‹ Mon ami Teddy; comédie en trois actesChapitre 96 sur 150 · ACTE 11, SCÈNE XI I · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCÈNE XI I

DIDIER-MOREL

Ça, je ne sais pas... Je ne veux pas le savoir... Ma tranquillité avant tout! Mais je suis sûr... qu'elle est nerveuse... C'est inconcevable! Voilà une femme qui a tout pour être heureuse! Je suis plein d'égards pour elle! Je ne manquerais jamais de lui faire un très joli cadeau pour sa fête ou son anniversaire... Je ne parle pas des satisfactions d'amour-propre qu'elle devrait tirer de ma situation parlementaire...

MADAME ROUCHER

Qui est exceptionnelle.

DIDIER-MOREL

Exceptionnelle. Elle a tout ce qu'il faut pour être heureuse. Et pourtant elle s'aigrit. Son caractère devient changeant, bizarre... C'est incompréhensible! C'est irritant!

MADAME ROUCHER

Calmez-vous, mon ami, calmez-vous! Votre femme deviendra peut-être plus raisonnable... ça passera!

DIDIER-MOREL

Oui, mais si ça ne passe pas! Si ça augmente!

l8o MONAMITEDDY

Qu'est-ce que je deviendrai, moi qui ai besoin pour mes innombrables travaux d'une entière sérénité d'esprit?

MADAME ROUCHER

Il est évident qu'un homme de votre valeur ne doit pas avoir de soucis domestiques... Ce serait désolant... Mais ce ne sera pas... Ça ne peut pas être...

DIDIER-MOREL

Ah! c'est que moi, vous ne me connaissez pas! Ça, c'est le petit côté de ma nature... Je n'ai que celui-là, mais je l'ai bien!... Aussitôt que j'ai une préoccupation, et plus elle est mesquine, plus elle me poursuit... je rentre dans mon cabinet, je prends ma tête dans mes mains... mon cerveau travaille, travaille... et ne produit plus... C'est un moulin qui tourne à vide... Je ne suis plus moi, je ne suis plus rien...

MADAME ROUCHER, à Didier-Morel.

Je suis là, mon ami, je suis là... Je ne permettrai jamais qu'une belle intelligence comme la vôtre soit diminuée par qui que ce soit.

DIDIER-MOREL

Merci, amie, merci de tout mon cœur.

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