par M. de Blainville, Si M. Deshayes, lorsqu'il a fait sa description, avait vu ‘échantillon en nature, il aurait sans doute reconnu cette erreur, et n'aurait pas dit que son ouverture a des bords tranchants, et que sa cavité est peu profonde , caractères encore évidemment empruntés à la figure dessinée par le peintre, et qui n'existe pas dans l'échantillon. Ainsi, un fragment d'espèce mal figuré et représentant un caractère fictif, sert de thème à des descriptions, et devient une espèce véritable, citée dans les Manuels comme désormais bien établie.

M. Sowerby a placé le B. quadratus comme synonyme du mucronatus, en décrivant le granulatus comme espèce séparée. Le nom de quadratus ayant été imposé le même jour que les autres, et rappelant un caractère unique dans les Bélemnites , je l'ai conservé de préférence à celui de granulatus, certains échantillons du B mucronata étant quelquefois subgranulés.

N° 4, BELEMNITELLA SUBVENTRICOSA, d'Orb., pl. 33, fig. 7-12.

Belemnites subventricosus, Wahlemb., 1821, Act. Ups., vol. VIIT, p. 80. Belemnites mamillatus, Nilsson, 1825, Act. acad. Holm. , p. 340. Belemnites Scaniæ, Blainv., 1827, Mém. sur les Bélemn., p. 61, n° 2. Idem, Diction, des Sc. nat, f. 6.

B. mamillatus , Nilsson, 1827, Petref. suec., p. 10, n°. 2, tab. 11, f, 2. B. subventricosus, Voltz, 1830, Bélemn., p. 64, n° 17, pl. 8, f. 1.

B. Scaniæ, Desh., 1830, Encycl. méth., t. II, p. 124, n° 2

B. mamillatus , Hising. 1837, Leth. suec., p. 31,t.x, f. 7.

B. subventricosus , Rœmer, 1841, Kreide , p. 84, n° 6

Belemnitella subventricosa, d’Orb., 1846, Paléont. univ., pl. 31, f. 7-12. Idem, d'Orb., Paléont. étrang., pl. 27, f. 7-12.

Idem, d’Orb., 1846, Moll. viv. et foss., n° 4, pl. 33, f. 7-12.

B. testä elongatä, subcylindricä, lævigaté, anticè subtri- « gond compressä , lateribus sulcis complanatis simplicibus, posticè evanescentibus; posticè depressd, apice mucronai ; apertur4 con1cä vel concentricé rugosd. |

Dim. Longueur, 90 mill.; grand diamètre, 18 mill.

G+ BELEMNITELLA. 455

Rostre allongé, lisse, subcylindrique, presque égal en grosseur, légèrement rétréci, triangulaire et un peu comprimé en avant, très-déprimé en arrière, surtout à la région ventrale, terminé par une pointe mucronée, très-prononcée, Les impres-

sions latéro-dorsales commencent par occuper une grande lar- geur et par former deux sillons en avant, réunis en un sur la moitié, et de là s'abaissant vers la pointe, sans avoir de ramifications inférieures ni de branches près de l'extrémité; scissure courte, mais assez large. La cavité alvéolaire est conique, profonde chez les jeunes individus, et montre alors un angle régulier et rond d'environ 43 degrés. À un âge plus avancé, l'ouverture s'évase, les couches du pourtour sont comme rongées, elles forment des sillonsconcentriques et dessillonsrayonnants, comme chez les Actinocamax, et la cavité, chez les très-vieux, est tout à fait irrégulière. Les jeunes individus montrent une forme bien plus allongée.

Rapp. et diff. — Cette espèce, très-voisine par sa forme, du B. quadrata, s'en distingue à tous les âges par sa surface lisse, sans rameaux aux sillons latéraux-dorsaux , par sa cavité alvéolaire non carrée. Elle se distingue aussi, à tout âge, du PB. paxillosa, par son manque de ramifications aux sillons latéraux-dorsaux.

Loc. Dans l'étage sénonien d’Ignaberga, Balsberg, Oppmanna, Sœndraby, Bokenas et dans l’île Ifo (Suède), Nilsson.

Expl. des fig. PI. 33, fig. 7. Individu adulte vu de côté; a dessus ; b dessous; fig. 8, le même, vu en dessous; € canal; fig. 9, extrémité supérieure de la même , vue en dessus; a côté dorsal ; c canal; fig. 40, coupe prise près du tiers inférieur; fig. 41, coupe supérieure de la même; a canal ; fig. 42, coupe d'un jeune individu ayant alors la cavité alvéolaire plus profonde. De ma collection.

Espèces incertaines.

N° 5. BELEMNITELLA AMBIGUA, d'Orbigny, pl. 43, fig. 43, 14.

Belemniîtes ambiguus, Morton, 1830, Sell. Amer. Journ., vol. XVIII, tab. 1, fig. 4.

Idem , 1834, p. 424, n° 11.

Belemnitella ambigua, d’Orb., 1846, Paléont. étrang., pl. 27, f. 13-14.

Idem, d’Orb., 1846, Moll. viv. et foss., pl. 33, f. 13, 14.

Cette espèce , dont je ne connais que la figure donnée par M. Morton, pourrait bien n'être qu'un jeune de la Belemnitella mucronata.

Loc. La craie supérieure de la contrée du Gloucester-New- Jersey (États-Unis), M. Morton.

Expl. des fig. PI. 31, fig. 13, copie de la figure donnée par M. Morton; fig, 14, la même, vue en dessus.

Résumé critique et géologique sur les Belemnitella.

On à mentionné ou décrit, jusqu'à présent, 21 noms d’espèces, qui se rapportent au genre Belemnitella. La discussion sévère des caractères et de la synonymie de ces espèces m'a fait réduire ce nombre à :

ESPOReS POS veste Lee. cos sesceses Espèces incertaines.......,....,.,..... 4

Latal. à =... sn situe SON

Des quatre espèces positives l’une, le B. vera, paraît être propre aux couches les plus supérieures de l'étage turonien, des terrains crétacés du bassin de la Loire, de la Belgique et de l'Angleterre.

Les trois autres espèces positives sont toutes de l'étage sénonien, ou de la craie blanche du terrain crétacé : 4° l'une, le PB. mucronata , se trouve en même temps dans l'Amérique du Nord et en Europe. Dans cette dernière partie du monde, elle se rencontre en France, en Russie, en Allemagne, en Belgique,

G, BELEMNITELLA, 457

en Suède et en Angleterre, et occupe dès lors une surface considérable; 2° le B. quadrata, se rencontre dans le bassin parisien, en France et en Angleterre; 3° le B. subventricosa, est spécial, jusqu'à présent, à la Suède.

Ainsi, les Belemnitella se seraient montrées, pour la première fois, avec le terrain crétacé dans les couches les plus supérieures de l'étage turonien; l'espèce de cet étage se serait anéantie, ettrois espèces seraient venues la remplacer dans l'étage sénonien, ou l’une d'elles vivait simultanément en Amériqueet en Europe ; puis le genre serait entièrement disparu de la surface du globe, avec la fin de la période crétacée, fait très-curieux et très-digne de fixer l'attention des géologues et des paléontologistes.

Table alphabétique de toutes les espèces réelles ou nominales du genre BELEMNITELLA.

Ambigua, d'Orb., 1846. Étagesénonien............, 156 Ambiguus (Belemnites), Morton, 1830. V. B.idem,d'Orb. 456 Americanus (Belemnites), Morton, 1836. V. B. mucrosh Re 449 Blainvillei (Actinocamax), Voltz, 1830.V.B. vera, d'Orb. 447 Cylindricus (Belemnites), Vahlemb., 1821. V. B. mucro-

Electrinus (Belemnites), Miller, 1823. V. B. mucronata. 449 Fusiformis (Belemnites), Young, 1822. V. B. vera... ... 447 Fusoïdes (Belemnites) , Lam., 1822. V. B. mucronata. 449 Galliennei, d'Orb., 14842. V. B. vera, d'Orb.......... 447 Granulatus (Belemnites), Blainv., 1827. V. B.quadrata. 451 Lanceolatus (Belemnites) , Sow., 1829. V. B.vera, d'Orb. 447 Mammillatus (Belemnites), Nilsson, 1825. V. B. subven-

Page 1