SCÈNE Vil
CHRISTOPHE , Mad. DUHAMEL.
MAD. DUHAMEL
Monsieur est sans doute M. Christophe , l'ami de mon petit neveu ?
Comme vous dites, madame... pour vous servir, si j en étais capable.
MAD. DUHAMEL
Jules, que je viens d'embrasser, m'a confirmé tout le bien qu'il m'avait dit de vous , dans sa dernière lettre. CHRISTOPHE , d'un air modeste.
Je ne mérite point de tels éloges.
MAD. DUHAMEL
Si fait... si fait... je sais que vous avez eu la bonté de le présenter dans plusieurs maisons honnêtes, et de lui procurer quelques amusemens... je vous en remercie^ j'espère que quand la noce de ma Cécile aura lieu , ce qui ne tardera pas , vous me ferez le plaisir d'y assister.
Comment donc , si je serai de la noce ?.. du lendemain aussi même , madame , si ça vous est égal... d'abord , moi , tel que vous me voyez... j'aime beaucoup les noces... surtout celles des personnes aussi jolies , aussi agréables que votre demoiselle... {A part). Le madrigal s^y trouve.
MAD. DUHAMEL
Franchement, ce n'est pas pour me vanter, mais c'est un des meilleurs partis du département 3 elle a été demandée en mariage par notre sous-préfet.
Alors , je gage qu'en bonne mère... vous ferez grandement les choses.
MAD. DUHAMEL
Commem ?
Je ne vous cacherai pas que je crois que M. Dufour vous me'nage une surprise.
MAD. DUHAMEL
Une surprise... et laquelle?
J'aurais tort de vous dire qu'il m'a assuré positivement... mais cependant il m'a fait entrevoir que son intention e'tait de donner une corbeille magnifique... vingt mille francs au moins. (A part). Voilà le mot lâché.
MAD. DUHAMEL
Vingt mille francs !... mais c'est une folie.
Ecoutez -donc... en sa qualité de subrogé-tuteur du prétendu. . .
MAD. DUHAMEL
Sans doute ; mais c'est me forcera des dépenses énormes.
C'est ce que je me suis dit... vous ne pouvez guère vous dispenser maintenant de fournir un trousseau à la mariée , d'environ la même somme.
MAD. DUHAMEL
C'est qu'il ne m'en a pas dit un seul mot.
Il s'en serait bien gardé... puisque c'est une surprise.
MAD. DUHAMEL
Allons , en ce cas , il faudra que je songe...
Si cela peut vous ëire agréable , je vous en éviterai;^,la peine.
MAD. DUHAMEL
Comment, monsieur, vous voudriez...
Oui , madame , et je me flarte de savoir ce qu'il vous faut... linge de corps, linge de lit et linge de table... nappes et hàperons , serviettes unies , ouvrées et à liteaux... tout ce qu'ai y a de plus beau... sans oublier la layette du premier enfant.
oustear,
M AD. DUHAMEL
Air : Vaudeville de Turenne.
Vraimeiil, c'est par trop d'obi igeau ce, ♦• En vous (lounaitt cet embarras, J'abuserais de vofre complaisauce.
CHHISTOPHF.
De grâce, ne m'en ]:ailez p?.s. ( his ). ( A part ). Je suio bien sîir d'avoir du bénéfice.
BîAD. DIHAMEL.
De tout cela je ne puis vous charger.
(HRISTOPHE.
Aîi ! laissez raoi vous ohliqer , \
Ce sera me rendre service. ( bis ).
MAD. DUHAIWEL.
Vous elos trop bon, en vérité ^ monsieur... cependant je voi :. ; •,< uorai que je suis très-écotiome... parce que, vous entena/. .. une m ère de famille...
Al'. r> , il vous faut ça dans la seconde qualité... n°. 2*
MAD. DUHAM*EL, à part.
Ali 1 ra , mais quel singulier homme... donc...
C\si ( îitendu... vous vous en rapportez à moi*
l^AD. DUHAMEL.
X 'oinrrs, monsieur, volontiers... mais avant de faire un
ac'l.îii . -e voudrais...
^ i la marchandise.. . c'est ce que j'allais vous proposer... j'ai âj&pr^j'rr ;ivec moi ma carte d'échantillon... vous choisirez... je ^oW aurai ra à prix coûtant... en même temps , je vous ferai vmr c|ufi^cj:ie cliose pour voire consommation , une pièce de rcflté Cj'ôfcnue , bon marché... c'est une occasion... je suis à voijii dons la minute... [revenant). Ah! j'oubliais... à la Cf>mp4ai7e vous faites sans doute quelquefois la partie., le pitrjfcts^r, ;, Boston , le whi^k... eh \ bien , je pourrai aussi vous c?3er» quW<] îles sixains de cartes, à moitié prix... n'en dites rfa?..,t^ye:'.-vous, parce qu'elles ne sont pas timbrées... mais i:'çiY'yicie^ ^ ;e VOUS les garantis aussi belles que les autres... vous alk; vtuV... ne vous dérangez pas, je vous en prie. (// sort ).
( 17) SCÈiNE Vîll.
Mad. DUHAMEL , puis CÉCILE et JULES.
MAD. DUHAMEL
Ail î rj\ , mais... qu'esi-ce que loul cela veut dire... il faut que Dal'our ait perdu la léte et l'esprit... une corbeille de 20,000 francs 5 c'est presque le tiers de la dot. .. et ce M. Cliristoplie qui m'engageait... il faut qu'il soit bien serviable... ou alors , il estdaiis le commerce...
JULES, CTitrcmt avec Cécile,
Mais, ma cousine, écoutez-moi donc... [ à part). Ah! que c'est enuuyeux... voilà encore bonne maman.
MAD. DU H A MET
Ah î puisque te voilà . mon ami , dis-moi... dans ta lettre, tu ne m'as pas appris la profession de M. Christophe... il est donc dans le commerce...
JULES
Mais non... je ne crois pas... cependant, je ne sais pas au juste, car il ne m'en a jamais parlé.
MAD, DUHA?,JEL.
C'est que d'après sa conversation , on dirait qu'il n'a fait que cela toute sa vie... mais nous causerons de cela plus tard... je vous laisse ensemble 3 vous n'en êtes pas fâchés , n'est-ce pas? allons, soyez raisonnables... ( à portj en sorlant ). De la Cretonne, des cartes à moitié prix... tout cela est bien étonnant. {^ Elle sort),
SCÈINE ÎX.