ACTE M, SCÈNE VII Ifl
Je VOUS défends de dire une chose pareille!... Enfin, c'est insensé!... Quand je passe mon temps à vous mettre à la porte!...
BERTIN
Parce que vous êtes très amoureuse de moi.
MADELEINE
Vous êtes à gifler! Ce n'est pas vrai!... Laissez-moi, à la fin! Allez-vous-en! Je le sens bien, que je ne vous aime pas! Je n'ai pas assez confiance en vous pour ça.
BERTIN
Il n*y a pas besoin d'avoir confiance... Au contraire!... Voyons, Madeleine, ne vous défendez pas! Ce serait trop bête, de me repousser!... Quand on a un mari comme le vôtre, on a le droit de prendre un amant, on a même le devoir de prendre un amant!
MADELEINE
Que voulez- vous dire?
BERTIN
Ce que tout le monde dit. Votre mari se rend ridicule avec M"" Roucher. On ne voit
If2 MON AMI TEDDY
qu'eux dans les rues. Il porte l'ombrelle et le petit sac; et elle lui choisit ses cravates.
MADELEINE
Comment?
BERTIN
Mauves... C'est la fable de Trou ville! On prend des instantanés sur leur passage. On en faisait circuler de table en table, hier, au Métropole, pendant le dîner.
MADELEINE
Ah! c'est à ce point-là?...
BERTIN
Ils sont grotesques!... Vous ne pouvez pourtant pas continuer cette vie sans amour, sans tendresse, sans joie... Ça ne se fait plus, ces choses-là!
MADELEINE
Taisez-vous, n'abusez pas de ce que je suis troublée, désemparée... Je vous l'ai dit si franchement il y a un mois : je ne suis pas une femme pour adultère, et, comme je ne peux pas faire que je ne sois pas mariée...
BERTIN
Ça, naturellement, c'est impossible! Vous