ACTE I, SCENE VI
MADELEINE
Si je ne dois voir que des députés, des sénateurs, des financiers...
VERDIER
Ils ne sont peut-être pas très amusants, mais ils sont convenables.
MADELEINE
Si tu avais entendu, l'autre jour, le président du conseil, au vernissage! Il s'est très mal tenu avec moi.
VERDIER
Oh! mais, celui-là, ça m'est égal. Il a soixantehuit ans. Je ne le crains pas.
MADELEINE
Tu sais bien que tu n'as personne à craindre... Seulement, je m'ennuie avec toutes ces vieilles barbes! J'ai besoin de voir un peu de jeunesse.
VERDIER
Un peu de jeunesse! Bien sûr!... Mais il n'y en a pas! Où en vois-tu, toi, de la jeunesse! Ces perruches, ce Bertin! Ça n'est pas jeune, tout ça! C'est plus défraîchi que tes vieux sénateurs!
La jeunesse, c'est la pureté, c'est la gaieté, l'enthousiasme, l'emballement.
MADELEINE
C'est toi, enfin!
VERDIER
Oui, moi, et toi.
(Ils s'embrassent.)
MADELEINE, confiante.
Mon petit papa, ma vie n'est pas très drôle.
VERDIER
Je m'en doute.
Mon mari n'est pas méchant, bien sûr... Il me comble de cadeaux...
VERDIER
Et puis, enfin, c'est un homme de valeur... Vous avez le plus bel avenir.
MADELEINE
Nous avons peut-être beaucoup d'avenir, mais nous manquons un peu de présent... J'aurais besoin qu'on soit gentil avec moi, qu'on s'oc-