ACTE M, SCENE XIV 20f
MADELEINE
Il faut absolument que vous Tépousiez.
DIDIER-MOREL, i M- Roucher .
Qu'est-ce que c'est que cette plaisanterie?
Mais...
MADELEINE, s'interposant.
Je ne plaisante pas. M™® Roucher vient de m'apprendre que je ne suis pas du tout la femme qui vous convient.
DIDIER-MOREL
Vous, ma chère amie! je vous trouve charmante, adorable!
MADELEINE
Oui, d'une jeunesse de caractère et de sentiments tout à fait délicieux... M""^ Roucher me l'a déjà dit... Ne prenez pas la peine de m'expliquer...
DIDlER-MOREL.
Pourtant...
MADELEINE
Non... Tout ce que vous pourriez dire, d'ailleurs, n'a plus aucune importance... car je viens
2o6 MON AMI TEDDY
d'apprendre, toujours grâce à M""® Roucher, une chose que je soupçonnais depuis longtemps et dont je commençais même à être certaine, c'est que vous non plus vous n'êtes pas du tout le mari qu'il me faut.
DIDIER-MOREL
Par exemple, voilà du nouveau! J'ai la prétention d'avoir toujours été pour vous un mari modèle.
MADELEINE, éclatant.
Vous, un mari!... mais vous n'avez jamais été un mari! Vous n'avez jamais vécu, à la maison, que dans votre cabinet de travail, à vous abrutir sur des paperasses et à rédiger d'interminables rapports que personne n'a jamais lus.
DIDlER-MOREL.
Vous dites ?
MADELEINE
Faut-il qu'ils soient bêtes à la Chambre pour prendre au sérieux un personnage soufflé de votre espèce! un polichinelle en baudruche.
DIDIER-MOREL
Un polichinelle, moi?