ACTE I, SCÈNE VI
cupe de moi, qu'on me dise des choses que mon mari ne me dit jamais.
VERDIER
Evidemment, évidemment... je lui en toucherai un mot, moi, à ton mari.
MADELEINE
Oh! Ce n'est pas la peine. Il ne saurait pas... Il n'a jamais su... Tiens, même au temps de nos fiançailles, où il était pourtant très empressé.
VERDIER
Allons, allons, il te plaisait beaucoup à ce moment-là.
MADELEINE
Oh! oui, je sais bien... Il plaisait tellement, à tout le monde, à Beauvais! Tous ses électeurs l'adoraient... Alors, moi, j'ai cru que je l'aimais aussi,. , J'étais une gamine, je ne pouvais pas prévoir qu'à peine marié il ne s'occuperait plus que de ses comités, de ses commissions, de ses rapports.
VERDIER
Plains-toi donc! Tu seras femme de ministre.
•jS MON AMI TEDDY
MADELEINE
Oh! je m'en moque un peu, d'être la femme d'un ministre... J'aimerais mieux être la femme d'un bon mari.
VERDIER
Ça n'existe pas, un bon mari!
MADELEINE
Par exemple! Maman était très heureuse!
VERDIER
Ta mère n'était pas si heureuse que ça! (Se reprenant.) Enfin... je veux dire... elle était horripilée par mes affaires, comme tu l'es, toi, par la politique de ton mari... Il n'y a pas de ménage parfait, ma chère enfant... sauf celui d'un père avec sa fille. En somme, tu n'as pas de griefs sérieux.
MADELEINE
Aucun... Rien et tout... Vois-tu, papa, le malheur, c'est que je ne sois pas une femme dans le genre de M""** Théodule Roucher.
VERDIER
Ça, évidemment... Vous la voyez toujours?