‹ Mollusques vivants et fossilesChapitre 33 sur 46 · EL · texte numérisé non relu

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Mucronatus (Belemnites), Schloth., 4813. V. B. mucro- D M he na ons ueut h49

| Pages JM Osterfeldi (Belemnites), Blainv., 1827.V. B. mucronala. 449 Paxillosus (Belemnites), Lam., 1804. V. B. mucronata. 4494} Plenus (Belemnites), Blainv., 1827. V. B. vera, d'Orb. 447 L Quadrata, d'Orb., 1840. Étage sénonien.........,... 45100 Quadratus (Belemnites), Defrance. V. B. quadrata. ... 451} Scaniæ (Belemnites), Blainv., 1827. V. B. subventricosa. L514MY Striatus (Belemnites), Blainv., 1827. V: B. quadrata. 1510) Subconicus (Belemnites), Lam., 1822. V.B, mucronata. 449 |: Subventricosa, d'Orb., 1846. Etage sénonien......... 4540h Subventricosus(Belemnites) Wahlemb., 1821.V.B.idem. 454, Vera, d'Orb., 1846. Etage turonien..,..,+.....+. k47T | | Verus (Actinocamax) , Miller, 1823. V. B. vera, d'Orb.. 4471

G. BELEMNITES, 459

it GENRE. BELEMNITES, Lamarck.

Belemnites, Agricola, 1546; Nautilus belemnita, Linné, 1767. Genre Belem-

… nites, Lamarck, 1801, Genres, Paclites, Thalamus (alvéole) Callirhoe ( ros-

tre), Cetocis, Belemnites, Acamas, Hibolites, Porodragus, Montfort, 1808; Belemnites, Pseudobelus , Blainville , 1827.

| Animal céphalopode allongé, formé d’une tête portant dix bras analogues à ceux du genre Ænoploteuthis pourvu, comme | ceux de ce genre, de deux rangées alternes de crochets, et d’un corps bursiforme, conique, très-allongé, muni latéralement, un peu au-dessus du milieu de la longueur, de nageoires ar- rondies en avant".

Coquille interne cornée, élargie antérieurement, rétrécie en arrière et terminée postérieurement, par un godet conique plus oumoins profond, contenant une série de loges aériennes, empilées et traversées, sur le côté externe inférieur, par un siphon continu, que rétrécit l'étranglement de chaque loge. Le godet postérieur est protégé à l'extérieur et seulement en arrière par un encroûtement testacé, représentant un rostre épais, pointu ou obtus, généralement allongé. Rostre allongé, conique, aigu ou obtus, entier en avant, et sans fente inférieure. Alvéole simplement conique sans côte supérieure.

Rapp. et diff. — Les Belemnites sont voisines des Belemnaitella, avec lesquelles elles avaient été confondues par leur rostre testacé ; mais elles s'en distinguent toujours par le manque de côte supérieure à l'alvéole, par le manque de ces impressions latéro-dorsales si ramifiées du rostre, et enfin par le manque constant de la fissure ventrale de cette partie. Ainsi des caractères organiques séparent nettement ces deux coupes génériques, confondues par les auteurs.

1 On doit à M. Owen des figures et un travail intéressants sur l’animal de la Bélemnite, rencontré dans les couches oxfordiennes. Philos. trans., part. I, 1844, p. 65, PI. 2, 7.

Toutes les espèces de Belemnites sont fossiles, et aucune ne paraît peupler les mers actuelles.

Obs. Les Belemnites étant généralement peu connues, quoi- : qu'elles aient servi de texte à beaucoup d’écrits et d'importants travaux, je crois devoir entrer, à leur égard, dans une série de « considérations destinées à détruire, s’il est possible, les incertitudes qui existent encore sur leur véritable composition et sur la place qu'elles occupent dans l'échelle des êtres. Je ne chercherai point à reproduire les opinions plus ou moins bizarres professées par les auteurs, relativement à leur forme primitive, et à l'animal auquel elles appartenaient. Il me suffira d'expliquer les faits résultant de mes observations sur les immenses : matériaux que jai eus sous les yeux, en les rattachant à la connaissance que m'a donnée de leur ensemble, l'étude comparative des céphalopodes vivants ‘.

Composition de la coquille. Des recherches minutieuses sur les restes de Bélemnites, conservés au sein des couches ter-M restres, m ont démontré, par l'inspection d'un grand nombre d'empreintes restées, soit sur les alvéoles, soit sur la paroi interne de la cavité alvéolaire du rostre, que la coquille interne N de Bélemnite se compose de quatre parties intimement liées entre elles, et constituant un osselet interne compliqué. Ces parties sont : 1° antérieurement, une lame cornée, spatuliforme, élargie en avant; 2° en arrière, un godet profond ou alvéole conique, contenant une coquille conique testacée dans laquelle est une série transverse de loges aériennes ; 3° un siphon inférieur traversant toute la série de loges ; 4° un encroùtement calcaire plus ou moins allongé, recouvrant et protégeant l’alvéole, et constituant un véritable rostre terminal. Je vais successivement passer en revue ces différentes parties, en les décrivant dans tous leurs détails.

4 J'ai imprimé une grande partie de ces considérations en 41842, Paléont. françg., terr. jurass., p. #1. Il est étonnant que M. Owen n’en ait pas eu connaissance, en 1844, lorsqu'il a publié ses recherches sur le même sujet.

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Partie cornée de la coquille. La partie cornée de la coquille, lest chez les Bélemnites peu variable dans sa forme, ainsi Ique j'en ai pu juger sur plus de quinze espèces distinctes dont les rostres sont très-disparates, et où je lui ai toujours trouvé | la même configuration. Elle se compose : en avant, d’une lame élargie, spatuliforme, assez courte, formée au milieu, d'une région dorsale large (pl, 35, fig. 1, 2, aa, et pl. 36, aa), dont l'angle dépasse toujours dix degrés d'ouverture , couverte de stries d'accroissement en ogive, allant se réunir, de chaque côté, à la ligne médiane quelquelois saillante, striée, ou légèrement sillonnée. De chaque côté de la région dorsale régnent des expansions latérales * (pl. 35, la région compriseentrea et b), Iqui partent de cette région et forment, de chaque côté, des lames cornées, minces, étroites, marquées de lignes d’accroissement, obliques, de haut en bas, et de dessus en dessous. Ces expansions accompagnent la coquille sur toute sa longueur, et vont se réunir à la partie inférieure, où elles forment un godet conique (pl. 35, fig. c) plus ou moins long, mais paraissant occuper près de la moitié de l’ensemble. Sur les côtés, au point de jonction des expansions latérales au godet terminal ou alvéolaire, les lignes d’accroissement s’arquent tout à coup, délerivent des courbes dont la convexité est en bas ?, et deviennent ensuite transversales sur toute la région ventrale, pour consti- Lex le godet terminal, espèce de cône renversé, corné, où les loges aériennes se forment successivement, au fur et à mesure de l’acccroissement de l'animal.

En résumé, la partie cornéese compose : 1° d’une région dorsale large, plus courte, mais analogue à la tige de la coquille des Ommastrèphes, des Onychoteuthes, ete.; d’expansions laérales plus étroites, mais de même nature que celles des coquilles de Calmars, d'Onychoteuthes, etc. ; 3° d’un godet ter-

1 Ce sont les Asymptotes de M. Voltz, Mémoire, p. 3. D” Ce’ sont ces lignes convexes, lorsque le cône est renversé, qui forment ce que M. Voltz appelle régions hyperbolaires.

minal identique, mais plus grand que celui qui existe a l'extrémité de la coquille des Ommastrèphes; ainsi, sans aucune” hypothèse, en suivant, comme je l'ai fait, sur l'empreinte même d'une alvéole, toutes les lignes d'accroissement de la coquille/« on arrive à la restituer telle qu'elle devait être à l'état EE de manière à ne plus laisser de doutes, quant à sa forme ou à ses rapports avec les autres Céphalopodes connus. | 1 J'ai dit que j'ai pu reconnaître la coquille cornée sur Îles em preintes internes de plus de quinze espèces de Bélemnites, dont” le rostre avait les formes les plus disparates, et que cette co" quille m'avait paru partout absolument identique dans ses dé tails. C'est, en effet, ce que J'ai trouvé, puisqu à l'exception. d’une plus ou moins grande largeur de la région dorsale, larÆ geur toujours relative à l'ouverture de l'angle de l’alvéole, jén n'ai remarqué entre ces coquilles aucune différence appréciables On doit en conclure que, chez les Bélemnites comme chez les autres Céphalopodes actuellement vivants, cette partie in terne est en rapport avec les autres caractères zoologiques, et qu’elle peut avec certitude être adoptée comme caractère disæ tinctif des genres. | Dans son mémoire sur les restes de Bélemnites fossiles 1 M. Richard Owen ne parle pas de cette partie essentielle de Ia Bélemnite. Sans doute qu'elle avait disparu par la fossilisation sur les échantillons qu'il a observés, car j'ai sous les yeux 1e! rostre de la même espèce étudiée par ce savant, et sun l'alvéole duquel on voit parfaitement la coquille cornée. D'ail# leurs la partie située au-dessus du cône alvéolaire, marquée di dans toutes ses figures, et montrant le tissu musculaire du corps, était, sans aucun doute, la région occupée par cette co quille. Si M. Owen avait étudié les empreintes cornées de Ia coquille qui se voient souvent sur le cône alvéolaire, il aurait! sans doute modifié son opinion relativement à l'ensemble de lai coquille de Bélemnite.

1 Philosoph. trans., 1844, p. 65.

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… Godei ou cône alvéolaire. Ce godet se compose de deux parties distinctes : du cône alvéolæire, corné, qu'on a vu n'être que le prolongement de l'extrémité de la coquille, cornée et de l’alvéole ! ou coquille testacée où se forment les loges aériennes, au furet àmesure des besoins de l'animal. Il enrésultequela partie extérieure du cône, toujours cornée, préexistait à ce dépôt testacé des cloisons, et que celles-ci n’en ont en rien modifié la forme. Si j'en juge par un grand nombre d'empreintes que j'ai

pu voir, le godet ou cône alvéolaire aurait occupé moins dela moi-

tié dela longueur dela coquille. Il paraît certain aussi que ses bords s élevaient en avant comme les parois d'un cornet et dépassaient de beaucoup l'alvéole (pl. 35, ce). Cette partie, souvent un peu comprimée, ne varie que dans sa largeur ; aussi; son angle se réduit-il à onze ou quinze degrés d'ouverture chez le Z. hastatus, tandis que sa plus grande ouverture est de vingt-huit à trente degrés chez le Z. brevis et Tricanaliculatus, sans qu’elle soit toujours en rapport avec la longueur respective du rostre extérieur, puisque, parmi les plus larges, se trouvent des espèces à rostre court et d'autres à rostre très-long. Ce godet est loin de former invariablement un cône régulier. Quand on le voit en dessus ou en dessous , il est effectivement conique, et s'accroit régulièrement sur toute son étendue ; mais, lorsqu'on le regarde de côté, il offre presque toujours une courbe marquée, la pointe s'inclinant évidemment vers la région ventrale (Pal. univ., pl. 47 et 57). Quelquelois, 1l est presque droit. L’alvéole ou coquille testacée, se dépose en dedans du cône alvéolaire , dont elle tapisse les parois internes, et occupe presque toute la longueur (pl. 36 , dd). Elle contient, dans les deux tiers de la longueur environ (pl. 35, ff), une série de loges aériennes. Si j étudie ces loges, je verrai que la première est ovale, ronde ou cupuliforme (Pal. untv., pl. 53), et qu'elle paraît appartenir à l'âge embryonnaire de la Bélemnite (j'en

1 Cette partie a été appelée Phragmocone par M. Owen, loc. cit., p. 66.

traiterai plus tard). Sur cette loge viennent successivements’en

déposer d’autres, déprimées, minces, convexes en dessous, con-" caves en dessus, et augmentant d'épaisseur proportionnellement à la largeur du cône testacé, où elles se forment de

manière à ce que les premières soient les plus minces et les der-

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nières les plus épaisses. L'étude de la composition des cloisons qui séparent ces loges me donne, comme je l'ai dit, la certitude qu'elles sont indépendantes, non-seulement du godet corné qui les reçoit, mais encore les unes des autres. En effet, lorsqu on

examine au microscope les parois des cloisons, on s'aperçoit de

suite, que chacune en particulier se forme d’une chambre spéciale, que chaque chambre, avec ses cloisons supérieure, infé-m rieure et latérale, s'applique l’une sur l’autre (Paléont. univ. ,"

pl. 53, fig. 8), et que chacune des cloisons est elle-même com" posée de deux couches. Ces couches, ainsi què le reste de la co-w

quille testacée, paraissent avoir été nacrées comme les loges internes de toutes les coquilles multiloculaires des Céphalopodes.”

En résumé, la coquille testacée ou l’alvéole, que M. Owen a

nommée Phragmocone®, et les loges aériennes qui y sont conte- » nues, sont déposées dans une cavité terminale de la coquille cor-"

née, analogue à celle de l'Ommastrèphe. Dès lors, elle n'est pas un animal parasite comme l'a pensé M. Raspail*, ni un corps indépendant, comme le croyait Denis de Montfort! Cet alvéote paraît avoir un angle d'ouverture assez constant dans chaque espèce; on pourrait s'en servir comme caractère spécifique; mais il faudrait tenir compte de la compression qui existe presque toujours et modifie beaucoup l'ouverture de l'angle.

Le siphon est un canal longitudinal qui traverse toutes les»

loges aériennes de l’alvéole, sans communiquer avec elles. Il

1 M. Voltz a bien vu ce fait. Mémoire, p. 4.

2? L’alvéole ou coquille testacée interne ne parait pas avoir adhéré à la coquille cornée, car M. Owen en figure qui ont été trouvées séparées du resle.

8 Annales des sciences d'observation.

& Conchyliologie systématique.

G. BELEMNITES. 465

se compose d'un tube formé de segments obliques, renflés dans chaque loge, rétréci et comme étranglé à chaque cloison. En l'observant avec soin sur des échantillons remarquables de ma collection, j'ai reconnu qu’à chaque nouvelle loge, ce siphon vient saillir en dehors. Dans la figure que j'en ai donnée (Pal. univ, pl. 53, fig. 7), on voit parfaitement qu'il existe un point de suture, non sur la ligne des cloisons et au point de rétrécissement, comme l’ont cru MM. Voltz! et Duval?, mais bien dans l'intervalle de chaque cloison, sur le tiers inférieur du renflement; et cettesuture, très-marquée, ne suit en rien l’obliquité des cloisons, étant au contraire transversale à l’axe du cône alvéolaire. Ce siphon, toujours contigu aux parois externes de l’alvéole, est invariablement placé sur la partie médiane et marginale de la région ventrale de l’alvéole, c'est-à-dire en dessous de la coquille.

Le siphon est une partie dont la position relative a beaucoup de valeur zoologique. En le voyant, en effet, toujours marginal ou dorsal, chez les genres de forme si bizarre qui composent la famille des Ammonidées, tandis que chez les Nauidées, également très-variés, il est médian ou assez près du bord ventral, sans être contigu ; on doit croire qu'il tient, dans

- l'organisation de ces êtres, une place très-importante, en rap-

port avec la forme des cloisons, et que, dès lors, sa position, relativement aux autres organes, est la conséquence de modifications organiques de grande valeur. S'il n’en était pas ainsi, le siphon ne conserverait pas, dans la grande famille des Ammonidées, une position identique, et varierait suivant les genres, ou même suivant les espèces. Il n’est donc pas douteux que le siphon ne soit invariable dans sa position, selon les grandes coupes, et que, zoologiquement, il ne doive en être ainsi. M. Duval, attachant à un simple sillon de la matière encroütante du rostre de la Bélemnite plus d'importance qu’au

1 Voyez son Mémoire, p. 6.

? Bélemnites des Basses-Alpes, p. 22.

siphon lui-même, parce qu'il rencontrait un sillon du côté opposé où il se trouve le plus souvent, y a vu un déplacement de siphon, et a fondé sur ce caractère deux groupes distincts : ses Notosiphites, pour les Bélemnites qui ont, à son avis, le siphon dorsal, et ses Gastrosiphites, pour celles qui l'ont ventral. Or, il y a lieu de se demander lequel des deux organes, du sillon du rostre, ou du siphon, présente zoologiquement plus de valeur? Les sillons sur les corps internes, tels que les coquilles de seiches et de calmars, ne sont point dus à une grande modification organique; ils sont formés, comme je m en suis souvent assuré, par un simple pli, ou un épaississement de la paroi interne des téguments qui enveloppait la coquille. Ils ne sont pas non plus le siége d’attaches musculaires, mais sont simplement des crans longitudinaux, destinés à empêcher la coquille de changer de place, de remuer dans sa gaine charnue. J'ai fait voir quelle était l'importance réelle du siphon d’après l'invariabilité de la place qu'il occupe; je crois inutile de pousser plus loin la comparaison. Tous les zoologistes auront déjà compris que, pour les Notosiphites de M. Duval, c'est le sillon qui devient dorsal, tandis que le siphon est à sa place normale. Les noms de Notosiphites et Gastrosiphites, donnés par ce naturaliste, ne peuvent donc plus être conservés, à moins que cette position inverse du siphon ne soit justifiée par l'ensemble de la coquille elle-même. Alors, il ne faudra plus former de groupes d'espèces, mais bien de véritables genres distincts, puisqu il y aurait une modification importante dans l’économie animale. Le rostre, que j ai nommé ainsi’ parce qu'il termine la coquille en arrière, et qu'il est dès lors en avant dans la nage rétrograde, le rostre n'est, à proprement parler, qu'un e-

croûtement calcaire, de forme très-variable, le plus souvent

allongé, recouvrant et protégeant l'extrémité cornée de la co-

1 J'ai le premier adopté cette expression, et j’en ai donné l'explication, en 1840, dans ma Paléontologie française, terrains crétacés, t. x, p. 35. C’est la gaîne de M. Voltz.

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