CHAPITRE VI
M. de Gontaut exhorte ses amis à voter les lois constitutionnelles. — Opinions de l'étranger sur le gouvernement du Maréchal. — Régime préféré par le prince de Bismarck pour la France. — Satisfaction causée en Allemagne par les élections de 1876 considérées comme la défaite du « cléricalisme ». — Sentiment d'inquiétude à la cour : trop de républicains. — Impressions de M. de Gontaut. — Craintes entretenues en Europa par le prince de Bismarck. — La crise du Seize-Mai. — Comment on l'accueille en Allemagne; le spectre de la guerre; violentes attaques de presse. — Lettre du duc Decazes à M. de Gontaut. — Vains efforts de M. de Gontaut pour disculper le ministère accusé de « cléricalisme »; il constate une hostilité générale en Europe. — Les propos qu'on lui tient. — Attitude plus bienveillante de la cour. — Langage satisfaisant de l'Empereur. — Les pronostics en Allemagne sur les élections. — Conversations de M. de Gontaut avec la famille impériale à la veille et au lendemain des élections. — Les vrais sentiments de l'Empereur sur le résultat.
Les Mémoires de M. de Gontaut ont montré avec quel intérêt il suivait de Berlin les événements de notre politique intérieure et l'attitude conciliatrice qu'il avait prise dans les conflits entre la droite de l'Assemblée nationale et M. Thiers. La fermeté des convictions monarchiques s'alliait, chez lui, à une grande sûreté de jugement, à un sens des réalités et du possible qui ne laissaient jamais dégénérer ses principes en préjugés et en revendications chimériques. Il n'avait pas cru devoir refuser les fonctions d'ambassadeur que lui offrait M. Thiers, mais il avait stipulé que