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refoulement», — expressions dont le danger est d'exposer l'élève au durcissement du diaphragme ou à une retenue du souffle, et de lui faire roidir l'ensemble des organes, alors que seul un moule tenu en constante activité, avec travail musculaire élastique, permet l'écoulement du souffle, produisant un son continu.
Plus doucement la presse de souffle travaille contre la poitrine, — la sensation est d'avoir à faire sortir le son, avec douceur et souplesse, de la poitrine même, — moins durement le souffle s'élance contre les ligaments vocaux, et moins ceux-ci sont directement maltraités.
Par ce moyen le souffle arrive contrôlé dans le moule sonore disposé au dessus par la langue, parvient aux voûtes de résonance préparées par élèvement et abaissement du palais, et jusqu'aux cavités de la tête. Il y afflue en ondes sonores, qui devront remplir toutes les places résonantes possibles à atteindre, selon
les nécessités de la perfection du son. C'est seulement quand le dernier son d'une phrase a franchi les cornets sonores de la bouche et des lèvres, que le souffle peut s'échapper sans obstacle, le moule du réservoir se détendre, pour vite se préparer de même à la phrase prochaine. Observer et contrôler les diverses fonctions, séparément ou dans l'ensemble, est l'attrait perpétuel de l'intarissable source, la source du travail d'art vocal.
A la préparation du moule pour l'émission du souffle (pour la circulation des ondes sonores) prennent part à la fois, ainsi que nous l'avons dit, des organes comme: abdomen, diaphragme, côtes supérieures, larynx, langue, palais, nez, poumons, bronches, cavités de l'abdomen et de la poitrine, avec leurs muscles respectifs; nous pouvons jusqu'à un certain point les combiner volontairement, et notre devoir de chanteurs est d'acquérir l'habileté technique nécessaire pour réaliser la perfection autant que possible. Les ligaments vocaux, qu'on se représente assez justement comme des lèvres intérieures, nous ne les sentons pas. La conscience ne nous en est donnée que par l'appareil contrôleur du souffle, qui nous apprend à les ménager par réduction du débit et modération de la force du souffle, d'où résulte la création du son tranquille. Je considère même que tout est gagné si nous les regardons comme des régularisateurs du souffle, et leur épargnons tout surmenage grâce à l'appareil contrôleur que nous fournissent les muscles de résistance de la poitrine. Par l'action de la langue, dont le dos forme notre gouvernail de souffle et de son, nous sommes en état de diriger le souffle vers les parois de résonance qui conviennent à chaque hauteur sonore. Règle identique pour toutes les voix.
Un moule élastique destiné au souffle étant établi dans la bouche, de façon que les ondes sonores circulent en arrière de ce moule sans préjudice de pression, d'excès de rétrécissement ou d'élargissement, le souffle devient presque inépuisable. C'est la solution bien simple de l'énigme présentée par le fait d'avoir parfois beaucoup de souffle sans respiration profonde, et parfois, après toutes les préparations, pas du tout. Trop souvent on se préoccupe de l'inspiration, au lieu de la plasticité et de la flexibilité organique, au lieu de l'économie d'expiration. Ne s'en prendre qu'à l'ignorance des causes, au défaut de moule, à la pression et au roidissement convulsif des muscles, lorsqu'un chanteur ne peut chanter d'une seule haleine toute la teneur d'une phrase de musique ou de déclamation.
Au sortir du larynx, le souffle rencontre un embranchement. Une partie peut affluer au palais, l'autre contre les cavités de la tête. La division du souffle est la loi, de la basse profonde au ténor ou soprano le plus aigu, pas à pas, vibration par vibration, quel que soit le sexe ou la personnalité. Il n'y a de personnel que la grandeur ou la force des instruments vocaux parcourus par le souffle, les organes respiratoires ou l'habileté à disposer des ressources vocales. L'établissement du souffle, la loi de division, les places de résonance, sont invariables et comportent tout au plus des différences d'habitudes.