EN PLEIN MYSTERE H
Allemands eux-mêmes qui s'en prenaient, comme on l'a vu, aux journaux et au gouvernement du trouble apporté dans les affaires. Quant à l'Europe, comment envisageait-elle la question? Assisterait-elle indifférente à ce conflit latent qui pouvait amener une guerre ou voudrait-elle y mettre lin par son intervention ? De quelle nature serait cette dernière et en faveur de quelle puissance ? Après avoir tenté d'exposer l'état des relations, à ce moment de crise, entre la France et l'Allemagne, c'est ce rôle de l'Europe que nous avons à raconter.
Pour résumer tout ce qui précède et rappeler l'incertitude et l'obscurité de la situation, nous ne saurions mieux faire que d'emprunter une phrase de la correspondance de M. de Gontaut : « Il est difficile, écrivait-il, de se démêler d'un pareil écheveau dans un pays où mes collègues les plus familiarisés avec ses habitudes par un long séjour sont unanimes à déclarer qu'il n'en est pas où la politique soit plus mystérieuse et, par suite, plus difficile à pénétrer. » Il fallait pourtant démêler cet écheveau et c'est à quoi nous aidèrent, d'un geste aussi efficace qu'énergique, l'Angleterre et la Russie.