‹ Mon ami Teddy; comédie en trois actesChapitre 97 sur 150 · ACTE II, SCÈNE XI l8l · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XI l8l

MADAME ROUCHER

Je suis une femme d'action, moi, vous le savez.

Vous êtes une femme unique! pour moi surtout! Vous me comprenez si bien! Ah! mon amie! dès que j'ai une idée, je vous la soumets, je sais tout de suite qu'elle est bonne!

MADAME ROUCHER

Il y a évidemment entre nous des affinités...

DIDIER-MOREL

Extraordinaires... Nous avons les mêmes goûts, les mêmes aspirations...

MADAME ROUCHER

Nous avons le même âge. Voilà une chose qui m'a toujours tellement émue que nous ayons le même âge...

DIDIER-MOREL

C'est un grand malheur que nous nous soyons connus si tard... Vous étiez si bien la femme qu'il me fallait!...

MADAME ROUCHER

Ça, je crois.

DIDIER-MOREL

Vous m'auriez fait un salon de premier ordre.

MADAME ROUCHER

Et une table de première qualité... ce qui a bien aussi son importance.

Oui, enfin avec vous j'aurais été quelqu'un... Et je ne suis rien!

MADAME ROUCHER

Comment pouvez-vous dire?

DIDIER-MOREL

Mais non, je suis un périt député comme tant d'autres, qui a épousé bêtement le plus beau parti de sa circonscription! J'en avais comme un pressentiment. Je l'ai assez dit à ma pauvre mère : « On se marie toujours trop tôt, et puis tu me fais épouser une femme trop jeune! » Je le lui ai assez dit! Maintenant il n'y a plus rien à faire! J'ai épousé M"" Verdier, qui a fait un mariage d'amour, elle ! . . . Elle m'aimait, elle m'aime ! Elle m'aimera toujours. C'est gai!

MADAME ROUCHER

Ces grands hommes sont terribles avec les

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