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CASSÉ LES VITRES POUR AVOIR LE PLOMB

Voilà comment se conduisaient les larbins de la reine Henriette-Marie d'Angleterre, femme de Charles I" et ce n'est pas moi qui le dit, ce sont des étrangers désintéressés et témoins oculaires, de la rapacité de ces bandits.

Quel admirable portrait de cette race d'ailleurs, comme c'est toujours bien la même chose et comme ça résume d'une manière saisissante toute la politique coloniale et autre de ces insulaires, qui se trouvent partout en pays conquis.

Ces gens-là n'ont jamais été égalés que par les Allemands, qui ont remplacé le plomb par les pendules en 1870.

Ce qu'il y a de très joli, c'est que le cardinal de Retz fût assez naïf pour faire voter à cette aimable princesse « 40.000 livres » par le gouvernement, somme énorme pour le temps. Aussi sa reconnaissance s'est manifestée d'une manière touchante et surtout prenante, en mettant à sac notre malheureux Palais-Royal.

On dira tout ce que l'on voudra, ça s'est passé en 1657, il y a longtemps, c'est possible, eh bien ! j'ai la rage au cœur en écrivant ces lignes.

— Comment, vous en voulez à ces Anglais ? mais c'est dans leurs mœurs.

— Moi, je ne leur en veux pas du tout ; j'en veux tout uniment à l'éternelle bêtise des Français.

Cent ans plus tard — presque — le H décembre 1748, nous allons encore retrouver au Palais- Royal la trace maudite des Anglais et cette fois la chose est encore plus triste pour nous, car si les Anglais n'ont pas abandonné leur manière d'agir, nous, nous sommes devenus encore plus lâches, gouvernés que nous étions par un roi sans co^ur et sans honneur.

Je cite ici les propres lignes du marquis de Bonbonne :

« Il se passa au Palais-Royal un fait honteux pour le roi de France, qui eut la faiblesse d'obéir à l'Angleterre en faisant arrêter, en violation des droits sacrés de l'hospitalité, Charles-Edouard, fils du prétendant. Ce prince, sachant la décision prise, vint à l'Opéra (1), témérairement résolu à se défendre jusqu'à la mort. Mais on avait doublé les postes, une armée de soldats campait dans Je palais.

« Entre cinq et six heures, le carrosse du prince est signalé. Charles-Edouard, accompagné

(1) On sait qne l'Opéra était dans le Palais-Boyal rnâme à cette époque.

de trois Ecossais, ses amis, entre par un passage qui faisait pénétrer de la rue des Bons-Enfants dans la cour des Cuisines. Aussitôt toutes les portes sont fermées. Il est séparé de ses amis. Il n'a pas plutôt mis la main à son épée, que des agents l'ont saisi. On lui lie les bras et les jambes avec des cordons de soie. On le désarme de deux poignards et de deux pistolets qu'il portait cachés, et on le conduit à Vincennes, au milieu de détachements de troupes échelonnés jusqu'à la porte Saint-Antoine ».

Ce déploiement de force pour arrêter un pauvre jeune homme inoffensif, un hôte de la Fi'ance, était tout à la fois odieux, puéril et lâche, et il fallait bien s'appeler Louis XV le Bien-Aimé, pour être capable de commettre une pareille infamie, contraire au droit des gens au premier

chef.

Je pense en avoir assez dit pour avoir démontré combien l'influence anglaise a toujours été désastreuse à notre pays.

Quittons un instant le Palais-Royal et voyons encore ce qu'ils font cent ans plus tard sous Louis-Phihppe... et maintenant, leur action contre la France change de théâtre, mais elle reste toujours aussi meurtrière pour nous. Allez aux Nouvelles-Hébrides, aux Salomons, à Mada-

gascar, à Terre-Neuve, au pays des Egbas, en Afrique, en Asie, en Océanie, n'importe où et vous retrouverez l'Anglais ; autrefois il mettait à sac notre pauvre Palais-Royal, qui n'en pouvait mais, aujourd'hui il nous vole nos colonies ; petit voleur deviendra grand, c'est fait et l'ennemi héréditaire, allez, c'est toujours la cour d'Angleterre.

— Je n'ai pas dit : le peuple irlandais qui meurt de faim, ni même le peuple anglais qui souffre et gémit, en attendant sa grande révolution émanci-

patrice.

P. S. — Une erreur typographique a fait

sauter, dans un précédent chapitre , le nom de

l'île Louvier qui, d'ailleurs, se trouvait à l'opposé

du premier arrondissement, à l'extrémité de l'île

Saint-Louis, et a été réunie à la terre ferme, dans

le quartier de l'Arsenal, au commencement du

second empire.

CONSTRUCTION DES ARCADES — SOPHIE ARNOULD — UN ARBRE LÉGENDAIRE — LES EMPIÉTE- MENTS DES BOUTIQUIERS — FERMETURE DE LA PLUPART DES PASSAGES.

J'ai reçu à différentes reprises, depuis plusieurs mois, des lettres très pressantes qui me demandaient quelques éclaircisseuients sur les origines de la propriété au Palais-Royal. J'avoue que rien au monde n'est plus obscur; ce ne sont guère que des indications que je puis fournir ici et je serai fort heureux si elles peuvent servir de point de départ à une enquête plus approfondie sur la question.

Il est bien entendu que je laisse le Palais-Royal lui-même de côté et que je ne m'occupe que des trois rangées de maisons qui ferment le jardin, sur le derrière dudit Palais.

Dès l'année 1780, le duc de Chartres, à qui son père avait cédé le Palais-Royal, avait eu l'idée de l'agrandir. C'est pour cela que son architecte Louis conçut pour le Palais-Royal un projet vaste, ingénieux, qui fut généralement admiré et que le prince eut raison d'approuver. Je rapporte là les paroles du temps, mais il est bon d'ajouter

que le prince l'approuva surtout parce qu'il espérait en retirer d'immenses bénéfices.

D'un autre côté, Vatout et Fontaine disaient : « La forme désagréable, l'irrégularité des habitations qui bordaient le jardin en trois sens, les inconvénients continuels auxquels donnaient lieu les concessions et les privilèges dont chaque propriétaire jouissait, firent naître l'idée d'isoler la promenade et de l'entourer de portiques surmontés de bâtiments dont la décoration et l'ordonnance devaient s'accorder avec celle de la grande façade du palais. »

Les propriétaires faisaient percer des portes et des fenêtres sur le jardin et chaque maison y avait un escalier particulier. Les Mémoires secrets sont explicites à cet égard, à la date de juillet 1775 : « Les concerts et fêtes que donnent alternativement des particuliers demeurant sur le jardin du Palais-Royal attirent beaucoup de monde du voisinage ; » les braves propriétaires s'y livraient à tous leurs ébats et y faisaient même tirer des feux d'artifice, comme Sophie Arnould, en octobre 1773, à l'occasion de la naissance du duc de Valois, qni n'était qu'une fille, comme l'on sait, et qui ne devait pas tarder à être troquée en Italie par son père contre un petit Schiappini, devenu depuis Louis-Philippe I".

Saint-Marc lui-même , dans son volume si

intéressant sur le Palais-Royal, s'exprime en ces termes à ce propos, toujours d'après Vatout et Fontaine : « Les critiques furent nombreuses, les oppositions ne le furent pas moins. Les propriétaires des maisons qui environnaient le jardin crièrent à la violation des droits acquis et se réunirent pour contester au duc de Chartres le droit de faire des rues et de construire dans sa propriété. Ils le citèrent devant le Parlement de Paris, qui jugea le procès contre eux. Le duc de Chartres obtint des lettres patentes enregistrées le 26 août 1784, qui lui permettaient d'accenser les terrains des maisons bâties et de bâtir au pourtour du jardin, à raison de vingt sous par toise, formant trois mille cinq cents toises.

Les clauses et conditions sont, outre la redevance de l'accensement, de rembourser les prix de construction à ceux qui les auraient avancés, d'entretenir à perpétuité et de reconstruire les bâtiments dans le même état de solidité, forme, dimensions et décoration; enfin de réserver pour le service du palais les galeries de circuit autour du jardin. »

L'exécution du plan de l'architecte Louis fut approuvée par le prince le 12 juin 1781 et entraîna la disparition de la grande allée de marronniers légendaires, parmi lesquels était l'arbre de Cracovie, sous lequel venait pérorer M. Métra, dont

je ne tarderai pas à avoir l'occasion de dire deux mots, à propos des originaux du premier arrondissement.

Les habitants des maisons voisines du Palais- Royal crièrent fort contre les lettres patentes du roi qui autorisaient la construction des galeries et des trois rues qui se trouvent derrière les maisons mêmes du Palais-Royal.

Sophie Arnould menait la campagne avec rage, parce qu'auparavant son appartement avait accès sur le jardin et dans un langage un peu vif, faisant allusion à un jeu à la mode, elle appelait l'enfilade des galeries « le plus beau troumadame de l'univers y.

L'Arbre de Cracovie fut pleuré et bientôt on n'y pensa plus, tant ii est vrai que tout passe vite sur la terre, surtout à ces époques troublées. *

Après la mort du trop fameux Philippe Egalité, le palais, mutilé par les ventes des mandataires, fut réuni au domaine de l'Etat et c'est encore Saint-Marc qui va nous donner des renseignements précis : « Ce qui était resté au duc des arcades sur le jardin et l'hôtel de Châtillon, qui avait échappé à ces mandataires, furent vendus nationaiement. Des aliénations même partielles furent faites dans le corps du palais à des restau-

râleurs, aliénations dont plusieurs se trouvèrent bientôt annulées par des banqueroutes. Un entrepreneur principal, le sieur Provost, y établit des locations de toutes espèces et les locataires commirent partout des dégradations. Ceux-là agrandissaient des fenêtres ou perçaient des portes; ceux-là coupaient des arcs pour y établir des tuyaux de cheminées. Ici on établissait des cuisines, là on démolissait pour agrandir les pièces. Les galeries étaient encombrées de caisses, de marchandises, d'enseignes, de supports qui débordaient et gênaient le passage. Il y eut même plus tard des dépôts où se trouvèrent entassés quantité d'objets d'ameublement commandés aux fabricants de Paris qui manquaient d'ouvrage pendant la campagne de 1806. Etat de choses qui dure trop longtemps, jusqu'au jour, en 1831, où M. de Belleyrae, préfet de police, en vertu d'un ancien droit accordé au duc d'Orléans par les lettres patentes du roi du 26 août 1784, les débarrassa des devantures saillantes, des étalages et de toutes les superfétations qui obstruaient la voie publique et offusquaient les yeux. »

Tout cela est fort bien dit et jette évidemment une certaine lumière sur les origines de la propriété au Palais-Royal ; mais ce sur quoi Saint-

Marc n'insiste pas suffisamment, ce sont précisément sur toutes les charges et servitudes qui étaient imposées aux propriétaires, en vertu de ces fameuses lettres patentes.

Ainsi, en dehors de ce que l'on pourrait appeler la propreté et le respect des galeries, les propriétaires étaient forcés rigoureusement de tenir ouverts entre les trois rues avoisinantes et les galeries un certain nombre de passages pour la libre circulation des piétons, du public, en un mot.

Il serait encore facile d'en donner la nomenclature nommément, malheureusement M. de Belleyme se contenta de son œuvre de salubrité et de déblaîment et ne tint pas la main à ce que tous ces passages primitivement ouverts restassent tels ou le fussent de nouveau.

C'est ainsi que peu à peu les propriétaires remplacèrent les passages par, des boutiques — c'était infiniment plus lucratif pour eux — et qu'aujourd'hui le provincial, l'étranger, ne trouvent plus de portes pour entrer dans le Palais-Royal et que si d'aventure ils en dénichent une, ils n'en trouvent plus pour en sortir et qu'ils ont l'air d'âmes en peine enfermées dans une fosse aux lions.

Pour les commerçants, pour les propriétaires eux-mêmes, c'est un fort mauvais calcul, car c'est

le meilleur moyen d'éloigner cette fameuse clientèle, la foule en un mot, que l'on se plaint de ne plus rencontrer sous les arcades : à qui la faute ?

11 est vrai que l'on ne raisonne guère avec la rapacité humaine. Il est vrai aussi que le malheureux Palais- Royal a pour architecte depuis de trop longues années l'étonnant M. Chabrol, qui s'en moque un peu et qui ne veut pas que la lumière se fasse au Palais-Royal; il sait bien le prouver, surtout le 14 Juillet !

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INFLUENCE NEFASTE DES ITALIENS — SOIXANTE- QUATORZE MILLIONS EXTORQUÉS A LA FRANCE — UNE FAMILLE DE BANDITS ROYAUX — SGHIAP- PINI LA SANGSUE !

Dernièrement, je parlais ici même du rôle des Anglais au Palais-Royal; il est bon aujourd'hui de dire quelques mots du rôle odieux que les Italiens y jouèrent dans la personne d'un de leurs compatriotes les plus connus, j'ai nommé le jeune Schiappini, qui régna sur la France de 1830 à 1848, sous le nom de Louis-Philippe 1".

La Bourse, le théâtre et quantité de locataires occupaient plus du quart du Palais en 1814; aussi lorsque Louis-Phihppe arrive, le 18 mai, il ne trouve pas un appartement logeable, le domaine en avait fait depuis 1807 des dépôts et des magasins.

Le marquis de Bonbonne en trace le tableau suivant à cette époque :

« Divers logements étaient occupés par des gens favorisés qu'il n'avait pas été facile de faire sortir une fois entrés.

L'expulsion des occupants , l'aménagement et l'appropriation de quelques pièces demandent quelques jours, qu'il passe (Schiappini) dans un

hôtel garni , rue Grange-Batelière. L'architecte Fontaine prépare à la hâte une installation provisoire. Le duc fait alors un court voyage en Angleterre, d'où il part pour aller chercher sa famille à Palerme. »

On sait en effet que le fils du geôher Schiappini s'était marié à Palerme, le 55 novembre 1809, avec la princesse Améhe de Naples et qu'il vivait fort luxueusement dans une superbe maison de campagne, aux portes de cette ville. Naturellement, il se gardait bien de parler de ses origines et, grâce au troc de Philippe-Egalité, qui l'avait échangé contre sa fille, il se faisait passer impudemment pour Louis-Philippe, duc d'Orléans, comme si ce dernier existait réellement en sa personne ; il faut avouer que ce troc avait été un truc audacieux.

Tout à coup on apprend l'évasion de l'île d'Elbe et, comme la bravoure était chose inconnue à cet aventurier, le premier soin de Louis-Philippe fut de déguerpir au plus vite du Palais-Royal avec toute sa famille : mademoiselle sa sœur, la princesse d'Orléans, les princesses Louise et Marie, le duc de Chartres et le duc de Nemours, qui venait de naître le 25 octobre 1814, toute la nichée des petits Schiappini en un mot.

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Quand le danger fut passé, le 18 juin, après Waterloo, le duc revint naturellement au Palais- Rojal; le marquis continue en ces termes : « Son premier souci est l'achèvement de la liquidation de la succession de son père (Philippe-Egalité, son père adoptif par subterfuge), commencée de son vivant et continuée par l'Etat, et le payement des dettes contractées qui s'élevaient à soixantequatorze MILLIONS.

De plus, il faut restaurer le palais ou l'abandonner. « Le Palais, avant de revêtir cette grandeur et cet éclat qui en font aujourd'hui une des plus belles résidences souveraines, écrit le courtisan Vatout en 1838, a nécessité d'immenses travaux. -)

Ainsi, on voit que le procédé des pseudod'Orléans est toujours le même; quand la France est agonisante, au lendemain de grandes infortunes, ils se jettent sur elle comme une nuée de vautours et lui arrachent une centaine de millions, ou quelque chose d'approchant.

En 1814, au lendemain de Waterloo, alors que l'Europe tout entière se rue sur la France, l'Italien Louis-Philippe Schiappini accourt et en profite pour lui extorquer soixante -quatorze millions.

Du reste ce fut là, paraît-il, le commencement de son iq^mense fortune, car il lui resta quelques

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millions dans les mains de la liijuidation habilement majorée.

De même firent ses fils au lendemain de Sedan, en 1871, en arrachant à la France le plus de millions possible. Ceci dépasse tout ce que l'entendement peut concevoir et si la grandeur des crimes de ces étrangers est sans mesure, il y a quelque chose de plus extraordinaire encore, c'est la bêtise du peuple français qui a pu en tolérer l'exécution.

On affirme que dans l'intimité de la famille, Louis-Philippe expliquait comment il avait cru devoir par reconnaissance faire payer à l'Etat ces soixante- quatorze millions de dettes de Philippe- EgaUté. « Pensez donc que sans lui, disait-il à ses enfants , vous seriez toujours des petits Schiappini, des petits mendiants pouilleux de la noble Italie, ma patrie ; aussi je devais bien à la mémoire de cette vieille canaille de Phihppe- Egahté de faire payer ses dettes à la France, car il a eu une riche idée de me substituer à sa fiUe. »

Du reste, tout révélait chez Louis-Philippe et sa basse extraction et son origine italienne; on sait quelle vie il avait menée en Italie et en Angleteri-e, avant de rentrer en France et il y aurait là des détails qui ne peuvent s'imprimer décemment dans un volume, même en latin; on sait quelles étaient ses allures grossières et tri-

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Yiales, ses instincts pervers, son avarice légendaire qui en aurait remontré à Harpagon luimême. Enfin son accent et son extrême difficulté à prononcer notre u autrement que ou, tout en lui révélait l'Italien sorti du bas peuple.

Le fameux acteur Brunet, qui avait joué devant toutes les têtes couronnées de son temps, aimait à répéter que : « Napoléon riait peu , que Louis XVIII riait d'un rire gros comme son ventre, que Charles X souriait et que Louis- Philippe riait aux éclats comme un porte-faix pris de boisson ».

Cela peint son homme, il est inutile de rien

ajouter.

Avec un tel hôte au Palais-Royal, au lendemain de la Restauration, à peine estil besoin de dire que les beaux jours de la plus épouvantable dépravation ne lardèrent pas à refleurir au Palais- Royal. Louis-Philippe y mettait d'autant plus de coquetterie qu'il se disait, avec un raffinement de roûrie italienne , qui correspondait d'ailleurs parfaitement à ses goûts et à ses instincts : « Plus le Palais-Royal redeviendra immonde, plus il sera le centre de la prostitution et de la débauche de l'Europe entière et plus le peuple, qui a du flair, se dira : bon sang ne peut mentir; Louis-

Philippe est bien véritablement le fils de Philippe- Egalité. »

Aussi il faut lire les mémoires du temps, les journaux mêmes, pourtant assez muselés, pour se faire une idée du débordement de débauches sans nom qui signala la venue de Louis-PhiUppe Schiappini et de son auguste famille au Palais- Royal, sous la Restauration.

Dans un mouvement de lyrisme comique , Chavette s'écrie :

« Que sont devenus ces beaux jours d'orgie et de prodigalité de la Restauration, où les rentrants, affamés de toutes les manières après un long exil, se faisaient servir des filles nues sur le lit de persil d'une planche à poisson! »

Car il est à remarquer que, comme toujours du reste, ce n'est pas le peuple de Paris, ces braves gens calmes, travailleurs et ne demandant qu'à réparer par un tenace labeur les ruines accumulées par vingt ans de guerres, qui se livrèrent à ces saturnales, mais bien la haute noblesse qui formait comme la garde d'honneur de Louis- PhiUppe.

On a véritablement des nausées en remuant toute cette boue; cependant, dans le chapitre suivant, autant que la chose est possible et permise, je dirai quelques mots sur la prostitution au Palais- Royal depuis deux siècles et l'on verra que les

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