‹ Mollusques vivants et fossilesChapitre 7 sur 46 · FORMATION TERTIAIRE · texte numérisé non relu

FORMATION TERTIAIRE

Inférieur au calcaire grossier. | 1°" étage PARISIEN. Supérieur. Le calcaire grossier et les cou- | ches supérieures. |

9° étage SUBAPENNIN.

Dans cette dernière période, on ne re-.

3° étage DILUVIEN. trouve que des espèces actuellement vi, vantes.

Niveau d'habitation des Mollusques au sein des mers.

Mes recherches à ce sujet m'ont démontré que le niveau de hauteur des Mollusques terrestres au-dessus des océans rentrait, tout à fait dans les zones de température !, puisque la décrois-} sance des espèces observées quand on s’élève du niveau de las mer sur les hautes montagnes, est égale à la décroissance qu'on remarque en marchant des régions chaudes vers les régions: froides.

Pour les Mollusques marins, j'ai observé partout que les: Mollusques côtiers ont des limites tranchées de profondeur. dans leur habitation. Les uns, par exemple, vivent de manière? à se tenir au niveau des fortes marées de syzygies seulement, restant alors la moitié de l’année hors de l'atteinte des eaux *.. D'autres vivent un peu au-dessous, de manière à être baignés par toutes les marées, et ne sont à découvert que pendant lai

1 Voyez les généralités sur les Pulmonés terrestres de l'Amérique. Voy. dans l’Amér. mér., Mollusques, à | 2 Littorina rudis, Lamarckit, les Paludestrina, les Lavignon.

basse mer'. Quelques espèces se tiennent, au contraire, au niveau des plus basses marées de l’année ?, tandis qu’un grand nombre restent toujours au-dessous du balancement lunaire. Parmi celles-ci, des espèces se rencontrent peu au-dessous ®, et : d’autres vivent plus profondément ‘. Enfin, j'ai recueilli des Coquilles vivantes jusqu'à 160 mètres * au-dessous du niveau des mers. On pourrait dire néanmoins que les Mollusques restent généralement au-dessus de 50 mètres de profondeur, et que toutes les espèces qui vivent au-dessous forment exception.

Manière de vivre, habitudes des Mollusques.

Après ce que j'ai dit en parlant de la locomotion des Mollusques ‘, peu de mots suffisent pour compléter ce qui concerne leurs habitudes. Un certain nombre appartiennent aux océans, les autres aux continents.

Des Mollusques propres aux océans, les uns y restent constamment; de ce nombre sont les céphalopodes, dont les uns vivent isolés * et les autres en troupes innombrables 8, tandis que d’autres viennent, tous les ans, soit à l'instant de la ponte ”, soit lors de leurs migrations annuelles, sur le littoral des continents, où ils séjournent plus ou moins longtemps. Le plus grand nombre des Mollusques pélagiens, lorsqu'ils ne

1 La Litiorina littorea, le Cardium edule, le Mytilus edulis, le

Buccinum undatum, les Pholas, etc.

? Le Pecten varius, quelques Trochus, les Anomya.

3 Le Cardium spinosum, la Venus Dionæ, l’Acteon fasciata, etc.

ñ Les Terebratula, les Crania surtout.

5 En dehors du cap Horn et entre les îles Malouines et le continent américain.

6 Voyez p. 35.

7 Onychoteuthis, les Cranchia.

8 Les Ommastrephes, aux pôles arctique et antarctique.

9 Les Sepia, les Loligo, les Sepiola.

10 Les Ommastrephes. Ils viennent sur la côte du Labrador ét sur celle du Chili.

sont pas doués des puissants moyens de locomotion des céphalopodes, demeffent au contraire toujours dans les mers, et ne sont qu’accidentellement jetés sur les côtes. De ce nombre sont les ptéropodes !, les nucléobranches?, quelques nudibranches’, des biphores, parmi les acéphales, qui nagent encore ou se laissent transporter par les courants, et les Mollusques, qui ne vivent qu'à la surface des eaux{. Presque tous ces Mollusques, à l'exception des derniers, sont nocturnes ou crépusculaires, et s’enfoncent le jour à des zones plus profondesÿ.

Les Mollusques côtiers sont aussi quelquefois nocturnes, lorsqu'ils sont doués d’une locomotion active®. Quelques-uns ont une saison particulière, ordinairement le printemps, pour venir sur le littoral, pour l’accouplement et la ponte’; mais le plus souvent ils sont sédentaires et restent toute l'année sur le même point. Parmi ceux-c1, les uns vivent sur les rochers, qu'ils soient libres® ou fixes’ ; quelques-uns se cachent sous les pierres !°, les autres rampent sur le sable !, le sable vaseux , ou se dérobent sous une légère couche de sable ou de vase‘. Certaines espèces se placent dans les anfractuosités des rochers, s’enfoncent plus ou moins profondément dans le sable, la vase!f,

1 Les Cleodora, les Creseis, les Hyalæa.

? Les Carinaria, les Firola, les Caïrdiapus.

3 Scyllæa, Glaucus, etc.

& Les Glaucus et les Janthina.

5 Les céphalopodes (Ommastrephes), les ptéropodes (Hyalæa, Cleodora). Voyez mon mémoire spécial. Voyage dans l’Amér. mér., Mollusques.

6 Les céphalopodes (Sepia, Loligo).

7 Les Loligo, les Sepia, les Aplysia, les Doris, tes Cavolina.

8 Littorina, Murex, Purpura, les Chiton.

9 Les Vermetus, les Ostræa, les Pecten.

10 Les Doris, quelques Murex, Chiton.

11 Les Nassa, les Buccinum.

12 Les Voluta, les Paludestrina.

13 Les Oliva, les Olivancillaria, les Volutetla,

14 Les Arca, les Mytilus.

15 Les Venus, les Solen, les Mactra.

16 Les Mya, les Lavignon, les Lyonsia.

ou même se forment un trou dans les coraux, l'argile durcie où les pierres calcaires”. Il estun seul genre qui, parasite, vit dans

l'intérieur des astéries?. Les Mollusques fluviatiles affectent ab- solument les mêmes habitudes; seulement quelques-uns sont

spéciaux aux lacs*, et les autres aux fleuves. Pour les Mollusques terrestres, il en est de nocturnes, et c’est le plus grand nombre*, il en est aussi de diurnes ©: les uns vivent dans les bois’, montent sur les arbres, les autres cherchent le voisinage des rochers ou des eaux. Presque tous, soit dans les pays froids, à l'instant de l’hivernage®, soit dans les pays chauds, au moment des sécheresses, se cachent sous les pierres, dans les troncs d'arbres creux ou dans la terre, ferment leur coquille d'une cloison nommé épiphragme, et attendent ainsi, dans l'engourdissement et dans l'inaction, la saison suivante où ils pourront reprendre leur genre de vie habituel°.

Malgré toutes ces différences, on peut dire que souvent des genres entiers ont des conditions spéciales d'existence, et que les espèces sont encore plus restreintes dans ces limites qu’elles ne franchissent pas. Les unes sont toujours terrestres, et leurs organes de respiration s opposent à ce qu'elles vivent autrement : les autres sont propres à l'eau douce ou à l’eau salée. On a pensé que quelques-unes de ces espèces pouvaient passer avec facilité de l’eau douce à l’eau salée ou de l’eau salée à l’eau douce. J'ai fait à ce sujet un grand nombre d'expériences, et je me suis assuré que les coquilles fluviatiles meurent toujours lorsqu'elles passent même insensiblement dans l’eau salée. Il en est ainsi des

Les Pholas, les Lithodomus, les Mycetopus.

Les Stylifer.

Les Gnatodon, quelques Cyclas.

Les Unio, quelques Ampullaria.

Les Testacellus et beaucoup d’Helix des pays chauds. D’autres Helix.

Des Helix et des Bulimus.

Les Helix et tous les pulmonés d'Europe.

Les mèmes genres le font au moins en Amérique, où ils ne sorterit qu’à la saison des pluies. :

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