‹ Mon ami Christophe, comédie-vaudeville en un acteChapitre 8 sur 18 · JULES , CÉCILE · texte numérisé non relu

JULES , CÉCILE

JULFS.

Enfin , ma cousine , nous voilà seuls , et je puis vous parler sans témoins.

CECILE

Eh ! bien , voyons , monsieur , qu'avez-vous à me dire ?

JULES

Air: Vaudeville de M. Guillaume.

Je vous dirai que mon cœ(ir vous adore, Mes yeux ont dû vous l'apprendre déjà , J'ajouteiais bien autre chose enccre,,.

Christophe, 3

CÉCILE

Bonne maman , tout à Theure était là.

Vous pouviez bien me dire tout cela.. .

•JULES

Ah ! franchement , ici vous voulez rire, . Entre cousins, et surtout entre amans. Vous savez bien qu'on ne peut pas tout dire Devant les grand' mamans.

Surtout la mienne qui me fait toujours de la morale dans ses lettres.

CÉCILE

Eh ! bien , elle a raison , monsieur.

JULFS. \

Oui j mais c'est que je ne l'aime pas beaucoup h morale, moi.

CFCILE.

Quand je serai votre femme , si vous ne vous conduisez pas bien , je vous en ferai aussi , allez...

JULES

C'est possible... mais je n'y ferai pas attention .. parce qu'un mari est toujours le maître... lisez le code , article i5/^.

Ci Du côté de la barbe est la toute puissance ». Air: ^u temps heureux de la chevalerie.

En fait d'amour , comme en fait de constance ••«-... J'aurai le droit d'agir à volonté,

Vous me devrez en tout obéissance, Car je suis cLef de ia communauté.

D'après la loi, je prétends toujours plaire, Assez longtemps auprès de la beauté , Amant soumis , je fus surnuméraire, Je veux enfin , être en activité.

CÉCILE

Du tout, monsieur , un mari doit toujours faire les volontés de sa femme.

JULES

Dites donc , ma cousine , quel plaisir quand on est marié... on ne dépend plus de personne... on peut aller où l'on veut , sans en demander la permission... au bal... au spectacle... au café... je crois que c'est ra qu'on m'a recommandé de lui dire.

CÉCILE

Comment , comment ! au café. .. ah ! par exemple , un jeune homme comme il faut ne doit jamais y aller... et d'ailleurs, vous serez bien obligé de me conduire partout avec vous.

JULES

C'est-à-dire partout... non... parce qu'il faut qu'un jeune homrae s'amuse, et il a y des endroits où Ton ne peut mener sa femme .. je sais bien ce que c'est... vous sentez bien que depuis un an que je suis à Paris , j'ai acquis de l'expérience. .. ( a part). J'espère que je suis joliment les avis qu'on m'a donnés.

CÉCILE

Fi, monsieur, c'est très-vilain, et je ne vous aime plus.

JULES

Vous ne m'aimez plus, laissez donc... toutes les femmes disent na • mais elles ne sont pas fâchées d'avoir un mari qui ait été un peu mauvais sujet , parce qu'après , elles finissent par l'adorer.

CÉCILE

Eh! bien, monsieur, puisque vous êtes comme ça... je ne veux plus vous épouser.

JULES

Ah! c'est pour rire que vous dites na.

CÉCILE

Non, monsieur, je parle très-sérieusement.

JULES, à part.

Tiens, elle se fâche... ça nest donc pas ca.

SCÈINE X.

Les Mêmes, CHRISTOPHE.

CHPxiSTOPHE , ejitrant avec une pièce de toile sous un bras, des mouchoirs de couleur sous l'autre j et ses poches pleines de paquets et de rouleaux d'échantillons. Me voilà... me voilà... (^àpart). Ahl diable, la vieille

n'est plus là... c'est vexant... (^liaut). Eh! bien... qu'est-ce

qu'il y a ? Les deux futurs qui se boudent... (^bas à Jules),

Ça ne prend donc pas ?

JUTiES , de même.

Non, sûrement... j'ai suivi vos conseils , et ce que je lui

ai dit n'a pas l'air de lui plaire du tout... (à Cécile). Mais^

ma cousine j vous avez tort de vous fâcher.

CÉCILE

Non y. monsieur... je ne veux rien entendre , et je m'en vais tout dire à ma bonne maman. ( Elle sort).

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