ACTE II, SCENE XI iS
femmes ! Mais je ne savais pas, moi, que la vôtre vous aimait à ce point! Je comprends maintenant pourquoi elle est nerveuse. EUe est jalouse!
DIDIER-MOREL
De qui?
MADAME ROUCHER
De moi.
DIDlER-MOREL.
Ah! çà, par exemple, ce serait le comble! Si elle se met à être jalouse!
MADAME ROUCHER
Mais, mon ami, c'est votre femme, c'est son droit. Et s'il en est ainsi je devrais peut-être écourter mon séjour...
DIDIER-MOREL
Qu'est-ce que vous dites?
MADAME ROUCHER
Pour votre tranquillité.
DIDIER-MOREL
Alors, quoi?... EUe aurait la prétention de me priver d'une intimité qui m'est indispensable. C'est une chose que je n'admets pas, et je vais m'en expliquer avec elle de suite.
184 MONAMITEDDY
MADAME ROUCHER
Non, mon ami, non. Du calme! du calme! Vous êtes dans un état effrayant! Évitez de voir votre femme en ce moment... Faites ça pour moi, je vous en prie... Allez prendre l'air, mon ami...
DIDIER-MOREL
Vous avez raison... Vous avez toujours raison.
MADAME ROUCHER
Et dites-vous bien que ma tendresse n'a jamais été plus grande!...
DIDIER-MOREL, lui prenant la main.
Amie!
Ami.
TEDDY, reparaissant; il tousse.
Hein? Oh! je vous demande pardon... Je ne suis pas indiscret?
(Didier-Morel quitte vivement M"" Roucher pour aller à Teddy.)
DIDIER-MOREL
Mon cher Teddy, je sortais, j'allais sortir... J'ai besoin de marcher, de rêver un peu à un projet de loi dont la rédaction me tracasse.