CHAPITRE VII
Bienveillance de la famille impériale pour l'ambassadeur de France. — L'Empereur : ses manières affables; sa raideur en certains cas; ses sentiments conservateurs et pacifiques. — L'Impératrice. — Le prince impérial : un jugement de l'Empereur sur son compte; éloignement où on le tient des affaires. — La princesse impériale : son caractère; son opinion sur le Kulturkampf; les craintes que lui cause la question d'Orient; ses principes politiques; son aversion pour le Chancelier. — Le prince de Bismarck : ses bizarreries et ce qu'en pense l'Empereur; sa haine de l'Impératrice; ses propos à M. de Gontaut sur sa santé, les difficultés de sa charge, son désir de démissionner, l'opposition de l'Empereur; jugement sur les Parisiens et sur la France.
Dans sa correspondance et plus encore dans ses notes intimes, M. de Gontaut a gardé le souvenir d'entretiens non officiels et de confidences qui peignent au vif les principaux personnages de la cour de Berlin. Ces derniers, à vrai dire, n'apparaissent point sous un jour nouveau; les traits qui composent leur physionomie morale sont depuis longtemps fixés et connus. Les détails qu'y ajoute M. de Gontaut ne les modifient donc pas; mais ils n'en offrent pas moins quelque intérêt, notamment si l'on songe à l'intimité de ses rapports avec plusieurs des membres de la famille impériale.
Pour dépeindre la situation qui serait faite au futur ambassadeur de France, après le traité de Francfort, le prince de Bismarck avait dit plusieurs fois à M. Thiers : « Si vous