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le troisième répondit après quelque réflexion: «Oh! si!» et montra la région de l'estomac. Les premiers avaient raison en ce sens que les fortes prises de souffle sont mauvaises parce qu'on emmagasine trop d'air. Mais l'ignorance des causes est lamentable, en même temps qu'accablante pour les conservatoires, où l'on forme des instrumentistes dont l'éducation correspond si peu aux nécessités de l'art.

Sans doute, j'inspirai beaucoup trop d'air, faisant pour cela tel ou tel effort qui naturellement compromettait l'élasticité de mes organes respiratoires et de mes muscles, et, en dépit de toute précaution et préparation dans la prise de souffle, souvent je n'en eus pas assez, alors que maintes fois sans préparation spéciale j'en eus plus qu'il ne fallait. Je m'aperçus même qu'avec une inspiration excessive j'étais obligée, avant

Lllli Lehmann, Mon art du chant. 2

le chant, de me débarrasser d'une certaine quantité d'air. Je renonçai absolument à tout retirement excessif de l'abdomen et du diaphragme, ne pris désormais que peu d'air et me préoccupai surtout du minimum d'expiration, ce qui me conduisit au bon résultat.

Je tire en dedans le diaphragme, et l'abdomen seulement un peu, pour le libérer aussitôt. Je soulève la poitrine, je dilate les côtes supérieures et j'affermis les inférieures au dessous comme des piliers. Ainsi je prépare un moule pour mon chant, un réservoir pour le souffle, juste comme ma mère me l'avait enseigné.

En même temps j'applique le palais en haut contre le nez (contre les fosses nasales), j'empêche le souffle

Lignes rouges:

Division du souffle pour le médium.

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